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EAN : 9782844542809
186 pages
Éditeur : Dervy (28/05/2004)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Si la science ne veut pas de ses faits, l'ignorance les prendra. Vous avez refusé d'agrandir l'esprit humain, vous augmenterez la bêtise humaine. Où Laplace se récuse, Cagliostro paraît. » Cette formule lapidaire de Victor Hugo résume parfaitement la situation actuelle de la recherche parapsychologique. En France, Laplace s'est récusé, la science a déserté, laissant la place libre au merveilleux de pacotille qui envahit les écrans et les esprits. Dans un livre qui a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  19 avril 2015
Bertrand Méheust propose un argumentaire défendant l'intérêt de la recherche parapsychologique sous une forme très dynamique puisqu'il écrit en réponse à Georges Charpak, physicien franco-polonais ayant reçu le prix Nobel de physique en 1992. Après cette date, comme s'il s'était emparé de sa légitimité nouvellement acquise, l'homme de sciences a cru bon de se dresser contre la mythologie moderne en publiant le livreDevenez sorciers, devenez savants. L'entreprise aurait pu être constructive mais Georges Charpak passe complètement à côté de la cible de son sujet, et c'est ce qu'entend démontrer Bertrand Méheust. Mais au fait, qui est Bertrand Méheust ?
Chercheur et écrivain français, Bertrand Méheust étudie la parapsychologie depuis plusieurs décennies. Il a notamment publié une thèse universitaire de 1200 pages en 1999 dans laquelle il revenait déjà sur les controverses suscitées par la parapsychologie. On comprend donc que des livres tels que ceux de Georges Charpak le fassent frémir : que l'on critique la parapsychologie, certes, mais qu'on le fasse avec dignité et intelligence, et non pas lâchement en se glissant dans la brèche déjà bien étale de la chasse aux sorcières. C'est peut-être parce qu'il regrette le temps où il était possible de débattre avec des sceptiques de bonne tenue (Imbert-Nergal, Paul Heuzé, Marcel Boll, Michel Rouzé, Evry Schatzmann…) que Bertrand Méheust s'empare de l'occasion offerte par Georges Charpak pour démystifier à nouveau la parapsychologie au 21e siècle.

On comprendra immédiatement que Bertrand Méheust n'a rien à voir avec les auteurs New Age ou mystificateurs que la production littéraire nous propose de plus en plus souvent ces derniers temps. Avec lui, nous reviendrons sur les origines oubliées de la parapsychologie et redécouvrirons l'ampleur de l'intérêt qu'elle suscita au 19e siècle. Nous aborderons ensuite les arguments avancés par Georges Charpak pour en constater les limites : la parapsychologie ne fut-elle qu'une maladie infantile ? a-t-elle été jugée et définitivement recluse hors de la recherche dite sérieuse et scientifique ? doit-on la répudier sous prétexte que certains de ses chercheurs ont entretenu des liens avec le nazisme ? menace-t-elle la science et la culture ? Bertrand Méheust se résout à répondre à toutes ces questions avec patience –ce n'est ni la première ni la dernière fois qu'il devra répéter les mêmes évidences, mais ce ne sera visiblement jamais assez pour adoucir les emportements des détracteurs de la parapsychologie. D'ailleurs, ceux-ci sont-ils prêts à engager le dialogue ?

Georges Charpak devrait reconnaître de lui-même qu'il a mené son entreprise de détraction de la parapsychologie à la légère, si cela ne condamnait pas son livre, ce premier modèle de manuel de zététique de plage au titre criard et attrape-nigauds : « On traite légèrement du sujet pour faire passer le message subliminal qu'il est sans consistance. »

Bertrand Méheust combat surtout le sclérosage de la pensée lorsqu'elle n'a pas conscience des contingences qui ont amené la physique des particules –pour prendre un exemple que connaît bien Georges Charpak- à être reconnue plus légitimement que la parapsychologie.

