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ISBN : 2351780663
Éditeur : Gallmeister (06/06/2013)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 147 notes)
Résumé :
Avant que la rivière reliant la petite ville d'Oree à celle d'Aintry ne disparaisse sous un immense lac artificiel, quatre trentenaires décident de s'offrir une virée en canoë pour tromper l'ennui de leur vie citadine. Gagnés par l’enthousiasme du charismatique Lewis et bien que peu expérimentés, Bobby, Ed et Drew se laissent emporter au gré du courant et des rapides, au cœur des paysages somptueux de Géorgie. Mais la nature sauvage est un cadre où la bestialité des... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  07 juin 2018
Avant qu'un barrage ne soit construit et que la rivière alliant Oree à Aintry ne disparaisse, Lewis propose à ses trois amis, Ed, Drew et Bobby, de descendre en canoë la Cahulawassee. Si tout se passe bien, en partant le vendredi, tous seraient de retour le dimanche soir. D'abord réticents, les trois hommes se laissent convaincre par Lewis, particulièrement persuasif, et par la promesse d'un week-end loin de leur routine, la promesse de sensations fortes, de veillées autour d'un feu au coeur d'une nature sauvage. Finalement enjoué et enthousiaste, aucun d'entre eux ne se doute un seul instant du week-end inoubliable qui les attend...
Divisé en cinq parties, ce roman nous entraine au coeur des rapides de la Cahulawassee, entre chutes, cascades et courants puissants. L'on fait la connaissance de quatre hommes aux personnalités bien différentes qui vont peu à peu se dévoiler face au drame qui se joue devant eux. À bord de ces canoës : Lewis, le chef de groupe charismatique auquel Ed voue une admiration sans borne, Bobby, le vendeur célibataire plutôt discret et Drew, le plus raisonné et raisonnable d'entre tous. Face à eux, la nature, sauvage, hostile, imprévisible au coeur de laquelle se cachent des hommes tous aussi sauvages. Ce qui devait être un week-end plutôt agréable, loin de la vie citadine, entre copains, va peu à peu chavirer. Ce roman dépeint avec justesse aussi bien les paysages majestueux que les sentiments et sensations de chacun, l'auteur prenant le temps d'installer l'intrigue et les personnages, essentiellement Ed, le narrateur. Un narrateur confronté à la vie moderne puis subitement à la vie sauvage où ici le mot survie prend tout son sens. James Dickey installe une ambiance de plus en plus oppressante et étouffante, et la tension monte au fil des pages. Un roman noir, sans psychologie aucune, saisissant et tragique.
À noter que ce roman a été adapté au cinéma en 1972 par John Boorman, avec Jon Voight et Burt Reynolds.
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le_Bison
  04 janvier 2016
Une rivière, 4 hommes et un bison. Voilà de quoi résumer au plus juste ce livre dont le film de John Boorman a tant marqué mon adolescence. J'en ai encore de frissons rien que d'entendre les quelques notes de banjo venues depuis, hantées mon esprit lorsque je m'abreuve nu au bord d'une rivière.
La proposition était alléchante, une randonnée en canoë. Je me rappelle à mes bons souvenirs, les bouteilles de Pelforth descendues sur la descente de l'Ardèche. Un petit coin de sérénité, le ciel bleu. Là, on me propose un truc de mecs, bien plus viril et sauvage. du whisky et la Géorgie avec la rencontre d'une ethnie d'en terre inconnue – d'ailleurs, cette terre est toujours inconnue – très traditionnaliste surtout pour la distillation d'alcool et les rapports consanguins que je pressens, le genre de peuplade autochtone adepte de la sodomie.
La forêt, les rapides, la solitude du chasseur braconnier devant sa proie, quelques bouteilles de bières, une guitare pour la nuit étoilée autour d'un feu de camp improvisé en espérant que mon briquet ne tombe pas à l'eau. J'ai encore l'âge de cette aventure, qui ne peut se refuser, avant de mordre la poussière et de mettre un pied dans ma tombe. La dernière chance à saisir.
