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Monique Rival (Traducteur)Barbara Fontaine (Traducteur)
EAN : 9782072948114
1200 pages
Gallimard (19/08/2021)
4.29/5   107 notes
Résumé :
"Tu veux être libre ? Alors sois libre. Tu veux danser ? Alors danse ! Tu veux être une épouse, alors sois-le. Ce n'est pas une honte. Mais tout ça n'est pas possible à la fois. Tout avoir, c'est comme ne rien avoir". Géorgie, 1917. Fille d'un chocolatier de génie, Stasia rêve de devenir danseuse étoile à Paris. Son père aurait voulu qu'elle épouse un brillant officier, Simon Iachi. Alors que Stasia est sur le point de renoncer à ses aspirations, la révolution bolch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
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Dandine
  20 juillet 2020
C'etait Borges qui avait ecrit: “Des divers instruments de l'homme le plus etonnant est sans doute le livre. Tous les autres sont des extensions de son corps. le microscope, le telescope, des extensions de sa vue; le telephone est extension de la voix; nous avons la charrue et l'epee comme extension de son bras. Mais le livre est autre chose: le livre est une extension de la memoire et de l'imagination". Ce livre pourrait servir d'exemple a Borges, une extension reussie de la memoire et de l'imagination.

C'est une saga familiale sur cinq generations, des centaines de pages pleines d'amour et de haine, de peu de joie et de beaucoup de tristesse, d'ideaux eclates, de blessures et de morts, de blessures physiques et morales, celles faites a d'autres et celles qu'on s'inflige soi-meme, et de morts, de nombreuses morts, pas toutes naturelles, pas toutes de vieillesse.

Une epopee classique sur l'effondrement d'une famille, d'une culture, d'un environnement social. Sur un siecle. Avec tous les changements survenus avec le temps. Et autour de cette famille, c'est le destin epique d'un pays, captif d'une grande puissance, sequestre par elle et claquemure dans un systeme totalitaire, tyrannique: la Georgie.

La narratrice, Niza, mene une enquete effrenee pour reconstruire l'archeologie familiale, ses petits secrets et ses grandes entreprises, les peripeties de la vie de chaque generation, et transmettre ce recit a sa jeune niece, Brilka, lui transmettre la memoire de la famille, comme un talisman conferant un meilleur avenir.

Tout commence au debut du XXe siecle par un georgien qui concocte une recette de chocolat euphorisant, mais qui peut avoir des effets malefiques. La recette passera les generations par les filles, jusqu'a Niza, qui par son recit abolit la malediction qui y est imbriquee.
Les femmes sont les grandes protagonistes de cette saga, toutes de grandes heroines de tragedie. Un seul homme dans cette famille, Kostia, mais de nombreux autres, recueillis par les femmes de la lignee, aimes par elles, et qui seront les instruments de leurs malheurs.

8 chapitres, un par protagoniste (et portant son nom comme titre), precedes d'un prologue narrant les efforts d'un chocolatier qui reve d'enraciner les saveurs et l'esprit de Vienne en Georgie mais est depossede par la revolution bolchevique.
Je passe en revue ces chapitres, et leurs hero[ine]s:
1.- Stasia. La fille du chocolatier, reve de devenir danseuse a Paris, mais sera vite mariee a un officier de l'armee rouge, servant toujours loin d'elle, qui lui fera deux enfants pendant ses breves permissions. Sans arret a sa recherche, elle rencontrera d'autres femmes qu'elle aimera et qui la marqueront a vie, surtout une poetesse d'avant-garde, Sopio, immolee par la revolution et dont elle elevera l'enfant, Andro. Cet enfant sera le premier d'une lignee de garcons que les descendantes du chocolatier aimeront, une apres l'autre, des amours toujours tragiques. Stasia ne reviendra a sa passion de la danse que pour son arriere petite-fille, Niza, qui se rappellera toujours son ultime pas de deux.
2.- Christine. La petite soeur de Stasia. Tres belle, elle se mariera a un haut fonctionnaire du regime, mais devra ceder ses faveurs au “petit grand homme", comme est designe ici le terrible Beria des services secrets. Son mari se suicidera et elle se brulera la moitie de la figure a l'acide. C'est elle qui acceuillera plus tard le fils et le petit fils d'Andro.
