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ISBN : 2330108710
Éditeur : Actes Sud (22/08/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 570 notes)
Résumé :
Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s’emmerdent comme c’est pas permis. C’est là qu’ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commenc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (220) Voir plus Ajouter une critique
Sociolitte
  17 octobre 2018
Prix Goncourt 2018, "Leurs enfants après eux", des destins avortés entre espérance et réalité.
Dans l'Est de la France et ses hauts-fourneaux fermés, Nicolas Mathieu nous parle de « vies minuscules » pleines d'un espoir majuscule.
Moi, si j'étais un homme...
Cette chanson de Diane Tell rapidement évoquée dans ce livre pourrait peut-être en être l'esquisse.
Lorsqu'on a 14 ans et que l'on vit dans une région sinistrée par la désindustrialisation, on rêve d'un ailleurs différent. Entre le corps qui se transforme et les premiers émois à la vue d'une goutte de sueur s'écoulant entre deux seins, ou en piquant une barque pour aller voir plus loin, c'est comme découvrir une nouvelle contrée. C'est l'aventure qui commence.
Anthony ne veut pas de la vie qui l'attend : « licencié, divorcé, cocu ou cancéreux ». Dans son monde, « Les hommes parlaient peu et mouraient tôt ». C'est élevé dans ce milieu, « sur de grandes dalles de colère, des souterrains de peine agglomérées », qu'il ambitionne d'être quelqu'un d'autre, ne plus vivre sa vie à moitié, prisonnier de rouages qu'il ne maîtrisera jamais. Il veut exister.
Et, pour ça, il ne voit qu'une solution : « foutre le camp » !
Les années 90 en quatre étés
Une écriture à fleur de peau. Nicolas Mathieu met en scène Anthony, Hacine, Stéphanie, Hélène, Patrick et tous les autres par les descriptions charnelles de leurs sensations, de leurs émotions. le contexte est introduit culturellement par de nombreuses évocations d'objets ou de sujets typiques des années 90, et socialement, avec un portrait d'une ville imaginaire détaillée entre petits-bourgeois, familles populaires et « cassos ».
L'action se déroulera sur quatre étés : 1992, 1994, 1996, 1998. Et quatre chansons : Smells like teen spirit, You could be mine, La Fièvre et I will survive. Toute une époque restituée.
Une écriture à fleur de coeur. L'auteur replonge dans la jeunesse, avec des frissons dans le corps, de ceux qui ont connu cette période.
Mais Leurs enfants après eux n'est pas seulement un roman d'initiation ou générationnel. Nicolas Mathieu connaît l'art d'émouvoir mais aussi celui de dépasser les clivages.
Une vie à corps et coeur perdus
Être raisonnable, c'est ce que toute leur vie leur enjoint de faire : leurs familles résignées, les formations sans débouchés, les administrations donneuses de leçons ou les emplois abrutissants. Se taire, ne pas faire de vague, accepter sa condition. Mais à 14, 16, 18 ou 20 ans, on n'a pas l'âge d'accepter une « vie à peu près », une « vie peinarde et modérément heureuse », et se satisfaire « de salaires décents et d'augmentations raisonnables ».
Fuir, partir, tout quitter, tout sauf cette « vie réduite et anesthésiée ». Et en attendant le grand soir, avant le « pincement des petits matins blêmes » s'oublier dans la drogue ou l'alcool, s'occuper avec des menus larcins ou construire des trafics interdits mais remplis d'espoir, se griser de vitesse sur un vélo, une mobylette ou une moto. Courir, s'échapper. Et aimer, s'enivrer d'amour à en crever. Si comme dans la chanson de Diane Tell, être un homme, c'est être romantique, Anthony l'est, le problème est que la vie ne l'est pas avec lui.
« le paradis était perdu pour de bon, la révolution n'aurait pas lieu ; il ne restait plus qu'à faire du bruit ».
Ce serait donc ça être un homme ? Se contenter, se résigner, accepter sa condition ?
« Moi, si j'étais un homme, je serais capitaine ». Anthony, Hacine ou Stéphanie sont tous dans le même bateau. Un bateau « vert et blanc », comme dans la chanson. Deviendront-ils capitaines de leurs navires, maîtres de leurs existences ? Pourront-ils s'arracher aux affres de la reproduction sociale et du conditionnement culturel qui les étreignent et les empêchent de mener une vie libre.
