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ISBN : 2710385937
Éditeur : Quai Voltaire (09/01/2020)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Le 6 décembre 2013, Johannesburg se réveille à l'annonce de la mort de Nelson Mandela. Ce jour-là, Gin, de retour dans sa ville natale pour les quatre-vingts ans de sa mère, prépare la fête qui aura lieu le soir même. Mercy, l'employée de maison, l'aide à tout organiser, mais guette ce qui se passe dehors : quelques rues plus loin, la foule commence à se masser autour de la Résidence pour rendre hommage à Madiba. Peter, ami de jeunesse de Gin devenu juriste pour une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
mumuboc
  10 janvier 2020
J'aime beaucoup la littérature anglaise et  Virginia Woolf  y tient une place particulière par son écriture, profonde, précise, ciselée, par sa personnalité, fascinante, intrigante, à multiples facettes et mystérieuse. Donc j'ai eu très envie de découvrir ce deuxième roman de Fiona Melrose qu'elle a composé à la manière de Virginia Woolf pour Mrs Dalloway, ce beau roman à la forme si particulière dans lequel on suit Mrs Clarissa Dalloway dans Londres à la recherche de fleurs pour la décoration de la réception qu'elle donne le soir mais qui est surtout un récit de pensées des différents personnages qui vont prendre tour à tour la parole pour non seulement parler de ce qu'ils vivent mais aussi de leurs sentiments profonds, intériorisés, forme connue sous le nom de flux de consciences.
Fiona Melrose s'est largement inspirée (voire calquée) sur l'oeuvre de Virginia Woolf en la transposant en Afrique du Sud, son pays natal, à Johannesburg, le 6 décembre 2013, le jour du décès de Nelson Mandela. Depuis plusieurs jours l'annonce de sa mort est attendue, la ville retient son souffle et c'est le jour où Gin (diminutif de Virginia...) organise une fête pour les 80 ans de sa mère Neve, fête organisée contre sa volonté. La relation entre les deux femmes est tendue, mère et fille sont très différentes et ne se comprennent plus depuis que Gin est partie vivre aux Etats-Unis afin de pouvoir exercer son métier d'artiste, en toute liberté et surtout mener la vie qu'elle souhaite, libre, loin du regard de sa mère et d'un pays où elle étouffait.
C'est le récit de cette journée très particulière pour le pays mais aussi pour les différents personnages et le roman se découpe en chapitres reprenant les différents moments de cette journée qui restera à jamais marquée par le décès de Madiba, nom tribal et affectueux de tout un peuple pour ce guide charismatique. L'auteure opte pour des personnages aux noms assez similaires à son modèle : September (pour Septimus), un sans-abri noir, bossu, blessé lors de manifestations répressives, Peter Strauss (pour Peter Walsh), avocat, ami et soupirant inconsolable de Gin, Richard (pour Richard) allant jusqu'à évoquer la tante de Gin, Virginia, à qui elle doit son prénom et qui s'est suicidée en se noyant (comme Virginia Woolf) :
"Qu'est-ce que ça faisait de perdre sa raison d'être dans le monde que vous aviez vous-même créé ? Tante Virginia avait eu une meilleure idée. Elle avait marché dans la mer à Plettenberg Bay, vêtue de sa robe du soir à paillettes. Elle avait toujours été une drôle de vieille chose (un visage d'oiseau -, mais mariée, elle, et non pas seule. C"était si loin, à présent. (p67)"
Fiona Melrose donne à Johannesburg le rôle principal comme Londres et Big Ben rythmaient les heures de la journée de Clarissa Dalloway : la ville et ses habitants vivent à l'unisson d'un événement mais avec des préoccupations différentes, dans la chaleur écrasante, chacun marqué par la perte de l'homme qui voulait faire disparaître les différences de couleur, qui a redonné espoir à tout un peuple, chacun voulant passer à la Résidence pour lui rendre un dernier hommage.
Mais au-delà de l'événement il y a, avec le retour pour quelques jours de Gin, dans son pays natal, les pensées, ressentiments, souvenirs de chacun, leurs destins se croisant à nouveau : Gin, Peter, Richard, Neve, Mercy (l'employée noire de Neve), Duduzile (la soeur de September), Juno (la chienne) et September qui sera le lien entre tous, lui l'homme blessé, humilié, voulant dénoncer les erreurs commises par la Société Diamond, qui emploie Peter et Richard, et qui n'hésite pas à réprimer les manifestations par la violence.