Quelle réjouissance ! Je ne parle pas encore de jouissance mais cela devrait venir, la fraicheur de l'eau venant à gicler sur mon visage, la verticalité de la paroi rocheuse est si vertigineuse, la forêt si luxuriante, les oiseaux se sont tus, le soleil brûle, et j'observe cette descente comme si j'y étais, moi-même dans ce canoë tenant l'arc bandé à viser le gibier sauvage… Quelle aventure, quelle beauté, quel whisky même. A en perdre la vue.
Et cette musique qui trotte dans ma tête. Presque absente dans le roman de James Dickey mais si présente dans mon inconscient qu'elle me met presque mal à l'aise, prêt à gerber les bières que je me suis descendu au cours de la première partie de cette promenade champêtre. le premier jour est presque convivial, la grosse virée entre potes avant de mourir à petit feu, bouffés lentement par la vie citadine. le soleil s'abaisse sur l'horizon, et déjà la forêt se met à changer, le bruit des rapides devient plus sourd, la nature reprend son droit sur l'homme. La virée va tourner. Dramatiquement. Cela se sent, cela se lit, la lecture devenant plus oppressante. Il ne sera plus question d'aventure mais de survie.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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LiliGalipette
  30 mai 2013
Ed, Lewis, Bobby et Drew sont quatre citadins en quête d'émotions fortes. le temps d'un week-end, ils décident de descendre une rivière de Géorgie en canoë. « À ce qu'il paraît, […], c'est le genre de fantaisie qui prend les pères de famille de temps à autre. Mais la plupart se croisent les bras en attendant simplement que ça leur passe. » (p. 9) Outre le plaisir de passer un moment entre hommes, les quatre camarades veulent profiter des beautés d'une nature qui sera bientôt engloutie sous les eaux du lac de rétention d'un barrage. La première journée se déroule sans encombre, en dépit de la rudesse de l'environnement, et la deuxième commence tout aussi bien. Jusqu'à ce que tout bascule. Ed et Bobby rencontrent deux hommes armés dans la forêt et l'horreur entre en scène. « Je n'avais jamais senti chez quiconque autant de brutalité et d'insensibilité, autant de mépris pour le corps d'autrui. » (p. 101) L'aventure nautique est terminée : c'est maintenant l'heure de la chasse à l'homme et de la survie, à tout prix.
Ed est le narrateur de cette épopée sanglante et furieuse. Dans ce récit a posteriori, on sait donc que lui, au moins, s'en est sorti, ce qui n'empêche pas la tension de monter tout au long du roman. Un mort, puis deux, puis trois. Des blessés. Un fusil face à un arc. Une rivière dont les remous sont aussi dangereux que les meurtriers des montagnes qui entourent la rivière. Au-delà de la survie physique, il y a la survie sociale. La légitime défense a primé, mais comment le prouver ? Comment ne pas porter le fardeau de la mort donnée pendant toute une existence ? « Voici la fin. Nous n'avons qu'une seule chose à faire, mais il faut la faire comme il faut. Tout est là. Tout l'édifice repose là-dessus. » (p. 196) C'est sur le sang versé que les compères devront bâtir un mensonge plausible pour dissimuler l'horreur.
Lewis incarne l'homme fort : il est le fantasme ultime du chasseur qui, dans le retour à la nature, est capable de survivre. S'oppose à lui Bobby, archétype du citadin gras et inapte à la survie. Lewis est l'archer, Bobby est la proie, comme le montre le roman dès le début. Mais le héros qui dénoue le drame et monte le mensonge, c'est Ed qui se découvre un fond de bête tueuse. « Pour survivre, il faut… oui, il faut y être obligé. Cette vie-là, il faut que ce soit la dernière chance, la dernière des dernières. » (p. 43) Ce qui est fascinant avec Délivrance, c'est que les limites du bien et du mal ne sont pas figées. Certes, les méchants sont clairement identifiés quand ils déboulent sur la rive, fusil en main, mais à mesure que l'intrigue se déroule, le bien et le mal deviennent des notions abstraites. Ne reste que la survie qui ne s'embarrasse pas de morale. Au terme du roman, on est en droit de se demander si la délivrance consiste à retrouver la civilisation et à échapper aux tueurs furieux de la rivière, ou bien si elle est plutôt la jouissive libération des pulsions primales de l'homme.
