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Château l'Attente tome 1 sur 2

Fanny Soubiran (Traducteur)
EAN : 9782916207223
457 pages
Editions Ca et Là (16/11/2007)
3.93/5   113 notes
Résumé :
Destiné aux enfants, comme aux adultes, "Château l'Attente" est un conte de fées sans chevalier à l'armure étincelante, sans princesse à sauver, sans ultime bataille entre les forces du Bien et du Mal, mais avec des personnages confrontés au quotidien dans un monde peuplé de fées, de lutins, et de monstres en tout genre. A travers l'histoire des nombreux protagonistes qui habitent ce château oublié et transformé en sanctuaire, l'auteur aborde des thèmes comme les vi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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sur 113 notes
Château l'Attente c'est le château de la Belle au bois dormant, Médora, partie, à son réveil, aux bras du beau prince charmant, Hans. Mais ce n'est que l'introduction : on découvre ensuite Jaine, jeune fille enceinte qui s'est enfuie de chez elle, Paix, une nonne barbue qui rejoint à son tour le château et autres personnages… parfois à têtes animales. le résultat est un ensemble de contes d'un monde imaginaire complètement déglingué…

A la fin du premier chapitre, je m'attends à la suite de la Belle au bois dormant. J'ai longtemps guetté une nouvelle apparition de Médora, en vain. Finalement, j'ai compris que Château l'Attente est une suite d'une histoire à tiroirs qu'on remonte à loisirs sur quelques personnages féminins. Pas vraiment de suite logique mais des histoires remarquables pour chacune… J'ai souvent souri mais je n'ai jamais été totalement conquise par le dessin ou l'univers…
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Qu'ont fait les habitants du château de la Belle au Bois Dormant une fois que celle-ci s'est fait la malle avec son prince charmant ? Ils ont reconverti leur domaine en ruines en foyer pour les personnes ayant besoin de se réparer à l'écart du monde. C'est du moins ce que nous raconte Linda Medley dans Château L'Attente, roman graphique de plus de 400 pages (et il ne s'agit que du tome 1).
Sachant que j'étais trop une feignasse inculte pour trouver suffisamment d'autrices incontournables en SFFF à mettre en avant pour le nouveau tag de Vert, j'ai décidé de faire amende honorable et de me pencher un peu plus sur la fantasy faite par des femmes. Et ça tombe bien car j'avais acheté ce bouquin à L'Étrange rendez-vous, labellisée meilleure librairie de bandes dessinées de tous les temps par une haute instance (moi-même). C'est donc parti pour suivre les pérégrinations de Jaine Solander, noble dame dont le coeur du mari l'était moins, fuyant ses persécutions en se réfugiant dans l'étrange demeure. D'emblée, on s'imagine un huis clos entre des personnages se voulant accueillants mais ayant de gros défauts ou un lourd passé, un drame intime à la Winter Sleep ou Long voyage vers la nuit. Mais l'autrice se tourne immédiatement vers quelque chose de beaucoup plus bienveillant.
Et ça a du bon : les personnages ne se prennent pas trop au sérieux, adorent se chamailler les uns les autres, on se lie d'amitié pour cette bonne soeur peu orthodoxe qui tente de ramener un démon au Christ tout en étant assez subtile pour ne jamais faire de prosélytisme, M. de Ciconius et son aspect très intello-super-sérieux cachant un coeur beaucoup plus sensible, ou encore les pixies qui hantent le château avec une multitude d'apparences différentes. À un moment, j'ai cru qu'on allait avoir un traitement caricatural des gitans, mais l'autrice se révèle beaucoup plus subtile que ça, et un petit retournement de situation plus tard nous nous initions à leur culture ; on découvre également le fameux secret des diseuses de bonne aventure, et j'ai particulièrement aimé. L'ensemble déborde d'optimisme, avec une bande d'amis prêts à affronter les coups durs de la vie.
Mais le manque d'intrigues se fait sentir : très vite, il ne sera plus question du mari de Jaine, et l'histoire ne consiste plus qu'en des tranches de vie souvent peu connectées entre elles et de courts récits racontant le passé des personnages (principalement celui de la nonne). le très long début nous raconte l'histoire de la Belle au Bois dormant sans grande innovation et avec quelques temps morts, le seul cliffhanger concernant l'héroïne est très vite évacué ; une frustration apparaît à mesure qu'on s'aperçoit de l'absence de liant. Il ne plane aucune menace, aucun des personnages n'a à se remettre en question, bref l'histoire pourrait s'interrompre à quasiment n'importe quel endroit sans que forcément le reste en pâtisse.
