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ISBN : 2264021055
Éditeur : 10-18 (19/02/1993)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 155 notes)
Résumé :
Au cœur de l'Amérique profonde, deux petites filles noires s'inventent une autre vie, plus riche, plus drôle, plus libre surtout que la dure réalité qui les entoure.

L'âge venant, Sula la rebelle part rouler sa bosse dans les grandes villes alors que Nel, la sage, accomplit sa vocation de mère et d'épouse.

Quarante ans après, elles font leurs comptes, s'opposent et incarnent chacune à sa manière la farouche énergie de la femme noire fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Under_The_Moon
  27 janvier 2013
Sula est le deuxième roman qu'a écrit Toni Morrison. C'est le plus court, mais aussi le plus dense ! (et pour lequel il ne va pas être facile de rédiger une critique...)
Complexe et très représentatif de l'oeuvre de Toni Morrison, dans la mesure où tous les thèmes qu'elle développera dans ces romans à venir sont dans Sula. Bien sûr, il y a aussi l'aspect "oral" de son écriture - qui peut aussi compliquer la lecture de Sula.
En ce qui me concerne, cette histoire m'a passionnée, mais je dois avouer que c'est parce que j'en avais lu d'autres avant. Et, au moment où je l'ai lu, j'avais toutes les clés nécessaires en main pour comprendre et apprécier Sula. En effet, pour ceux qui ne sont pas familiers de la Bible, la littérature afro-américaine, des "mythes" sur les noirs véhiculés par les blancs, l'histoire américaine, et plus particulièrement de l'histoire de la communauté afro-américaine.... Passez à un autre roman !
Une fois qu'on a le "bagage requis" et qu'on se met à l'esprit qu'il faut à tout prix éviter les points de vue trop manichéen : on est prêt !
Contrairement à ce que laisse penser le titre, Sula n'est pas le personnage principal - pour preuve, elle n'apparaît ni dans le premier ni dans le dernier chapitre. C'est la communauté - the Bottom - qui est au coeur du roman, le point duquel tout part et où tout s'achève.
Si l'on se tourne vers les êtres humains, Toni Morrison met une fois de plus en avant les Afro-Américains et plus particulièrement les femmes. Tous luttent pour exister. Exister au sein de la communauté, malgré les Bancs qui les rejettent mais aussi pour eux-mêmes. Tous les personnages sont traumatisés, que ce soit par leur héritage d'esclaves, la guerre ou les normes "des blancs" dans lesquels ils ne se reconnaissent pas. L'auteur dénonce de façon très vigoureuse l'idéal de l'amour romantique (un dogme de la classe moyenne blanche) et la politique américaine.
Les relations entre les personnages ne sont que passionnées. Il n'y a pas de relation "normale" si on peut dire. L'amour et le sens du sacrifice des femmes amènent certaines à tuer leurs enfants, par exemple. Et beaucoup de femmes se perdent dans leurs relations avec les hommes - la sexualité tient une part très importante dans le récit. La relation la plus équilibrée reste celle entre Sula et Nel, qui illustrent la définition qu'a donné Lord Byron de l'amitié - " two souls dwelling in two bodies".
Un roman d'une grande richesse qui ne peut pas être abordé comme un roman de gare !
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Sophonisba
  12 avril 2013
Comme toujours, la langue exubérante, crue, violente, douce-amère de l'auteur nous plonge directement dans l'expérience noire aux Etat-Unis.
Cette violence perpétrée sur des générations par un système, une croyance, une pensée est ici décrite à travers le destin de deux femmes différentes et pourtant identiques, comme les deux faces d'une même médaille, la soumission et la révolte. Mais chaque personnage secondaire apporte sa pierre à l'édifice comme une épice nécessaire à un plat réussit.
L'auteure nous explique sans même qu'on s'en rende compte, complètements pris par le récit, comment une violence subie engendre la violence et comment l'être humain exorcise le mal par le mal.
Elle nous décrit aussi de manière cocasse comment un mal identifié, peut créer de la cohésion entre les gens qui vont par réaction, être solidaires pour lutter contre "le mal" extérieur et même meilleurs pour se distinguer de lui.
