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ISBN : 2266242369
Éditeur : Pocket (03/07/2014)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Début XIXe, sud de la Géorgie. Pour la jeune Cean et son époux Lonzo, le quotidien c’est la vie difficile des pionniers d’Amérique, à la manière de La petite maison dans la prairie. Récolte, travail de la terre, commerce, artisanat : par petites touches, on suit à travers des personnages attachants une existence de labeur rythmée par les saisons, les joies, l’adversité aussi... La vie de toute une communauté solidaire qui façonna hier la nation que l’on connaît aujo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  20 août 2015
Etats Unis, début du XIXe : la vie des paysans de la cambrousse au fin fond de la Georgie: labeur, autarcie, entraide, avec juste quelques incursions vers la cote atlantique pour faire du troc.
Isolés à 150 km des zones peuplées, les paysans triment sur une terre à la fois sauvage et généreuse, contraints à un labeur quotidien immense et des conditions climatiques incertaines. Savoir-faire ancestral, superstitions et croyance apeurée en Dieu sont le ciment d'une société en vase clos qui doit composer en son sein avec les jalousies, les rancoeurs, les pulsions d'amour, de colère ou d'envie. La condition des femmes y est particulièrement éprouvante par des grossesses à répétition et un travail harassant.
Très descriptif, les chapitres prennent le temps de créer une ambiance et les mots donnent à voir un pays immense, une nature à la fois rude et nourricière. Quasiment aucun dialogue, tout se raconte, s'explique, les saisons passent, les années défilent, voyant les familles s'agrandir et les anciens disparaitre.
Cette chronique est donc loin d'être une bluette campagnarde: ici, on souffre, on sue, on pleure, on enterre des enfants, on serre les dents, on craint le Seigneur et on avance comme des bêtes de somme.
Relations familiales frustres, familles taiseuses: le rêve américain est encore loin pour des familles plus proches des premiers colons, indifférentes aux querelles sociales sur les questions d'esclavage ou de sécession. La guerre qui couve saura néanmoins rattraper ces Pauvres Blancs à leur corps défendant.
Publié en 1934, Caroline Miller mérite bien le Pulitzer pour ce remarquable témoignage historique de la vie quotidienne des petits propriétaires sans esclaves.
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trust_me
  03 mars 2013
Incroyable destin que celui de ce premier roman publié en 1933 et qui remporta le prix Pulitzer 1934. Rédigé par une Géorgienne totalement inconnue, Les saisons et les jours reçut un accueil enthousiaste, tant au niveau régional que national. A tel point que devant un tel succès, l'éditeur Harold Latham rechercha d'autres oeuvres « du Sud » afin de surfer sur la vague. C'est ainsi qu'il se décida à publier l'ouvrage de Margaret Mitchell qui allait devenir le prix Pulitzer suivant : Autant en emporte le vent. Ce dernier éclipsa rapidement Les saisons et les jours, qui restera quand même le best seller de l'année 1934 et qui a été réimprimé une quarantaine de fois depuis sa première édition. Grâce à la nouvelle collection « Vintage » de Belfond, il est maintenant disponible en France dans sa version intégrale et avec une nouvelle traduction (l'ouvrage a été publié dès 1938 sous le titre « Colons en Géorgie » mais dans une version abrégée et était depuis introuvable).
Contrairement à Autant en emporte le vent, Les saisons et les jours ne s'intéresse pas aux riches planteurs esclavagistes de la côte mais se focalise sur les fermiers blancs du Sud profond d'avant la guerre de sécession. Des familles trop pauvres pour posséder un esclave qui tentent juste de survivre dans un environnement difficile. Saga familiale centrée sur le personnage de Cean Smith, jeune fille mariée à l'adolescence que l'on suit pendant des dizaines d'années, le roman dresse le plus fidèlement possible le portrait d'une époque. Cean aura en tout 15 enfants et deux maris. Une femme remarquable, totalement accaparée par la vie domestique, épuisée par les grossesses à répétition et qui ne sera pas épargnée par les drames. Autour de Cean et de son clan, Caroline Miller évoque le plus scrupuleusement possible l'existence de ces pionniers marquée par la succession des saisons, des semailles, des récoltes, des naissances et des deuils. Un travail presque ethnologique transcendé par une écriture proche du naturalisme. Entre le roman régionaliste et le Nature Writing, Les saisons et les jours relate à travers Cean et les siens une vie quotidienne fruste et répétitive, sans véritable horizon.
