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EAN : 9782264047977
432 pages
10-18 (22/05/2008)
3.97/5   88 notes
Résumé :
A la fin des années 70, dans l'Isle des Chevaliers aux Caraïbes, un milliardaire vit en bonne intelligence avec ses deux domestiques noirs et leur nièce, Jadine, un jeune mannequin intégré dans le monde des Blancs.

L'arrivée d'un va-nu-pieds, Fils, incarnation d'un ange noir, bouleverse cet ordonnancement factice. Condamnée par le mensonge des apparences, Jadine va apprendre à renouer avec son héritage identitaire.


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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique

Etrange ! Si j'avais lu ce roman sans voir le nom de l'auteur, je n'aurais pas pensé qu'il s'agissait d'un livre de Toni Morrison.

Habituée par elle à me creuser les méninges pour suivre les méandres de ses pensées, ici, la construction du roman est très classique, chronologique, claire.

Le sujet traite toujours de la condition des noirs. C'est une belle histoire d'amour.

Le récit est très conventionnel. Les dialogues aussi. Mais au détour de certaines pages, on retrouve la puissance littéraire, intellectuelle, humaine et poétique de Toni Morrison.

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Valerian Street coule une retraite paisible selon ses voeux, à jardiner sur fond de musique classique dans une ile des Antilles. Héritier d'une famille qui a construit sa richesse sur un modèle paternaliste, dans le domaine de la confiserie, il habite une jolie maison de style colonial, avec son épouse, de vingt ans sa cadette, qui donne des signes de fatigue mentales, et qui regrette les trop rares visites de leur fils unique Mickaël. Ils sont fidèlement servis, de longue date et en grand style, par un couple de gens de maison de couleur. La nièce de ses derniers, d'une grande beauté, qu'ils ont chéri comme la fille qu'ils n'ont pas eu, est l'invitée des Street, occupant une chambre à l'étage, mangeant à leur table. Rien de surprenant sachant qu'ils ont agi en mécène pour elle, lui payant des études couteuses et lui offrant un statut social bien supérieur à ce que sa condition d'orpheline laissait présager. Un soir un cri s'élève dans la nuit : madame Street surprend un homme noir dans sa penderie, hirsute, puant; il est amené par le majordome, canon dans le dos, auprès du maître de maison, qui ne trouve rien de mieux que de l'inviter à sa table et de l'installer dans la chambre d'hôte.

Toni Morrison est une maitresse femme pour mettre en place une intrigue, avec les lignes de tension qui vont alimenter, enrichir l'intrigue et la faire progresser, souvent vers un dénuement tragique. Tar Baby ne déroge pas, la première moitié du récit est très prenante. En revanche l'évocation de la relation d'amour passionnée de l'intrus et de la belle choyée, débouchant sur une impasse causée par deux visions différentes de la négritude nourries par leur expérience respective, alourdit considérablement le récit. L'oeuvre de Toni Morrison, incontournable et nécessaire, a comme force centripète une racialisation des ressorts narratifs, qui peut s'avérer lassant par un engagement idéologique très prégnant, et des discours qui prêtent parfois à confusion.

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Tar Baby (bébé de goudron) n'est pas le livre que je préfère de Tony Morrison. Mais elle excelle toujours autant à pénétrer les pensées de ses protagonistes et nous emporte avec eux, dans les méandres de leurs contradictions. L'auteure nous transporte dans une ile des Antilles, l'Isle des Chevaliers (allusion à l'île Chevalier de Martinique?) où un riche Philadelphien blanc, Valerian Street, passe une retraite paisible. Erreur! Pas si paisible que cela... Avec sa femme, cela ne va pas et il n'a plus de nouvelles de son fils. Son majordome et sa cuisinière sont les chefs de la maisonnée et leur nièce, Jadine, la princesse de ces lieux... Et au milieu de ce huis-clos explosif débarque Fils, homme noir venant de nulle part. Enfin presque... Une histoire d'amour va se tisser entre lui et... Devinez. Par sa présence, Fils va semer involontairement la zizanie parmi les habitants de l'île. Placés face à eux-mêmes et aux autres, ils vont devoir tomber leurs masques et, pour certains, se libérer de leurs démons.

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Un style remarquable certes, mais une noirceur (et ce n'est pas un vilain jeu de mots) et une complaisance à creuser le sale et le sordide de l'humain qui donnent davantage la nausée que l'envie d'une réflexion!

