AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782369819325
80 pages
Éditeur : Rue de Sèvres (10/01/2018)
4.05/5   122 notes
Résumé :
En Argentine, de 1976 à 1983, sous la dictature militaire, 500 bébés ont été arrachés à leurs mères pour être placés dans des familles plus ou moins proches du régime. Plusieurs années après cette tragédie, les grands-mères de ces enfants ne cessent de se battre pour les retrouver. Interpellé par ce drame largement médiatisé, Mario, un jeune homme de 20 ans qui s'interroge sur sa filiation décide d'aller à la rencontre de ses grands-mères accompagné de son ami Santi... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
4,05

sur 122 notes
5
18 avis
4
18 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
1 avis

marina53
  29 août 2018
Plaza Dorrego, Buenos Aires, 1998. Tandis que Mario et Santiago traversent la Plaza Dorrego, ils croisent, comme toutes les semaines, des grands-mères manifestant. En effet, de 1976 à 1983, sous la dictature militaire, 500 enfants ont été volés à leurs mères, des opposantes au régime, et confiés à des familles proches du régime, des militaires ou des familles "sûres". Ces grands-mères sont là pour réclamer le retour de leurs petits-enfants et qu'une fois retrouvés, ils soient rendus à leur famille biologique. Mario va à l'encontre de l'une d'elles car il doute aujourd'hui. En effet, il ne ressemble pas du tout à ses parents qui, au demeurant, ne possèdent aucune photo de grossesse de sa mère. Prêt à faire les démarches nécessaires, il sait néanmoins que cela risque de blesser ses parents mais aussi que ce qu'il pourrait découvrir l'anéantirait. Santiago, lui, l'accompagne dans sa démarche. Jusqu'au moment où, pour revoir l'infirmière qui s'est occupée du prélèvement d'ADN, il fait le test également. Les deux amis sont loin de se douter des conséquences de leurs actes...
De 1976 à 1983, nombre d'opposants à la dictature militaire disparurent. Près de 30000 personnes qui furent, pour la plupart, assassinées. Parmi elles, des femmes enceintes dont les bébés naquirent en captivité. Plus de 500 enfants furent ainsi donnés à des familles militaires, proches du régime ou encore des policiers. Aujourd'hui, grâce notamment aux grands-mères qui se mobilisèrent pour que ces enfants soient rendus à leur famille, plus de 120 enfants ont pu rejoindre les leurs. Santiago et Mario, deux jeunes hommes, font partie de ceux qui s'interrogent sur leur origine et leur famille. Effectuant tous les deux les tests ADN, ils ne savent pas que leur vie va basculer. C'est au coeur de ce contexte méconnu que nous plonge Matz avec cet album. Un album enrichissant, instructif et émouvant sur le comportement du régime militaire au cours de ces années. Il met en avant ce pan de l'histoire mais aussi la complexité des rapports humains, la difficulté de se construire et d'être sans connaître ses vraies racines ainsi que les répercussions sociales et psychologiques. Ce récit réaliste, empreint de sensibilité, est habité par deux personnages très attachants aux caractères opposés. Graphiquement, Mayalen Goust, de par son trait délicat et ses couleurs au ton pastel, nous offre de très belles planches douces et légères.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          601
Labibliothequedemarjorie
  09 octobre 2020
Argentine, Buenos Aires.
De 1976 à 1983, le pays est sous le coup de la dictature militaire. Les opposants au régime dont font partis la majorité des étudiants et des jeunes couples, font l'objet d'arrestations. Tortures, meurtres, vols d'enfants et de bébés sont monnaies courantes. 500 bébés sont arrachés à leurs mères dès leurs naissances et confiés à des partisans du régime.
Depuis cette date, des grands-mères se battent pour retrouver les enfants. Ce sont les grands-mères de la place de mai.
En 1998, on rencontre Mario et Santiago, deux amis, qui s'interrogent. Mario a des doutes sur son origine. Il trouve qu'il ne ressemble pas à ses parents. de plus, à la maison, il ne trouve aucune photos de lui bébé ou de sa mère enceinte. Il veut passer un test ADN. Santiago l'accompagne mais pour une toute autre raison : revoir la jolie infirmière qui y travaille. Alors, lui aussi finalement passe le test.
Si Mario attend avec impatience les résultats, Santiago n'en a que faire. Pourtant les résultats vont changer leur vie à tous les deux.