Chacun vit cette journée à sa manière, plongé dans ses pensées, ses occupations mais, comme dans le roman modèle, il y a la confrontation entre intériorité de chacun et regard des autres sur la même personne, sur les événements. Nous ne sommes pas toujours ce que les autres pensent que nous sommes, nous ne percevons pas tous de la même manière les faits.....
On y retrouve les thèmes chers à Virginia Woolf : la nature et en particulier dans Johannesburg les agapanthes (comme sur la jaquette de couverture), les atmosphères, le climat se mêlent aux sentiments de chacun. L'accent est mis sur une journée qui aurait pu être ordinaire et qui devient, en raison des événements, une journée hors du temps.
La préparation de la réception d'anniversaire de Neve, la chaleur, le décès de Mandela mettent en avant les différents points de vue des différents personnages : racisme, abus de pouvoir, incompréhension familiale, émancipation, justice.
J'ai pris au final ce roman comme un hommage à la grande dame de la littérature anglaise qu'était Virginia Woolf et il faut malgré tout du talent pour y parvenir. Pour quelqu'un qui n'a pas lu Mrs Dalloway, ce roman offre une approche d'une écriture dite d'ambiance, de climat. Tout est lent, doux, décortiqué, analysé, c'est le récit d'un instant de vie. Pour moi qui ai lu l'oeuvre originale, je l'ai découvert comme un exercice littéraire, et pas des plus aisé et dans l'ensemble que j'ai apprécié, ne cherchant pas à dissimuler son inspiration et je le trouve réussi, actualisé et comme une marque de respect et d'admiration pour son modèle.
Je le recommanderai à ceux qui n'ont pas lu Mrs Dalloway, comme une approche d'un style, d'une écriture, d'une construction, d'un univers qui pourrait les inciter à découvrir Virginia Woolf mais il faut accepter d'entrer dans un récit où les voix sont multiples, se croisent, où il n'est pas question d'actions mais plus d'ambiance, de pensées, de sensations et de ressentis.
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LadyDoubleH
  28 janvier 2020
« La poussière et la fumée en provenance des Townships flottaient bas sur l'horizon, et le ciel touché au coeur dégoulinait de pourpre. »
Le 6 décembre 2013, Johannesburg se réveille le coeur gros : Nelson Mandela vient de mourir. Madiba. Tata. le père de la nation. C'est cette journée pas comme les autres que raconte Fiona Melrose dans son deuxième roman, vingt-quatre heures dans la vie de la métropole sud-africaine et d'une dizaine de personnes. Il flotte dans Johannesburg un indéniable parfum de Virginia Woolf, de Mrs Dalloway. Ce roman choral est porté par des voix blanches, noires, riches, pauvres. Des portraits nuancés tissés avec finesse, tendresse, cruauté, qui racontent la société sud-africaine.
Miroir à facettes où chacun se reflète dans l'autre, mélange d'introspection et d'écoulement des heures. La disparition du grand homme a laissé en tous une profonde tristesse. Nkosi. Qu'il soit béni.
Deux figures centrales à ce récit, Gin et September, qui oscillent entre ombre et lumière. Elle, artiste plasticienne exilée depuis vingt ans à New-York, tout juste rentrée pour organiser une fête pour les quatre-vingt ans de sa mère, Neve. Lui, un sans-abri défiguré par les forces de l'ordre lors de la répression d'une grève. Depuis, tous les jours il manifeste devant le siège de la société minière qui l'employait, en réclamant justice. Gin et September sont au coeur de la ville, de sa violence et de son éclat, et autour d'eux, une mère, un amoureux éconduit, une soeur, un ami, un lien, la société, passé et avenir, leurs vies, leurs aspirations, leurs craintes. Chacun combat ses propres démons, sur le fil de la raison et des non-dits.
La polyphonie et la construction du texte sont d'une grande maîtrise. Fiona Melrose a la grâce et la puissance d'une vraie magicienne, des mots et de l'âme humaine (et la traduction de Cécile Arnaud est au diapason, lumineuse). Johannesburg est un roman qui laisse des traces (et qui m'a donné envie de relire Mrs Dalloway).