À l'aide de personnages attachants et puissamment romanesques, Nicolas Mathieu nous offre une superbe ode à la liberté et une farouche dénonciation de l'injustice sociale.
À lire avec l’idéal d’absolu qui le caractérise, "Leurs enfants après eux", portrait d’une jeunesse qui refuse de vivre au rabais, bouleversant de justesse par son besoin illimité d’exister.
« De la vitesse, de l’oubli, à l’infini ». Merci Nicolas Mathieu.
Lu en septembre 2018.
Mon article sur Fnac.com/Le conseil des libraires :
Lien : https://www.fnac.com/Prix-Go..
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Kirzy
  06 octobre 2018
*** Rentrée littéraire 2018 ***
Leurs enfants après eux.
Magnifique titre pour un roman qui l'est tout autant, de la première à la dernière ligne.
Leurs enfants après eux. Est-on condamné à mener l'existence de nos parents ? Peut-on conjurer le sort et lever la malédiction, quitte à prendre des chemins de traverse ? Ses pères, ouvriers au chômage qui rabâchent la mémoire ouvrière et donnent à ceux qui ne l'ont pas vécu le sentiment d'être passés à côté de l'essentiel. Ses pères immigrés, « suspendus entre deux rives, mal payés, mal considérés, déracinés, sans héritage à transmettre. » Ses mères qui «  finissaient toutes effondrées et à moitié bonniches, à ne rien faire qu'assurer la persistance d'une progéniture vouée aux mêmes joies, aux mêmes maux »
Anthony, Hacine, Clem', Steph', enfants de prolos, d'immigrés, de petits-bourgeois dans une Lorraine sinistrée depuis la fermeture des hauts fourneaux, ne se résignent pas à ces vies qui leur sont promises en héritage. Années 90. Ils ont 14, 16, 18, 20 ans au fil de quatre chapitres qui nous font plonger dans leur être le plus profond, leurs émois, leurs rêves, leurs fantasmes d'adolescents puis de jeunes adultes. Leurs rêves et leurs dépouilles.
Ce roman est juste formidable dans sa façon de parler de cette jeunesse qui va se désenchanter au contact de cette putain de réalité. Toute la beauté brute, l'incandescence de la jeunesse est décrite avec une subtilité dingue. Tout est juste dans cette chronique de l'adieu à l'enfance pour laquelle tout n'est que promesse avant de s'y casser les dents. L'intensité , la précision, la crudité de la langue permettent à l'auteur de faire jaillir des personnages tous très attachants. La vie pulse en eux et on ressent chacune de ses pulsations. Surtout lorsqu'on suit Anthony, le personnage le plus lumineux, coincé entre un père qui sombre et une mère qui le protège comme une louve. On le voit grandir, évoluer mais toujours attaché à ses rêves.
Moi aussi j'ai eu 14 ans en 1992 et 20 ans en 1998, comme les personnages, comme l'auteur. J'ai savouré toutes les références générationnelles qui parsèment les pages. Mais ce roman va au-delà de la simple chronique réussie d'une jeunesse à un moment donné.
Malgré toutes ces clins d'oeil qui nous renvoient aux années 90, le propos est ultra contemporain sur la France d'aujourd'hui. En 2018, les choses sont-elles si différentes lorsqu'on entre dans l'âge adulte ? le roman se fait alors chronique sociale, politique même lorsqu'il fait écho à la rage de ceux qui se découvrent coincés comme l'ont été leurs parents dans la précarité ou la sclérose intellectuelle.
Nicolas Mathieu dresse là une carte des territoires de l'immobilité sociale, de la France des périphéries avec une rare acuité. L'écart est terrible entre Anthony, le fils de prolo, et Steph', la fille de petits bourgeois dont il est tombé amoureux. Lui ne voit pas le fossé qui le sépare. Elle, oui, d'emblée. Le propos est sombre, certes, mais ne tombe jamais dans le pathos, traversé par des lueurs d'espoir qui éclairent tout. Un grand roman sur l'arrachement et le décillement. Une superbe fresque sociale et politique par l'angle de l'intime.