C'est original, finement pensé et extrêmement bien écrit.
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LiliGalipette
  14 mars 2015
Dans les années 1910, dans le Fond, le quartier noir de Medaillion, Ohio, Nel et Sula partagent une amitié solide et intense. « C'était des petites filles solitaires dont l'isolement était si profond qu'il les enivrait et les précipitait dans des visions en technicolor incluant toujours une présence, quelqu'un qui, à l'égal de celle qui rêvait, partageait les délices de ce rêve. » (p. 60) Hélas, la vie va éloigner les deux inséparables : Nel choisit le mariage et la vie de famille, Sula veut le plaisir et la liberté, jamais les attaches. « Sula apprenait que le sexe était quelque chose d'agréable et de fréquent, mais sans rien d'extraordinaire. » (p. 52) Quand elle revient à Medaillion, des années trop tard, tout a changé et personne ne veut d'une négresse indépendante et fière, même pas Nel. « Je ne veux avoir personne d'autre. Je veux m'avoir, moi. » (p. 102) C'est alors toute une ville qui fait front contre un individu, toute une ville qui se fond dans une haine aigre et hypocrite. Les revendications de Sula étaient vouées à l'échec, elles étaient trop belles pour ne pas être lancées à la face du monde.
L'Amérique profonde, le début du 20e siècle et son racisme : cet univers n'était déjà pas fait pas pour les femmes, encore moins pour les femmes noires. le passage de l'amitié d'enfance à l'affrontement de femmes est explosif : au détour d'une phrase, la rupture est consommée et les deux amies de jadis sont désormais rivales. Je suis sous le charme de la beauté des dialogues, riche d'une oralité musicale et rythmée comme un vieux gospel. Toni Morrison peint un superbe portrait de femme, mais elle crée également des personnages secondaires qui mériteraient qu'on leur consacre des romans. Je ne cite que Shadrack, inventeur de la journée internationale du suicide, et Eva Peace, unijambiste pour qui la fin justifie les moyens. Sula confirme mon admiration pour Toni Morrison et sa plume belle et exigeante.
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Nuageuse
  04 novembre 2015
Le plus court des romans de Toni Morrison est riche en évènements.
Je me joins aux autres pour souligner l'importance des personnages secondaires : Ti-Poussin, Eva (la grand-mère de Sula unijambiste), Plum, etc...
Ce livre foisonne de destins tragiques : soit par la Mort, soit par la solitude (Nell, meilleure amie de l'héroïne éponyme puis "ennemie").
C'est aussi un roman sur les non-dits :
.
L'oeuvre entière de Toni Morrison est forte sur les sujets du racisme, l'inégalité hommes-femmes quelque soit leur couleur de peau. Merci à elle de mettre tant de ferveur dans son oeuvre.
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bibliothequeamericaine
  15 avril 2016
Au travers d'une histoire d'amitié entre deux jeunes filles noires dans une ville paumée de l'Ohio entre 1919 et 1965, Toni Morrison brosse en réalité le portrait de 2 femmes qui ont vite compris qu'elles n'étaient "ni blanche, ni mâle" et qui cherchent ainsi à se protéger, à s'inventer une autre vie, plus belle et plus libre.
De la même manière que Toni Morrison écrit pour apprendre, son lecteur apprend aussi. Il découvre toute la difficulté des afro-américains à trouver leur place dans une société où l'esclavage a laissé plus de traces que l'on ne peut le penser.
D'une part, les hommes cherchent leur chemin pour retrouver leur virilité, leur masculinité,mais non sans dommages collatérraux. Ils voient la femme en objet domestique sans pensée ni volonté propre, objet de leur pouvoir. Ils ont besoin de se positionner par rapport à leur histoire, aux blancs, à leur communauté, d'où leur absence car trop occupés à se contruire eux-mêmes. D'autre part,les femmes, filles, mères, intégrées dans une société patriarcale malgré l'absence récurente des hommes. Etat de fait qui entraîne une violence physique et psychologique entre mères et filles, violence d'ailleurs quasi omniprésente dans l'oeuvre de Morrison. Les mères n'ont pas le temps "d'aimer" leurs enfants car trop occupées à maintenir ceux-ci en vie : nourrir, soigner, survivre...
