AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782710384427
448 pages
La Table ronde (10/01/2019)
3.68/5   22 notes
Résumé :
Belfast, 1906. Edith tombe follement amoureuse d'Oliver, un illusionniste ambitieux qu'elle croise un soir de fête trop arrosée et retrouve le lendemain sur scène, où elle doit l'accompagner au piano. Mais c'est sur la jetée de Dun Laoghaire, bien des années plus tard, que s 'ouvre le roman. Edith y attend, avec sa fille, le bateau qui les emmènera en Angleterre et contemple à regret le pays où elle laisse son mari après avoir tout tenté pour le sauver de ses démons... >Voir plus
Que lire après Edith & OliverVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
3,68

sur 22 notes
5
4 avis
4
8 avis
3
2 avis
2
1 avis
1
0 avis
« Attention, mesdames et messieurs, dans un instant on va commencer ! le grand illusionniste Oliver Fleck va entrer en scène pour votre plus grand plaisir. Il va vous étonner, vous enchanter, vous sidérer avec notamment son fameux numéro de « La Femme Qui Apparaît ». Approchez un peu, mesdames et messieurs, il y a encore de la place devant, vous serez mieux pour admirer le spectacle... »
Nous sommes à Belfast, en 1906. Edith, joueuse de piano dans les music-halls de Belfast, tombe follement amoureuse d'Oliver, un illusionniste ambitieux qu'elle croise un soir de fête trop arrosée et qu'elle retrouve le lendemain sur scène, où elle doit accompagner son spectacle au piano.
Ils s'éprennent l'un de l'autre, sans doute y avait-il de la magie entre eux...
Pourtant, ce n'est pas sur cette page d'amour que s'ouvre le roman Edith & Oliver, mais bien plus tard en 1922 sur le quai de Dun Laoghaire à Dublin où une femme et sa fille regarde une dernière fois le paysage de l'arrière-pays avant d'embarquer dans un ferry pour l'Angleterre...
L'auteure, Michele Forbes, nous entraîne sur les années qui précèdent, des années de bonheur, d'allégresse, portées comme un songe, où tout semble facile comme un numéro de cartes qu'on déplie dans une main, en glissant simplement les phalanges. Des années d'illusion... Et puis viennent des années moins faciles, des années de galère... Des années de désillusion... Tout ceci se déroule dans un contexte social et politique qui va s'aggraver, peint avec justesse en filigrane.
Le personnage principal est bien ce fameux Oliver, illusionniste de son état, que l'on va suivre durant vingt ans, de 1902 à 1922, qui connaît une enfance perturbée par un drame familial, mais qui va rebondir dans les coulisses des théâtres en tant que commissionnaire tout d'abord. La grâce va le toucher, ou plus précisément, l'art du métier, en observant le grand Bandini dans les coulisses de l'Alhambra Theatre...
Edith et Oliver s'épousent, ont deux jumeaux, un fils Archie et une fille Agna. La vie d'artiste est dure pour faire vivre une famille.
Des Noëls se succèdent où Oliver, en tournée, n'est point présent parmi sa famille.
L'exercice du métier devient difficile. Il semblerait qu'il soit en train de changer. Sur l'immense scène de la vie, chacun joue son rôle comme il peut.
La concurrence est rude entre artistes, des jeunes loups arrivent qui sont ambitieux, inventifs, jouant des coudes et les directeurs des théâtre sont impitoyables, leurs rebuffades font mal.
Des syndicats d'artistes tentent de s'organiser, de lutter, en vain...
Et puis il y a la concurrence du cinéma et des revues de music-halls qui ont désormais un plus vif succès.
Brusquement, le numéro de l'artiste ne prend plus, la mécanique se grippe au sens propre comme au sens figuré.
Oliver est-il tombé en disgrâce auprès des propriétaires de théâtre, des directeurs de compagnie, des producteurs de spectacles ? Même son agent n'y croit plus guère.
Oliver voudrait pouvoir encore donner l'illusion, mais auprès de qui ? Son agent, les directeurs de théâtre, sa famille, ou peut-être tout simplement lui-même ? Cette dérive est poignante et l'auteure l'a décrit avec beaucoup de justesse er d'émotion.
Il y a alors ce foutu passé qui vous rattrape sans cesse... Se réveiller le matin dans sa loge avec encore son costume de scène et une bouteille de whisky vide à ses pieds... Les démons d'Oliver le rattrapent peu à peu...
Les tournées sont de plus en plus harassantes, avec de moins en moins de public.
Edith & Olivier, c'est l'histoire d'un monde qui change, qui vacille, celui du music-hall, celui sur fond social, de la misère oppressante, celui de l'Irlande, du bruit qui gronde, de la révolte qui monte, la menace d'une guerre civile qui approche...
Dans la dérive d'Oliver, j'ai ressenti une totale empathie pour Edith et ses enfants.
Une empathie aussi pour le peuple irlandais.
Voilà, je ressors de ce roman avec beaucoup d'enthousiasme et d'émotion. La magie d'une écriture a pris, m'a séduit totalement, mais elle n'est pas feinte comme une illusion. En soulevant un peu ce rideau, comme celui d'un music-hall, en vous faisant entrer dans les coulisses de la vie d'Edith et d'Oliver, en vous montrant les joies, les ambitions et les démons qui poursuivent Oliver depuis sa jeunesse, le contexte social terrible dans lequel évoluent les personnages du récit, j'espère vous convaincre de venir à ce roman avec la même joie qui m'a troublé.
Plus tard, je referme le livre, avec la rengaine obstinante d'une chanson qui me vient brusquement dans la tête :
« C'est juste une illusion
A peine une sensation
Qui dirige tes pas
Et te montre du doigt
Où tu vas où tu vas
Juste une illusion
Comme une bulle de savon
Qui s'approche de toi
Que tu touches du doigt
Puis qui s'en va
Qui n'est plus là. »
Commenter  J’apprécie          353
Illusionniste et désillusions.