Et puis tout de même, tout n'est pas rose : on parle de thèmes graves, faisant sans doute écho à la vie de l'autrice, d'une femme battue, d'une princesse qui se fait rouler une pelle lors d'un sommeil de cent ans (donc pas forcément très consentante), du traitement des femmes à barbe dans les cirques (et plus généralement de tous ceux qui s'y font humilier, les freaks et les animaux dressés) ; mais malgré tout on reste sur quelque chose de très léger. On parle très peu de l'histoire de Jaine et son mystérieux mari (même si j'ai ma petite idée de qui c'est), et la série de quelques flashbacks qu'on a de sa vie passée s'arrête brusquement, en queue de poisson ; le prince était sous l'effet d'un charme, il a donc agi à l'insu de son plein gré (comme diraient les Guignols) ; enfin, si Linda Medley reconnaît qu'il existe dans le cirque des numéros pouvant susciter la moquerie, on ne parle pas plus que ça des conditions de dressage des animaux (là où une BD comme La lumière de Bornéo, si elle montrait un dresseur sous un jour positif, s'affranchissait radicalement de toute forme de réalisme en en faisant un instructeur non-violent transformant les animaux en artistes, et ne fermait pas les yeux sur le fait que les patrons de cirque n'ont généralement guère de scrupules sur le bien-être de leurs animaux en cage). Bref, j'étais en mode : C'est tout ? Il y aurait tant de choses à creuser…
Enfin, l'absence d'enjeux finit aussi par se faire ressentir sur l'humour : de temps à autres, on tombe sur ce que j'appelle une blague à la Petzi, c'est-à-dire un petit truc gentillou comme une gaffe sans incidence sur le reste du récit. Je ne peux pas m'empêcher de penser à l'un des gags : ç'aurait été bien plus drôle que Ciconius et Chess se rendent compte qu'ils ont donné aux brigands la bourse pleine d'or plutôt que celle de cailloux, et se rendent compte ensuite compte devant leur fournisseur qu'ils se sont trompés (en tout cas, ç'aurait eu plus d'impact sur l'histoire).
Tout ça m'a posé question sur ma vision du monde : faut-il toujours être bienveillant ? Dans ma vie de militant, il m'est arrivé de tomber sur des gens m'affirmant qu'il fallait au contraire brusquer l'autre pour lui faire prendre conscience de la dureté du monde, de l'importance du travail bien fait ou encore des valeurs qu'on défend ; et moi-même, je serais resté débile sur certains sujets si on ne m'avait pas fourré le nez dans mon propre caca. Ainsi, si j'essaye pour ma part d'être toujours plus bienveillant envers les oeuvres que je chronique (sauf s'il s'agit d'énormes bouillasses cyniques à la Star Wars IX), j'essaie de ne pas non plus faire fi d'une certaine exigence. L'idéal pour moi serait d'allier les deux, pour encourager lecteurs et auteurs à aller vers toujours plus de qualité. J'espère avoir en tout cas réussi à le faire pour ce roman graphique.
Bref, pour peu que vous n'aimiez pas dans la fantasy que les décapitations de dieux zombifiés à coups de francisque buveuse d'âme, je vous conseille malgré tout Château L'Attente. Cette BD délicate et intime transmet de très beaux messages d'espoir, mais j'ai tout de même eu l'impression de manger un plat auquel il manquait quelques épices. Il s'agit d'un bon compagnon de route pour les longues après-midis pluvieuses, et je ne m'interdis pas d'un jour acheter le tome 2 ; car après tout, c'est pour ma culture…
Lien : https://cestpourmaculture.wo..
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Il était une fois un château et ses derniers résidents qui attendaient leur nouveau roi après le départ soudain de la Belle au Bois Dormant. Ce roman graphique revisite les contes de fées de manière contemporaine avec brio, intelligence et une bonne dose de féminisme.

Après un long prologue original et personnel où l'auteur donne sa propre version de "La Belle au Bois Dormant", l'histoire fait place aux personnages secondaires des contes de fées habituellement méprisés par la littérature. Or, ce que l'auteur révèle de leur quotidien peuplé de créatures fantastiques n'est pas si inintéressant que ça et mérite bien ce pavé de 500 pages pour nous délecter de leurs aventures.

Avec humour, malice et une imagination parfois un peu loufoque, l'auteur évoque à travers les péripéties de Dame Jaine, la comtesse de Carabas, enceinte fuyant un mari violent, sa rencontre et sa vie auprès des habitants du château l'Attente. Peu à peu, elle va apprendre à trouver sa place parmi eux ce qui va permettre à l'auteur de distiller dans leurs histoires des thèmes contemporains comme les violences conjugales, l'acceptation des différences des uns et des autres ou l'importance du rôle de la femme dans la société. En effet, les femmes hormis la Belle au Bois Dormant y apparaissent comme des personnalités fortes au caractère affirmé qui ne se laissent pas marcher sur les pieds par des hommes parfois un peu machos.

