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EAN : 9782362240980
Atelier In8 (27/09/2019)
3.9/5   237 notes
Résumé :
La vie de Rose, 50 ans, est faite d'amour des hommes et de soumission à ces derniers. Elle tente de se révolter.
Un roman noir sur la femme, ses désirs et le sexisme, le couple et la dépendance affective, mais aussi sur les épreuves ordinaires de la vie sans relief des invisibles sociaux.
Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
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Kirzy
  14 novembre 2019
Pas facile d'écrire et publier après l'acmé que constitue l'obtention d'un prix Goncourt, surtout après un si beau roman, si personnel que Leurs enfants après eux. Malin, Nicolas Mathieu se permet une petite respiration, un pas de côté fort réussi avec cette novella résolument noire de 77 pages ciselées chez l'éditeur In8.
L'héroïne, Rose, pourrait être la mère d'un des ados provinciaux de son roman précédent. Elle a 50 ans «  un âge difficile où ce qui vous reste de verdeur, d'électricité, semble devoir disparaître dans le bouillon des jours », une « élasticité d'ensemble qui ressemble à de la jeunesse » mais un visage qui ne tient plus si bien la route. Elle est fatiguée, Rose. Divorcée, deux grands enfants qui font leur vie. Pas d'homme, trop compliqué, une copine avec laquelle elle picole le soir, après le taf, dans un rade comme il y en a plein. Malgré tout, elle se sent forte, surtout depuis qu'elle a acheté un flingue, au cas où un homme lui manque de respect, on ne sait jamais, c'est déjà arrivé et elle ne veut plus se laisser faire.
Nicolas Mathieu dresse un magnifique portrait de femme « ordinaire » avec le sens de la formule qu'on apprécie chez lui, son écriture empathique et sensible, tendre mais sans oeillère. Ses mots disent l'humain avec une acuité amère très juste sur notre époque et les rapports homme – femme.
Dès les premières pages, on l'aime, Rose, le lecteur veut croire à un nouveau bonheur possible lorsqu'elle rencontre Luc. Mais il se sent vite impuissant face à la fatalité en marche. Jusqu'à ce dénouement perturbant. Il m'a ébranlée profondément. Je ne m'y attendais pas , alors que toute la finesse de la construction du texte convergeait vers ce final-là.
Un texte concis, dense et déchirant qui confirme, si besoin, le talent de l'auteur.
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CoccinelleDesLivres
  09 janvier 2020
77 pages pour parler d'elle.
Rose.
77 pages pour nommer l'innommable, le manque d'amour, le vide après l'amour. Les espoirs et les désespoirs.
77 pages d'une femme ordinaire.
Rose.
Elle travaille au Royal, un café comme un autre. Sauf que ce jour là, elle sort son arme puis elle rencontre Luc. Tir au coeur.
Ils se revoient. C'est le début d'un amour addictif, d'un je t'aime moi non plus. Relation fuyante, muette, toxique, Rose les connaît bien les hommes. Ils se sont tous tirés. Pourtant à cinquante ans, elle est encore belle avec ses longues jambes effilées.
77 pages, est-ce assez pour raconter une histoire qui prend au ventre ? Il faut un style direct, pas de fioritures, de détails, pas trop de place a des déballages émotionnels. Faut être concis, brut.
J'ai aimé sans aimer cette Rose Royal. Je me suis inventée les sentiments, les émotions, le tintamarre du coeur qui coule à flot. J'ai inventé mais ne l'ai pas vraiment trouvé dans ce livre. Dommage.
C'était mon premier Nicolas Mathieu. Loin de son Goncourt surmédiatisé. Ça se lit mais ça ne marque pas. C'est comme un pétale qui frôle la peau pour s'échouer par terre. Ça passe, ça frôle, mais ça ne bouscule pas. Et j'aime les livres qui nous collent au mur.
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marina53
  08 avril 2020
Rose a bientôt la cinquantaine. Mais, elle ne s'en formalise pas. Divorcée, deux grands garçons qui font leur vie, un boulot de secrétaire de direction qui paie les factures. Une silhouette élancée, de magnifiques jambes et des hommes qui se retournent parfois sur son passage. Un mec de temps à autre, au hasard d'un échange sur un site de rencontres. Là non plus, elle ne s'en formalise pas. Tous les soirs, après le boulot, elle va boire un coup au Royal. Il y a Fred, le barman, et surtout sa grande copine, Marie-Jeanne, qui vient les mardi et jeudi. Toujours avec sa paire de ciseaux. le Royal se transforme alors en salon de coiffure. Depuis sa relation avec Thierry, qui était à deux doigts de lui en coller une, Rose s'est offert, sur un site américain, un calibre .38 et cinq cartouches. Ça la rassure. Elle le trimbale d'ailleurs souvent avec elle, dans son sac. Ce qu'elle ne sait pas Rose, c'est qu'il va servir, ce flingue...
Nicolas Mathieu dresse, tout en finesse et sensibilité, le portrait, un brin amère, de Rose. Une femme lambda, presque la cinquantaine, une belle silhouette mais une femme abîmée qui ne croit plus vraiment en rien et n'attend plus grand-chose. Une femme avec un flingue dans le sac, des fois qu'un homme lève la main sur elle. Une femme qui tombe amoureuse, une dernière fois... Dans cette nouvelle, l'auteur distille peu à peu un léger sentiment de malaise, d'étouffement, une violence sourde. Un texte court mais dense qui dépeint, avec pessimisme, ces relations hommes/femmes. Une fin inattendue qui ébranle. Un portrait émouvant de femme qui croyait encore à l'amour...
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alexb27
  25 août 2021
Sombres, inquiétantes, désenchantées sont les novellas que propose Nicolas Mathieu dans ce recueil.
