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ISBN : 2330108710
Éditeur : Actes Sud (22/08/2018)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s’emmerdent comme c’est pas permis. C’est là qu’ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commenc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  21 septembre 2018
Voilà, c'est fini, déjà et, comme à chaque fois que je "sors"d'un bouquin qui m'a vraiment tenu en haleine comme celui-ci, les questions qui m'assaillent sont nombreuses. D'abord, moi qui suis d'une "autre génération", plus ancienne et qui ai donc vécu une autre adolescence, bien différente, aurais-je aimé vivre auprès d'Anthony, Hacine, Coralie, Steph et Compagnie dans ce bourg d'Heillange à la même époque? Heillange, c'est pour ces jeunes le désoeuvrement, la drogue, l'alcool, les menus larcins, la prise de conscience que, rester sur place, c'est se condamner à vivre la vie étroite et sans grand avenir, des parents. Le seul horizon, le seul espoir de liberté, c'est le départ vers un ailleurs plus attrayant, moins glauque et désespéré.
Il sera très curieux de constater que tous, sauf Steph, seront condamnés à se retrouver à leur point de départ, après avoir entrevu l'espoir, au Maroc pour l'un, au service militaire pour l'autre....
Ah, et puis, il y a la libération des moeurs, l'envie de "baiser"sans entraves mais pas sans préservatif , les maladresses, les envies de jouir sans envisager d'autre lendemain que le plaisir d'un soir....Et puis, de l'humour aussi, c'est vrai qu'il s'est souvent révélé gênant, ce satané frein à main et son copain, le levier de vitesse !!!!!
Les personnages sont touchants, irritants, séduisants, têtes à claques, paresseux, insolents mais tellement "attachiants", des ados, plus gamins mais pas vraiment adultes dont l'horizon semble tout de même bien bouché.
Alors, pour beaucoup de raisons, et bien qu'issu d'un milieu très modeste, je n'aurais pas aimé vivre dans ce bourg et avoir 20 ans à cette époque car quoi, ils sont jeunes et les portes se sont déjà refermées sur eux, ce qui n'a pas été le cas pour moi, même s'il conviendrait d'en dire un peu plus, ce qui n'est pas le sujet.
Ce livre est admirable de finesse, de subtilités, bien écrit, variant remarquablement récit et dialogues. Pour moi, c'est un des meilleurs que j'ai lus cette année et, si j'en crois les critiques, je ne suis pas le seul. J'ai cru y retrouver parfois l'atmosphère de "Malataverne"de B Clavel, qui m'avait beaucoup marqué en son temps.
Non, je n'aimerais sans doute pas retrouver nos héros , mais, par contre,j jaimerais bien les retrouver, mes 20 ans, et "savoir ce que je sais", comme on dit....
Je vous conseille cette lecture, sans aucune hésitation , et quel que soit votre âge, on y retrouve tout le parfum de sa propre histoire.
Ah, un dernier mot: ma fille avait 20 ans en 1998....Elle a "fini " un soir de match, avec des camarades, dans la fontaine de la ville...Et 1, et 2, et 3...zéro.
Et si je lui proposais de le lire, ce livre, ce serait sans doute l'objet d'un bel échange entre un père et sa fille, non?
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Zakuro
  04 septembre 2018
En refermant ce livre, j'ai eu le sentiment douloureux d'abandonner une bande de copains, une époque. J'avais oublié mon âge, j'étais repartie dans les années 1990.
Pourtant, les débuts de ma lecture ont été difficiles car j'étais réticente à entrer dans une histoire qui me faisait revivre ma propre adolescence. La génération sacrifiée, c'est eux aussi, Anthony, Hacine, Stéphanie et leur bande d'amis dans la vie du livre où le lecteur les suit pendant 6 ans, de 1992 à 1998. Mes réticences se sont envolées car Nicolas Mathieu a su me captiver par son texte qui offre une nouvelle dignité à des familles de gens simples où « les hommes parlaient peu et mouraient tôt », qu'elles soient françaises ou immigrées comme le père de Hacine.