A écouter en compagnie de Nirvana
https://www.youtube.com/watch?v=0TbtMFOtiBc
Lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire Price Minister - Rakuten France 2018
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Jeanfrancoislemoine
  21 septembre 2018
Voilà, c'est fini, déjà et, comme à chaque fois que je "sors"d'un bouquin qui m'a vraiment tenu en haleine comme celui-ci, les questions qui m'assaillent sont nombreuses. D'abord, moi qui suis d'une "autre génération", plus ancienne et qui ai donc vécu une autre adolescence, bien différente, aurais-je aimé vivre auprès d'Anthony, Hacine, Coralie, Steph et Compagnie dans ce bourg d'Heillange à la même époque? Heillange, c'est pour ces jeunes le désoeuvrement, la drogue, l'alcool, les menus larcins, la prise de conscience que, rester sur place, c'est se condamner à vivre la vie étroite et sans grand avenir, des parents. Le seul horizon, le seul espoir de liberté, c'est le départ vers un ailleurs plus attrayant, moins glauque et désespéré.
Il sera très curieux de constater que tous, sauf Steph, seront condamnés à se retrouver à leur point de départ, après avoir entrevu l'espoir, au Maroc pour l'un, au service militaire pour l'autre....
Ah, et puis, il y a la libération des moeurs, l'envie de "baiser"sans entraves mais pas sans préservatif , les maladresses, les envies de jouir sans envisager d'autre lendemain que le plaisir d'un soir....Et puis, de l'humour aussi, c'est vrai qu'il s'est souvent révélé gênant, ce satané frein à main et son copain, le levier de vitesse !!!!!
Les personnages sont touchants, irritants, séduisants, têtes à claques, paresseux, insolents mais tellement "attachiants", des ados, plus gamins mais pas vraiment adultes dont l'horizon semble tout de même bien bouché.
Alors, pour beaucoup de raisons, et bien qu'issu d'un milieu très modeste, je n'aurais pas aimé vivre dans ce bourg et avoir 20 ans à cette époque car quoi, ils sont jeunes et les portes se sont déjà refermées sur eux, ce qui n'a pas été le cas pour moi, même s'il conviendrait d'en dire un peu plus, ce qui n'est pas le sujet.
Ce livre est admirable de finesse, de subtilités, bien écrit, variant remarquablement récit et dialogues. Pour moi, c'est un des meilleurs que j'ai lus cette année et, si j'en crois les critiques, je ne suis pas le seul. J'ai cru y retrouver parfois l'atmosphère de "Malataverne"de B Clavel, qui m'avait beaucoup marqué en son temps.
Non, je n'aimerais sans doute pas retrouver nos héros , mais, par contre,j jaimerais bien les retrouver, mes 20 ans, et "savoir ce que je sais", comme on dit....
Je vous conseille cette lecture, sans aucune hésitation , et quel que soit votre âge, on y retrouve tout le parfum de sa propre histoire.
Ah, un dernier mot: ma fille avait 20 ans en 1998....Elle a "fini " un soir de match, avec des camarades, dans la fontaine de la ville...Et 1, et 2, et 3...zéro.
Et si je lui proposais de le lire, ce livre, ce serait sans doute l'objet d'un bel échange entre un père et sa fille, non?
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Annette55
  23 octobre 2018
Pas de long commentaire , Sébastien a déjà tout dit.
Août1992: une petite ville de l'est de la France, perdue, résignée, comme rouillée , abîmée,brisée à l'ombre des hauts - fourneaux éteints., un lac immobile , un aprés-midi de chaleur écrasante, odeur de goudron, de poussière sèche ....
Anthony a quatorze ans lorsque s'ouvre le roman .
Nous le suivrons durant quatre étés , lui et d'autres adolescents , Hacine, Clem ....pris au piège des barbelés d'une vie sans échappatoire où le temps semble s'être arrêté ....figé....
L'auteur dresse un tableau brillant ---hyper réaliste ----des doutes, du désoeuvrement , des premiers émois amoureux, des rêves encalminés , non aboutis noyés dans l'alcool , la poisse, la résignation sociale , la fin de l'enfance , le drame du licenciement du pére ....