2 histoires cruelles et terriblement crédibles :
Celle de Rose, quasi quinquagénaire, divorcée, 2 grands enfants, qui veut croire quand elle rencontre Luc, que l'amour est toujours à portée de main.
Celle du juge Wagner, retraité, qui, pour vaincre sa trop grande solitude, va se prendre d'amitié pour un jeune délinquant.
Des rencontres, des attentes et des fins réalistes.
Bien trop réalistes.
Et une écriture au cordeau👌🏻
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hcdahlem
  22 novembre 2019
Avant que Rose ne s'étiole
Le Prix Goncourt 2018 nous offre un court roman noir qui prouve une fois encore son formidable talent. le portrait de Rose, quinquagénaire qui rêve d'un nouveau printemps, est aussi lucide que cruel.
Il paraît que pour un Prix Goncourt, il est très difficile de reprendre la plume. Il est vrai qu'après le formidable succès de Leurs enfants après, Nicolas Mathieu était très attendu. Avec Rose Royal qui, rappelons-le, n'est que sa troisième oeuvre publiée, il se remet doucement en selle, dans un format court, qui par parenthèse permet à IN8, un éditeur régional (basé à Serres-Morlaàs dans les Pyrénées-Atlantiques) de s'offrir une plus grande visibilité.
Rassurons d'emblée tous ceux qui ont aimé ses précédents livres, sa plume est toujours aussi aiguisée, son regard sur la société toujours aussi percutant.
Nous avons cette fois rendez-vous avec Rose dans un café de Nancy. Au Royal elle a pris ses habitudes, s'offrant quelques verres avant de rentrer chez elle, commentant l'actualité avec le patron, croisant la coiffeuse et sa meilleure copine. Bref, elle n'attendait plus grand chose de la vie, même si son physique conservait quelques atouts: «Rose aurait bientôt cinquante piges et elle ne s'en formalisait pas. Elle connaissait ses atouts, sa silhouette qui ne l'avait pas trahie, et puis ses jambes, vraiment belles. Son visage, par contre, ne tenait plus si bien la route.»
En attendant un très hypothétique miracle, elle avait réglé sa vie sur ce rituel qui la mettait à l'abri d'une relation décevante, comme celles que les réseaux sociaux offraient et à laquelle elle s'était quelquefois laisser aller quand la solitude devenait trop pesante. Car après tout, elle ne s'en était pas si mal sortie jusque-là. «Rose s'était mariée à vingt ans. Elle avait eu deux mômes dans la foulée, Bastien et Grégory, et un divorce sans complication majeure.»
L'événement qui va changer son quotidien survient au Royal un soir où le patron a joué les prolongations. En milieu de nuit un homme y trouve refuge avec dans les bras le chien qui vient d'être victime d'un accident. Rose ne le sait pas encore, mais cet homme meurtri est son nouveau compagnon. Ensemble, ils vont faire un bout de chemin, chacun voulant croire à une seconde chance «ne sachant que faire de ce nouvel âge de la maladresse». Après quelques mois, Rose va choisir de quitter son emploi pour seconder Luc et emménager chez lui. Un choix réfléchi? La suite va prouver que non.
Dans une ambiance proche de Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu sait parfaitement installer ces petits détails qui montrent que la mécanique s'enraye, que la belle histoire est un voeu pieux, que peu à peu Rose entre dans «cette escroquerie de la dépendance». Avec un épilogue glaçant que je me garde bien de de dévoiler. En revanche, ce bonbon acidulé est parfait pour nous mettre l'eau à la bouche et faire encore grandir notre impatience de nous plonger dans le prochain grand format de mon compatriote lorrain !

Lien : https://collectiondelivres.w..
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critiques presse (1)
Liberation   04 octobre 2019
Rose Royal, en 77 pages, raconte de façon implacable la tragédie des féminicides qui, l’an dernier, a entraîné la mort de 121 femmes en France et cette année déjà 113 aux premiers jours d’octobre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
sevm57sevm57   01 décembre 2022
Ils étaient mûrs. Mais la cinquantaine, désormais, représentait un âge ambigu. Autrefois, à cinquante ans, on était vieux. Et ils sentaient bien dans leurs os, leurs fatigues, leurs maladies déjà chroniques, leurs peux devenues sèches, leurs cheveux plus rares, qu'une vérité de cet ordre se manifestait encore dans leurs corps à mi-chemin. Mais à présent que les familles volaient tôt en éclat et que la vie s'allongeait interminablement, la cinquantaine prenait aussi l'aspect d'une autre adolescence. Luc et Rose en étaient là, à se dévisager, ne sachant que faire de ce nouvel âge de la maladresse.
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sevm57sevm57   30 novembre 2022
Le chef dédaignait lui aussi les faux-fuyants. Aux facilités de l'épice et de l'exotisme, il opposait le culte des produits, la science des cuissons, le règne du tour de main.
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sevm57sevm57   28 novembre 2022
C'est ainsi que Rose, qui s'était pourtant promis qu'on ne l'y reprendrait plus, se laissa progressivement glisser dans cet étui paradoxal du couple. Elle retrouva le confort des habitudes, de l'autre à qui dire les choses, des repas partagés. Elle fit des plans à deux. Elle renoua avec l'art si délicat de la concession. Elle réapprit à considérer d'autres intérêts que les siens. Peu à peu, elle entra dans cette escroquerie de la dépendance.
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sevm57sevm57   26 novembre 2022
Ces innombrables solitudes, niées à coup d’achats online et de plateaux télé, étaient la trame même des réseaux et de la modernité. Elles constituaient le gisement aurifère de notre temps. Sur ce ramassis de distances et de détresses, les GAFA faisaient leur beurre.
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sevm57sevm57   26 novembre 2022
Ils avaient été de gauche et puis plus du tout.
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