Toutes ces familles, les Cassati, les Bouali, les Mougel comme les nomme lui-même l'auteur ont leur lot de chagrins et de défaites. Licenciés et sans emploi depuis la fermeture des hauts fourneaux de Heillage, les parents vivotent, les familles se jalousent sous des relents de racisme. Il n'y a pas de misérabilisme ni de condescendance mais tout sonne terriblement vrai et juste dans le texte, que ce soit du côté des adolescents ou du côté des parents.
le roman est riche en détails, en descriptions, et m'a fait rouvrir les yeux sur l'époque où j'avais une vingtaine d'années.
Au début du roman Anthony a 14 ans, il regarde son père noyer sa colère dans l'alcool et se disputer avec sa mère. Alors quoi, bon sang ! « Où était la vie, merde ?» se dit Anthony.
Il veut voir les filles de l'autre côté du lac, surtout Stéphanie qui lui fera connaître son premier chagrin d'amour que l'auteur m'a fait vivre avec des mots sublimes au bout desquels une petite flèche m'a laissé une douce empreinte nostalgique.
Avec des copains et son cousin, il veut flirter, boire de l'alcool et fumer des pétards, avoir ses premières expériences sexuelles, braver les interdits comme enfourcher la moto de son père, filer droit dans leur quartier qui est leur territoire, vite avant qu'il ne soit envahi par les îlots de commerces posés là comme des gros cubes de containers, la nouvelle poudre aux yeux de la société de consommation et des jours meilleurs.

Ces ados ont des rêves plein la tête, « Hacine se rêvait d'être caïd » mais ont les poches crevées, ils sont les poèmes de Rimbaud, les enfants du cercle des poètes disparus, le superbe film de Peter Weir sorti en 1990 justement, mais malheureusement sans le professeur qui les pousse à aller plus loin, à oser prendre la tangente.
Les héros sont Hacine et Anthony, les amoureux fous de la bécane, querelleurs et bagarreurs depuis le vol d'une moto qui rythme le livre, dans l'animosité d'une contrariété compréhensible. Je me suis souvent demandé comment ils allaient régler leurs comptes. La fin du livre ouvre un champ de possibilités qui me plaît beaucoup. le texte respire l'authenticité et la sincérité.

Ces adolescents sont surtout les enfants de leurs parents. Sur ce point, j'ai beaucoup aimé le regard rempli de générosité et d'humilité de l'auteur sur la figure parentale, il n'est jamais culpabilisant mais renforce mon attachement à leur sort. Les voilà aussi maintenant brutalement et très tôt confrontés à une autre rupture, la fin de l'enfance de leur enfant :
« elle pouvait encore se souvenir de l'odeur de sa tête quand il s'endormait sur ses genoux, le samedi soir, devant la télé. Comme du pain chaud. Et un beau jour, il lui avait demandé de frapper avant d'entrer dans sa chambre, et à partir de là, les choses s'étaient précipitées d'une manière assez inattendue. Maintenant, elle se retrouvait avec cette demi-brute qui voulait se faire tatouer, sentait des pieds et se dandinait comme une racaille. Son petit garçon ».
J'ai aimé la vision en miroir, celle des parents et celle des adolescents liés pour le meilleur et pour le pire.
Pendant 6 années, j'ai aimé les suivre, suivre leur trajectoire, leurs évolutions personnelles, leurs rêves et leurs déboires.
J'étais avec eux au bord du lac et j'étais aussi en même temps leur mère, une impression étrange, un bond dans le temps dû aux années écoulées depuis, et à l'adulte que je suis devenue aujourd'hui.
le temps du livre s'arrête aux 20 ans d'Anthony en 1998 en pleine coupe du monde de football et je me demande bien ce qu'il serait devenu à 40 ans en personnage de papier sous la plume talentueuse de Nicolas Mathieu.
Livre lu dans le cadre de la RL 2018 de lecteurs.com
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kateginger63
  03 septembre 2018
Quel bonheur de plonger ainsi dans la douce nostalgie de mes vingt ans ! Un kaléidoscope de références nineties qui m'a fait chaud au coeur.