3.- Kostia. Frere de Stasia. Communiste convaincu, il s'enrolera dans l'arme de mer et y fera une belle carriere, devenant un grand ponte. Il sera tres dur avec les siens et poursuivra sans relache Andro, qui avait pris le parti de nationalistes pro-allemands, et toute sa descendance. Il fera tout pour l'envoyer au goulag et des annees plus tard faire torturer et tuer le fils de celui-ci, qui avait eu le malheur d'engrosser bien malgre lui sa fille Elene. le parti est sa patrie. le parti est sa vraie famille.
4.- Kitty. La fille de Stasia. Elle aimera Andro, sera torturee a cause de lui, perdra l'enfant qu'elle porte de lui et ne pourra plus en avoir. Eternelle opposante, elle sera exfiltree hors de l'URSS avec l'aide d'un ami de Kostia poste a Londres et arrivera a faire une fulgurante carriere de chanteuse. Louve solitaire malgre un pitoyable amour lesbien, elle finira par se suicider.
5.- Elene. La fille de Kostia, qui l'eloigne des siens pour lui offrir une education a Moskou. Mais Elene se revolte, se cloitre dans une apathie provocatrice et par defi viole le fils qu'Andro a eu au goulag, et qui a ete recueilli par Christine, Misha. Kostia la fera avorter de force, et elle le fuira pour s'aboucher avec des marginaux, reprouves par le regime et par son pere. Elle aura deux filles, de deux peres differents, que son pere lui soustraira pour les eduquer a sa maniere.
6.- Daria. La plus belle des filles d'Elene. La preferee de son grand-pere Kostia qui la choie. Elle snobe sa soeur Niza jusqu'a ce que celle-ci se mette en danger pour lui permettre de jouer un premier role au cinema. Elle devient une petite star, mais mariee a un homme qui la maltraite, elle decline, et dans son desespoir finit par se suicider (ou etait-ce un accident? On ne saura jamais).
7.- Niza. Elle n'est pas belle mais tres intelligente. Delaissee et meprisee par le grand-pere qui les a recueillies, elle trouvera un soutien aupres de son arriere grand-mere Stasia, qui lui passera peu a peu les histoires de la famille. Elle aussi, comme les femmes des generations anterieures, s'eprend d'un rejeton du vieux Andro, de Miro, fils de Misha (que sa mere avait viole). Mais elle veut fuir, loin de sa famille, et lui est un indecis, alors elle part seule, grace a un mariage blanc, pour l'Allemagne, ou elle vivote jusqu'a ce qu'apres quelques annees un telephone de sa mere lui apprenne que Brilka, la fille de Daria, a fait une fugue et lui enjoint de la ramener a la maison. Elle rattrappera la fillette de 12 ans, et constatant son desarroi, decidera de lui ecrire et lui dedier l'histoire de la famille, tout le deroulement d'espoirs et de douleurs, pour qu'elle puisse surpasser des fatalites hereditaires. C'est comme si Niza, qui c'etait eloignee pour ne plus souffrir, reprenait par le truchement de Brilka le chemin de retour vers sa famille, et cette fois en essayant de cicatriser les blessures du passe et de prendre, avec et pour Brilka, un nouveau depart.
8.- Brilka. le chapitre est vide. Rien n'est ecrit. Ce sera a Brilka de l'ecrire, et Niza espere surement que ce sera un chapitre plus heureux, ou au moins plus serein.

Brilka, qui vit au moment ou l'URSS s'est effondree et n'est plus que la Russie, ou la Georgie a retrouve son autonomie, peut etre une nouvelle page, une page blanche. Chez tous les autres personnages, tous ceux et toutes celles qui l'ont precede, le totalitarisme a laisse ses traces, des traces douloureuses de peche et de faute. Dans un long deroulement de situations-limite les protagonistes delabrent, desagregent les categories morales, trespassant souvent la fine ligne, la frontiere floue qui separe la cruaute des bonnes intentions. C'est le dilemme bien connu de la fin et des moyens, epluche ici a l'echelle de la famille, de gens proches entre eux. La cruaute est plus significative, plus notoire, chez les hommes, qui ont tous ou presque laisse une partie de leur ame a la guerre ( et il y en a eu, des externes et des internes fratricides, en ce siecle! ), mais les femmes n'en sont pas denuees pour autant.