J'ai beaucoup aimé cette bande dessinée qui retrace un fait historique marquant du passé argentin. J'ai apprécié la manière d'évoquer ce drame du point de vue des enfants arrachés à leurs familles de nombreuses années plus tard. Je trouve fascinant le dévouement de ses grands-mères qui ne lâchent rien depuis tout ce temps et qui, chaque année, manifeste pour que l'on entende leur histoire.
Il y a peu de texte mais les images et le graphisme parlent d'eux-mêmes. Tout est dit. On comprend le malaise subsistant encore de nos jours et les conséquences ressentis sur les vies de ces enfants devenus des adultes aujourd'hui.
Lien : https://labibliothequedemarj..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Peteplume
  16 août 2019
Je me suis laissée emporter par la lecture de ce roman graphique aux accents de vérité. C'est superbement illustré, les dialogues très réalistes, souvent teintés d'humour en dépit du sujet dramatique, et l'histoire tout ce qu'il y a de plus crédible. J'ai failli ne pas emprunter le livre de peur d'avoir à affronter les exactions commises par la dictature militaire sévissant en Argentine au tournant des années 70-80. le livre traite plutôt de l'après, de comment la génération suivante se remet du traumatisme et plus particulièrement de la réunification des familles où il manque une génération: celle des victimes de la junte militaire. Je connaissais les faits: le vol des enfants des opposants, rendus orphelins (après la torture et l'assassinat de leurs parents) qu'on confiait en adoption à des familles proches du régime; et le travail de recherche des grands-parents après le retour à la démocratie. Ce livre m'a fait toucher du doigt la douleur d'ignorer sa propre histoire, de découvrir que ses origines biologiques ne coincident pas avec l'idée qu'on en avait et la douleur encore plus vive de ne pas les retrouver.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
yanndallex
  03 avril 2018
Voilà une oeuvre issue d'un binôme d'auteurs que je n'attendais pas.
Deux artistes que j'apprécie et admire beaucoup: L'excellent scénariste Matz (le tueur, balles perdues, corps et âme, Julio Popper, tango etc...) et la talentueuse Mayalen Goust dont j'adore le style graphique.
Cette histoire inspirée par des faits réels est profondément humaine et belle malgré l'aspect dramatique.
Le dessin :
Le style de Mayalen Goust est toujours aussi original et réaliste.
Son trait est fin, léger, longiligne et vraiment très élégant.
Il permet des détails somptueux tout en passant inaperçus (exemple les ombres des arbres ou bien une bibliothèque pleine de livre en arrière-plan...)
Les planches sont juste visuellement merveilleuses.
Les personnages sont attachants avec des attitudes différentes bien diversifiées et surtouts bien suggérées par le dessin.
Les couleurs sont chaudes et agréables, et choisies avec délicatesse afin de bien mettre en avant les protagonistes et personnages principaux dans chaque vignette.
Les couleurs des backgrounds ou environnement secondaire sont légèrement plus sombres ou ternes afin de ne pas faire focaliser le lecteur dessus.
C'est admirablement bien pensé.
Les techniques graphiques sont aussi variées passant d'un mode type hachuré (pour les arbres et leurs ombres) à l'usage de formes géométriques colorées (scène de bal).
C'est vraiment un travail épatant et magnifique.
Le scénario :
Matz, comme souvent, s'est inspiré de fait réel pour nous édifier une belle petite histoire d'amitié.
L'idée est remarquable, bien amenée tout en délicatesse.
On est loin des scénarios thriller/policier/aventure, parfois violents, que je dirai "habituels" de Matz. Mais il m'avait déjà bien blousé avec "Julio Popper" et "le travailleur de la nuit".
Là j'avoue qu'avec cette nouvelle petite histoire, j'ai pris ma claque et je suis conquis !
Pas de brutalité si ce n'est le fait historique de la "guerre sale". La sensibilité est omniprésente, et tout est dans le jeu de dialogue et la suggestion.
Le découpage est classique mais varié avec des cases rectangulaires de toute taille.
Matz explore dans ce scénario l'aspect psychologique de la quête d'identité que chaque individu né sous x ou séparé très tôt de ses parents peut se poser.
Cette histoire est vraiment touchante, et rend un bel hommage à ses familles détruites et représentées par les Grands-mères de la place de Mai.
Voilà une oeuvre qui mérite amplement d'être lue.

