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Jacqueline Huet (Traducteur)Jean-Pierre Carasso (Traducteur)
ISBN : 2879295645
Éditeur : Editions de l'Olivier (21/08/2008)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 183 notes)
Résumé :
Elles partent. Fuguent. S'enfuient. S'en vont voir ailleurs. Elles : des femmes comme les autres. Par usure ou par hasard, un beau matin, elles quittent le domicile familial (ou conjugal), sans se retourner. En huit nouvelles, Alice Munro met en scène ces vies bouleversées. Avec légèreté, avec férocité, elle traque les marques laissées sur les visages par le temps, les occasions perdues, les petits arrangements que l'on croyait provisoires.
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Critiques, Analyses & Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Macha_Loubrun
  17 octobre 2013
Alice Munro, dont l'oeuvre littéraire est principalement constituée de nouvelles, vient de recevoir le Prix Nobel de littérature 2013, à l'âge de 82 ans. Elle est discrète dans les médias et son éditeur français, Olivier Cohen aux Editions de l'Olivier ne l'a même jamais rencontré !
Piquée par la curiosité, je me suis empressée d'emprunter « Fugitives », le seul livre d'Alice Munro que la dynamique bibliothèque de mon petit village possède.
Fugitives, c'est une succession de portraits de femmes confrontées à des choix sentimentaux importants. On entre dans leur intimité psychologique, au creux de leurs doutes, à travers des descriptions cliniques détaillées. Alice Munro a l'art de résumer une situation en quelques lignes, elle traque les détails blessants, les petits mensonges, les malaises, les malentendus, les failles. Les relations familiales et conjugales, le vieillissement des corps passent au scanner de son écriture et il émane de ces histoires un grand de sentiment de solitude et de mélancolie.
Toutes ces femmes ont en commun de fuir à tout prix une situation, mais vont-elles se perdre et s'oublier ou se trouver enfin ?
J'aurais aimé trouvé un peu plus de chaleur dans ces nouvelles, mais j'ai apprécié l'univers et l'écriture douce-amère d'Alice Munro dont chaque histoire cristallise en quelques pages la douleur d'aimer et d'exister.
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palamede
  17 octobre 2016
Elles s'échappent, sont en fuite, mais rien ne les différencie des autres femmes. On peut même dire qu'elles sont banales. Pourtant, un jour elles franchissent le pas, abandonnent un mari, des parents trop présents ou une vie qui ne leur convient plus sans vraiment qu'elles puissent se l'expliquer.
Ce sont des femmes qui, à un moment de leur vie, doutent et décident de suivre un autre chemin pour construire ou se laisser bousculer par le hasard. Les hommes sont souvent à l'origine de ces remaniements qui sont parfois des fuites en avant, mais l'essentiel n'est pas là car ces femmes sont à la recherche d'elles-mêmes, de leur vérité plus que de tout autre chose.
Même si elle malmène ses personnages en ironisant sur leurs faiblesses et leurs difficultés sur un ton tantôt léger et drôle, tantôt féroce (pour notre plus grand plaisir), Alice Munro montre avec une ensorcelante finesse à quel point des âmes torturées, insatisfaites ou un peu désespérées peuvent être audacieuses et vaillantes.
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AgatheDumaurier
  26 août 2016
"Retour à Castlerock" ne m'avait pas convaincue...Mais là je suis complètement séduite.
Par contre, c'est sûr, évidemment, il faut aimer le genre de la nouvelle, c'est à dire, à peine commencé c'est fini, à peine attachée il faut se détacher, et on n'en saura jamais plus...A la lectrice-lecteur de reconstruire beaucoup de choses, et une envie parfois affolante de crier : "pourquoi !! ? pourquoi ???? !!!! Ne me laisse pas comme ça, peste !!!!"
Alice Munro reste dans ses nouvelles la peste qu'elle est dans Castle Rock ...
"Fugitives" montre en huit nouvelles des femmes qui partent, physiquement, intellectuellement, les deux, qui fuient des mariages, des familles, selon leur volonté, ou parfois même malgré elles. L'écriture est sublime, incisive, fine, subtile, féroce, voire cruelle. La dame n'est pas tendre. Mais pourquoi le serait-elle dans un monde qui ne l'est pas ? Par contre, la beauté est montrée, celle des gens et des lieux, la force, le courage, et aussi la faiblesse, l'ambiguïté, l'incompréhension, le mensonge...