Ainsi, les deux personnages principaux de Sula, 2 filles qui deviennent femmes, prennent des chemins différents. Nel choisit de respecter les règles de la communauté, de dédier sa vie à son mari et ses enfants et pense y trouver sa voix, un certain temps en tout cas. Sula se veut en sujet et non en objet. Elle choisit de rejeter cette communauté, de se battre contre l'oppression de la famille, des hommes, des codes moraux. Ce rejet conduira à sa propre destruction, à la solitude.
Le rôle de "la mère" est primordiale dans le roman pour comprendre Nel et Sula, au même titre que la place que chacun doit trouver dans cette société américaine ségrégationniste, raciste et sexiste. C'est l'attente sociale qui pèse sur les deux femmes qui est à l'origine de l'échec de leur amitié. Pourtant, sur le tard, elles finissent pas se comprendre, seules chacune de leur côté. C'est tard, trop tard, certes, mais c'est le peu qui reste à prendre.
Une oeuvre très fine et complexe sur l'identité des femmes afro-américaines comme seule Toni Morrison peut nous en donner à lire.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   28 juin 2012
In the fifties, when I was student, the embarrassment of being called a politically minded writer was so acute, the fear of critical derision for channeling one's creativity toward the state of social affairs so profound, it made me wonder : why the panic? The flight from any accusation of revealing an awareness of the political world in one's fiction turned my attention to the source of the panic and the means by which writers sought to ease it. What could be so bad about being socially astute, politically, aware in literature? Conventional wisdom agrees that political fiction is not art; that such work is less likely to have aesthetic value because politics - all politics- is agenda and therefore its presence taints aesthetic production.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   09 mars 2013
After five years of a sad and disgruntled marriage Boy-Boy took off. During the time they were together he was very much preoccupied with other women and not home much. He did whatever he could that he liked, and he liked womanizing best, drinking second, and abusing Eva third.
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ManouBManouB   26 février 2016
Elles coururent presque tout le long [...].Elles coururent sous le soleil, créant leur propre brise qui collait leurs robes contre leur peau moite[...]elles se jetèrent dans un carré d'ombre pour goûter la sueur de leurs lèvres et savourer la folie qui les avaient prises d'un seul coup...Sula posa la tête sur son bras, une natte défaite enroulée autour de son poignet. Nel, accoudée, jouait avec les hautes herbes. Leur chair, sous le tissu des robes, se tendait et frissonnait dans la fraîcheur subite, et leurs petits seins commençaient tout juste à leur faire délicieusement mal quand elles se mettaient sur le ventre.
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alyaellealyaelle   26 juillet 2014
Là, au milieu du silence, ce n’était pas l’éternité mais la mort du temps, une solitude si profonde que ce mot même n’avait plus de sens. Car la solitude implique l’absence des autres, et la solitude qu’elle découvrait sur ce terrain désolé n’avait jamais admis l’existence d’autrui.
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AnelorAnelor   03 mars 2017
Sa vieille amie était de retour. Sula. Qui la faisait rire, voir des vieilleries avec des yeux tout neufs, avec qui elle se sentait intelligente, douce, et un peu plus culottée. Sula dont elle avait partagé le passé et avec qui le présent était tissé de perceptions communes. Parler à Sula, depuis toujours, c'était se parler à elle-même. Devant qui d'autre n'avait-elle jamais l'impression d'être idiote? Devant qui d'autre ses défauts n'étaient-ils que des détails, des traits de caractère plutôt que des insuffisances? Y avait-il quelqu'un laissant un tel sillage de rire et de complicité? Sula n'était jamais une rivale, elle aidait seulement les autres à se définir. Quand elle était dans une pièce, les gens devenaient plus vivants, plus animés. Et surtout, c'était l'humour qui revenait. Sula pouvait entendre le sucre renversé par les enfants craquer sous leurs pieds sans tendre la main vers le fouet; elle ignorait aussi l'accroc dans le store du salon. (p105)
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