La rude beauté de la rivière est particulièrement bien rendue. Et le style s'adapte au rythme de ses eaux, d'abord ample et lent pour rendre la bonhommie insouciante des débuts de l'excursion, puis vif et plus haché à mesure que les drames se nouent. La rivière entraîne la lecture dans ses méandres traîtres. Sa lumière et la couleur de ses flots sont l'occasion de très belles descriptions que le mouvement du nature writing ne renierait pas. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que les éditions Gallmeister, spécialisées dans ce courant littéraire, ont choisi de rééditer ce roman en 2013. Délivrance n'est pas sans me rappeler les romans de David Vann (Sukkwan Island, Désolations, Impurs), où l'homme perd tout sens de la raison dans une nature où sa part animale éclate, comme prise de folie. Pour ma part, j'ai lu ce roman dans une vieille édition J'ai lu qui sent bon les années 1970. Il me tarde maintenant de découvrir le film éponyme de John Moorman, paru sur les écrans en 1972.
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manU17
  19 septembre 2015
Quatre hommes blasés par une vie citadine sans surprise décident de partir pour un périple de quelques jours en canoë. La rivière qu'ils vont descendre va bientôt disparaitre à tout jamais, recouverte par un lac artificiel. Quand l'homme décide de dompter la nature…
La rivière n'a pas dit son dernier mot. La descente se fait abrupte, les rochers nombreux, les chutes et les torrents violents. Entre les hommes, plus ou moins bien préparés, et la rivière, indomptable et bien décidée à le rester, l'affrontement est inévitable. Quand l'homme se confronte à la nature…
Contre toute attente, ce n'est ni de la rivière ni de la nature sauvage qui l'environne que la menace la plus terrible va venir mais de deux hommes du cru bien décidés à empêcher ces intrus à aller plus loin. L'homme dans toute son abjection. Ceux qui ont vu le film de John Booreman savent de quoi je parle. Quand l'homme est confronté à l'homme…
Ce qui m'a sans doute le plus marqué dans cette histoire, c'est dans le dernier tiers du livre, cette sensation de me trouver dans un huis clos en pleine nature, dans la forêt en l'occurrence. Une nature omniprésente, étouffante, oppressante. C'est bien le mot qui convient, je me suis par moment senti totalement oppressé par ce récit. Un homme seul, la peur, l'instinct de survie, survivre coûte que coûte, quel qu'en soit le prix ! Quand la proie se fait chasseur…
Délivrance de John Dickey, une lecture aussi marquante qu'oppressante….

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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Crossroads
  13 octobre 2019
Difficile d'entamer Délivrance sans se référer au film éponyme de John Boorman.
Banjo entêtant, ambiance bucolique qui, rapidement, donne beaucoup moins envie de bucoler et bande de potes partis faire les foufous, le temps d'un week-end, armés de leur arc et de leur bonne humeur. Un entrain rapidement douché par un événement visiblement hors programme "nature et découverte" qui allait leur pourrir leur expédition bien comme il faut !
Le canoë, c'est chouette.
Habituellement.
Et puis Lewis l'arrogant en chef de meute, rien à craindre excepté une douce envie de le buter dès qu'il l'ouvre.
L'idée était séduisante.
Des quadras, purs citadins stressés du quotidien, tentés par un ultime baroud fluvial avant que cette rivière tempétueuse qu'est la  Cahulawassee ne soit noyée sous un lac artificiel.
Comme une envie de sortir les rames, direct.
Et effectivement, ils allaient ramer... ou périr.
On est loin des films de Canet sur l'amitié, entre compères, virile mais correcte.
Ici, on fait dans le brutal, l'animal.
Un cauchemar éveillé au sein d'une nature munificente, le paradoxe est ultime.
Quatre personnalités hétéroclites et un drame traumatique à gérer, les tempéraments se révèlent, portés par une tension croissante formidablement exploitée.
