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Hélène Morita (Traducteur)
ISBN : 2714447074
Éditeur : Belfond (25/08/2011)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.82/5 (sur 2666 notes)
Résumé :
Au Japon, en 1984.
C'est l'histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu'ils avaient dix ans. A l'époque, les autres enfants se moquaient d'Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l'appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Te... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (365) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
06 août 2014
Très légèrement fantastique.
Premier tome d'une trilogie d'un auteur japonais célèbre, au point d'avoir été envisagé pour le nobel (j'aurais au moins appris quelque chose). La barre est haute.
Aomame, 29 ans, enseignante en arts martiaux, discrète, ascète et célibataire, exerce à ses heures perdues, pour le compte d'une charmante, riche et philanthrope vieille dame, le métier de tueur professionnel. Mais la morale est sauve car ses victimes (par ailleurs, très peu nombreuses) sont des monstres pervers ayant détruit la vie de leur femme. Sa vie, ses émois, ses désirs sexuels.
En parallèle nous suivons, Tengo, la trentaine, vieil ours un peu solitaire, professeur charismatique de math le jour et écrivain à ses heures perdues qui se trouve embarqué par son éditeur dans la réécriture d'un troublant premier roman d'un énigmatique jeune fille.
Non. Si l'on perçoit les fils qui sous-tendent ces deux histoires et les relient, ce n'est pas pour ce tome. Ils ne se rencontreront pas.
Classé science-fiction ? Oui très légèrement catégorie uchronie ou monde parallèle, bien qu'à mon sens on verse plus dans le fantastique très très léger. On se doute que nos mystérieux Little People vont prendre de l'importance et qu'ils sont probablement la clé de cette histoire.
Je me suis demandé au début, devant le style, si c'était une catégorie jeunesse. Mais non, vu les nombreuses scènes explicitement sexuelles (assez émoustillantes d'ailleurs, mais sans aucune vulgarité), on vise un public adulte. Un style simple donc mais qui possède une indéniable poésie, très agréable à lire. Des digressions, longueurs et quelques redites (que l'on soupçonne très fortement d'être volontaires) nuisent un peu à la fluidité du texte, mais ce n'est pas rédhibitoire.
Une lente, très lente construction. Des personnages très bien dessinés, (et j'ai eu une nette préférence pour l'histoire de Aomame) heureusement d'ailleurs, car en matière d'histoire, il faut avouer qu'il ne se passe que peu de chose.
Un roman, lent, un brin cérébral où l'on a l'impression que l'écrit est plus important que ce qu'il raconte.
Est-ce un premier tome réussi ? En tout cas, il m'a donné envie de lire (ou tout du moins connaître - et il faut avouer que ce n'est pas la même chose -) la suite.
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Laurence64
29 avril 2013
Parfois, l'entrée en littérature fait perdre ses repères, fait perdre pied .
J'ouvre mon premier Murakami.
Dès les deux premières pages d'1q84, s'élève une musique irréelle qui m'enveloppe, s'enroule dans les airs.
Une sorte de vrombissement à la fois harmonieux et dissonant m'entraîne dans un univers littéraire déroutant. Lentement, les phrases s'enchainent, traitreusement simples, alors que Aomamé se complexifie plus rapidement qu'une formule de physique quantique sur un grand tableau noir.
Dans les interstices de la narration apparemment limpide, une douce cacophonie me déstabilise. L'affichage des marques vestimentaires si chères à un Brett Easton Ellis heurte le ridicule appuyé du prénom aux haricots de soja, lequel fait hiatus avec l'énigmatique héroïne surprise de reconnaître la Sinfonietta de Janacek.
Je viens d'entrer dans l'univers de Haruki Murakami.
Je poursuis sans encore parvenir à déterminer si l'auteur me séduit ou pas.
Lorsque Tengo apparaît, la même musicalité étonnante accompagne ma lecture si singulière. Des failles tremblent dans les interlignes, la simplicité semble miroir aux alouettes, les préjugés japonisants se noient dans la soupe au miso.
