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ISBN : 2714478387
Éditeur : Belfond (11/10/2018)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Peut-être un jour serais-je capable de faire le portrait du rien. De la même façon qu'un peintre avait été capable de dessiner Le Meurtre du Commandeur . Mais il me faudrait du temps avant d'y parvenir. Je devais faire du temps mon allié.
Quand sa femme lui a annoncé qu'elle voulait divorcer, le narrateur, un jeune peintre en panne d'inspiration, a voyagé seul à travers le Japon. Et puis, il s'est installé dans la montagne dans une maison isolée, ancienne pro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  16 novembre 2018
Le prologue est formidable. Un peintre. Un «  homme sans visage » qui lui réclame un portrait suite à une promesse en lui tendant un talisman en forme de pingouin. Sa «  voix rieuse évoquait le bruit du vent qui résonne comme un creux, du plus profond d'une caverne ». Son non-visage n'est qu'un « brouillard laiteux qui tourbillonnait lentement ». le temps manque au peintre qui n'a pas l'habitude de faire le portrait du rien.
Dès ses premières lignes, je suis irrémédiablement ferrée. Pourtant, les chapitres s'égrènent ensuite lentement, s'étirent en de non-événements très banals, dans un style très prosaïque, descriptif et pragmatique, assez loin de l'onirisme habituel de l'auteur.
Le héros, le peintre donc, vient d'être quitté par sa femme, il s'enferme loin du monde dans une maison prêtée par un ami, fils d'un célèbre peintre spécialisé dans le nihonga ( peinture japonaise traditionnelle ), il est en pleine crise existentielle et n'a plus le goût de peindre.
Cela peut sembler convenu ainsi résumé mais tout l'art de Murakami est de glisser dans cette platitude apparente de petites touches mystérieuses qui t'intriguent d'abord, puis t'hypnotisent dans l'attente de la prochaine, forcément plus grandes.
le talent pour faire surgir l'inquiétante étrangeté du quotidien est formidable, jusqu'à te faire accepter comme «normaux» les événements irrationnels qui surviennent : une clochette bouddhiste qui tinte la nuit à heure fixe, une chambre de pierre souterraine, une créature histrionnante qui semble sortie directement du tableau découvert caché par le héros, le Meurtre du Commandeur.
L'intrigue est à tiroirs, comme un conte initiatique qui prendra plusieurs chemins. Pêle-mêle, il y a des références au mythe de Dom Juan, à Alice au pays des merveilles, à Gatsy le magnifique ( en la personne du mystérieux voisin Menshiki, richissime qui sert de détonateur à l'histoire ) , à l'Anchsluss de 1938 ( !!! ). Plus l'intrigue avance, plus l'irruption du fantastique imprègne le récit et donne sens aux événements tout en alimentant un mystère qui ne fait que grandir et saisir le lecteur, la frontière entre réel et irréel se brouillant de plus en plus.
Les passages décrivant le peintre en action, en train de réinventer son art, de se réinventer lui, de retrouver le goût des choses, sont superbes, on voit le tableau prendre vie sous nos yeux.
Et que dire des magnifiques titres donnés aux chapitres : «  le clair de lune illuminait toute chose », «  la curiosité ne tue pas seulement les chats », «  l'instant où présence et abse,ce sllaient se mêler », « Franz Kafka aimait les routes en pente ».
Le second tome me tend les bras. Même si ce n'est pas le choc ressenti à la lecture de Kafka sur le rivage ou de la ballade de l'impossible, difficile d'abandonner le héros et surtout l'incroyable personnage de Menshiki que l'on sent empli de secrets enfermés dans une petite boîte elle-même fermée à
clé et profondément enterrée à un endroit que lui seul connaît.
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sandrine57
  29 novembre 2018
En se mariant, le narrateur avait mis de côté ses prétentions artistiques pour devenir un portraitiste sans génie mais de bonne renommée. Mais quand, après six ans d'un mariage sans nuage, sa femme lui annonce qu'elle veut divorcer, il quitte Tokyo et se lance sur les routes pour une errance existentielle qui le mène à Odawara dans la maison d'un peintre célèbre, Tomohiko Amada, spécialiste de la peinture traditionnelle japonaise, le nihonga. Là, sur une montagne isolée de tout et de tous, il décide d'abandonner les portraits pour se consacrer à l'art véritable. Difficile pourtant de trouver l'inspiration, d'autant que le cours paisible de sa nouvelle vie est perturbé par des phénomènes étranges. C'est d'abord un voisin mystérieux, Wataru Menshiki, qui lui commande son portrait contre une somme exubérante. Mais le visage de l'homme semble insaisissable et reste hermétique à son pinceau. C'est ensuite une cloche qui le réveille toutes les nuits à heure fixe, un son d'outre-tombe qui attise autant sa curiosité que son inquiétude. C'est aussi un tableau peint par Amada caché dans le grenier, intrigant car complètement différent de l'ensemble de son oeuvre. Et puis surtout c'est cette idée qui apparaît, au sens concret du terme. Une idée qui s'est incarnée dans un petit personnage issu du tableau et que lui seul peut voir...