Ceci est le second roman de Nicolas Mathieu. L'histoire se passe dans une vallée vosgienne. Tiens, pas très loin de mon Alsace chérie où j'ai passé toute mon enfance et adolescence. de là à amalgamer les deux endroits, il n'y a qu'un pas !
L'épopée de notre jeune héros Anthony va se dérouler sur quatre étés caniculaires, de ses 14 à 20 ans. Alors le mot « épopée » est un grand mot pour nommer les tribulations de sa vie d'ado meurtri.
C'est aussi le roman d'une époque tourmentée, de jeunesse qui peine à trouver sa voie dans un monde éteint. Cette jeunesse qui croit qu'ailleurs, l'herbe est plus verte. Qui se fabrique des rêves entiers de réussite, de « vie admirable ». Anthony va ainsi découvrir le goût amer de l'amour, la fadeur d'un premier émoi, la lassitude d'un désir refoulé. Et se retrouver au final englué dans le morne quotidien de citoyen quelconque.
Autour de lui gravitent sa famille dysfonctionnelle, le cousin, les filles et les jeunes errants du quartier. Il y a cette rage en lui, cette violence larvée qui ne demande qu'à sortir. Pourquoi d'ailleurs ? Même lui ne le sait pas, il se rend juste compte qu'il ne supporte plus le fonctionnement conflictuel de son petit monde, sa vallée. Mais partir ailleurs ? Il a essayé, il en est revenu.
A travers Anthony et sa bande, j'ai voyagé dans le temps pas si lointain de mes 20 ans. Un peu comme dans un film en super 8, des images vintage me sont apparues. Les fêtes un peu arrosées, les garçons, la plage, le 14 juillet, Intervilles, la coupe du Monde de football, la fête foraine.... J'y étais à nouveau. Pour moi, c'était le « bon temps », j'ai donc pu savourer ces moments chéris.
La plume est belle, pudique, et aussi mélancolique (note : l'auteur avait le même âge qu'Anthony, un peu d'autobiographie là-dedans ?). J'ai eu l'impression de me retrouver dans la peau de certaines des jeunes filles dans leurs dialogues, leurs comportements. Il n' y a pas un mot de trop, les sensations des protagonistes sont si authentiques, si réelles. On y parle de racisme, de politique, de sociologie et d'économie. Et puis aussi de sensualité, de violence et de moiteur. le récit baigne continuellement dans la chaleur, cette ambiance de fournaise qui amollit les habitants. Et puis quelle noirceur, quelle tristesse dans cette zone pavillonnaire. le bourdon garanti !
Vous l'aurez compris, une atmosphère poétique, glauque et lasse. Un rythme lent, des drames, des vies ordinaires, tout ce qu'il me faut pour goûter à la nostalgie d'une époque révolue.
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natdef
  11 septembre 2018
Ce roman n'est pas seulement un roman captivant et débordant d'humanité, c'est aussi une chronique sociale et politique.
« Leurs enfants après eux » raconte l'adolescence, cette période d'errances et d'ennui : la vie de routine, les premiers émois, les soirées foireuses, ce moment de vertige où les attentes sont immenses –envies d'ailleurs, aspirations à une autre vie que celle des parents - et où finalement le quotidien est lent, routinier et ennuyeux surtout quand, comme Anthony, on a 14 ans et qu'on est fils d'ouvrier dans une région de l'Est sinistrée.
C'est l'histoire d'une époque, les années 90, dans cette région des hauts fourneaux de la vallée de la Fensch. Les générations se sont succédées dans les usines, et se sont usé la santé pour rembourser le crédit d'un modeste pavillon. Les usines ont fermé, les existences sont parties à la dérive. La violence économique a enfanté le déclassement, la misère, la brutalité et le racisme.