C'est donc une lecture qui prend aux tripes. Bien sur, il y a eu des moments ou je me suis dit que c'etait trop long, sans raison veritable; des moments ou la repetitivite de l'action m'a agace. Les meres, generation apres generation, ne s'occupent pas de leurs propres enfants, elles les laissent a d'autres, et souvent s'occupent mieux d'enfants etrangers; ou pas vraiment etrangers, mais de la lignee parallele, celle qui est poursuivie par les hommes et aimee par les femmes. Generation apres generation, les descendantes de Stasia aimeront les descendants de son amie Sopio, qui en paieront le prix. Et elles s'occuperont des enfants qu'ils feront avec d'autres femmes. Une repetitivite qui peut lasser, voire exasperer. Et tous les personnages attrapent a un moment ou un autre des pulsions destructives. Tous changent abruptement et sont detruits par ou dans ce changement. Comme une recette litteraire rabachee a l'exces. Et les incipits de chaque chapitre, slogans communistes ou vers de poetes dissidents, qui n'eclairent presque jamais la suite, eux aussi m'ont semble courir apres la recette du best-seller pour intellos. Bref, tout n'est pas parfait dans ce livre. Et pourtant il emeut souvent, il prend aux tripes. Il recele de tres belles pages. Malgre les longueurs c'est un livre absorbant. Une des belles oeuvres produites en la peripherie de l'empire russe, dans la meilleure tradition de la litterature russe, bien qu'elle air ete redigee en allemand. Si je veux la caracteriser en un mot: opulente. Ou fastueuse. Ou luxuriante. Choisissez vous-meme (apres l'avoir lue, ce que je conseille).
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Dixie39
  26 mai 2018
Il ne faut pas que ses 955 pages vous effraient. Je connais des livres de 200 pages qui me sont tombés des mains. Celui-ci ne m'a pas lâché.
J'en ressors ébahie, légèrement groggy et tellement admirative de Nino Haratischwili que je ne tarderai pas à ouvrir un autre de ses livres. Cette jeune autrice, vivant depuis une quinzaine d'années seulement en Allemagne, a réussi le pari fou de nous faire vivre, à travers l'histoire d'une famille de 1917 à nos jours, la réalité politique, sociale et humaine de son pays d'origine : la Géorgie, et d'une bonne partie de l'ancien bloc de l'Est (Union soviétique et RDA confondues). Et tout cela dans sa langue d'adoption.
"Toi et moi, et la légende, nous vivons. Alors nous devons essayer d'en faire quelque chose."
Le récit commence par la fugue de Brilka (adolescente un peu paumée et révoltée, qui a fui la Géorgie dans l'espoir de rejoindre Vienne) et l'obligation dans laquelle se trouve Niza (sa tante vivant en Allemagne et qu'elle n'a pas vu depuis son enfance) de la ramener chez elle. Niza va alors entreprendre l'écriture d'un livre pour Brilka, afin de lui raconter l'histoire de sa famille – ces racines si précieuses qui vous aident à tenir debout…
"C'est peut-être ce jour-là précisément que j'ai compris aussi que dans la courte et banale histoire de ma vie étaient déjà inscrites beaucoup d'autres vies qui côtoyaient mes pensées et mes souvenirs, que je collectionnais et qui me faisaient grandir. Et que les histoires que j'aimais tant soutirer à Stasia n'étaient pas des contes qui me transportaient dans un autre temps, elles constituaient la terre ferme sur laquelle je vivais."
Dans les veines de Brilka coule le sang des Iachi. Tout commence avec un célèbre chocolatier et un breuvage amer et doux, suave et sucré, chaud sans être brûlant : un mystérieux chocolat lié aux destins singuliers de cette famille que vous aurez du mal à quitter.
Je ne vous raconterais rien de plus. Il faut le lire et vous laisser emporter.