Lien : http://www.7bd.fr/2018/04/vi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
domm33
  26 mai 2021
Quelle magnifique BD !
J'ai d'abord adoré les illustrations. je découvre Mayalen Goust. Elle a su, avec talent, accompagner le texte de Matz, sans violence, ce qui rend à mon avis cette histoire tragique encore plus forte. La douceur des couleurs et la finesse du trait en font une BD très élégante.
Certaines planches, notamment celles avec les arbres, m'ont fait penser aux traits de van Gogh et les personnages longilignes à Modigliani ?
Le texte de Matz nous plonge dans cette partie de l'Histoire terrible de l'Argentine et de sa dictature militaire. Avec ces vies volées, nous découvrons ou nous rappelons le destin de ces enfants arrachés à leurs parents. Et tout ce qu'il en résulte de tristesse, d'incompréhension, de quête d'identité et de leur recherche par leurs familles respectives.
Dans le texte aussi c'est sans violence que l'auteur nous livre ces pages d'Histoire révoltante.
La recherche de ces grands-mères de la place de Mai se poursuivent...
Commenter  J’apprécie          189


critiques presse (4)
BoDoi   22 mai 2018
Une bande dessinée qui traite avec douceur d’une thématique pas forcément connue de tous de notre côté de l’Atlantique.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LaFabriqueaBulles   04 avril 2018
Vies volées est agréable à lire, sans fausse note. Il sensibilise et instruit sur le drame des bébés volées de la dictature argentine, et donne envie d’en savoir plus.
Lire la critique sur le site : LaFabriqueaBulles
BDGest   02 février 2018
Toute en émotion contenue et mise en valeur par des illustrations délicates, cette fiction emplie d'humanité met en scène des faits malheureusement avérés qui méritent d'être éclairés, par égard pour les victimes.
Lire la critique sur le site : BDGest
BDZoom   18 janvier 2018
Son sens de la couleur permet également à Mayalen Goust des ambiances d’une grande douceur, apaisant de ses teintes cette histoire nécessairement pesante par moments, forte et savamment dosée dans ses effets, bref une très belle histoire !
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Vanille09Vanille09   29 février 2020
- Les parents, ce sont ceux qui mettent à manger sur la table, qui te raconte une histoire le soir avant de dormir ou te filent une baffe quand tu franchis les limites. Pas ceux qui te mettent au monde et t'abandonnent.

- Je suis d'accord avec toi mais là, on parle d'enfants volés, de parents assassinés. Ce n'est quand même pas tout à fait la même chose qu'une adoption, non ?
Commenter  J’apprécie          80
JumaxJumax   02 février 2018
- Tristesse ? Une honte, tu veux dire ! Voler des enfants à leur famille ! Qui fait ça dans un pays civilisé ? Non, je te le dis, mon garçon, ce pays est un cauchemar, et tu devrais aller chercher fortune ailleurs !
-Mais on, ne dis pas ça ! C'est notre beau pays, l'Argentine, et notre Mario saura très bien se débrouiller ici !
- Toujours à rêver, toi.
Commenter  J’apprécie          70
JumaxJumax   01 février 2018
Mon cœur s'est arrêté. Mon cerveau s'est bloqué. Je crois que même les aiguilles de ma montre ont stoppé net. Mes jambes ont flageolé et j'ai cru que j'allais tombé dans les pommes. C'est la femme de ma vie, c'est tout, mon vieux.
Commenter  J’apprécie          80
JumaxJumax   03 février 2018
- Ils se sentent affreusement coupables, tu sais.
- C'est toujours comme ça. Ce sont pas les pires qui se sentent le plus coupables. C'est une des curiosités de la nature humaine.
Commenter  J’apprécie          70
ClioInoClioIno   24 juin 2018
- Moi, tu vois je pense que le sang est secondaire. Les parents ce sont ceux qui mettent à manger sur la table, qui te racontent une histoire le soir avant de dormir ou te filent une baffe quand tu franchis les limites. Pas ceux qui te mettent au monde et t'abandonnent.
Commenter  J’apprécie          20

Lire un extrait
Videos de Matz (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Matz
Matz présente Le Tatoueur (Grand Angle) mais également la prochaine adaptation de Le Tueur par David Fincher.
autres livres classés : enfants volésVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Prix BD 3e-2nd (3e5) : Vies volées

Qui découvre dans le livre qu'il/elle a été adopté(e) ?

Mario
Victoria
Eléna
Santiago

3 questions
0 lecteurs ont répondu
Thème : Vies volées : Buenos Aires, Place de Mai de MatzCréer un quiz sur ce livre