« Si par exemple Lacan s'était enflammé pour les ectoplasmes ou la télépathie plutôt que pour les noeuds boroméens, Gérard Miller ne se démultiplierait pas à la télévision pour vitupérer les parapsychologues, mais au contraire pour leur éclairer la voie, en affirmant avoir toujours-déjà pressenti l'intérêt de leurs recherches. »

Georges Charpak a mené un bon boulot de physicien mais il a aussi sa part sombre puisqu'il défend les O.G.M et l'énergie nucléaire. le condamnera-t-on d'ici quelques années pour ces prises de position contestables ? Ne cessera-t-on jamais de se tromper de cible ? Répudions-nous vraiment une science en tant que telle ou parce qu'elle nous fait peur, parce qu'elle menace notre narcissisme des petites différentes ou ébranle nos habitus ? On attend la réponse de Georges Charpak

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   29 décembre 2015
On pourrait certes objecter qu’en modifiant profondément notre conception de la vie psychique, en déclôturant le sujet, bref, en bouleversant notre rapport à autrui et au monde, la métapsychique fait également vaciller le dispositif psycho-culturel qui sous-tend notre organisation politique, et que, en ce sens, elle menace bien la démocratie. Une telle objection est peut-être fondée. Mais […] elle prend un tout autre sens si les faits sur lesquels travaille la métapsychique sont réels. Si la métapsychique menace en ce sens la démocratie, cela veut dire que cette dernière n’incarne pas l’universel, mais une idéologie particulière, et que l’on ne peut contester l’idéologie en question sans la remettre en cause ; par exemple, cela signifie qu’elle est liée au libéralisme, à la société marchande, et à une certaine conception du sujet.
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colimassoncolimasson   03 janvier 2016
Il est peu probable qu’un événement improbable défini arrive, mais, en revanche, il est probable qu’un événement improbable quelconque arrive. Par exemple, j’ai vu hier, à 18h34, un chevreuil sauter la route près de chez moi au lieu-dit l’Orcière. Cela a eu lieu, et c’est ainsi. Mais si je reviens tous les soirs dans l’espoir qu’à 18h34 un autre chevreuil sautera la route, exactement au même endroit, je peux attendre longtemps.
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colimassoncolimasson   13 janvier 2016
Nul […] n’ose reprocher à des peintres comme Picasso, au début de ce siècle, d’être allé chercher leur inspiration dans l’art primitif, dans la statuaire africaine. Or, on sait le lien de l’art africain et de la magie. Dès lors, on ne voit pas pourquoi on reprocherait à Breton d’être allé chercher la sienne chez nos sorciers européens… Visiblement, la seule évocation de ces derniers suffit à mettre en déroute notre conscience critique. Chez les Tarahumaras, la magie est fascinante ; chez nous, elle est régressive et pathologique ; l’ailleurs des autres, « l’ailleurs-là bas », suscite la nostalgie et l’admiration ; notre « ailleurs interne », « l’ailleurs-ici », provoque au contraire la répulsion, le malaise, le scandale.
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colimassoncolimasson   07 janvier 2016
[A l’objection selon laquelle la parapsychologie n’existe pas car elle ne peut pas fournir d’emblée une théorie du réel cohérente] :

Avec ce type de raisonnement, nous avertissait Bergson, on arriverait aussi bien à prouver qu’il est impossible d’apprendre à nager, car, pour ce faire, « il faut s’étendre sur l’eau, et donc savoir nager déjà ».
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colimassoncolimasson   27 avril 2015
[Bourdieu] définit ainsi l’habitus : « Les conditionnements associés à une classe particulière de conditions d’existence produisent des habitus, systèmes de dispositions durables et transposables, structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structurantes, c’est-à-dire en tant que principes générateurs et organisateurs de pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente de fins et la maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre, objectivement « réglées » et « régulières », sans être en rien le produit de l’obéissance à des règles, et, étant tout cela, collectivement orchestrées sans être le produit de l’action organisatrice d’un chef d’orchestre. » (Le Sens pratique […]). L’habitus décide donc, en un lieu et un temps donnés, ce qui est pensable et ce qui ne l’est pas, il rejette certains pans de l’expérience, au détriment de certains autres, il affecte la subjectivité de façon intime.
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