Un texte fleuve qui, je l'avoue, ne m'a pas toujours emballé. Beaucoup de références religieuses (certes légitimes au 19ème siècle dans ces communautés isolées) plombent la fluidité de l'ensemble. Et puis à force de voir les personnages scier du bois, cuisiner des pains de maïs, traire les vaches, accoucher et récolter le coton, j'ai senti un petit relent de la petite maison dans la prairie assez désagréable. En plus réaliste et sans Nelly Olson, certes, mais quand même. Reste un beau portrait de femme, fière et lucide : « Maintenant, elle avait compris : ce monde avait été créé pour que les êtres humains y fassent leur devoir et prouvent qu'ils n'étaient pas des brutes. Il fallait qu'elle fasse son devoir, qu'elle donne la vie continûment, lave, s'occupe du bébé jusqu'à ce qu'il marche, puis en ait un autre. Pourtant, elle ne l'acceptait pas sans rechigner, même si elle se taisait et faisait son devoir. »

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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petitsoleil
  27 décembre 2012
j'ai adoré ce livre, acheté un peu par hasard, et je l'ai lu d'un trait !
le récit est très simple et "quotidien" mais pourtant il nous touche, très américain ? non, très universel ! et sublime
nous suivons l'évolution d'un couple, Cean et Lonzo, Cean toute jeune encore quand ils se marient, et rapidement enceinte de leur premier enfant
l'amour que se porte le couple est très discret, très pudique, mais bien présent, et tant mieux car ils auront beaucoup de joies ensemble, de nombreux enfants, mais aussi de nombreuses peines et épreuves ...
et puis, dans leur quotidien paysan, certes ils ont de nombreux enfants mais surtout des filles ... moins utiles pour les travaux agricoles les plus durs
le père, Lonzo, ne se plaint pas, aime sincèrement sa femme et ses filles, et travaille dur lui aussi
malgré leur vie très simple, ils essaient de profiter des petits bonheurs éphémères : pour lui, avoir fait de bonnes affaires à la ville, où il a amené plein d'affaires, de récoltes et d'animaux dans une carriole, et acheter quelques bijoux et pièces d'or ou d'argent à sa femme ...
pour elle, se réunir avec ses filles et avec les autres femmes pour broder d'immenses couvertures en patchwork le soir à la veillée ...
constater que malgré les coups durs, leur maison est bien tenue, ils ont toujours des réserves de fruits, de récoltes, et même du linge de table fin, de jolis couverts et assiettes, un début de raffinement dans leur vie paysanne
pour elle, enchaîner les grossesses, ce n'est pas toujours un plaisir mais parfois une fatalité, cependant elle semble de mieux en mieux accepter son extraordinaire fertilité et sa très nombreuse famille ... comme un arbre qui porterait de nombreux fruits, comme si ses enfants étaient un prolongement d'elle-même
enfin, Cean verra grandir la majorité de ses enfants, et le temps semble s'écouler de plus en plus vite, au fur et à mesure des grossesses et des enfants
comme une métaphore de la vie qui file, vite, trop vite
la vie des Blancs d'Amérique du Nord, encore des pionniers finalement, des simples et rudes paysans, n'avait pas été souvent décrite avant ce livre
il répare donc cette injustice
ce livre aura ouvert la voie à d'autres livres sur les Américains, dont le très célèbre Autant en emporte le vent
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ladesiderienne
  29 décembre 2014
CHALLENGE ABC 2014/2015 (15/26)
"Les saisons et les jours" est un des premiers romans qui rend hommage au Vieux Sud américain. Écrit par une Géorgienne alors inconnue, il a eu un véritable succès à sa sortie et a obtenu le Prix Pulitzer en 1934. Il a en quelque sorte ouvert la voie au célèbre "Autant en emporte le vent". Paru en France en 1938 en version abrégé, il est réédité en version intégrale et dans une nouvelle traduction pour le plus grand plaisir des fans de cette époque. Mais attention, contrairement à Margaret Mitchell qui met en scène une famille de riches propriétaire terriens, Caroline Miller s'attache à nous décrire le quotidien de ces colons blancs de Géorgie, pauvres fermiers qui n'avaient ni les moyens d'avoir de bonnes terres et encore moins celui de posséder des esclaves. Ces gens-là, faute d'instruction et de temps, n'ont pas vraiment laissé de témoignages écrits et c'est un travail méticuleux que l'auteure a entrepris en parcourant la campagne à la recherche de leurs descendants pour nous en restituer une transcription fidèle que ce soit à travers leur langage, leurs pensées, leurs croyances.