Les références littéraires se multiplient, piochent ici et ailleurs. Plus ailleurs qu'en Asie. L'air de rien, Murakami élabore un univers qui explose les codes, repousse l'attendu, englobe notre monde et ses inquiétudes, malaxe ses violences dans une narration qui ne perd jamais de sa sérénité.
J'ai poursuivi ma lecture sans frénésie comme si l'écriture étonnante de cet auteur japonais, offrant un monde à deux lunes, savait brider les ardeurs pour la jouissance des mots et des esprits qu'il évoque.
J'ai achevé le premier volume de la trilogie, étourdie et décontenancée.
Je vais débuter le deuxième tome. Je ne sais toujours pas si je suis conquise. Mais je suis charmée comme après une promenade dans la forêt de Brocéliande.


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lonesloane
02 septembre 2011
Il y a deux protagonistes, Tengo et Aomamé. Il y a deux vies, différentes, mais tellement semblables en même temps. Il y a deux mondes aussi, si proches l'un de l'autre, qu'il est bien compliqué de discerner dans lequel on se trouve.
Tengo est une âme solitaire, il vit seul à Tokyo, il est professeur de mathématiques et cherche par ailleurs à devenir écrivain. Sa vie est calme, rythmée, organisée. Chaque vendredi il fréquente une femme mariée, juste le vendredi, il n'a pas ou peu d'amis, ne fréquente pas le monde, et cela lui convient bien.
Aomamé est aussi un grande solitaire à sa façon. Elle enseigne les arts martiaux dans un club de remise en forme de Tokyo, parallèlement, elle mène une vie secrète de tueuse à gage pour le compte d'un vieille dame fortunée qui souhaite éliminer de la surface de la terre les hommes violents envers les femmes, ceux pour qui elle imagine que la justice des hommes n'est pas assez sévère, n'est pas assez juste.
Ces deux univers n'ont à priori pas grand chose en commun, absolument rien qui puisse les relier l'un à l'autre, deux âmes perdues dans la mégapole nippone. L'anonyme navigue dans la foule, un monde abstrait ou le fourmillement de la vie masque un univers de solitude. Les choses sont propres et lisses, jusqu'au jour ou l'éditeur de Tengo le contacte pour un projet particulier. Il a reçu, dans le cadre d'un concours de jeunes auteurs, le manuscrit d'une adolescente de 17 ans, Fukaeri. Un texte étrange, très maladroit, mais à la puissance narrative hors du commun. Tengo a pour mission de réécrire « la chrysalide de l'air », de lui donner une forme littéraire parfaite.
C'est à partir de ce moment que le monde tel que nous le connaissons va commencer à s'effriter, se fissurer bizarrement. On entre dans un univers aux multiples ramifications, petit à petit, on comprend qu'Aomamé est liée à Tengo, d'une manière ou d'une autre, on sait qu'ils vont devoir se rencontrer, on le subodore, on l'imagine, on le souhaite aussi…
Haruki Murakami entraine le lecteur avec force dans un univers hors du commun, ou l'étrange et le surréaliste se cache au détour de chaque page. On est confronté à une galerie de personnages tous plus mystiques les uns que les autres. Fukaeri, l'auteur géniale et dyslexique, Tamaru le garde du corps homosexuel, Ayumi la jeune policière en recherche d'amitié et de partenaires sexuels, les mystérieuses petites créature appelées « Little People », le berger Allemand qui adore les épinards, le chauffeur de taxi qui connait des raccourcis surprenants…
Ces mondes étranges, ces univers qui dérangent, ces vies si calmes en apparence mais tellement bouillonnantes… On vit, on vibre avec les personnages, les intrigues qui semblent pourtant désuètes au premier abord… Que se cache-t-il derrière « les précurseurs » ? Que signifie ce monde distordu et ses deux lunes ? Dans quelle condition Tengo et Aomamé se rencontreront-ils ? On referme ce livre premier avec mille questions en tête et une seule hâte, se procurer le plus vite possible le livre deux et se replonger dans ce monde ou le réel et l'onirique n'ont pas vraiment de frontière…
Lien : http://testivore.com/1q84-li..