Soyons peut-être un peu plus précise, sans vouloir vous ennuyer.
1. Fugitives : la nouvelle éponyme, peut-être celle qui m'a le moins convaincue. Les fugitives sont Carla, Sylvia et Flora. Comprenne qui pourra...
2-3-4. Hasard/Bientôt/Silence : trois nouvelles autour du même personnage, Juliet. La densité d'un roman en 50 pages. Juliet fuit puis on la fuit (c'est là que j'ai eu envie de crier : pourquoi ?!!!) Cruel !! Très cruel ! Ce que l'on fait aux autres, le destin nous le rend au centuple.
5. Passion : Arghhh ! On ne peut pas commenter sans raconter, c'est énervant. Fuite sans issue. Passion, quoi. Grace ne sait pas, puis elle sait, voilà. Mais à quoi ça sert ?
6. Offenses : Tout le monde se fuit là dedans, mais la plus grande fuite est à venir...
7. Subterfuges : l'horreur, j'ai failli pleurer.
8. Pouvoirs : bizarre bizarre, une nouvelle avec deux axes, Tessa et ses pouvoirs étranges, Ollie et Nancy...qui se mentent toute leur vie...ça veut en venir où ? Je ne sais pas mais c'est envoûtant.
Bref, à essayer de commenter les nouvelles sans les dévoiler, je me rends d'autant plus compte de la densité des textes, et surtout de la complexité de la psyché des personnages, parfois brumeuse, parfois claire, glissante, passive, instinctive, réfléchie, amnésique, irrationnelle ...
Superbe !
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pyrouette
  08 septembre 2013
Elles partent, s'enfuient, s'en vont voir ailleurs, comme dit le résumé. Je rajouterais : pas toujours physiquement. Les femmes ont cette faculté de partir dans leur tête. Quand le quotidien devient trop insupportable, quand elles ont envie de changer de vie, elles essayent toujours d'améliorer tout ça, c'est-à-dire leur vie. J'ai mis un temps à comprendre, emportée par le titre de la première nouvelle qui est celui du livre. J'ai particulièrement aimé l'histoire d'amour ratée, elles sont toutes ratées, mais celle-là m'a touchée…Une occasion perdue dit l'auteur. Ces femmes ne fuient pas toujours pour du meilleur, pourtant toutes le croient et elles sont capables de faire beaucoup de chemin quand l'espoir s'en mêle.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Josephine2
  01 juin 2017
Je n'ai pas accroché plus que cela à l'écriture et aux nouvelles d'Alice MUNRO. Pourtant le thème abordé me convient d'habitude. Mais là, la magie des mots n'a pas opéré.
Difficile à analyser mon ressenti sur ce livre. J'étais mal à l'aise. Peut-être cela a-t-il à voir avec certaines choses que j'ai vécues au sein de ma famille. Les femmes décrites ont toutes un destin singulier, qui n'est pas des plus heureux.
J'ai du mal à accepter les choix que chacune d'elles ont faits. Pour moi, elles ont renoncé à une vie qui aurait pu être différente, et pourquoi pas plus heureuse. Elles sont passées à côté, alors qu'une voie de sortie existait et c'est cela que j'ai du mal à accepter. le renoncement, la facilité ?…
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Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   15 octobre 2016
Dans la ville oú elle avait grandi, sa forme d'intelligence était souvent rangée dans la même catégorie qu'une claudication ou qu'un pouce surnuméraire, et l'on n'avait pas tardé à noter les défauts qui ne pouvaient manquer d'y être associés - son incapacité à se servir d'une machine à coudre, à faire un joli paquet ou à s'apercevoir que sa combinaison dépassait.