La galerie composite des personnages qui va de l'intendant Rackham en passant par les dames de compagnies de la princesse, le chevalier Chess, Dinah et Simon, Henry de fer jusqu'à l'inoubliable Soeur Paix de l'ordre des Sollicitines est sans nul doute la clé de l'attachement du lecteur au roman dès les premières pages. le graphisme en noir et blanc au trait fin sert parfaitement au propos foisonnant de l'auteur qui s'inspire de la fantasy pour planter son décor.

Pavé aux multiples histoires, sa lecture m'a beaucoup plu notamment grâce à sa division en chapitres qui permet de faire des pauses agréables au cours du récit. Je ne regrette pas d'avoir opté pour ce livre dont le graphisme de la couverture a été l'unique élément décisive pour ce choix à défaut de 4ème couverture résumant le récit. Je lirais sans nul doute la suite.
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Château l'attente commence par une version revisitée de la Belle au bois dormant. Point d'originalité donc même si cela se laisse lire agréablement pour peu qu'on aime les contes de fées mielleux à l'eau de rose.

Après l'abandon de ce château par le princesse et son prince qui vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, ce lieu devient une sorte de repaire pour les parias et les exclus de la société.

Nous vivons au gré des petites aventures quotidiennes de personnages excentriques comme un gentilhomme à tête de cigogne ou encore Sir Chess, un chevalier à tête de cheval. Il faut rentrer dans cet univers particulier sans se poser de question.

L'auteur met l'accent sur de nombreux personnages secondaires notamment féminins afin de faire passer un message féministe sans être militant. L'auteur a mis quinze ans pour écrire cette oeuvre qui a raflé de nombreux prix dont 2 Eisner Award en 1998. Permettez-moi de me faire la réflexion suivante : tout ce temps mis à profit pour seulement cela. Parce qu'il ne se passe pas grand chose dans ce château. Point de batailles épiques ou de méchants qui rendraient l'histoire particulièrement passionnante. Non, ce roman existe pour autre chose, à savoir apprécier ces petits riens de la vie qui font tout le bonheur. Je n'arrive cependant pas à ressentir quelque chose de fort. Les messages véhiculés ne me semblent pas forts et poignants.

Certes, l'auteur Linda Medley a le mérite d'avoir proposé une version plus soft, plus édulcorée de l'héroîc fantasy : un mélange de douceur et de tendresse dans un monde de brutes. C'est un mariage réussi entre la fantasy et le roman graphique intimiste qui offre de bons moments jusqu'au moment des femmes à barbe où j'ai totalement décroché.

Faut-il l'avoir obligatoirement dans sa bibliothèque ? On est quand même assez loin du Seigneur des Anneaux auquel le prestigieux Times l'a comparé.
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Je me suis plongée dans cette bande dessinée un peu particulière et je n'ai pas été déçue. Bien sûr, j'aime les contes (de fées, pour enfants, cruels, …). Ce pavé relié, aux dessins au trait, ne séduit pas forcément par son dessin simple mais efficace. Il séduit par ses histoires. Au début, on peut être un peu déçu, on s'attend toujours à quelque chose de précis, et finalement, ce n'est pas vraiment ce qu'il en est. Mais si on se laisse porter par le conte, par le dessin, et surtout par les personnages tous plus invraisemblables les uns que les autres, on a très vite envie de connaître la suite et les pages se tournent à une vitesse folle. L'histoire est celle du château endormi de la belle au bois dormant qui, une fois la princesse réveillée et partie faire sa vie avec le prince, est tombée à l'abandon, puis a été investi par d'étranges personnages, tous attachants à leur façon. Une jeune femme enceinte, qui a quitté son mari violent et a traversé maints villages, échoue ici, dans ce château, accueillie comme la princesse manquante. Chaque chapitre met en scène un des personnages du château, et conte une anecdote. Les derniers chapitres du tome 1 (car il y en a 2 à ma connaissance), sont dédiés à l'histoire de Paix, une soeur Sollicitines qui n'a pas toujours été soeur, totalement fantasque.
Ça détend, c'est frais, c'est fort sympathique, avec une pointe d'humour bienvenue. Ce n'est pas la BD du siècle, loin de là, mais c'est à découvrir comme une expérience inhabituelle de conte pour enfants.
Et à l'approche de Noël, c'est un peu le moment rêvé pour s'y plonger, non ?
Lien : http://ylgana.blogspot.fr/20..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Il est inutile de leur faire du mal, tu vois.
Ils ont tous leurs sales petits secrets, Leeds…
Ils se font eux-mêmes du mal.
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Il y a plus de méchants que de gentils sur cette terre. Il faut vous y faire.
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Ha ! La porte de service du Paradis est juste à côté de la Grande Porte de l'Enfer, ma sœur !
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Qui se nourrit d'attente risque de mourir de faim.
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