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Pierre Faure (Traducteur)Bernard Frank (Préfacier, etc.)
EAN : 9782877302074
187 pages
Editions Philippe Picquier (19/05/1998)
3.53/5   39 notes
Résumé :
"Interminablement la pluie est sans conteste l'un des chefs-d'oeuvre, non seulement de l'oeuvre de Kafû, mais de la littérature japonaise de l'entre-deux-guerre" écrivait Pierre Faure.
Par petites touches de confidences esquissées en dissertations sur les plaisirs de la vie, dans un lyrisme contenu, Kafû verse au coeur du lecteur un univers fait de poésie et d'élégance classique, d'érudition et de rêveries inépuisables.
Attentif à mille détails, à d'ép... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Nagaï Kafû (1879-1959) fait partie avec Natsume Soseki et Ryûnosuke Akutagawa de la trilogie des grands écrivains , fondateurs de la littérature japonaise moderne.
On trouvera dans ce petit ouvrage, indispensable à tout admirateur de la culture japonaise,
outre les trois récits de Kafû présentés dans ce livre, "En eau profonde" "Feu d'artifice" et "Interminablement, la pluie ...", récits qui sont extrêmement représentatifs du style de cet auteur, un remarquable essai de son traducteur, Pierre Faure.
Cet essai, intitulé « La difficulté d'écrire au Japon, de la fin de Meiji à la seconde guerre mondiale » est le complément nécessaire pour comprendre la forme d'état d'esprit qui motive Kafû dans ce livre ainsi que la plupart des écrivains japonais du début du XXème siècle.
Les circonstances historiques très répressives qui ont été alors celles du Japon y sont exposées avec la plus grande clarté et donnent quelques clés indispensables. Pour tous ceux qui veulent approfondir leur connaissance de cette remarquable culture, la lecture de cet essai est fortement recommandée. Ils y trouveront en effet, l'éclairage qui manque, sur les motivations et la psychologie de ces très grands auteurs et la forme particulière qu'ils furent dans l'obligation de donner à leurs oeuvres.
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Lire "Interminablement la pluie" c'est faire un voyage quotidien dans le Japon de la fin de l'ère Meiji. Mais pas n'importe quel quotidien ! Qu'on ne s'y méprenne pas, Nagai Kafû est un poète, un vrai et ce n'est pas seulement une sensibilité toute japonaise qui parle. Non. Décidément ce poète nous entraîne loin. Très loin en s'attardant pourtant sur ce qui est tout près de lui. le son de la nature, la lumière, le goût du thé. Ce ne sont que des bribes de quotidien qui nous transportent ici, des situations anodines, des moments banales. Et voilà ce que j'aime avec Kafû, cette poésie du banal qui transforme chaque instant en un trésor à savourer. À ceux qui s'ennuieraient à sa lecture, je dirai qu'une source d'eau clair est infiniment plus ennuyante qu'une cascade grondante, mais que la première à le pouvoir de désaltérer. Et que lorsqu'on prête un oeil et une oreille attentive on remarque que le soleil l'a fait briller de mille feux. "Interminablement la pluie" est une source de montagne qui coule doucement au creux d'un vallon ensoleillé. Et si la pluie fait son apparition, c'est pour frapper contre les parois de la maison et nous faire entendre le gens agréable du temps qui passe. Avec ce qu'il a de terrible et beau à la fois. La vie de Kafû n'est pas rose. Obligé de rester le plus souvent pour cause de maladie, la disparition et son état de santé le hantent. Pourtant malgré les impondérables que lui impose sa vie, il a su apprécier et nous faire apprécier les toutes petites choses.