Les personnages foisonnent, mais vous ne vous y perdrez pas. Un arbre généalogique dans le revers de la couverture vous permettra de mieux situer les protagonistes. Les personnages féminins sont admirables. Pour ma part, Kitty, Stasia et Niza font partie de ceux dont j'ai eu le plus de plaisir à suivre l'histoire. Et Christine aussi…
Il y a tellement de thèmes abordés dans le livre de Nino Haratischwili, que je ne retiendrais que ceux qui m'ont le plus marqué :
– la lente désillusion que fut le socialisme, l'extermination de masse qui en découla, et tout ce que l'on sait mais qui est montré ici, de façon un peu différente car vu par le prisme de ce pays particulier qu'est la Géorgie, berceau de Staline ;
– le pouvoir de la terreur sur les êtres humains ;
– la place laissée aux femmes dans cette société prétendument égalitaire : celles qui le refusent, celles qui l'acceptent ;
– de si belles réflexions sur ce que sont l'exil, le déracinement et cette nécessité de l'intégration, si difficile ;
– la danse et ses illusions ;
– la chute du mur, ses espérances et ses désillusions ;
– cette vague de liberté qui a déferlé après la chute du mur de Berlin ;
– le prix de la vengeance : aussi élevé que l'on y renonce ou qu'on l'assouvisse ;
– les promesses que l'on se fait et qu'on ne tient pas toujours ; celles que l'on fait aux autres et qu'on n'oublie jamais ;
– …
Je m'arrête là, tant me semble si dérisoire cette liste qui ne vous donnera qu'un si maigre aperçu de la richesse de cette histoire.
Cette huitième vie, je vais la relire. Pour la beauté de son style, pour ses personnages hors normes, pour toutes ces citations en début, milieu ou fin de chapitre, qui apportent tellement à la narration, pour tout ce que je ne vous dis pas non plus…
"Tu n'as plus à avoir peur, ni de la foudre et du tonnerre, ni d'un malheur ou de la mort. J'ai écrit contre la malédiction. J'ai essayé d'écarter de ton chemin tous les obstacles et pièges. Tu vas quand même trébucher, tomber, mais je serais là, je t'aiderai autant que possible à te relever. Désormais je serais là, pour le reste de ma vie. Et c'est la seule promesse que je puisse faire à quelqu'un. Je te la fais, à toi."
Lien : https://page39web.wordpress...
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Cigale17
  05 décembre 2021
Ouf ! j'ai fini ce pavé de presque 1000 pages imprimées serrées et je me retrouve bien embêtée pour chroniquer cette (trop) longue fresque romanesque qui m'a promenée dans tout le XXe siècle, de Tbilissi à Berlin, en passant par Moscou, Paris, Londres, Vienne et j'en oublie. Niza, la narratrice installée à Berlin, raconte à Brilka, sa nièce de 12 ans qui vient de fuguer de chez elle, l'histoire complexe et dramatique de leur famille. Pour ce faire, elle remonte à son trisaïeul, le fabricant de chocolat dont on ne connaît que le nom de famille (Iachi), artisan devenu prospère avant 1917, l'année de tous les changements en Géorgie, en Russie et, pour simplifier, dans ce qu'on appelle « les pays de l'Est ». Pour la descendance des Iachi, on s'y retrouve assez facilement grâce à l'arbre généalogique présenté sur un des rabats de la couverture. J'ai pourtant dû rapidement en faire un autre, celui des descendants de Sopio, l'amie de Stasia, car les membres de cette « famille » vont être liés de très près aux Iachi, et les liens tissés sont d'une importance capitale pour la compréhension des traumatismes que subissent les personnages de génération en génération. L'histoire des deux familles est indissociable de l'Histoire du XXe siècle. Je ne connaissais à peu près rien de la Géorgie avant de lire ce roman, et Nino Haratischwili donne une foultitude de renseignements parfois passionnants, parfois superflus à mon avis. le roman permet de mesurer l'emprise et le sadisme du « petit grand homme » (Lavrenti Beria ne sera nommé que dans la septième partie), le poids de la dictature locale et celui de la présence du « grand frère » soviétique, les compromissions nécessaires à la simple survie, la déportation, la corruption, les privilèges d'une certaine élite et la peur omniprésente même dans la vie quotidienne.