« Les hommes parlaient peu et mourraient tôt ; Les femmes se faisaient des couleurs et regardaient la vie avec un optimisme qui allait en s'atténuant. Une fois vieilles, elles conservaient le souvenir de leurs hommes crevés au boulot, au bistrot, silicosés, de fils tués sur la route, sans compter ceux qui s'étaient fait la malle »
L'histoire se déroule sur 4 étés, de 1992 à 1998, et entrecroise les destins d'adolescents, souvent enfants d'immigrés qui, comme Hacine, ne se sentent à leur place ni en France, ni dans le pays d'origine de leurs parents et vivent de trafics en tous genre : « Hacine était venu maintes fois au Maroc pendant les grandes vacances mais il n'avait pas voulu se mêler aux habitants. Il les trouvait repoussants ».
J'ai refermé ce livre la gorge nouée, ce livre m'a beaucoup touchée. J'ai fait une belle rencontre, pourtant j'ai beaucoup de mal à mettre en mots ma « chronique ».
Qu'est-ce qui a bien pu me toucher autant ? Probablement d'abord le fait que ce soit ma vallée : les lieux cités, même légèrement modifiés, je les connais ces villes moyennes, ces zones pavillonnaires qui défilent sous mes yeux au fur et à mesure de ma lecture. C'est aussi mon époque. Ces adolescents je les ai côtoyés au collège pour les perdre de vue ensuite car ils n'allaient pas au lycée. Comme eux j'ai assisté aux feux d'artifice du 14 juillet, j'ai vu leurs pères usés par le travail, leurs mères fanées avant l'âge.
Il se dégage de ce livre une grande sincérité, une réelle authenticité et surtout beaucoup d'humanité. Certes j'ai la gorge nouée car j'espérais mieux pour ces adolescents mais je n'éprouve pas ce sentiment de malaise que je ressens en lisant Edouard Louis.
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JIMEDE
  16 septembre 2018
Il y a le monde, la France, et puis il y a Heillange, cette petite ville de Lorraine qui depuis la fermeture des hauts fourneaux, se cherche un avenir pendant qu'autour d'elle, la vie ne l'attend pas.
C'est la même chose pour Anthony, Steph et Hacine, enfants d'Heillange qui le temps de 4 étés des années 90, vont tenter d'échapper à la fatalité sociale et au déterminisme qui les entraîne inéluctablement vers une vie "copier-coller".
Ils ne sont pourtant pas tristes ces 4 été, entre balades en meules, sorties au lac, roulages de 3 feuilles en veux-tu en voilà, bouteilles de vodka tièdes sifflées en loucedé, sans parler de l'amour. Oh pas le grand ! Mais le p'tit coup de sexe vite fait sous la tente ou dans la voiture qui permettra de changer d'âge et d'alimenter les conversations. Sauf que les vacances ont ça de pénible qu'elles amènent nécessairement vers la rentrée, ce demain qui obsède Anthony, Steph, Hacine et tous les autres.
Partir ? Une évidence, pour échapper à cette demie-vie dans une ville où elle existe désormais si peu, entre résignation, alcoolisme et chocs de cités, sous les yeux de semi-bourgeois devenus borgnes au royaume des aveugles. Mais où ? Au bled pour mieux revenir à la case départ en pseudo-caïd ? Avoir le déclic des études pour tenter de s'extirper de ce monde de résignation ? Dans l'armée qui vous accueille aussi généreusement qu'elle vous rejette rapidement ?
Rester ? Un p'tit travail ; une p'tite femme ; un p'tit appart et ensuite, un p'tit pavillon ? Se caser, se ranger. Ici, on a finalement ses repères. Et puis souvent encore le père ou la mère ; le cousin ; les potes...
Mais a t-on vraiment le choix ? Car dans leurs quêtes diverses, Steph, Anthony et Hacine qui se fuient ne cessent finalement de se retrouver, tels des particules métalliques folles attirées par l'aimant Heillange qui les ramène à lui.