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cicou45
01 janvier 2012
J'adore depuis toujours la littérature japonaise depuis longtemps car elle m'apporte un je ne sais quoi qui me transporte dans un autre monde, une sorte de sérénité et quelque chose qui me pousse à réfléchir. Je connaissais bien entendu Haruki Murakami et j'ai toujours été enthousiasmé par ses écrits. Je savais donc qu'en m'attaquant à ces deux romans, je ne pourrais pas être déçue et ce ne fut effectivement pas le cas,bien qu'il ne ressemble en rien à tout ce que j'avais lu de lui jusqu'à présent.
Dans ce premier tome, le lecteur fait la connaissance de deux personnages principaux, Aomané et Tengo à qui l'auteur consacre un chapitre à tour de rôle. Lui, est professeur de mathématiques et écrivain à ses heures perdues et elle, est enseignante d'arts martiaux et "tueuse à gages" à l'occasion (dans un but légitime cependant). On pourrait croire que ces deux personnes n'ont donc à priori rien en commun et ne devraient probablement jamais se croiser et pourtant, le lecteur sent bien, au fur et à mesure que sa lecture progresse, que les routes respectives de ces deux-là vont bien finir un jour ou l'autres par se mêler l'une à l'autre.
L'auteur nous emmène ici dans une sorte de roman à suspense, une sorte d'enquête policière qui, à un certain moment, m'a étrangement fait penser à la série des Millénium de Stieg Larsson.
En tous cas, l'écriture est plaisante et Murakami sait, comme toujours, tenir son lecteur accroché à ses pages et, dans ce cas-là, il arrive à le tenir en haleine jusqu'au bout et...ce n'est pas fini ! Je commence le tome II dès ce soir...
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Ancolie
18 avril 2013
Envoutée dès les premières pages, j'ai été. Aomamé et Tengo vivent au Japon en 1984. Ils ne se connaissent pas (?). Ils ont en commun une solitude affichée et un non-attachement aux choses et aux êtres. Tengo est plus lumineux, Aomamé, plus froide. Chacun suit son propre parcours, sans surprises, jusqu'au jour où Aomamé semble atterrir dans une autre réalité, qu'elle surnomme 1Q84, très légèrement différente de la nôtre : «l'année 1984 que je connaissais n'existe plus nulle part. Je suis maintenant en 1Q84. L'air a changé, le paysage a changé. Il faut que je m'acclimate le mieux possible à ce monde lourd d'interrogations. Comme un animal lâché dans une forêt inconnue.»
L'histoire tourne autour de ces deux personnages mais il sera aussi question d'un roman écrit par une jeune fille étrange - La chrysalide de l'air-, d'une secte mystérieuse et de la violence du monde.
On reste dans le flou, dans le questionnement mais cela n'est pas dérangeant, à peine perturbant. J'ai eu l'impression, telle une artiste, de retrouver des petits morceaux de mosaïque éparpillés qui une fois rassemblés, formeront un dessin qui illuminera tout.
Une description de «La chrysalide de l'air», ce roman dans le roman, m'a interpellée : «Mais il est difficile de déterminer où finit la réalité et où commence ce qui relève du fantastique. On peut lire aussi ce texte comme une sorte de mythe ou encore comme une ingénieuse allégorie.» L'auteur ne serait-il pas en train de parler de son propre récit ?
Murakami réussit cette prouesse de nous égarer sur des chemins inconnus tout en nous tenant la main. Il nous donne, à travers ses personnages, des clés pour avancer dans notre cheminement et cela tout le long : «Pourtant, quand on a fini de lire l'ouvrage, même si on est déconcerté, cela vous laisse après coup comme un grand calme. Comme quand on a une impression inconfortable et étrange que l'on ne peut expliquer.» C'est exactement ce que j'ai ressenti.