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J'avais lu uniquement Beloved de Toni Morrison dont je n'ai plus trop de souvenir aujourd'hui. Que dire de ce livre ci dont la lecture ne m'a pas enchantée et jusqu'à la moitié quasiment je me suis demandée si je n'allais pas abandonner et puis à mi-chemins,un peu de souffle épique arrive. Mais en grosse majorité, je ne me suis attachée ni aux personnages, ni à l'histoire et si l'écriture est parfois très belle et subtile, d'une justesse et précision sidérantes, je n'ai pas aimé ce monde là

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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation

A un certain moment de la vie, la beauté du monde suffit. On n'a pas besoin de la photographier, de la peindre ni même de s'en souvenir. Elle suffit. On n'a pas besoin d'en garder des enregistrements ni d'avoir quelqu'un pour la partager ou pour en parler. Quand cela arrive - cet abandon - on abandonne parce qu'on le peut. Le monde sera toujours là - quand on dormira, il sera là - quand on se réveillera il sera encore là. Aussi on peut s'endormir et on a une raison pour se réveiller.

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Pas le temps de rêver, bien que parfois, tard dans la vie, entre la trentième et la quarantième générations, elle puisse sentir le vent d'un orage d'été. Son parfum envahira son palais et elle se souviendra de la violence du vent sur son ventre - l'étendue d'ailes nouvelles, l'attente aveugle et elle-même, là, en l'air, suspendue, ouverte, confiante, effrayée, déterminée, vulnérable - gamine même, pendant une seconde entière, puis une autre et encore une autre. Alors, elle lèvera peut-être la tête et tendra son sceptre en direction de l'endroit où l'orage d'été entre dans son palais et dans la lassitude que seules connaissent les reines qui règnent, elle se demandera peut-être s'il est mort subitement. Ou s'il a lentement dépéri ? Et, si oui, s'il lui est resté un peu de temps, a t-il pensé à quel point le monde était méprisable, ou a-t-il comblé cet espace de temps en pensant à elle ? Mais les fourmis soldats n'ont pas le temps de rêver. Ce sont des femmes et elles ont tant à faire. Pourtant cela serait dur. Si difficile d'oublier l'homme qui baisait comme une étoile.

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That was the sole lesson of their world (the white, ndlr): how to make waste, how to make machines that made more waste, how to make wasteful products, how to talk waste, how to study waste, how to design waste, how to cure people who were sickened by waste so they could be well enough to endure it, how to mobilize waste, legalize waste and how to despise the culture that lived in cloth houses and shit on the ground far away from where they ate. And it would drown them one day, they would all sink into their own waste and the waste they had made of the world and then, finally they would know true peace and the happiness they had been looking all along.

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Elle connaissait ce que redoutent les insomniaques - non pas de rester éveillée mais bien les pensées qui remplissent comme un tic-tac l'espace que devrait occuper le sommeil.

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Les nuages se rassemblèrent et restèrent immobiles en observant le fleuve se perdre sur le sol de la forêt, s'écraser tête baissée sur les reins des collines sans du tout savoir où il allait, jusqu'à ce que, épuisé, malade et souffrant, il ralentisse et s'arrête à une vingtaine de lieus avant la mer.

Les nuages se regardèrent puis se separèrent dans la plus grande confusion. Les poissons entendirent le galop de leur sabots alors qu'ils s'en allaient porter la nouvelle du fleuve qui avait perdu l'esprit, au sommet des collines et à la cime des arbres à marguerites. Mais il était trop tard. Les hommes avaient rongés les arbres à marguerites, jusqu'à ce que, ecarquillant les yeux hurlant, ils se casserent en deux et touchèrent le sol. Dans le silence fantastique qui suivit leur chute, des orchidées tombèrent en tourbillonnant pour les rejoindre.

Quand ce fut fini et qu'à leur place des maisons poussèrent sur les collines, pendant les années qui suivirent, les arbres qu'on avait épargné rêvèrent de leurs camarades et leurs marmonnements de cauchemar excédèrent les crotales-diamants qui les quittèrent pour de nouveaux arbres poussant dans des endroits que le soleil voyait pour la première fois. Puis la pluie changea et ne fût plus la même. Maintenant, il ne pleuvait plus pendant une heure chaque jour au même moment, mais pendant des saisons entières, trompant encore plus le fleuve. Pauvre cours d'eau devenu fou. Maintenant il restait assis à la même place comme une grand-mère et il devint un marais que les Haïtiens appelèrent Sein de Vieilles. Et c'était un vrai téton de sorcière : un ovale frippé noyé de brume, d'où s'écoulait une substance noire et épaisse auprès de laquelle les moustiques eux-mêmes ne pouvaient vivre.

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Vidéo de Toni Morrison
Vendredi 18 septembre 2020 / 9 h 45
Jean Guiloineau part sur les traces des petits cailloux semés par Geneviève Brisac et qui font écho ou référence à l'oeuvre de Virginia Woolf. Lectures par Anne Mulpas, poète, performeuse et artiste multimédia.
Directeur de la revue Siècle 21, Littérature & société. Jean Guiloineau est aussi traducteur : Nelson Mandela, Toni Morrison, Nadine Gordimer, André Brink, etc.
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