« Parce qu'un homme n'a plus de barrière protectrice une fois que son âme commence à se déchirer et à s'effilocher. »
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maevedefrance
  11 janvier 2020
Traduit par Cécile Arnaud
6 décembre 2013, Johannesburg se réveille avec l'annonce du décès de "Tata Mandela". Gin prend sa douche. Artiste vivant à New York depuis une vingtaine d'années, elle est revenue dans sa ville natale avec l'idée d'organiser une fête pour les quatre-vingts ans de sa mère, Neve Brandt, . September, SDF bossu, se réveille sur ses cartons aplatis et trempés par la pluie. Mercy, employée de maison, s'affaire dans la cuisine de Mme Brandt, tout en écoutant la nouvelle à la radio. Dans la maison voisine de celle des Brandt, Duduzile s'apprête à réveiller ses patrons avant d'aller voir son frère, September.  Au Diamond, Peter, juriste pour une société minière, est déjà au bureau, sans pour autant avoir quitté les yeux de l'écran de télévision.
24 heures à Johannesburg, le jour de la mort de Mandela, c'est exactement ce que vous allez vivre, du point de vue de plusieurs personnages, des Blancs et des Noirs, des riches et des pauvres, dans cette ville où "la mort [est] toujours si proche, (...), la menace gratuite atten[d] derrière chaque porte en se léchant les babines" . Au fil des pages, l'ambiance va devenir suffocante, l'orage menaçant, jusqu'au coup de tonnerre qui secouer certains.
Fiona Melrose préface son livre avec une citation de Mrs Daloway de Virginia Woolf. Rien d'innocent, puisque toute la construction de Johannesburg est similaire au roman de l'auteure britannique. de l'action sur une journée, dans une ville précise, en passant par le procédé du flux de conscience. Vous vivrez cette journée particulière à Johannesburg de plusieurs points de vue, à travers la conscience de plusieurs personnages.
Une belle manière de dénoncer tout en essayant de comprendre la souffrance morale et psychique de chacun, présente et passée. Une façon aussi de laisser le lecteur juge. N'empêche, vous finirez le roman dans un drôle d'état ! :) J'ai dû laisser passer une bonne journée avant d'arriver à me replonger dans un autre livre.
L'auteure, à l'instar de Virginia Woolf questionne l'alterité. Mais aussi l'injustice persistante en Afrique du Sud. La peur. Cette peur qui paralyse, empêche d'avancer et de se comprendre. Des grands portails télécommandés qui dissimulent des maisons cossues, des vitres, le bruit de la rue, font qu'on peut difficile entendre l'autre. Johannesburg, ville fractionnée en multitude d'espaces où chacun vit comme dans une bulle.
Il est aussi question de la misère qui côtoie la richesse, de l'hypocrisie. L'Afrique post-apartheid n'est pas encore un paradis pour tout le monde !
Neve Brandt incarne l'Afrique du Sud blanche du passé. Pour elle, un chien semble avoir plus d'importance qu'un humain, de toute façon. Elle va bientôt mourir. Juno, la chienne, semble bien plus intelligente que sa maîtresse.
September vous fend le coeur : il est l'exact opposé de cette femme : le Noir victime, par le passé, de l'autoritarisme et du racisme blanc.
Entre les deux, il y a Gin et Peter, personnages imparfaits mais tourmentés, plein de remords et de questionnement :
"L'abîme s'ouvrit. Infini, ancien et noir. Que s'était-il passé ? Pourquoi tout était-il tellement difforme ? Les agapanthes autour de son cou, son visage fracassé, sa terrible bosse enflée. Il était allé au Diamond, et Peter l'avait vu (...). Il avait ramené Juno à la maison, l'avait tenue calée au creux de son bras, puis il était parti au Diamond. Elle l'avait laissé partir."
Fiona Melrose esquisse également (mais peut-être trop brièvement) les relations entre différentes ethnies noirs du pays, pas toujours si limpides : Zoulous, Sothos, Xhosas, et immigrés zimbabwéens  : "Joséphine ne faisait pas pareil que les autres. Peut-être parce qu'elle buvait. Elle prétendait que durant la semaine, quand ses employeurs étaient au travail, elle passait l'après-midi avec une bouteille de vin. Elle préparait leur dîner puis se retirait dans sa chambre pour regarder la télévision avant leur retour (...). Mercy avait du mal à y croire, et si c'était vrai, il n'y avait pas de quoi se vanter. Elle attribuait ce manque de fibre morale au fait que Joséphine était zimbabwéenne. Ces Kalangas étaient tous les mêmes. Aucune autre femme ne se comportait de cette façon." le destin de September est à cet égard édifiant.