***
« Je vais commencer par Stasia pour arriver à toi, Brilka », dit Niza à sa nièce dans le prologue qui sert d'introduction et qu'il est, je crois, nécessaire de relire à la fin du roman. Cette saga se compose de huit parties titrées du prénom du personnage principal ; sept parties pleines d'histoires et d'Histoire, de rebondissements, de drames et de tragédies, d'amours et de déchirures, celles de Stasia, Christine, Kostia, Kitty, Elen, Daria, Niza, et une huitième suivie d'une page blanche : l'histoire de Brilka reste à écrire. Dans la septième partie, celle où Niza devient le personnage principal, au moment de la naissance de Brilka, cette dernière passe du statut de destinataire à celui de personnage à part entière, et Niza s'en explique dans les pages 851-852. Cet artifice m'a semblé original et les raisons qu'expose la narratrice se révèlent touchantes et pertinentes. Je crois pourtant que ce beau roman aurait gagné à être plus condensé. J'avoue m'être parfois ennuyée çà et là malgré la qualité et la profondeur de l'écriture, surtout pendant la partie dévolue à Elen, peut-être parce que je n'ai pas réussi à éprouver de véritable empathie pour ce personnage difficile, alors que Kostia, malgré son intransigeance, réussit par moment à montrer ses failles. Un beau roman dans l'ensemble qui me poussera à lire le Chat, le Général et la Corneille
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5Arabella
  05 février 2022
Géorgienne d'origine, mais installée à Berlin et écrivant en allemand, Nino Haratischwili raconte dans ce livre, à travers les destinées d'une famille, l'histoire de la Géorgie, tout le long du XXe siècle jusqu'au début du XXIe. 1200 pages (en édition de poche) 6 générations, le livre s'installe dans la durée pour raconter un siècle de tumultes : la révolution russe et ses conséquences en Géorgie, le stalinisme, la seconde guerre mondiale, la perestroïka, l'indépendance et ses vicissitudes, les guerres qui suivent etc le roman vise à donner un panorama complet des événements historiques à travers les destinées de la famille des Iachi, et tout particulièrement des femmes. le fondateur de la dynastie, appelé « le fabricant de chocolat » va donner naissance à des filles, dont Stasia, qui rêve de devenir danseuse, mais qui épousera un bel officier, qui saura tourner casaque au bon moment et devenir un officier important de l'armée rouge, ce qui protégera sa famille. Sa demie-soeur, Christine, à la beauté envoûtante, épousera quand à elle un puissant membre du parti, s'assurant une vie plus que confortable. Les deux femmes, veillerons comme des sortes de génies tutélaires sur la descendance de Stasia : Kostia, son fils, dont la carrière dans l'armée va éclipser celle de son père, Kitty sa soeur, Elene la fille de Kostia, ses deux filles aux pères absents, et enfin Brilka, la dernière de la lignée. Avec comme arme secrète, la recette envoûtante de chocolat, laissée par l'ancêtre.
C'est un livre ambitieux incontestablement, et qui permet de mieux connaître l'histoire de la Géorgie depuis un siècle. Mais j'avoue avoir trouvé cela long, et par moments quelque peu démonstratif, les membres de la famille ou leur proches devant illustrer les destins de tout un peuple, la vraisemblance était parfois à mon sens un peu chancelante. le personnage de Kitty est celui dont la vie m'a paru la moins probable, et donc qui me faisait pas mal décrocher. Je n'ai pas été non plus été vraiment emportée par l'écriture, pas très originale à mon sens. Un pathétique un peu appuyé, une sorte de malédiction qui plane sur la famille, même si elle reflète le destin tragique du pays, donnait un peu trop dans un sentimentalisme un peu trop marqué à mon goût. Il y a des beaux moments, des choses qui sonnent juste, et qui m'ont donné envie de m'accrocher jusqu'au bout à ce livre, mais j'ai poussé un soupir de soulagement à la dernière page tournée.
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cecilit
  27 avril 2022
Stasia, Christine, Kostia, Kitty, Élène, Niza, Daria, Brilka, des prénoms dont je vais certainement me souvenir longtemps tant leur histoire m'a transportée durant toute la lecture de ce roman de près de 1 200 pages.
1 200 pages que j'ai dévorées ; roman que j'ai refermé avec regret, ralentissant même ma lecture pour ne pas quitter la famille Iachi.
De l'ancêtre, Ketevan, le fabriquant de chocolat, inventeur d'une mystérieuse et irrésistible boisson au chocolat, à l'adolescente fugueuse , Brilka, Nino Haratischwili nous conte le destin d'une famille géorgienne sur près de 100 ans. Entremêlant l'intimité de cette famille et L Histoire très douloureuse et mouvementée de son pays natal, Nino Haratischwili nous tient en haleine avec un souffle romanesque impressionnant.
