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ISBN : 2823858350
Éditeur : Fleuve noir Fiction (12/04/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Alpes bohémiennes. Dans le parc naturel du Diable, où tournoient les charognards, un corps a été retrouvé : la mâchoire et les membres sont brisés, la peau déchiquetée. Ce corps, c’est celui de Ludivine Berger, historienne et tête brûlée, détentrice d’informations cruciales sur son pays.
Élodie Fasel, capitaine de police, est chargée de l’enquête. Cette volcanique mère de famille, ancienne des stups fraîchement débarquée dans le chef-lieu montagneux de Neusta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  29 mars 2018
« Un type lit Oscar Wilde en hochant la tête avec un sourire énigmatique, une femme fait un sudoku, une pinte de bière noire devant elle. Elias s'installe au comptoir. À l'autre extrémité du zinc, il remarque un type seul, rachitique et moustachu, qui aurait tout l'air d'un ermite ayant fait voeu de silence s'il ne tapotait pas sur un smartphone.
— Qu'est-ce que je vous sers ? »
Il ne faut pas se fier aux apparences. Malgré des phrases comme celle-ci, le roman de Sébastien Meier est noir. Noir comme les courants souterrains qui traversent la société bohémienne en pleine mutation.
Riche idée que celle de l'auteur, créer un contexte « exotique » pour traiter de questions qui agitent notre propre société des soubresauts que nous lui connaissons.
Tout y est. Dégagisme. Populisme. Corruption. Mondialisation. Migrants. Défense de la tradition. Refus de l'autre.
Le pays est une monarchie parlementaire, la reine Patricia veille au bonheur de ses sujets. Son expérience du passé, ses luttes glorieuses contre les envahisseurs, font de la Bohême un pays mythique aux relations sociales apaisées, fier de sa tolérance et de son ouverture. « Une loi votée deux ans plus tôt était entrée en vigueur : l'État fédéral de Bohème avait introduit le revenu de base inconditionnel. » Détail qui mérite le détour, l'emblème du pays est le gypaète barbu.
En Europe, le pays passe pour le vilain petit canard et « — La presse européenne s'en donne à coeur joie. Le Figaro : « Utopia rattrapée par la réalité. » le Times, on n'en parle même pas: « The End of the Awaked Dream ». Quant au Corriere della Sera, il se venge d'années de frustrations dans un long sujet qui présente la Bohème comme une dictature communiste à la solde d'une reine-tyranne – la contradiction ne les choque pas. Bref, la montagne de conneries habituelle. »
Mais voilà, la nature humaine étant ce qu'elle est, l'appât du gain et du pouvoir la domine. Monstlé (une multinationale, suivez mon regard) s'implante en Bohême « pour mettre la main sur l'agriculture bohémienne. », grâce à l'appui de politiques obtenu par des moyens pas vraiment clean.
Elias Neumann le journaliste d'investigation du site No Pasaran ! qui « ressemble à un épouvantail déguisé en Patti Smith », débusque le lièvre. Et c'est le scandale.
Ludivine Berger universitaire de renom à Volia, la capitale, et son ami Javier Martinez dénoncent les agissements souterrains du FAB, Front alternatif Bohémien, « mené par le virulent Pierre-Yves Broudis dont le discours sécuritaire musclé est inédit en Bohème »
« Depuis un an, elle avait resserré sur l'évolution et le financement des mouvements pronazis dans la Bohème de l'après-guerre. Ludivine essayait de prouver que le fascisme n'avait pas disparu et était devenu, en quelque sorte, un fleuve souterrain, selon le concept de survivance développé par Aby Warburg autour de l'histoire de l'art. »
Elle s'oppose à son collègue Emmanuel Labarriere pour qui « — le fascisme (…) est l'expression d'une nature populaire, humaine, c'est une réaction normale et primaire qui vient d'en bas, de la masse. »
A l'opposé de l'échiquier politique « Marie-Claire Renaud, présidente du PIB, le Parti indigné bohémien. Quelles sont les propositions de son parti dans un contexte si tendu ? Faut-il ouvrir les frontières aux investissements étrangers, maintenir le protectionnisme, le revenu de base est-il toujours viable ? »
Pierre-Yves Broudis rétorque « L'assistanat à tout-va a transformé la Bohème en pays de profiteurs. »
« le monde globalisé avance, la Bohème stagne. L'unique solution : retrouver un pouvoir fort et appliquer des réformes drastiques. » Ambiance.