L'événement majeur de la journée n'est pas le même pour tout le monde : la fête d'anniversaire pour les uns, l'hommage à Mandela pour les autres. Cependant, le roman est porteur d'espoir.
"Gin se sentit asphyxiée, étranglée par cette beauté, les bougies, les chants, les arbres en surpomb d'où tombaient des restes de pluie à chaque rafale de vent. Les présentateurs télé, déconcertés et graves, et les générateurs des camions régie ronronnaient en fond sonore sous la musique.
C'est ça, la sensation d'être chez soi.
Gin savait que depuis des année, elle était cette astronautes envoyée dans l'espace, qui voyageait à travers l'obscurité infinie, seulement guidée par les étoiles, et qui cherchait encore et toujours à rentrer chez elle."
Johannesburg, violente, bigarrée, difforme, injuste et en effervescence permanente m'a engloutie de la première la dernière ligne. J'en suis ressortie à la fois secouée et éblouie. La plume de Fiona Melrose, ciselée et complexe, vous embarque dans un sacré voyage. J'ai adoré !
Lien : http://milleetunelecturesdem..
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Albertine22
  11 janvier 2020
Fiona Melrose a choisi de nous présenter sa ville natale le temps d'une journée très particulière, le 6 décembre 2013, date de la mort de Nelson Mandela. Cette nouvelle connue par le bouche à oreille, relayée ensuite inlassablement par les médias est comme un caillou jeté dans l'eau. L'auteure ne s'intéresse pas tant à ce caillou, puisqu'aucune information précise n'est encore communiquée par la famille du défunt . Elle se concentre sur les cercles concentriques créés par ce caillou, sur la manière dont ce décès impacte les habitants de la ville, qu'ils soient blancs ou noirs.Nul ne peut rester totalement indifférent à la mort de ce leader charismatique, mais l'effet produit diffère selon les personnes. Deux personnages sortent du lot, deux presque quarantenaires, une femme blanche, Gin, et un homme noir, September.
Gin Brandt a quitté New-York et est revenue à Johannesburg pour fêter les 80 ans de sa mère Neve. Les deux femmes, descendantes d'Afrikaners, accueillent tout d'abord cette nouvelle avec un certain détachement, plus préoccupées par leur relation faite de non-dits et de souffrances mutuelles que par ce qui se passe en dehors de leur maison, ceinte de murs protecteurs. Gin, à la sensibilité à fleur de peau, artiste aux installations étonnantes, semble toujours sur le point de s'effondrer, dans un pas de deux permanent entre l'envie de vivre et celle de mourir, éternelle pré-adolescente refusant de devenir une femme.Uniquement centrée sur elle et sur sa soif d'amour maternel, elle ne voit de l'Afrique du Sud que ce qui blesse, ce qui heurte, ce qui choque. Et si le 6 décembre 2013 lui ouvrait les yeux sur le monde extérieur ? Et si la belle quittait sa haute tour pour se mêler à la foule qui se dirige vers la dernière demeure de Nelson Mandela ? Il est peut-être temps pour elle de se confronter au réel.
Au même moment, September, ancien cuisinier dans une mine appartenant à la société Diamond, blessé par balle un an auparavant quand des miliciens ont tiré sur les mineurs grévistes dont il faisait partie, perd peu à peu la raison. La tête ornée d'une couronne d'agapanthes, vêtu de haillons, il veut que justice soit faite et que les dirigeants de Diamond reconnaissent que l'ordre de tirer est venu de l'un d'eux. Quand il ne mendie pas sur un rond-point de la ville, exhibant sa bosse pour susciter la pitié et lui permettre d'obtenir les quelques pièces nécessaires à sa survie dans la rue, il se plante devant l'immeuble de la société minière, décidé à obtenir la vérité. Son esprit l'abandonne de plus en plus et retourne sur les terres de son enfance, au temps où son dos était encore droit et sa fierté d'être noir intacte. Et si malgré son corps si faible et sa tête si douloureuse, il redevenait guerrier, pourfendeur d'injustices ? Un guerrier certes, mais avec l'amour comme seul bouclier en digne émule de Nelson Mandela ...