Dans leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu nous envoie une carte postale grave et mélancolique, mais où pointe ci-et-là des lueurs d'espoirs effleurées dans l'enthousiasme et la fraîcheur de ces adolescents finalement pas si mal dans leurs têtes. Virtuose de l'alternance de style, il bascule constamment entre gravité et fraîcheur, entre digressions réalistes ou sociales et dialogues bruts. Il confirme surtout son habileté à capter une époque dans son entièreté, ralliant ainsi dès les premières pages le lecteur à sa cause.
Brillant !
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critiques presse (5)
LeFigaro   21 septembre 2018
Une fresque sociale où des adolescents rêvent de jours meilleurs dans une Lorraine désindustrialisée.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   18 septembre 2018
Un roman magistral sur des adolescents saisis sur le vif pendant quatre étés avant l'an 2000, dans un bassin sidérurgique privé d'avenir.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   13 septembre 2018
Le style de Nicolas Mathieu ne se drape dans rien. Il a un drapé. Plutôt un moiré : écrire sur l’adolescence et ses reflets changeants requiert une exigence sans faille. Il faut une sensibilité qui possède du tranchant, un ton capable de dire les emballements du cœur, la rage et la fragilité. Nicolas Mathieu a démontré qu’il maîtrisait tout cela dès son premier livre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   24 août 2018
Les étés, Anthony les passe dans sa ville sans avenir, brisée par le chômage. Mais son désir d’ado est plus fort… Un texte juste, une tragédie bouleversante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   22 août 2018
On prend ici le pari que Nicolas Mathieu va non seulement réussir sa rentrée littéraire (le talent n'a pas besoin de prix, mais bon, si l'auteur pouvait en récolter un...), mais qu'il va également s'installer durablement dans le paysage. L'homme a le souffle large, la phrase romanesque, l'esprit ouvert, le clavier acéré et le nombril partageur.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   21 septembre 2018
Il n’existait pas de statistiques pour mesurer l’ampleur de cet effondrement, mais les Restos du Cœur annonçaient une activité exponentielle et les services sociaux croulaient. On se demandait tout de même quelle vie pouvaient mener ces gens, dans leurs médiocres logis, à manger gras, s’intoxiquant de jeux et de feuilletons, faisant à longueur de temps des gosses et du malheur, éperdus, rageux, résiduels. Il valait mieux éviter de se poser la question, de les dénombrer, de spéculer sur leur espérance de vie ou leur taux de fertilité. Cette engeance marinait sous les seuils, saupoudrée d’allocs, vouée à finir et à faire peur.
+ Lire la suite
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RenodRenod   21 septembre 2018
Chez les hommes de sa génération, les rapports avec le monde extérieur passaient par les femmes. Ces mecs-là pouvaient couler une dalle ou faire deux mille bornes en bagnole sans dormir, mais il leur était presque physiquement impossible de lancer une invitation à dîner.
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RenodRenod   19 septembre 2018
À force de parcourir le coin à pied, à vélo, en scoot, en bus, en bagnole, elle connaissait la vallée par cœur. Tous les mômes étaient comme elle. Ici, la vie était une affaire de trajets. (...) Chaque désir induisait une distance, chaque plaisir nécessitait du carburant. À force, on en venait à penser comme une carte routière. Les souvenirs étaient forcément géographiques.
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RenodRenod   18 septembre 2018
La rue passait devant eux, déserte, bordée de médiocres maisons en briques. Les rares vitrines étaient passées au blanc d’Espagne. De l’autre côté, le haut-fourneau dressait sa carcasse résonnante dans un frémissement de chaleur. Tout autour proliféraient une jungle de rouille, un dévalement de tuyauterie, de briques, de boulonnage et de treillis d’acier, tout un fatras d’escaliers et de coursives, de tuyaux et d’échelles, de hangars et de cabines désertées.
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RenodRenod   18 septembre 2018
Fred consentit à décamper, misérable et lent. La sobriété était sa hantise. Il n’avait rien trouvé à faire de sa vie, ni métier, ni femme, ni crime. Hébergé chez sa mère, il durait pauvrement.
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Videos de Nicolas Mathieu (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Mathieu
La rentrée littéraire au Festival America 2018, présentée par Nicolas Hecht et Pierre Krause !
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