J'ai hâte de lire la suite pour continuer mon périple, trouver d'autres morceaux de mosaïque et savourer, pages après pages, ce roman inclassable, exceptionnel.
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Les critiques presse (9)
Lexpress16 septembre 2011
On peut se demander si le virtuose Murakami ne s'est pas amusé à jouer les prophètes dans une saga aux allures de page turner. Un vertigineux roman-fleuve où il fustige le fondamentalisme, la violence faite aux femmes, tout en s'interrogeant sur la perversité de la création littéraire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint06 septembre 2011
"Magnum opus", comme l'a qualifié la presse nipponne, l'ensorcelant 1Q84 frappe par l'amplitude avec laquelle il aborde l'histoire du Japon de l'après-guerre, du retour des colons de Mandchourie à la perte de repères contemporaine.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress26 août 2011
Le grand maître japonais de l'illusion est de retour avec un roman hypnotique qui brasse toutes les inquiétudes de notre temps. Virtuose !
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro26 août 2011
L'auteur glisse du réel au fantastique dans une histoire au parfum de mystère. L'ouvrage a reçu un accueil triomphal au Japon.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs26 août 2011
Fabuleusement astucieux, fascinant à tous égards, le livre laisse planer le doute sur des vérités qui, sous le rapport de l'unicité de l'espace et du temps, étaient jusqu'alors données comme acquises.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LesEchos23 août 2011
L'architecte Murakami a édifié un brillant jeu de piste mais aussi un drôle de livre d'anticipation qui se déroule dans le passé, un roman d'amour mélancolique, un suspense accrocheur, un conte moderne envoûtant...
Lire la critique sur le site : LesEchos
LeMonde19 août 2011
On est absorbé par cette lecture qui tient du manga et de l'uchronie, mais aussi et surtout par une atmosphère qui n'appartient qu'à Haruki Murakami.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama18 août 2011
Murakami sonde le mystère des êtres dans un récit onirique et fiévreux se référant à Orwell.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress12 juillet 2011
Murakami imagine une surprenante odyssée initiatique qui se joue des espaces et des temps et qui se déploie en deux tomes où sont réunis ses thèmes de prédilection : la religion et la violence, l'Histoire, le sexe et l'amour pur, mais aussi l'écriture et la solitude.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (381) Voir plus Ajouter une citation
MeroMero18 août 2017
Les papillons, ce sont vraiment les êtres vivants les plus élégants et les plus éphémères. Ils naissent on ne sait où, leur quête est paisible, très limitée, et ils disparaissent on ne sait où, imperceptiblement. Probablement dans un autre monde.
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MeroMero18 août 2017
L'Histoire nous enseigne que, au fond, nous sommes les mêmes, autrefois comme aujourd'hui. Même si nos vêtements ou nos modes de vie ont beaucoup changé, nos pensées et nos actes ne sont pas très différents. L'être humain, finalement, n'est qu'un simple véhicule, ou un vecteur, pour les gènes. Nous sommes leurs montures tout au long de leur voyage, de génération en génération, exactement comme des chevaux que l'on remplace lorsqu'ils vont mourir. Et les gènes n'ont aucune notion de ce qui est bien ou de ce qui est mal. Ni la moindre idée de ce que nous éprouvons. Ils ignorent si nous sommes heureux ou malheureux. Nous ne sommes pour eux qu'un moyen. Leur priorité , c'est d'obtenir pour eux-mêmes le meilleur rendement.
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MeroMero18 août 2017
Devenir libre, qu'est-ce que cela veut dire finalement ? Est-ce que cela signifie réussir à s'échapper d'une cage pour s'enfermer dans une autre, beaucoup plus grande ?
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MeroMero18 août 2017
Dépouiller l’Histoire de sa vérité, c’est comme dépouiller quelqu’un d’une partie de sa personnalité. C’est un crime.
