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ISBN : 226406739X
Éditeur : 10-18 (15/09/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.78/5 (sur 286 notes)
Résumé :
Dans son onzième roman, qui se déroule à l'époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.

Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge - à autrui ou à elle-même - et du farde... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (103) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
03 septembre 2015
Lula Ann est née trop noire, ses parents des mulâtres au teint clair ne comprennent pas, le père quitte la maison, la mère l'élève sans cacher son dégout. L'histoire le prouvera, Lula Ann est prête à tout pour que cette mère si froide lui donne de l'affection et lui prenne la main en public.
Adulte Lula Ann a réussi, d'une beauté fracassante elle tient un poste important dans la cosmétique, pourtant Booker son bel et mystérieux amoureux la quitte un matin sur ces mots : « Tu n'es pas la femme que je veux ».
Enfant, Booker a dû, lui aussi, tout faire pour tenter de dissoudre un drame familiale. En partant à la recherche de son fiancé, Lula Ann va entreprendre un voyage au fond d'elle-même et tombera de Charybde en Scylla. Cette chute lui permettra aussi de se libérer de la gangue qui l'emprisonnait.
« Délivrances » au pluriel : délivrance de la naissance, délivrance de l'enfance martyre, délivrance du mensonge, délivrance pour une re-naissance. « Délivrances » c'est aussi l'histoire de la création d'un couple vrai. Toni Morrison, pour la première fois, écrit sur l'Amérique d'aujourd'hui, mais c'est avec la structure du conte qu'elle nous parle d'exclusion, de racisme, de haine, d'enfance brisée ou de mensonge.
Lula Ann et Booker, enfants blessés californiens, pourraient-être de lointains cousins de Hans et Gretel. Ce roman simple et complexe à la fois, à l'écriture épurée peut être une excellente introduction à l'oeuvre de Toni Morrison, femme exceptionnelle, prix Nobel de littérature en 1993.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Annette55
28 décembre 2015
"Délivrances" conte le destin de Lula Ann Bridewell dite" Bride" née" noire comme la nuit, noire comme leSoudan" se plaint Sweetness,sa mére qui,elle, est " une mulâtre au teint blond", legs de ses grands- parents.Bride, abandonnée à sa naissance par son pére, méprisée par sa mére.......
D'où vient alors à Lula Ann "cette peau d'un noir bleuté, ses yeux noir corbeau avec aussi quelque chose de sorcier" ? décrit Sweetness.
" Pour moi, la nourrir, c'êtait comme une négrillonne qui me tétait le mamelon" ajoute la mére...qui fera payer à Lula le fait d'avoir été quittée par son mari suite à la naissance de ce bébé à " la couleur terrible".
Vingt ans plus tard, Lula Ann, devenue cadre dans l'industrie cosmétique roule en Jaguar ....s'habille de blanc immaculé afin de souligner l'intensité du noir de sa peau, a changé son nom : elle s'appelle Bride...
Mais entre conte et roman, réalisme et merveilleux, l'entreprise remarquable de réinvention d'elle même de Bride s'écroule subitement au détour d'une phrase de son amant Booker " t'es pas la femme que je veux ",il la quitte.....
La jeune femme blessée physiquement, un étrange processus de rajeunissement semble envahir son corps. Elle perd un à un les attributs de sa féminité ...
...Moralement ..elle renoue avec les spectres de son passé....
Je n'en dirai pas plus .....
D'autres enfants habitent les pages de cet opus: Rain,Adam, et d'autres....victimes du racisme, de prédation sexuelle, des défaillances morales des adultes....ces enfants perdus qui courent le monde, victimes de la bêtise et du vice des adultes.
Ces enfants en proie à la honte, au ressentiment, à l'envie...qui seront autant de fêlures difficiles à maîtriser à l'âge adulte..
Et comment vivre avec la malédiction d'avoir la peau si noire dans un monde rempli de nuances plus claires?
Toni Morrison à qui l'enfance meurtrie, le racisme , la violence et la rédemption sont autant de thèmes trés chers affiche dans ce court roman une compassion magnifique pour son héroïne .....maudite.
Un récit sur les traumatismes de l'enfance, une fable lumineuse sur les secrets enfouis et une merveilleuse histoire d'amour.
Pour avoir lu Beloved, l'œil le plus bleu, Home etc.....en fidèle lectrice de cette grande des Lettres Américaines je dois reconnaître que j'ai été beaucoup moins enthousiaste cette fois...pourquoi ? Je ne saurais le dire......
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isabelleisapure
20 décembre 2015
Lula Ann Bridewell, fille de "mulâtres au teint blond", est si noire de peau à la naissance que sa mère, Sweetness, n'éprouve pour elle que du dégoût. Son père, ne la croyant pas de lui, quitte le domicile conjugal.
Mal aimée, la petite Lula Ann est prête à tout pour attirer l'attention d'une mère indifférente même à signer un faux témoignage envoyant une institutrice blanche en prison pour pédophilie.
La fillette va grandir seule, se forger une personnalité factice, portant en elle le secret de ce mensonge lourd de conséquences.
Devenue adulte, la chenille se transforme en papillon et Lula Ann devient Bride, à la beauté éblouissante, fière de sa peau tellement noire qu'elle la met en valeur en ne s'habillant qu'en blanc.
Sensuelle et épanouie, elle entame une brillante carrière dans le secteur des cosmétiques et élabore sa propre ligne de produits.
Comment parvient-on à se libérer des traumatismes de l'enfance ? Comment vivre avec la culpabilité d'être, celle lentement inculquée, diffusée par ses parents, par une mère ? Comment vivre en étant Noire, même la plus belle ? Comment survivre avec le mensonge, dans le mensonge ? Comment aimer sans rejeter ni juger ?
Délivrances est un roman grave, lumineux et réaliste, confirmant la puissance narrative magistrale de la romancière et la force de son regard sur la société américaine contemporaine et les injures et insultes faites aux exclus et aux faibles.
Une belle lecture !