L'action se déroule souvent sur la butte Valence « (…) un repaire de hippies, de drag queens et kings et de punks léthargiques, les docks concentraient tout ce que Volia comptait de lascars férus de hard rock. » plus précisément au « Rafiot. L'épicentre du séisme politique qui bouscule la paisible Bohème est situé au 1, rue Léopold-Ier, soit en plein centre de la butte Valence. C'est une usine réaffectée du XXe de six étages… » On y écoute du Bowie à longueur de journée, Suffragettes notamment…
C'est dans ce contexte que vont s'affronter les personnages lors de l'enquête policière ouverte après la découverte des cadavres de Ludivine Berger et de Henri Martinez.
Eugène Young, capitaine de la PJ de Malatesta, traine avec lui la casserole d'une enquête ratée. Mais aussi sa relation complexe avec sa mère Alice et sa collègue, « Flic partenaire il a espéré avoir un jour l'occasion de présenter Theresa Mayor à sa mère, passionnée d'opéra- He mirat aquesta terra, de Raimon-. Sa mère Alice 78 ans, picole. La Monique dit toujours qu'Alice « a une descente qu'on voudrait pas monter à vélo ».
Élodie Fasel, « capitaine de la brigade criminelle de Neustadt, après dix années passées aux Stups de Volia » se démêlant avec ses problèmes de couple. Son mari Dimitri, après un accident à quitté la police et le vit mal.
Comme toujours dans les affaires policières, il faut suivre la femme ou l'argent
« Henri Genet. Cherche-le. C'est un banquier et c'est toujours l'argent qu'il faut suivre. Je ne peux pas t'en dire davantage. » conseille-t-on à Eugène Young
Ce roman est une belle découverte, servi par une écriture sans esbrouffe. Les personnages sont crédibles et taillés sur mesure. le contexte économique social et politique est réaliste et très proche de ce que nous connaissons en Europe. L'enquête est menée tambour battant avec une utilisation ingénieuse des classiques du genre : concurrence entre services de police, lutte entre la procureure Gabrielle Molina et la police, inspecteurs tiraillés entre leur travail et leur vie privée, journalistes à l'affut, hommes politiques plus soucieux de leur carrière que de l'intérêt général, tractations souterraines pour le pouvoir, affaires périphériques surgissant au cours de l'enquête amenant le lecteur sur des fausses pistes.
Mais la vie continue :
« le temps de sa lecture, le café a repris son bruissement naturel. À la table des joueurs de dés, on cause météo et récoltes. Les autres discussions ne sont guère plus intéressantes : le chien de la Denise, le prix de l'électricité, l'entretien du parc éolien, etc. Il patiente, espérant que l'alcool fasse émerger des sujets plus sensibles. Deux heures plus tard, le lecteur De Wilde en est toujours à la même page – mais pas au même verre. »
Comme dirait Giuseppe Tomasi di Lampedusa
« Il faut que tout change pour que rien ne change »
A lire. Aucun spoil dans cette chronique. A la fin du roman, vous serez scotchés comme je l'ai été.
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moijelisetvous
  08 septembre 2018
A l'édition 2018, des Quais du Polar, j'ai croisé un OLNI: Sébastien Meier, un véritable Objet Littéraire Non Identifié. Apercu en "garçonne", à la murder party, ma curiosité était piquée mais sans plus et son livre "Les Casseurs d'os" arrive entre mes mains...
Surprenant, troublant, redoutablement efficace, des tas de qualificatifs me viennent à l'esprit.
Déroutant au tout début, la géographie, l'Histoire de ce pays imaginaire La bohème où l'action se situe mais rapidement et délicieusement l'intrigue, les personnages se posent et c'est une belle surprise. Emporté par ce personnage fantasque d'Elias Neumann, journaliste lanceur d'alertes, jouant habilement avec l'ambivalence, on est emporté dans un polar efficace par son scénario et son contexte. Une réussite bluffante, inattendue pour ma part.