Murakami serait-il intouchable ? A peine son livre paru, les critiques dithyrambiques se sont multipliées, tout le monde crie au chef-d'oeuvre, évoque un livre hypnotique, envoûtant...Parce qu'il est de bon ton d'encenser le prolifique auteur japonais ou parce que c'est tout simplement le cas ? Un peu des deux sans doute. On n'ose égratigner le mythe parce qu'on aime sa plume, son univers onirique. Et il y a dans le meurtre du commandeur cette touche si personnelle, ces descriptions précises du monde qui est le nôtre, puis ce lent glissement vers l'incertain, l'imprévu, l'incongru, le surnaturel. Il n'en demeure pas moins que ce n'est pas un chef-d'oeuvre. le rythme est lent, le style répétitif jusqu'à l'ennui et on peine à croire à la métaphore de l'idée incarnée dans un personnage du tableau d'un grand maître japonais. D'un autre, on aurait même pu dire que ça frôle le ridicule...
Et pourtant, on s'y laisse prendre ! Quitte à s'ennuyer, autant le faire sur les routes japonaises ou dans une maison isolée sur la montagne, avec la musique de Mozart en fond sonore et en compagnie d'un peintre qui renaît de ses cendres.
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Levant
  13 novembre 2018
"La vérité précipite parfois les hommes dans un solitude insondable." C'est sans doute la raison pour laquelle ils se réfugient volontiers dans l'imaginaire, le rêve, quand ce n'est pas l'irréel, le mystique voire l'irrationnel. L'univers de Murakami fluctue dans ces aires aux contours mal définis. Il s'y complait et y embarque son lecteur, lequel le suit volontiers, jusqu'à rester captif de ses errances créatives. Difficile pour ce dernier, que j'ai pu être, d'interrompre sa lecture et poser l'ouvrage. Il faut pour cela que les contingences du quotidien élèvent la voix : "T'es encore dans ce fichu bouquin ?".
Murakami est un geôlier de l'esprit. Il fait preuve d'une solide intelligence de l'intrigue. Avec un subtil dosage de rebondissements, où l'inattendu le dispute à l'étrange comme au convenu, d'artifices bien calibrés, de tournures de phrase lapidaires au vocabulaire pourtant usuel, avec cet arsenal que son talent met à sa disposition il accapare son lecteur et l'embarque sur ses pas aux confins du réel, sur les traces de sa référence favorite en matière d'irrationnel : Kafka. Dans une atmosphère parfois anxiogène toutefois moins cauchemardesque. Même si le lecteur reste sur le qui-vive.
En refermant le premier volume du Meurtre du commandeur, le lecteur est à cent lieues d'imaginer ce que l'esprit fécond du maître aura concocté pour le conserver dans sa dépendance. C'est l'intérêt de cette partition en deux tomes qui, au-delà de celui plus bassement mercantile, permet au lecteur de reprendre haleine. Il en est du désir de savoir comme de tout autre : il est plus ardent à vivre qu'à assouvir. Dans l'irrationnel les pourquoi n'ont plus cours. Ils impliqueraient des réponses par trop cartésiennes. Les comment s'y substituent et permettent de mesurer la puissance créatrice de l'auteur. À la fin de ce premier volume l'énigme reste entière. Même lorsqu'une idée apparaît.

Car c'est une idée qui obscurcit plus qu'elle n'éclaire. Une idée qui n'est pas esprit. Une idée qui a pris corps. Une idée qui ne juge pas. Drôle d'idée finalement que cette conscience déportée, en forme d'ange gardien. Cette idée qui sort d'un tableau funeste, le Meurtre du commandeur. Une idée qui semble pourtant amicale. Jusqu'à quand ?