Deux personnages féminins se détachent de l'histoire et il est impossible de ne pas s'émouvoir devant le récit de leur existence. Au début du roman, on suit la jeune Cean qui quitte la ferme familiale pour aller fonder son propre foyer avec Lonzo son mari, une dizaine de kilomètres plus loin. de jeune fille pleine d'espoir, elle demeurera forte et digne mais finira par se résigner face au destin. Elle verra défiler sa vie au rythme des saisons, des récoltes, des naissances (elle aura 15 enfants) et des deuils. Sa route va croiser celle de Margot, la séductrice ramenée de la Côte par son frère Lias. Celui qu'elle a choisi pour époux deviendra finalement son bourreau et elle devra élever l'enfant qu'il a fait à sa maîtresse, petite fille du péché qui périra dans les flammes. Bien que totalement différentes, les deux belles-soeurs se soutiendront dans les épreuves.
Comme beaucoup de lecteurs d'une certaine génération (la mienne), j'ai eu une pensée pour "La petite maison dans la prairie" (Ah, nostalgie, quand tu nous tiens !). Aussitôt arrivée, aussitôt évanouie, car c'est une version de cette époque infiniment plus âpre et plus réaliste.
Je soulignerai aussi l'écriture de Caroline Miller qui, tout en décrivant une existence monotone rythmée malheureusement par plus de malheurs que de joies, ne se départit pas d'une certaine poésie pour nous peindre un tableau où la nature et les animaux jouent un grand rôle.
Je me suis totalement laissée emporter par ce roman dans sa plus grande partie. La fin, par contre n'est plus qu'une énumération rapide des évènements au profit d'un long débat sur les croyances. En effet, l'arrivée d'un nouveau pasteur va obliger la Communauté à s'interroger sur sa foi et cela m'a paru plus rébarbatif sans pour cela gâcher totalement le plaisir d'avoir fait une belle découverte. 15/20
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spleen
  07 décembre 2014
Publié en 1933 et à l'origine de l'intérêt porté à la littérature du Sud des Etats Unis, ce roman relate l'histoire d'une femme Cean et de sa famille dans une ferme de Georgie au début du XIX éme siècle.
Une vie rude marquée par le dur labeur de ces petits agriculteurs dans une contrée souvent hostile .
Tenacité, endurance et courage de ces pionniers américains forcent l'admiration ainsi qu'un profond attachement familial et une entraide étendue aux voisins, ces éléments étant d'ailleurs assez essentiel à leur survie.
La première partie du roman est attachante, on assiste à l'installation du jeune couple, au début des travaux des champs, à l'attention que Cean porte à son jardin, à la tendresse que mari et femme ont l'un pour l'autre même si elle peine à s' exprimer.
Puis arrivent très vite les premiers enfants , les maladies, les accidents domestiques et les nombreux décès qui s'en suivent, l'épuisement de Cean devant les grossesses répétées et le travail au champ...
La suite du roman devient assez répétitive et l'intérêt s'amenuise un peu au fil des pages.