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Krout
03 juin 2016
Plutôt bof que très bon. Un peu lu chez le dentiste et un peu au resto gastro. Forcément, mitigé. Je donne juste mon rendu du début, trop lourd, je l'ai mal digéré.
Voilà : un petit noir, au petit-déj., bien serré, ça vous tente pour bien démarrer ? Parce que chez moi, décidément, ça ne passe pas. Ou une, c'est pareil. J'espère que ça rentre ! Non ?! Attends, faut essayer autrement alors! Et ce gosse qui reste bouche bée ! Voilà, c'est bon... faut tout avaler. Tout avaler, sinon une mandale. Bien ! Il ou elle en aura deux, ça donne des couleurs. Trop injuste, y en n'avait pas besoin.
Certains médiront que je n'ai vraiment pas de culture, que c'est le rouge et le noir, made in US, en moderne ! En tout cas, voilà, c'est parti, parti mon kiki. Fameux début c't histoire. Parti pour la vie, une vie de merde, car là c'était juste une p'tite intro. Comment qu'ça se débloque après ? Ben, vaut mieux s' préparer au pire.
Bien sûr cela existe. C'est pas nécessaire. C'est insupportable. C'est l'Amérique. Genre l'amer hic profonde, deux doigts et plus ! Bon c'est pas tout ça, où j'ai foutu mon fric ? C'est insupportable, y a pas que ça quand même ? Nooon bon alors c'est la débrouille et le p'tit join. Au milieu, il y a rien, c'est l'Amérique. Insupportable, j'te dis. Comme traduire "God Help the Child" par "délivrances" moi çui là qu'a pas aimé que "Dieu aide l'enfant" alors il aurait bien pu choisir "Y a plus pire". Car je n'en ai pas encore parlé : y a Mam'mandale.

Les morts y sont.
Pour moi, cela suffi, Toni.
F'ra des cauchemars Mr Kroutard
Trop l'bourdon l'vieux Krouton
Alors excusez cette critique ni sirop, ni positive.
Je vais prendre une douche. Une douche froide évidemment. Même après, je me sentirai sale.
J'aurais dû prévoir, c'est l'Amérique de la Californie
"Jusqu'à la Louisiane en fait
Où y a des typ's qui ont tous les soirs
Du désespoir plein la trompett'.
T'en fais pas, mon p'tit loup,
C'est la vie, ne pleur' pas."
Pierre Perret me l'avait déjà dit.
Faut que je le fasse tourner en boucle
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bilodoh
02 juillet 2016
« Délivrez-nous du mal », c'est ce que pourraient implorer les protagonistes de ce roman, délivrez-nous du mal qu'on nous a infligé et qui demeure toujours en nous.
Une femme du monde des cosmétiques, Bride, une beauté noire, mais sous le papier glacé, des stigmates de l'enfance qu'on découvrira peu à peu, comme aussi les cicatrices que cachent les autres personnages.

Comme une pierre précieuse n'est pas toujours sans défaut, j'ai cru pendant quelques pages que le texte tournait à la divagation fantastique avec des changements qui semblaient se produire dans le corps de Bride, mais cela valait la peine de continuer la lecture, car le roman revient en force par la suite.