L'essai de Pierre Faure intégré à ce recueil de trois textes de Kafû nous donne un éclairage passionnant sur l'époque où l'auteur Japonais a écrit ces textes. Une ère de changement et d'occidentalisation où le divertissement devient le seul but des écrivains. Kafû se pose lui aussi la question de savoir quoi faire dans ce monde qu'il ne comprend plus et ses réponses se trouvent être les plus simples du monde : lorsqu'on ne sait plus où regarder, il ne reste plus qu'à regarder autour de soi.
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Trois nouvelles qui résument l'état de la société japonaise au début du siècle dernier. Une ouverture étroite sur le monde extérieur, un nationalisme exacerbé jusqu'à la censure. On y découvre les difficultés des artistes surtout des écrivains de vivre de leur plume. On y devine l'épicurisme et l'érudition de Nagai Kafû. A travers le rythme de la prosodie, on apprend à connaître un être marginal qui ayant trouvé sa voie s'y maintien malgré un environnement hostile.
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Je me souviens de la stupeur d'une amie japonaise découvrant dans ma bibliothèque les principaux classiques japonais, qu'elle même n'avait lu que dans le cadre de ses études! Inutile de dire que Kafû est incontournable en la matière. Par petites touches, dans des textes courts, il nous livre une partie de l'âme japonaise, perdue à jamais aujourd'hui. Nous sommes, bien entendu, très loin des mangas et la poésie des mots et des idées est teintée de nostalgie. Classique et efficace.
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Cela va aller vite.

J'ai tout d'abord cru que commençait pour moi une leçon d'humilité ou plus exactement, je me suis dit, quelle culture cet écrivain! Et puis assez vite, je me suis dit qu'il était pénible, tout du moins dans ce livre!

Alors que retenir d' "interminablement la pluie"? L'adverbe!
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Il arrive que, par le fait d'une affinité privilégiée, l’œuvre d'un écrivain trouve au sein d'une autre culture un interprète idéal. On ne peut s'empêcher, alors, d'admirer qu'en dépit des distances créées par l'espace et le temps, deux sensibilités se révèlent si merveilleusement accordées.
C'est bien une telle affinité qui fut en jeu dans la rencontre que devait faire l’œuvre de Nagaï Kafû avec Pierre Faure.
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De même que, dans le palais de l'équité, on rencontre souvent les fientes laissées par les oiseaux et les rats, de même, au fond de la vallée du vice, on peut, paradoxalement, cueillir en abondance les belles fleurs de la sensibilité et les fruits parfumés des larmes.
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Dans l'air qui enveloppe le Japon, et même en ces temps de gouvernement constitutionnel, il est contenu un je ne sais quoi, difficile à nommer, d'oriental et de despotique, qui ne diffère en rien de l'ancien âge féodal; et, quels que soient les changements apportés à l'apparence extérieure, je ne puis m'empêcher de penser que la terre et les saisons, et tout un ensemble d'éléments invisibles, portent en eux une hostilité envers la liberté de la volonté humaine et de sa pensée.
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La décadence est le développement logique des choses ; si l’on veut l’éviter, dès le début il faut choisir de rester dans la barbarie et l’inculture.
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Atteint très tôt d'une maladie dont il connaissait le caractère fatal, Pierre Faure a vécu une vie toujours menacée avec un courage et une élégance exemplaires. Il s'est éteint le 6 novembre 1977 à l'âge de quarante-trois ans à Chambéry, où il repose. A quelques jours de sa mort, il travaillait encore au manuscrit que nous publions et dont on peut dire que la dernière ligne est son dernier effort.
(Bernard Frank dans son avant-propos)
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Video de Kafū Nagai (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kafū Nagai
Ryoko Sekiguchi Patrick Honoré le Club des gourmets et autres cuisines japonaises. Traduire. Où Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré tentent de dire de quoi est composé "Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises", présenté par Ryoko Sekiguchi, et comment a été traduit du japonais ce recueil de Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun?ichirô Tanizaki traduits par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré, à l'occasion de sa parutuion en #formatpoche aux éditions P.O.L et où il est question notamment de la traduction à deux mains, de Patrick Chamoiseau et de mangas,et des mots pour dire la nourriture et la cuisine. "Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais?! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine."
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