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mandarine43mandarine43   13 juin 2011
[ Incipit ]

Fugitives

Carla entendit venir la voiture sur la route avant qu'elle ait débouché au sommet du vague renflement que les gens du coin appelaient une colline. C'est elle, songea Carla. Mme Jamieson, Sylvia, de retour de ses vacances en Grèce. Depuis la porte de l'écurie - mais suffisamment en retrait à l'intérieur pour ne pas être vue facilement - elle se mit à guetter l'endroit par lequel Mme Jamieson devait forcément passer puisqu'elle habitait un peu plus loin sur la route, à huit cents mètres de chez Clark et Carla.
Si ç’avait été quelqu'un qui s'apprêtait à tourner pour entrer chez eux, la voiture aurait déjà été en train de ralentir. N'empêche, Carla continuait d'espérer. Pourvu que ce ne soit pas elle.
C'était elle. Mme Jamieson tourna brièvement la tête, une seule fois - elle avait toutes les peines du monde à manoeuvrer entre les ornières et les flaques que la pluie avait laissées dans le gravier -, mais elle ne leva pas la main du volant pour faire signe, elle n'avait pas repéré Carla. Cette dernière entraperçut un bras bronzé, nu jusqu'à l'épaule, une chevelure décolorée, plus pâle encore qu'avant son départ, plus blanche que blonde maintenant, et une expression qui était à la fois déterminée, exaspérée et amusée de sa propre exas­pération - exactement celle que l'on attendait de Mme Jamieson aux prises avec une telle route. Quand elle avait tourné la tête, il était passé comme un éclair sur son visage - une interrogation, un espoir - et Carla avait reculé en se faisant toute petite.
Bon.
Peut-être que Clark ne savait pas encore. S'il était devant l'ordinateur, il tournait le dos à la fenêtre et à la route.
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pyrouettepyrouette   08 septembre 2013
Aux yeux des bien des gens elle pouvait passer pour bizarre et solitaire – et d’ailleurs, en un sens, c’est ce qu’elle était. Mais elle avait aussi fait l’expérience, une bonne partie de sa vie, de se sentir entourée de gens qui souhaitaient accaparer son attention, son temps et son âme. Et, d’ordinaire, elle les laissait faire.
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michelekastnermichelekastner   29 octobre 2013
A la fin de cette année-là, elle avait étudié toutes les matières de terminale à l'exception du grec, de l'italien, de l'espagnol et de l'allemand, pour lesquelles il n'y avait pas de professeurs, dans son lycée. (...) Mais le principal du lycée l'avait convoquée pour un entretien et lui avait dit que cela ne la menait nulle part puisqu'elle ne pouvait pas s'inscrire à l'université, et que d'ailleurs aucune iuniversité n'exigeait une telle abondance. Pourquoi le faisait-elle ? Avait-elle un quelconque projet ?
Non, avait dit Grace, elle voulait seulement apprendre gratuitement. Avant d'entamer sa carrière de rempailleuse.
C'était le principal qui connaissait le gérant de l'auberge et qui avait proposé de dire un mot en sa faveur si elle voulait s'essayer à un emploi de serveuse pour l'été. Lui aussi avait parlé d'un avant-goût de la vie.
Ainsi le responsable lui-même de tout le savoir dans cette ville ne croyait pas que le savoir avait à faire avec la vie. Et chaque fois que Grace racontait à quelqu'un ce qu'elle avait fait - elle le racontait pour expliquer pourquoi elle avit pris un an de retard au lycée -, elle s'entendait répondre quelque chose comme fallait être folle.
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line70line70   24 mars 2011
Je l'ai lu je ne sais combien de fois, mais je sais que la première, je me suis identifiée à Kittie, et après c'était à Anna - oh, c'était affreux, avec Anna, et maintenant, figure-toi, la dernière fois, j'ai découvert que je sympathisais tout le temps avec Dolly. Dolly quand elle va à la campagne, tu sais, avec tous ces enfants, et il faut qu'elle trouve comment faire la lessive, il y a cette histoire de baquets - je me dis que c'est comme ça que nos sympathies changent à mesure qu'on vieillit. La passion est reléguée derrière les baquets.
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Videos de Alice Munro (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Munro
"Julieta", film espagnol réalisé par Pedro Almodóvar d'après trois nouvelles: : Hasard, Bientôt et Silence d'Alice Munro, sorti en 2016. Bande annonce VF.
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