Edith et Oliver se sont rencontrés et aimés dans les coulisses du théâtre de Belfast dont le plus beau duo reste la naissance de leurs jumeaux, Archie et Agna.
Oliver est illusionniste, Edith l'accompagne au piano. Oliver vit les dernières heures de gloire du vieux Music-Hall.

Oh combien j'ai aimé ce roman à la fois fable poétique et triste réalité d'un monde qui change.

J'ai été très touchée par Oliver dont Michèle Forbes en fait le personnage central tout au long du roman qui se déroule de 1902 à 1922.
De son entrée au théâtre en tant que commissionnaire à sa première représentation sur scène, j'ai aimé voir défiler les numéros d'Oliver remplies d'humour et d'émotions, tendres et naïves.
Plus j'avançais dans ma lecture, plus j'étais inquiète pour Oliver qui reçoit comme une déflagration la vérité crue et sans fard. La fin d'une époque et de son métier tel qu'il entendait le pratiquer et en quoi il croyait fermement. La fin aussi d'un long mensonge qu'il s'est fait à lui-même sur la mort accidentelle de sa mère.

Dans son costume de prestidigitateur, voulait-il effacer ou rendre visible ce qui le faisait tant souffrir ?

J'ai aimé les aller-retour dans le passé familial d'Oliver qui donnent les clefs de son mal être et de son incapacité à parler avec sa fille Agna. J'ai pleuré sa descente aux enfers, la chute dans la misère pour lui et les siens.

Ce beau roman est aussi une exploration de l'époque avant la partition de l'Irlande, le constat cinglant de la pauvreté et de la loi du plus vendable dans le milieu du music-hall.

J'ai été fascinée et entièrement séduite par l'écriture de Michèle Forbes dont la langue est magnifiquement traduite par Anouk Neuhoff.
Ce roman recèle de très beaux passages sur la figure maternelle « ses cheveux ont la couleur d'une meule de foin qui aurait absorbé l'été », vibrants d'amour mais ambués par les regrets qui m'ont serré le coeur.

Dans le cadre réaliste du roman, Michèle Forbes pose les mots comme des touches de couleur pour faire naître des images remplies de poésie et de simplicité. Malgré la misère et les disparitions brutales.
La nature est très présente, réconfortante : « La lune du lundi matin est aussi pâle que la chair d'une oie ». Visible et immuable.

Merci infiniment à Babelio et aux éditions La Table Ronde pour ce roman reçu dans le cadre de la Masse Critique de la rentrée littéraire de janvier.
Commenter  J’apprécie          353
Edith & Oliver Michèle Forbes Quai Voltaire janvier 2019.