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marionlafontanmarionlafontan15 juillet 2012
je marche seule dans une forêt. Mais ce n'est pas une forêt maléfique comme celle où Hansel et Gretel se sont perdus. C'est une forêt très lumineuse, pas très épaisse. C'est le matin, il fait chaud, c'est agréable, et je marche là dedans le coeur heureux. Après, je me dirige vers une petite maison avec une cheminée, un petit porche et, à la fenêtre, des rideaux en vichy. En somme, tout cela parait très accueillant. Je frappe à la porte et je dis :"Bonjour!" Mais personne ne me répond. Alors je frappe un peu plus fort et la porte s'ouvre toute seule. Elle n'était pas bien fermée. J'entre. "Bonjour, euh.... Il y a quelqu'un? Je suis entrée..." [...]
"C'est une petite cabane d'une seule pièce. Très simple. Il y a un petit coin cuisine, un lit, une table. Au milieu, un poêle à bois, et, sur la table, des plats sont prêts, pour quatre personnes. De la vapeur blanche s'élève des assiettes. Mais il n'y a personne le repas est prêt, mais quelque chose de bizarre a dû se produire. Par exemple l'apparition d'une sorte de monstre, et tout le monde s'est enfui. Voilà ce que je ressens. Mais les chaises ne sont pas en désordre. Tout est paisible, étrangement normal. Simplement il n'y a personne.
_Ils avaient préparé quel genre de plats?"
Elle pencha la tête.
"Je ne m"en souviens pas. Oui, Au fait, c'était quoi, comme plats? Bon enfin, ce qu'il y avait dans les assiettes, ce n'est pas la question. La question, c'est qu'elles étaient fumantes. En tout cas, je me suis assise sur une chaise et j'ai attendu que la famille revienne. Il fallait que j'attende qu'ils rentrent. Pourquoi? Je n'en sais rien. C'est un rêve. on ne peut pas tout expliquer. Je voulais peut être qu'ils me disent quel était le chemin du retour ou qu'il fallait que j'obtienne quelque chose, enfin, ce genre de trucs. Bon, en tout cas, j'ai attendu sans bouger que ces gens reviennent. Mais j'avais beau attendre, personne ne revenait. La fumée continue à monter des plats. En voyant ça, j'ai eu très faim. Mais même si j'étais affamée, tant que les gens n'était pas là, il n'était pas question pour moi de toucher aux plats. [...]Le soir est tombé. Dans la cabane, c'est devenu sombre. La forêt alentours s'est faite de plus en plus ténébreuse. Je voulais allumer la lumière, mais je ne savais pas comment faire. Peu à peu, je me suis sentis angoissée. Et puis, brusquement, je me suis aperçue de quelque chose. Bizarrement, la quantité de vapeur qui s'élevait des plats ne diminuait pas du tout. Le temps avait beau passer la cuisine restait toujours fumante. Alors, j'ai commencé à me dire que c'était étrange. Que quelque chose n'allait pas. Et là, le rêve se terminait. [...] C'est sûr que quelque chose allait arriver, Le soleil était couché, je ne connaissais pas le chemin pour rentrer, j'étais tout à fait seule dans cette cabane invraisemblable. Quelque chose arriverait. J'ai l'impression que ça aurait été quelque chose que je n'aurais pas beaucoup aimé. Mais le rêve se termine toujours à ce moment là. Et je refais ce même rêve, encore et toujours. [...]
Tengo, tu veux savoir quelle est la partie du rêve qui me fait le plus peur?
_Oui dis moi. [...]
"Eh bien, peut être que le monstre, c'est moi. J'ai fait cette hypothèse, une fois. Alors que j'avançais et que je me rapprochais, les gens m'ont vue, ils ont laissé en plan leur repas et leur maison... Non? Et tant que j'étais chez eux, ils ne pouvaient plus revenir. Et pourtant, moi, il fallait que je les attende. ça me fait très peur ce genre de pensée. Personne pour me sauver.
_Ou alors, dit Tengo, c'était ta propre maison et tu t'attendais toi même après t'être enfuie."
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Videos de Haruki Murakami (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Haruki Murakami
"Kafka sur le rivage" de Haruki Murakami (Alchimie d'un roman, épisode n°16)
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