La construction est originale, l'écriture est riche, précise, vibrante, dense, vigoureuse, acérée.
Même si la trame est sombre et si ce texte conte la vie d'hommes usés au travail, de vies par défaut, le malaise , le son de la télé monté au maximum , les factures , l'odeur des gauloises , les bêtises des jeunes, l'ennui , l'échec, les faux départs, la nostalgie et le déclin, il est éclairé, électrisé par la lumière de l'été , les désirs sexuels, la rage de vivre,les questionnements : tous rêvent de fiche le camp mais la plupart de ces jeunes sont condamnés à mener une existence semblable à celle de leurs pères.
Anthony, ce gamin jamais heureux à l'école, son pére, sa mére, Steph, qui lui échappe sans cesse et se refuse .....
Le texte emporte le lecteur par son acuité, son extraordinaire sensibilité comme si l'auteur avait vécu cette période.....
Un récit bouleversant , déchirant , énergique, rageur, qui nous prend aux tripes, lu dans le train dans l'urgence emportée par la justesse de ces brouillons de vies , de toute beauté !
Comme une carte postale géante de ces années - là, grave, lumineuse et vivement colorée à la fois!
Semblable à un film au ralenti de cette France de l'entre- deux,loin, très loin de la mondialisation sans frein, la France d'une époque...une tragédie où la jeunesse devra trouver sa voie dans un monde qui meurt .......
" Il en est dont il n'y a plus de souvenirs,
Ils ont péri comme s'ils n'avaient jamais existé;
Ils sont devenus comme s'ils n'étaient jamais nés ,
Et, de même, leurs enfants aprés eux . "
Siracide. 44, 9.


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marina53
  29 novembre 2018
Août 1992, à Heillange, petite ville de l'Est de la France, Anthony, du haut de ses 14 ans, s'ennuie ferme. Il n'y a rien à faire ici, pendant les deux longs mois d'été. Avec le cousin, pour tromper leur ennui, ils volent des canoës et naviguent au gré du courant, tentant d'échapper aux monos du club qui les poursuivent. Apercevant deux jeunes filles au loin, ils décident d'accoster sur une berge. L'air faussement désinvolte, ils les approchent et les retrouveront à une soirée, plus tard. L'été ne fait que commencer... L'adolescence aussi...
L'on suit pendant quatre étés durant, de 1992 à 1998, le destin d'une bande d'adolescents, ô combien attachants, issus de différents milieux sociaux. Pourtant, dans leur coeur, cette même envie de vivre. Pleinement, chichement, intensément. Partir et découvrir un autre que cette ancienne zone post-industrielle, vestige des hauts-fourneaux aujourd'hui éteints Ne pas s'engluer et subir la même vie que leurs parents, même si, pour certains, il ne pourra en être autrement. En quatre tableaux, en quatre étés, en quatre saisons chaudes et étouffantes, Nicolas Mathieu dépeint avec force et intensité une véritable fresque chorale, sociale et familiale. Vibrant, passionnant et foisonnant, ce récit, bien que sombre parfois, est illuminé par l'étincelle, la fougue et l'énergie des adolescents. Ce portrait réaliste d'une France désoeuvrée est remarquable de par la justesse des mots et des dialogues, l'intensité et l'émotion qui s'en dégage et l'illusion, cruelle, qui leurre ces adolescents véhéments.
Remarquable !