Du narrateur au fil des pages, on connaît toute la vie, sauf le nom. On envie son talent à peindre des portraits. Activité dont il vit chichement, forcément. Jusqu'à ce jour où il prend conscience que ses tableaux, aussi fidèles soient-ils, ne représentent pas leur propriétaire. Enfin pas leur for intérieur, leur âme, donc pas eux-mêmes en fait. Ils ne sont que le paraître et non l'être. Ce n'est pas Dorian Gray qui le démentirait. Lui qui se torture à voir son âme vieillir sur la toile, quand ses traits juvéniles persistent sur son visage.
Nous voilà rendus à mi-chemin de cette connivence consentie. Car disons les choses comme elles sont, Murakami a le don d'associer, de compromettre même son lecteur à ses libertés. Alors tentons maintenant de suivre la métaphore qui se déplace. Jusqu'où ?
Certainement jusqu'à ce qu'un sentiment profond de la nature humaine se dévoile et nous exprime son mal-être. Il y a toujours un fonds d'humanité dans ces digressions savamment mises en scène qui nous réjouissent.
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dbouillot
  09 décembre 2018
Autant le dire tout de suite, je suis un inconditionnel de Haruki Murakami. Enfin presque. Disons que je me précipite sur chacun de ses nouveaux livres, vu que j'ai lu tous les autres. Et Murakami n'est pas Victor Hugo ou San Antonio : il n'y en a pas tant que cela, de ses bouquins… D'ailleurs, les éditeurs français l'ont bien compris puisqu'ils parviennent à déterrer certains de ses courts textes pour les cuisiner avec des illustrations afin de tenir la place sur les étals de nos chères librairies. Enfin, moi, ce que j'en dis…
Bref, j'ai donc ouvert le Livre 1 du "Meurtre du Commandeur" avec une certaine délectation. Allez, je passe tout de suite à la conclusion : j'ai bien aimé.
Mais bon.
D'abord, j'ai encore peine à comprendre pourquoi ce roman a été divisé en deux Livres. Vous finissez le premier livre au chapitre 31, dans lequel l'histoire se déroule tout à fait normalement, sans à-coup, et sans rien qui justifie qu'on referme ce livre pour ouvrir le suivant qui commence tranquillement au chapitre 33 comme si de rien n'était. Ah oui, le chapitre 32, qui termine le livre 1… Eh bien disons que c'est un OVNI qui pourrait tout aussi bien être placé ailleurs. En poursuivant donc ma lecture du livre 2, je n'ai tout de même pas pu m'empêcher de me dire que c'était finalement une bonne solution pour les éditeurs. Un livre pour le prix de deux… Avec 1Q84, on avait eu droit à trois volumes, mais là, sûr que cela aurait été difficile de tout faire tenir dans un seul volume. Quoique…
Revenons-en à notre Commandeur. Oui, j'ai bien aimé, disons que je l'ai préféré à 1Q84 qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. On retrouve bien sûr quelques balises de l'univers murakamien avec ses puits, ses tunnels, ses êtres bizarres et cette réalité qu'il se plaît à égratigner. Et on sent bien qu'il s'y plaît, dans son univers. J'aurais presque tendance à dire qu'il s'y complaît parfois. Et même un peut trop. Allez, je vous l'avoue, il y a des longueurs. Disons plutôt qu'il fait traîner. Ou qu'il a décidé d'adopter un rythme lent. Je ne dis pas que l'histoire, un peu resserrée, aurait pu tenir dans un seul livre. Quoique…
Mais bon, je suis un inconditionnel, je vous l'ai dit. Et j'ai vraiment aimé le traitement des personnages principaux, et surtout ce qui touche à la peinture et à l'art du portrait. Et j'ai quitté tout ce petit monde en regrettant presque qu'il n'y ait pas eu… un livre 3 !
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FleurDuBien
  16 octobre 2018
Fichtre quel livre ! Ou bien devrais-je dire quels livres, car il y a assurément plusieurs livres dans ce livre.
Je me suis laissée tenter par ce nouveau Murakami, et j'ai drôlement bien fait.
L'écriture est superbe (merci la traductrice !), et l'histoire bien étrange.
J'ai eu l'impression plusieurs fois au cours de ma lecture d'être dans un rêve, d'avoir été transportée dans un univers onirique très particulier. En un mot comme en cent, c'est la première fois que je ressens cela pendant une lecture.