Délivrance est une machine de guerre admirablement huilée.
Un empêcheur de ronfler en rond.
Un éradicateur de sommeil réparateur à base de passiflore et de ballote noire, comme de bien entendu.
L'on se retrouve écartelé, d'ou l'importance vitale de l'échauffement préalable, entre scénario catastrophe sans issue favorable notoire et paysages grandioses aussi sauvages qu'une partie de la faune bestiale qui la caractérise.
Grand film.
Grand bouquin.
Gros panard de lecture.
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critiques presse (1)
Actualitte   04 septembre 2013
Récit d'une aventure mouvementée et tragique dans un environnement grandiose et sauvage, indomptable qui ne peut que vous donner envie, par la suite de (re)visionner le film éponyme de John Boorman, paru en en 1972, soit deux ans après le roman de James Dickey, prix Médicis étranger
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   13 septembre 2016
Bobby versa à tout le monde un bourbon bien tassé. Pendant que nous buvions, Lewis alluma du feu à l’abri d’un tas de pierres qu’il avait déterrées sur place ou ramassées autour des tentes. Il avait apporté des steaks. Il fit une flambée, la laissa retomber un peu, puis y posa la viande dans une poêle beurrée.
Le fumet était exquis. Tout le monde se resservit à boire et s’assit sur la rive en regardant briller sur l’eau le feu incertain et têtu. La peur, le parfum d’aventure et la perspective du repas se confondaient en moi. Nous ressentions une sorte de bien-être à savoir que là où nous étions – quoi qu’il se passât ailleurs – personne ne pourrait nous trouver, que la nuit nous entourait et que nous ne pouvions rien y faire.
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le_Bisonle_Bison   06 janvier 2016
La nature se dépliait dans le silence. Je me dis que c’était le moment d’avoir peur, et la peur vint aussitôt. Ce qui me saisit le plus, ce fut la magnifique impersonnalité du paysage ; je n’aurais pas cru qu’elle pouvait me frapper ainsi tout d’un coup, ni avec une telle force. Ce silence et ce bruit du silence n’avaient rien à voir avec nous. Ils n’avaient rien de commun avec la petite ville où nous venions de passer, avec son pauvre éclairage dans la nuit de la montagne, ses cafés, ses visages de paysans dans la lueur lasse des fils électriques bricolés sur la place, son unique cinéma où l’on projetait un vieux film qui passait en émission de nuit sur les écrans de télévision de la grande ville.
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le_Bisonle_Bison   26 septembre 2015
Quand j'avais fais le chargement, je n'avais pas prêté attention à l'eau de la rivière, mais maintenant j'en avais conscience ; elle donnait la sensation de la profondeur, son mouvement était le résultat des millénaires et de la composition des sols sur des centaines de kilomètres, en amont comme en aval. Il était si bon de se tenir debout au milieu du courant, de le sentir si frais, si divers, si continu, si vital et si libre autour de mon sexe, que je ne pouvais plus m'en arracher.
- Prenons une bière, dis-je.
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manU17manU17   17 septembre 2015
La chute faisait facilement deux mètres de haut et le seul endroit par où un canoë pouvait se faufiler était un entonnoir dans lequel la rivière entière venait se comprimer puis duquel elle jaillissait comme un geyser, propulsée contre les rochers, cognant, fumant, tel un monstre phénoménal enchainé à un roc.
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le_Bisonle_Bison   02 mai 2016
La rivière était très froide ; on eût dit qu’elle charriait encore de la neige et des glaçons. Mais c’était une eau merveilleusement limpide et vivante ; elle se brisait autour de vous comme du verre et se ressoudait intacte. Je nageai un peu dans le sens du courant ; j’aurais volontiers renoncé à tout effort humain – j’étais las de tous les efforts surtout les miens – et continué à descendre mort ou vif au fil de l’eau.
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Videos de James Dickey (28) Voir plusAjouter une vidéo
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James Dickey reads "Hunting Civil War Relics at Nimblewill Creek," 1982
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