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critiques presse (10)
LeDevoir   14 janvier 2019
Pour son deuxième roman après Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu, né en 1978, nous livre une fine et implacable analyse sociale sous le couvert d’un roman hyperréaliste à l’écriture puissante.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Bibliobs   08 novembre 2018
Ce grand roman vibre d'une douleur sourde, retranscrit avec justesse et sensibilité le langage de différentes générations et enfonce les vérités comme des poignards. Avant tout, celle de l'agonie du monde ouvrier.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Bibliobs   22 octobre 2018
Ce grand roman vibre d'une douleur sourde, retranscrit avec justesse et sensibilité le langage de différentes générations et enfonce les vérités comme des poignards. Avant tout, celle de l'agonie du monde ouvrier.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Bibliobs   19 octobre 2018
Dans une Lorraine ravagée par la rouille et le chômage, une poignée d'ados issus de milieux sociaux différents découvre ses premiers émois en même temps que l'envie de fuir. Avec justesse et sensibilité, Nicolas Mathieu dit l'agonie du monde ouvrier et le mensonge de l'égalité des chances.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   05 octobre 2018
Le deuxième roman de Nicolas Mathieu, noir et incarné, raconte avec une beauté brute le désenchantement d’une jeunesse des marges.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   21 septembre 2018
Une fresque sociale où des adolescents rêvent de jours meilleurs dans une Lorraine désindustrialisée.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   18 septembre 2018
Un roman magistral sur des adolescents saisis sur le vif pendant quatre étés avant l'an 2000, dans un bassin sidérurgique privé d'avenir.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   13 septembre 2018
Le style de Nicolas Mathieu ne se drape dans rien. Il a un drapé. Plutôt un moiré : écrire sur l’adolescence et ses reflets changeants requiert une exigence sans faille. Il faut une sensibilité qui possède du tranchant, un ton capable de dire les emballements du cœur, la rage et la fragilité. Nicolas Mathieu a démontré qu’il maîtrisait tout cela dès son premier livre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   24 août 2018
Les étés, Anthony les passe dans sa ville sans avenir, brisée par le chômage. Mais son désir d’ado est plus fort… Un texte juste, une tragédie bouleversante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   22 août 2018
On prend ici le pari que Nicolas Mathieu va non seulement réussir sa rentrée littéraire (le talent n'a pas besoin de prix, mais bon, si l'auteur pouvait en récolter un...), mais qu'il va également s'installer durablement dans le paysage. L'homme a le souffle large, la phrase romanesque, l'esprit ouvert, le clavier acéré et le nombril partageur.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (249) Voir plus Ajouter une citation
bombyliusbombylius   21 janvier 2019
Coralie voulut manger des frites et prendre une bière. Hacine paya. il comptait. Tout devenait cher une fois qu'il fallait gagner son fric honnêtement. Le salariat avait eu quelque chose de rassurant au début, par rapport aux aléas du business. Et puis il avait bientôt compris que ces sommes dérisoires n'étaient pas un début, mais le rythme de croisière des honnêtes gens. Vous commenciez alors à compter en caddies, ou à comparer le montant de votre assurance habitation et le prix d'un séjour aux Baléares. La vie devenait cette suite de prévisions, de rognages minuscules, de privations sans douleur compensées par des plaisirs toujours insuffisants.
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balaganbalagan   22 janvier 2019
Ils iraient alors grossir cette acrimonieuse catégorie des citoyens suréduqués et sous-employés, qui comprenait tout et ne pouvait rien.
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balaganbalagan   22 janvier 2019
Il se construisait pour eux des logements, des Aldi, des centres de soins, une économie minimale vouée à la gestion du dénuement, à l'extinction d'une espèce.
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bombyliusbombylius   19 janvier 2019
Hélène avait l le plus beau cul d'Heillange. c'est un pouvoir qui vous échoie par hasard et e se refuse pas. Les garçons ont alors des yeux de veau, ils deviennent sots, prodiges,, vous pouvez les choisir, les échelonner, aller de l'un à l'autre. Vous régnez sur leurs désirs imbéciles et dans cette France de la DS et Sylvie Vartan, où les filles étaient cantonnées aux fiches cuisine et aux rôles de midinettes, c'était presque déjà la révolution.
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bombyliusbombylius   19 janvier 2019
Elle se contenait, mais le chagrin, le dépit faisaient des vagues de plus en plus grosses. Elle voulut courir, mais elle s'y prenait comme une vraie godiche et finit par se ramasser de tout son long das la poussière. Une fois debout, elle constata que ses mains saignaient un peu. Alors, les digues cédèrent d'un coup et elle se mit à chialer pour de bon, un vrai chagrin moche, avec de la morve, des hoquets et le maquillage qui fout le camp. Elle en avait le souffle coupé. A la fin, elle se retrouva soulagée, avec une impression de grande fatigue. Un bruit de moteur la surprit dans cet état. Elle se tourna pour voir. C'était l'autre con.
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