Dublin 1922 les yeux noyés de larmes une femme s'apprête à monter dans le ferry qui les emmènera en Angleterre elle et sa fille. Pourtant 16 ans plus tôt à Belfast elle vivait les plus heureux jours de sa vie , elle rencontrait Oliver , un illusionniste de talent et décidait de le suivre .
Edith & Oliver, le nouveau roman de Michèle Forbes, est un roman d amour ou plutôt un roman de plusieurs amours! C'est avant tout le roman d'une époque en voie de disparition. Quand les salles de cinéma commencent à s'ouvrir c'est le monde du Music Hall qui commence à trembler , ses artistes peinent à vivre , mal payés , exploités par les propriétaires de salle ... C'est aussi le roman déchirant de l'amour d'une mère pour ses enfants .
Malgré toutes ses qualités je n'ai pas retrouvé ici la magie de Phalènes fantômes que j'avais adoré et je referme ce roman avec déception.Si Je n'ai pas été conquise comme je l'espérais je reste cependant curieuse de découvrir le suivant...
Un très grand merci aux éditions Quai Voltaire et bien sur à Babelio pour cette MC littérature générale .
Commenter  J’apprécie          300
Une histoire d'amour déchirante, se déroulant en Irlande ,à Belfast,en 1906 entre un illusionniste ambitieux : Oliver,et une pianiste :Édith.
Cela débute en 1906 par leur rencontre ,véritable coup de foudre,mais qui ,hélas au fil des années avec l'apparition du cinéma et les démons d'Oliver( suite à une enfance très noire ,après la mort accidentelle de sa mère),va s'etioler jusqu'à les voir se déchirer ,se haïr. de cette union ,naîtront très vite : Agna et Archie ,jumeaux qui se soutiendront mutuellement ,face à cette vie de galères et de misère jusqu'au drame final.
Un style très poétique ,de superbes descriptions de la nature ,une bonne analyse de l'époque où le cinéma fait son apparition au détriment des spectacles sur scènes ,et où l'Irlande commence à entrer en conflit. Bref vous l'avez compris un gros coup de coeur ,que je conseille vivement.🌟🌟🌟🌟
Commenter  J’apprécie          190
Belfast, 1906. Oliver est un illusionniste talentueux, Edith une pianiste de caractère. Une soirée bien arrosée, une dent arrachée, un numéro partagé, l'amour très vite les emporte.

Oliver est travailleur, combatif, passionné. « Il y a la magie évidente, la fascination des tours adroitement exécutés mais il y a aussi le sentiment que l'homme emplit l'espace. Il occupe le devant de la scène ». Il sait qu'il peut arriver au sommet, il a le projet d'un spectacle en solo, l'espoir de son nom tout en haut de l'affiche. Edith a foi en lui. Ensemble, ils vont travailler comme des acharnés, enchainer des tournées, et réussir. Oliver n'en doute pas.

Oui, mais voilà. La vie parfois interfère, le monde change, et certains démons du passé ne cessent de rôder.

Porté par des personnages d'envergure (je me souviendrai longtemps d'Agna) et une écriture splendide (tout comme la traduction !), empathique et très visuel, Edith & Oliver raconte le combat d'un homme contre l'écroulement de son monde, de sa vie, de lui-même. Un monde où les gens désertent les music halls, commençant à leur préférer le cinéma, un monde où de plus en plus l'esbroufe prime sur l'habileté et la chair sur la substance ; un monde où « le talent, on s'en balance ».

Michèle Forbes ne fait qu'effleurer le contexte politique de l'époque, les catholiques spoliés de leurs emplois à Belfast, les remous syndicaux, la première guerre mondiale. le roman se concentre sur le monde du spectacle, les tours et les illusions, leurs ficelles, les coulisses des théâtres et des salles de spectacle, tous ces gens qui en vivent ou en tous cas essayent, ces hommes et ces femmes enchainant les numéros à des heures improbables pour un maigre cachet, véritables galériens du divertissement, petite cour des miracles autant talentueuse que disparate, les ors rapiécés des costumes de scène, les poches sous les yeux fardés, les espoirs qui volent aussi haut qu'ils se brisent au sol avec fracas.

Edith & Oliver est l'autopsie d'une dégringolade, et Michèle Forbes sait raconter les failles, mettre en perspective les désespoirs, dévoiler les secrets que l'on cache, même à soi-même. Oliver campe une figure d'anti-héros remarquable.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Si on avait mieux entendu la voix d'Edith tout au long de l'histoire, si la fin n'avait pas accumulé les drames d'une façon trop appuyée, il aurait vraisemblablement été un coup de coeur. Merci aux éditions La Table Ronde !