Partagé en Livres, un pour chaque personnage essentiel de cette famille reliés par Niza, la passeuse de mots et d'histoires, ce roman est passionnant, plein d'amours, de violence et d'espoir.
J'ai beaucoup appris sur le sort de la Géorgie, pays à l'ombre de l'écrasante Russie, puis devenue République de celle-ci dominée par un régime de terreur, avant de devenir indépendant.
Stasia, Christine, Kostia, Kitty, Élène, Niza, Daria, Brilka, je ne les oublierai pas ; Andro, Guiorgui également mais surtout Ida dont le destin m'a bouleversée.

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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
AllilyAllily   19 juin 2022
Conforté par le formidable succès de sa formule magique, qui stimulait ses rêves d'expansion, mon arrière-arrière-grand-père prit la décision d'attendre d'être au sommet de la réussite et de la gloire pour sortir de son chapeau de prestidigitateur la perle de ses créations - son Chocolat chaud -, afin de précipiter des foules entières, à Tiflis, Moscou et Saint-Pétersbourg, dans un état proche de l'inconscience. En dépit, ou peut-être en raison de sa réussite, le fabricant de chocolat, qui espérait un successeur, s'était juré que cette recette resterait un secret de famille dans un premier temps. De l'avis de Stasia, cette décision avait sauvé notre famille, si ce n'est le pays tout entier, d'une ruine définitive
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Dixie39Dixie39   08 avril 2018
Autrefois, quand j'avais ton âge, Brilka, je me suis souvent demandée ce qu'il en serait si, au fil du temps, la mémoire collective du monde avait retenu et oublié toutes sortes d'autres choses. Si toutes les guerres, tous ces innombrables rois, les souverains, les chefs et les combattants étaient tombés dans l'oubli et qu'il n'était resté dans les livres que des êtres humains qui avaient construit une maison de leurs mains, cultivé un jardin, découvert une girafe, décrit un nuage et chanté la nuque d'une femme ; je me suis demandée ce qui nous donne à croire que ceux dont le nom demeure sont meilleurs, plus intelligents et plus intéressants pour la seule raison qu'ils ont résisté au temps. Où sont les oubliés ?
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Dixie39Dixie39   13 avril 2018
Pas de larmes ("Non, non, nous n'avons pas pleuré ! Qu'est-ce que les larmes nous auraient apporté à ce moment-là ? Un soulagement ? Les larmes ne servent qu'à remplir des trous, à remplacer quelque chose. Mais quand on a devant soi la personne pour laquelle on veut verser des larmes on ne pleure pas, on utilise le temps qu'on a, les larmes peuvent bien attendre d'être versées plus tard").
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hcdahlemhcdahlem   15 juin 2017
La Géorgie déclara son indépendance et rétablit l’Acte de restauration de l’indépendance de 1918. Le drapeau géorgien flottait au-dessus du palais du gouvernement (rebaptisé « maison du Parlement ») et un nouvel hymne national fut créé. Nous étions dorénavant libres, personne n’ayant cependant l’air de savoir précisément ce que signifiait « être libre ». Les multiples manifestations, les émeutes, les débordements politiques et les débats parlementaires fougueux mirent un terme à ce calme et, au bout de sept mois seulement, la garde nationale et la Mkhedrioni fomentèrent le putsch contre Gamsakhourdia.
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cecilitcecilit   26 mars 2022
Elene et son père étaient installés devant leur téléviseur Record, dans la partie orientale du monde, tandis qu'Amy et Kitty étaient assises devant leur téléviseur Rafena dans la partie occidentale, et tous étaient captivés par l'image d'un homme aimable dans son imposante combinaison de cosmonaute, qui montait dans une fusée à Tiouratam et agitait la main en criant : "C'est parti ! Au revoir, à bientôt les amis !". Le vaisseau spatial s'appelait Vostok 1 et l'homme aimable et tranquille, Gagarine. Lorsque peu après neuf heures ce matin d'avril, les propulseurs furent lancés, les Américains soupirèrent et les Russes jubilèrent. Au début de cette toute première révolution autour de la Terre, tous retinrent néanmoins leur souffle en entendant Gagarine s'écrier :"Je vois la Terre ! Quelle beauté !".
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