On part en Bohème ( où vole le majestueux Gypaete) une région quasi idyllique mais qui s'apprête à basculer, suite à la révélation d'un scandale de corruption. Deux meurtres atroces vont en même temps précipiter Elias, Eugène Young et Elodie Fasel dans une enquête noyautée par des intérêts qui les dépassent: argent, politique, pouvoir le triptyque diablement redoutable...
C'est bourré d'anecdotes:une pensée particulière pour Maman Labitch, fan d'Étienne Daho, c'est cocasse, moderne, drôle et si sombre en même temps.
Merci Sébastien Meier, une vraie découverte et le sentiment finalement que ce livre n'estpas un OLNI...
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Taylor
  02 mai 2018
priorités. Ludivine Berger ne sera pas au rendez-vous. Que lui voulait-elle, en l'invitant ainsi sous le sceau du secret ?
Le corps de Ludivine Berger est retrouvé massacré, Elodie Frasel enquête. Eugène Young quant à lui se voit confier l'enquête sur la mort du collègue de Ludivine. Elias Neuman, journaliste, a mis à jour un scandale qui secoue le gouvernement en place. Il reçoit un mystérieux courrier venant de Ludivine lui donnant rendez vous.
En travaillant peu ou prou ensemble, ils vont mettre à jour quelque chose qui va bien au dela de simples meurtres.
Je suis un peu mitigée sur cette lecture car même si les personnages et le contexte sont très intéressants, je m'attendais à autre chose. Certians pans de l'histoire auraient mérité d'être un peu plus creusés. Je suis restée quelque peu sur ma faim.
Cela étant, on apprend beaucoup de chose sur la Bohême, que je ne connaissais vraiment que de nom et les personnages sont atypiques et cela aiguise l'intérêt du lecteur.
Un peu déçue par la fin également qui aurait également mérité plus de développement.
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Linou26
  29 avril 2018
Je ressors mitigée de ma lecture des Casseurs d'Os.
Intéressant, amenant à la réflexion, ce thriller a pourtant quelques longueurs et me laisse sur une fin décevante...
La Bohême ! Etat européen indépendant, il y règne la paix, la solidarité et la tolérance... jusqu'au jour où un scandale politique éclate, par le biais d'Elias - journaliste transsexuel. Les événements s'enchaînent et la découverte de 2 corps va plonger Elodie Fasel - flique à la vie remplie d'excès - sur les traces d'une machination politique qui pourrait bien remettre l'idée même de la Bohême en question...
Sébastien Meier nous propose une réflexion sur nos sociétés actuelles - le revenu universel, la tolérance de la société (mariage gay, transsexuel...), la mondialisation, les multinationales, ...
Intéressants, les personnages apportent une vraie profondeur à l'ouvrage. Tous vivent leur vie sans complexe mais avec leurs complexités !
L'intrigue est passionnante mais finalement il y a de nombreux passages qui ne la font pas avancer et régulièrement, on s'en éloigne... c'est assez dommage car j'aurai aimé que celle-ci soit plus développée... et la fin m'a laissé sur ma faim...
Un bon roman noir politico-économique à découvrir...
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EvadezMoi
  10 juin 2018
La Bohème… Dans ce roman, Sébastien Meier crée un pays fictif mais pas si utopique que ça.
Premièrement, la Bohème existait en tant que royaume et fait partie aujourd'hui de la république tchèque. Donc, je me pose la question du pourquoi donner à un soit disant pays fictif, le nom d'une région existante ?
Passons…
Dans ce roman, plus politique que polardeux, deux historiens sont assassinés. La police est rapidement mise sur la piste d'un groupuscule fasciste dissimulé derrière un des partis de Bohème.
Un journaliste, Elias Neuman, fait exploser un scandale politique et reçoit le soutien de la Reine en personne. Dénonçant le capitalisme et ses méfaits, le journaliste crée du tort aux puissances financières de son pays.
L'enquête de la police et du journaliste se rejoindront-elles ?
En fait, rien de bien original dans la trame de ce roman. Ce qui l'est, en revanche, c'est le personnage d'Elias. Elias se transforme parfois en LaGarçonne et écume les bars gays avec ses amis Matteo et Jim. La façon dont est présenté Elias est sensible, la psychologie du personnage le rend sympathique.