Restent aussi des réflexions étonnantes sur l'esclavagisme, Cean rêve de pouvoir acquérir un esclave, en fait ces gens manquent cruellement de bras et s'acharnent à la tâche, l'esclave pour eux n'est vu que comme un homme de main, une aide et ils sont loin de s'imaginer la réalité de leur sort, donc c'est tout naturellement que les hommes s'engagent chez les "sudistes" .
On est à mille lieux de l'histoire sentimentale et du milieu de riches propriétaires terriens de Autant en emporte le vent, deux mondes bien différents mais Caroline Miller rend un bien bel hommage à ces petits fermiers du Sud des Etats Unis et on comprend aisément pourquoi ce livre a eu tant de succès à l'époque.
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critiques presse (3)
Lhumanite   22 avril 2013
Les Saisons et les Jours de Caroline Miller, prix Pulitzer 1934, s’attache à l’existence d’une famille sur plusieurs générations. Au fil des nuits et des levers de soleil, des solstices et des équinoxes, elle vivra des bonheurs et des drames, des mises au monde et des deuils.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lhumanite   08 avril 2013
Ce roman,pour la première fois entièrement traduit en français, retrace l’épopée de pionniers dans le sud des États-Unis. Une poésie du quotidien alliée à la tragédie commune des hommes.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LeMonde   14 janvier 2013
En dépit de l'excellente postface d'Elizabeth Fox-Genovese, ce gros roman naturaliste n'a pas la force des écrits de Flannery O'Connor, Carson McCullers ou Eudora Welty
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   26 décembre 2014
Seen disait que le cœur d'une mère se gonflait tout comme son ventre se gonflait quand elle portait un enfant... Mais le cœur, lui, ne se débarrassait jamais de son fardeau ; il s'étirait, s'étirait à chaque nouvel enfant, toujours gonflé, tendre et douloureux. Et comme les bébés devenaient des hommes grands aux robustes épaules et des femmes aux larges hanches, il devait pouvoir s'étirer encore avant d'éclater. Si un enfant mourait, sa mère continuait à porter ce poids mort ; si son enfant adulte s'attirait des ennuis, sa mère les ajoutait à sa charge et essayait de les porter à sa place comme elle avait porté le poids de l'enfant avant sa naissance, bien longtemps auparavant, pour le protéger du froid, du soleil, du chagrin. Seen disait que c'était pour ça que les mères se battaient pour ne pas mourir, même quand elles étaient vieilles et usées.
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ladesiderienneladesiderienne   23 décembre 2014
Débattre des droits d'un justiciable avait un côté enthousiasmant ; les jeunes présents dans l'assistance auraient bien voulu devenir avocats pour plaider brillamment au lieu de marcher en plein soleil derrière une charrue le long des sillons de maïs pour gagner leur croûte. Si vous étiez avocat, d'autres suaient pour vous assurer viande, farine et sirop, et vous, habillé en dandy, vous balanciez une canne avec désinvolture.
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ladesiderienneladesiderienne   23 décembre 2014
Lonzo abattit de toutes ses forces la hache sur son front tacheté. Le veau s'affaissa sur les genoux et beugla ; Lonzo mit fin à ses cris en lui tranchant la gorge avec un couteau de boucher. Le sang jaillit. Si on ne tranche pas la gorge, le sang coule à l'intérieur. Cean ne pleura pas ; elle ne voulait pas laisser couler les larmes ; comme le veau assommé, elle saignait à l'intérieur.
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ladesiderienneladesiderienne   25 décembre 2014
Les hommes parlaient de l'Afrique, un pays où les gens étaient aussi noirs que des sangliers ; on les amenait en bateau et on les vendait. Mais Jake n'en achèterait pas quand il serait un homme, même s'il avait la poche pleine de pièces d'or. Quelqu'un affirmait qu'une cargaison de ces gens-là puait autant que de la charogne et, par temps calme, ça sentait plus mauvais qu'un troupeau de vaches qu'on aurait abattues et laissées pourrir sur place. Qu'est-ce qui les rendait noirs ? Qu'est-ce qui les faisait puer ?
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ladesiderienneladesiderienne   26 décembre 2014
Un corps ne trouve pas le repos dans la tombe s'il a laissé une chose inachevée sur cette terre.
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