Il a une force incroyable, une narration étonnante, et surtout, des événements étranges qui se produisent et qui, finalement, ne gênent pas tant que cela le narrateur, un jeune peintre, qui est séparé de sa femme et isolé dans une maison loin de tout, qui fait la connaissance d'un bien étrange voisin et d'une clochette qui tinte capricieusement.
Il y a du Dorian Gray dans ce premier tome, mais également un peu de Stephen King, même si ce livre est au-dessus de ceux du maître du suspens américain.
J'ai beaucoup aimé, et l'ai dévoré en quelques jours.
Je viens de recevoir le second tome, que je vais également engloutir sans façon.
Pas facile d'en faire la critique car c'est fascinant, merveilleux, très dense, riche, foisonnant. Les thèmes de la Création, de l'Art, de l'Inspiration sont bien présents.
C'est un livre incroyable, et j'ai hâte de revoir "le Commandeur", cette "idée"qui apparaît de temps en temps.
Oui, décidemment, on ne peut pas faire l'économie de ce livre, tant il,est étrange et son univers si onirique et fantastique. Nous sommes entrainés bien malgré nous dans cette histoire de fous. Et c'est cela le talent de Murakami.
J'espère que le second tome sera à la hauteur du premier.
À suivre donc.
PS : je viens de publier un quiz sur cette oeuvre.
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critiques presse (2)
Bibliobs   21 novembre 2018
Murakami se montre, en somme, de plus en plus nippon par le style, le rythme et la couleur des âmes qu'il décrit. Simple, voire terne. Voire tiède. Voire fade. Simple et lent et silencieux – mais n'est-ce pas justement ce qui fait la beauté de cette œuvre que l'on ne saurait juger à l'aune des critères habituels?
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   22 octobre 2018
Son nouveau roman, « Le Meurtre du Commandeur », histoire fantastique d’un peintre en mal d’inspiration, se double d’une belle réflexion sur les ressorts de la création artistique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
AlzieAlzie   30 novembre 2018
J'avais toujours aimé, tôt le matin, contempler longuement une toile absolument vierge, sur laquelle il n'y avait encore aucun dessin, aucune peinture. J'appelais ce moment "le zen de la toile". Rien encore n'était dessiné, mais ce n'était absolument pas du vide qu'il y avait là. Sur cette surface immaculée se dessinait la forme sur le point d'advenir. Si je fixais mon regard dessus, je discernais diverses possibilités, lesquelles finiraient bientôt par converger avant de déboucher en une piste concrète. j'aimais cet instant. L'instant où présence et absence allaient se mêler. (p. 298)
+ Lire la suite
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elleaimelireelleaimelire   01 décembre 2018
C’est comme si tu essayais de faire flotter une passoire sur l’eau, avait dit le Commandeur. Faire flotter sur l’eau un truc plein de trous, c’est absolument catégoriquement impossible pour quiconque.
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gaelimberdisgaelimberdis   29 novembre 2018
"... mais curieusement, c'est le Don Giovanni de Prague que j'ai gardé au cœur. Même si je n'avais jamais entendu les noms des chanteurs et du chef d’orchestre. Quand je suis sorti, une fois la représentation terminée, un épais brouillard s’étendait sur la ville. A cette époque, il y avait encore assez peu d'éclairage, te la nuit venue, la ville était plongée dans l'obscurité.Alors que je me promenais au hasard dans les rues pavées désertes, je me suis retrouvé soudain devant une vielle statue de bronze, isolée. Je ne sais pas qui elle figurait. Mais d’après son allure, c'était un chevalier du Moyen-Age. Et spontanément, j'ai eu envie de l'inviter à souper. Mais je ne l'ai pas fais bien sûr."
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AlzieAlzie   28 novembre 2018
- Même en ce temps de dépression économique, il y a des gens qui ont de l'argent, et plus qu'il n'en faut. Le plus souvent, semble-t-il, ce sont ceux qui ont bien gagné grâce à des transactions boursières sur internet. Ou alors des entrepreneurs dans des domaines liés à l'informatique. Et puis, la réalisation d'un portrait, il est possible de la faire passer en frais généraux.
- En frais généraux ?
- Sur le livre de comptes, on n'est pas obligé d'inscrire un portrait comme une oeuvre d'art. On peut le considérer comme un équipement de bureau.
- Cela me réchauffe le cœur de l'apprendre, dis-je. (p. 103)
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visagesvisages   28 octobre 2018
Dessiner quelqu'un, c'est comprendre et interpréter celui qui est face à vous. Non pas avec des mots, mais avec des lignes, des formes, des couleurs.
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