De la même façon, ce qui est original, c'est la façon dont est abordé le fascisme. On a l'habitude d'entendre parler de nazis, de racistes. Ici, c'est plus le côté intolérant, l'homophobie, qui sont abordés.
L'auteur a créé une Bohème anarchiste où il n'y a aucune différence, aucun jugement sur la manière de vivre, les tendances, les genres, un pays où chacun est libre d'être qui il est. Les drogues sont légales, chacun a droit à un revenu même s'il ne travaille pas ou peu, les tabous ont disparu.
Sébastien Meier a été jusqu'à utiliser une écriture inclusive revisitée afin d'effacer tout sexisme et tout « genre » de son texte. Ce style est un peu perturbant au départ mais on s'y habitue assez facilement tant l'auteur a su rendre subtile cette écriture inclusive que, pour ma part, je trouve abominable.
Alors ce n'est sûrement pas le polar de l'année mais cela reste une bonne découverte et une lecture plaisante. A lire, ne serait-ce que pour découvrir ce personnage ambigu d'Elias et sa presque utopique Bohème.

Lien : http://www.evadez-moi.com/ar..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   16 mars 2018
Elias s’approche. Leurs corps raidis par le froid se frôlent maladroitement alors qu’ils essaient de surnager. Le baiser qu’ils échangent a un goût d’algues. Ils remontent rapidement sur les rochers en s’efforçant tant bien que mal de planquer leurs érections frigorifiées – détail qui arrache un sourire aux vieilles dames en promenade.— Tu viens d’où ? demande Elias, Matteo le dos collé à son ventre.— De loin.— Loin comment ?— Quelques centaines de kilomètres, tout au plus, si tu veux parler de géographie.— Et si on n’en parle pas ?— Alors c’est une question de liberté. Et il y a des années-lumière entre chez moi et ici.— Tu es là depuis quand ?— Un an. À peu près. Longue histoire. Je n’ai pas envie de m’étendre.Matteo pose sa tête sur le bras d’Elias. Ils déploient une serviette de bain sur leurs épaules que le vent ne parvient pas à réchauffer. Jim a eu raison de le prévenir : ce qui arrive n’est pas normal. Peu avant midi, Elias quitte son amant et traverse la vieille ville en direction du port, passant entre les collines escarpées qui offraient à l’époque des remparts naturels appréciables. Au fil du temps, les bourgs qui s’agglutinaient au sommet ont débordé, sont redescendus, se greffant aux falaises, donnant naissance à la ville médiévale de Volia, dédale de passages étroits et d’escaliers intacts depuis six siècles. Sous le pont de Worms, la voix de Ludivine lui revient en mémoire. Ielles s’étaient revues peu après leur escapade au Café du Vieux-Port. Elle l’avait guidé dans les ruelles les plus méconnues de la vieille ville, puis ielles avaient visité le château qu’elle connaissait par cœur. Elle l’avait gratifié d’une foule d’anecdotes dont la plupart lui ont aujourd’hui échappé.— Il a été construit en 1558 par Ferdinand Ier de Habsbourg. Et tu sais pourquoi ?Il avait haussé les épaules, l’histoire du pays le laissait déjà de marbre.— Parce qu’en 1556, quand Charles Quint abdique et refile la couronne du Saint Empire à son frère cadet, Ferdinand Ier de Habsbourg, le pape Paul IV se fâche tout rouge : comment ? On a oublié de lui demander son avis ? Scandale ! Alors il refuse de reconnaître le petit nouveau, et, évidemment, menace d’une guerre – envoyer des gens à la boucherie pour une vexation, c’était normal. En signe de bonne volonté, Ferdinand ordonne la construction de ce pont, reliant symboliquement la cathédrale au château. L’effet a été nul : le pape a continué à bouder.
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Videos de Sébastien Meier (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sébastien Meier
Les Casseurs d?Os de Sebastien Meier est sorti en avril 2018 aux éditions Fleuve Noir.
Auteur suisse, Sébastien Meier a débarqué dans le paysage polar français après une trilogie noire remarquée dans son pays natal ! Dans Les Casseurs d?Os, l?écrivain et performeur a inventé un pays de toute pièce "La Bohème" afin d?y situer son enquête, et son propos. Rencontré à l?occasion du festival Quais du Polar, Sebastien Meier nous en dit plus sur sa création...
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