Gin et September vont se croiser pendant cette journée grâce à Juno, la petite chienne de Neve. L'animal, profitant d'un moment d'inattention, a franchi le portail de la propriété et s'est égarée dans son quartier. September va la recueillir et la ramener à Gin. Fiona Melrose ne tombe pas dans la facilité d'une rencontre entre les deux personnages qui se solderait par un happy end, une réconciliation de la blanche et du noir autour d'un évènement heureux. Leur rencontre n'en est même pas une, chacun terriblement enfermé dans sa propre bulle de souffrance.
Autour de ces deux personnages-pivots gravitent leur famille, leurs amis, leur patron. Ceux-ci font entendre leurs voix et à travers elles se dessine la Johannesburg de 2013, fascinante et dangereuse, toujours profondément inégalitaire et pourtant unie dans un amour commun de ce lieu où fleurissent les agapanthes.
Un très beau roman, au style et à la construction maîtrisés, une description de Johannesburg, vue comme une fleur aux multiples couleurs résistant depuis la nuit des temps aux plus âpres des vents.
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Lalitote
  20 janvier 2020
Un espace-temps court pour ce roman intimiste, tout se joue en 24 heures à Johannesburg, une triste journée que celle du 6 décembre 2013, puisqu'elle coïncide avec la mort du remarquable Mandela. Pourtant c'est bien une fête qui se prépare, l'anniversaire de la mère de Gin. Gin est revenu spécialement de New York pour les quatre-vingts ans de sa mère. Nous allons suivre plusieurs personnages tous bien différents, qu'ils soient noirs, blancs, pauvres ou riches. le personnage de September est terriblement poignant et l'auteur a su me le rendre inoubliable. Toutes ces vies livrent à nos yeux, leurs douleurs, leurs peurs, leurs mémoires et leurs secrets. Plus on avance dans l'histoire plus l'atmosphère se fait lourde et pesante. Ente la mère et la fille, je dirai que rien ne va plus mais l'incompréhension, cela remonte à loin. Même si Gin mettra tout son coeur à la préparation de cette fête, elle sait déjà qu'elle ne comblera pas sa mère. Cette journée ne sera pas vécue par tous de la même façon, certains se préoccuperont de célébrer l'anniversaire alors que d'autres rendront hommage au grand homme. J'ai ressentie cette plongée dans la ville de Johannesburg comme dans une ville pleine de vie, on peut presque sentir son effervescence, une ville chamarrée avec ses différentes ethnies, une ville dangereuse avec ce perpétuel bouillonnement de violence. L'écriture de l'auteure est riche, elle n'hésite pas à nous donner du vocabulaire ethnique et on voit toutes les tensions qu'il peut y avoir à vivre ainsi, ensemble en côtoyant de multiples ethnies. Rien n'est simple lorsque l'on aborde le thème de l'identité, de l'inégalité mais cela même apporte du sens à la vie. Je ne pourrai en rien capter les subtilités de l'hommage rendu à Virginia Woolf par l'auteure car, je n'ai pas encore lu « Miss Dalloway » mais cela ne gène en rien la compréhension du récit et en plus maintenant, je sais que ce livre rejoindra rapidement ma Pal. Bonne lecture.
Lien : http://latelierdelitote.cana..
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critiques presse (2)
LeFigaro   10 janvier 2020
Imagine-t-on Virginia Woolf chez les Zoulous? Difficile, voire impossible. Et pourtant, ce hiatus culturel, la Sud-Africaine Fiona Melrose l’a franchi avec un certain génie dans son deuxième roman, Johannesburg.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   07 janvier 2020
Sur le modèle de Mrs Dalloway, Fiona Melrose propose une formidable radiographie de l'Afrique du Sud, le jour de la mort de Mandela.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
mumubocmumuboc   10 janvier 2020
Qu'est-ce que ça faisait de perdre sa raison d'être dans le monde que vous aviez vous-même créé ? Tante Virginia avait eu une meilleure idée. Elle avait marché dans la mer à Plettenberg Bay, vêtue de sa robe du soir à paillettes. Elle avait toujours été une drôle de vieille chose (un visage d'oiseau -, mais mariée, elle, et non pas seule. C"était si loin, à présent. (p67)
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