« Il est un glacier de centaines de mètres d'épaisseur et son squelette se lézarde sous le poids de son âme gelée. »
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
Commenter  J’apprécie          90


critiques presse (3)
LeFigaro
11 mars 2019
La rencontre passionnée entre deux artistes, à la fin de l'âge d'or du music-hall.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix
13 février 2019
Basé sur une grande documentation, des recherches dans les souvenirs familiaux mais surtout dans les archives historiques irlandaises, son livre se révèle autant une histoire captivante et poignante.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Telerama
08 janvier 2019
L’écrivaine irlandaise a pris le pas sur la comédienne qu’elle est toujours. Aujourd’hui, Michèle Forbes transmet sa passion pour le spectacle et pour l’histoire agitée de sa ville, Belfast, à travers un deuxième roman merveilleux : Edith & Oliver.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Elle renverse la tête pour regarder le ciel : elle a l'impression de faire partie de l'azur et d'arriver à voir les nuages. Elle est aussi réelle et aussi déliée que la vapeur. Chaque nuage raconte son histoire avec naturel tout en naviguant sur ce fond bleu tendre. Alors qu'elle observe les nuages, elle discerne un bateau qui devient une île, puis l'île se change en arbre. Des oiseaux s'échappent de l'arbre et le tronc s'éloigne en flottant comme une botte à la surface d'une rivière. Une bicyclette apparaît, puis la tête énorme d'un homme doté d'un œil gigantesque. Un cheval saute par-dessus une haie puis devient cette haie, puis une colline spongieuse, et ensuite une vache endormie. Il y a là un nuage qui ressemble exactement à un nuage. Et maintenant à une toile d'araignée. Sans araignée. Il y a trois malheureux lévriers. Il y a une charrette à la recherche du cheval qui saute. Puis un nuage de la forme de l'Irlande, où le souvenir chatoie le plus intensément. Et il y a son père. Flottant sur le ventre avec entre ses doigts un étrange oiseau. La silhouette de son père s'allonge. Il relâche l'oiseau. Le nuage paternel recouvre Victoria Hill, ombre bleue d'une telle profondeur que son père semble devenir aussi réel que la colline elle-même. Réel et compacte, magnifique dans son manteau de ville, tenant son borsalino à la main, mal assorti avec la nature.
Commenter  J’apprécie          110
Elle quitte le bouillonnement préhistorique de la Fougeraie avec ses compagnons, et tous trois courbent la tête contre la pluie en se dirigeant vers l’exotisme miniature de la Serre alpine. Oliver leur emboîte le pas, étourdi par le brusque rétrécissement des végétaux alentour. Il touche les plantes qu’elle touche et laisse le chardon bleu des Alpes lui piquer les doigts. Se succèdent saxifrages, crocus, gentianes et perce-neige précoces.
Il devrait lui dire bonjour. Mais non. Il a perdu sa langue dans l’air raréfié de la Serre alpine et préfère demeurer caché. Il la regarde partir et reste cloué sur la place dans le gravier qui s’étale sous ses pieds.
Commenter  J’apprécie          100
Chaque fois qu'elle venait de jouer du Beethoven, Oliver avait l'impression de voir les mots qu'elle pensait mais ne formulait pas : ils sortaient de son corps comme une vapeur. Des mots simples : envol - bond - course - bulle. Et non seulement les mots, mais les vastes espaces magnifiques qui s'étiraient entre eux. Avec elle, il avait appris à voir l'invisible. A regarder par-delà les faits concrets du monde tels qu'ils se présentaient.
Commenter  J’apprécie          150
Posant ses bagages, elle rassemble ses cheveux. Elle remet son chapeau, l'enfonce de telle sorte que son bord lui protège les yeux. Avant d'embarquer, elle essuie les larmes qui inonde à présent son visage, affirmant à sa fille qu'elles ne sont dues qu'au vent.
Commenter  J’apprécie          100
DUBLIN,1922

Les étourneaux tremblotent dans les arbres noirs tandis qu'Edith retire son chapeau. Elle veut sentir le vent autour de sa tête, sentir son souffle féroce lui ébouriffer les cheveux.Elle veut sentir sa piqûre iodée contre son front,son pincement sur les lèvres et ses joues.L'eau a viré au blanc, sous le soleil printanier,comme Si un vaste champ de neige s'étalait devant elle jusqu'à Howth,et non la mer.
Commenter  J’apprécie          50

Videos de Michele Forbes (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michele Forbes
http://www.librairiedialogues.fr/ Élise de la librairie Dialogues nous propose ses coups de la rentrée littéraire 2019 : "À la ligne" de Joseph Ponthus (éd. La Table Ronde), "Edith et Oliver" de Michèle Forbes (Quai Voltaire) et "L'Atelier du désordre" d'Isabelle Dangy (éd. du Passage). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Laurence Bellon.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
autres livres classés : littérature irlandaiseVoir plus
Les plus populaires : Littérature étrangère Voir plus


Lecteurs (64) Voir plus



Quiz Voir plus

Quiz de la Saint-Patrick

Qui est Saint-Patrick?

Le saint patron de l’Irlande
Le saint-patron des brasseurs

8 questions
254 lecteurs ont répondu
Thèmes : fêtes , irlandais , irlande , bière , barCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..