Ce n'est pas une lecture facile avec des thèmes comme le racisme et les sévices sexuels subis par des enfants, mais la plume magique de la Nobel de littérature de 1993 en a pourtant fait une pépite.
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Les critiques presse (6)
LaLibreBelgique08 décembre 2016
Sur fond de jazz, une exploration tout en nuances de la question raciale.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique19 septembre 2016
De sa plume enchanteresse et palpitante, nourrie de quelques traits de réalisme magique, Toni Morrison (prix Nobel de littérature en 1993) se montre ici magistrale.

Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse21 septembre 2015
Poétique, symbolique et intrinsèquement marqué par les thèmes raciaux, Délivrances est à la fois grandiose et intimiste, étrange et percutant.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro03 septembre 2015
La romancière aborde une nouvelle fois la question de la race noire dans l'Amérique contemporaine.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LesEchos26 août 2015
Onzième roman d'une jeune femme de quatre-vingt-quatre ans qui n'en a pas fini de raconter notre monde tordu et violent, en noir et blanc.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Telerama26 août 2015
La compassion magnifique de Toni Morrison pour son héroïne, maudite pour être née la peau noir bleuté.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne06 juin 2016
Elle savait d'expérience ô combien difficile, ô combien égoïste et destructible était le fait d'aimer. Refuser des rapports sexuels ou compter dessus, ignorer les enfants ou les dévorer, réorienter les sentiments véritables ou les laisser dehors. La jeunesse était l'excuse à cet amour naïf comme les messages glissés au coeur des biscuits chinois ; jusqu'à ce que qu'elle ne soit plus, jusqu'à ce qu'elle devienne pure sottise d'adultes.
+ Lire la suite
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ZakuroZakuro23 septembre 2015
Il lui offrit alors la main qu'elle avait ardemment désirée toute sa vie, la main qui n'avait pas besoin de mensonge pour qu'on la mérite, la main de la confiance et de l'attention : alliance que certains qualifient d'amour naturel.
Commenter  J’apprécie          281
BazartBazart30 août 2015
Elle m’a fait peur, tellement elle était noire. Noire comme la nuit, noir comme le Soudan. Moi, je suis claire de peau, avec de beaux cheveux, ce qu’on appelle une mulâtre au teint blond, et le père de Lula Ann aussi. Y a personne dans ma famille qui se rapproche de cette couleur. Ce que je peux imaginer de plus ressemblant c’est le goudron… »
Commenter  J’apprécie          180
jeunejanejeunejane18 janvier 2017
...Brooklyn organise une fête : une soirée pour annoncer le lancement de la gamme et dont je suis la principale attraction, celle qui a inventé TOI,MA BELLE, et créé toute l'effervescence autour de la marque.
Le lieu est un hôtel de luxe, je pense. Non, un musée de gens qui se croient malins.
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VALENTYNEVALENTYNE19 mars 2017
J’avais six ans et je n’avais encore jamais entendu les mots « négresse » ni « salope », mais la haine et la répugnance qu’ils contenaient se passaient de définition. Exactement comme par la suite, à l’école, quand on me soufflait ou me criait d’autres insultes, aux définitions mystérieuses mais au sens limpide. Noiraude. Topsy(1). Face de charbon. Sambo (2). Ooga booga. Ils faisaient des bruits de primates et se grattaient les côtes en imitant les singes du zoo. Ils me traitaient comme un phénomène de foire, étrange, salissant comme de l’encre renversée sur du papier blanc. Je ne me plaignais pas à l’institutrice pour cette même raison qu’avait eue Sweetness de me mettre en garde au sujet de M.Leigh : je pouvais être temporairement exclue, voire renvoyée. Donc je laissais les injures et les brimades circuler dans mes veines comme du poison, comme des virus mortels, sans antibiotiques à ma disposition. Ce qui, en fait, était une bonne chose maintenant que j’y pense, parce que j’ai développé une immunité tellement forte que la seule victoire qu’il me fallait remporter, c’était de ne plus être une « petite négresse ». Je suis devenue une beauté profondément ténébreuse qui n’a pas besoin de Botox pour avoir les lèvres faites pour être embrassées, ni de cure de bronzage pour dissimuler une pâleur de mort. Et je n’ai pas besoin de silicone dans le derrière. J’ai vendu mon élégante noirceur à tous ces fantômes de mon enfance et maintenant ils me la payent. Je dois admettre que forcer ces bourreaux – les vrais et d’autres comme eux – à baver d’envie quand ils me voient, c’est plus qu’une revanche. C’est la gloire.



(1) Toute jeune esclave noire, dans le roman de Harriet Beecher Stowe, La case de l’oncle Tom (1852)

(2) Héros du livre pour enfants écrit par Helen Brodie Bannerman, Sambo le petit noir (1889)
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