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Corinne Atlan (Traducteur)
ISBN : 2877303217
Éditeur : Editions Philippe Picquier (19/05/1998)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 34 notes)
Résumé :

On croit d'abord plonger avec délices dans l'intimité d'un couple sans histoires et, peu à peu, dans le cours de ces vies ordinaires, Sôseki dessine un admirable portrait de couple. Les personnages de Sôseki rêvent d'affirmer un individualisme qu'ils n'ont pas la force d'assumer et s'abandonnent à une triste résignation que l'auteur sait mieux que quiconque dépeindre avec une profondeur et une sincérité magistrales.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Malivriotheque
  20 mai 2019
Sôsuke est un homme sans histoires qui vit à Tokyo avec sa femme. Son quotidien se résume à son travail et il apprécie être seul le dimanche pour enfin ne rien faire. Mais des affaires familiales de ramènent à la réalité : il doit prendre soin de son frère Koroku qui doit poursuivre ses études alors que l'argent vient à manquer. Sauf que Sôsuke a très mal géré les finances de la famille et a trop traîné pour régler des différends...
Si la prose de Sōseki est agréable, on se retrouve néanmoins avec un personnage principal champion de la procrastination et de la passivité auquel il est assez dur de s'attacher. Lui et sa femme O Yone ont une vie plutôt basique et semblent se satisfaire de dialogues simples qui ne transportent en aucun cas le lecteur dans une intrigue quelconque.
Au final il se passe peu de choses dans cette histoire. le réalisme se dessine carrément dans le minimalisme, ce qui vaut aussi bien pour l'intrigue que pour la narration et le devenir des personnages. le couple se complaît dans l'inaction constante, s'interroge sur l'avenir sans vraiment agir, attend que les choses se produisent plutôt que de créer des choses, et au bout du compte le temps passe et les pages se tournent mais on n'avance pas. On dirait qu'ils se victimisent à subir ce que la vie peut bien leur mettre dans les mains au lieu d'essayer d'agir et de régler des situations qui leur empoisonnent pourtant le quotidien.
Quelle est cette porte alors ? Celle du bonheur ? Ont-ils peur de prendre le contrôle ? Les mots "action, opportunité, chance" sont-ils devenus des gros-mots ?
J'ai eu l'impression de stagner, comme eux. Sauf que moi, j'ai pris la décision d'arrêter les frais. Un exemple qu'ils auraient dû suivre, au sens propre vu l'histoire et au sens figuré. Cela ne m'étonne pas que le nom de Sōseki ne soit pas connu pour un tel récit.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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brigetoun
  24 février 2013
Un couple uni par un amour sincère où se réfugient, par les difficultés, par une humilité qui s'est imposée, qu'ils cultivent, une culpabilité mystérieuse, par la fuite devant les décisions à prendre, qui seraient faire entrer la vie, les autres, la dureté dans leur univers - un couple qui les prend finalement d'ailleurs..
La langue qui se fait neutre pour rendre avec une précision extrême le cheminement des pensées dans la conscience du héros, les sensations la beauté d'une lumière ou d'une fleur, le contact du froid et des pieds chaussés de souliers percés, le regard des autres sur les deux époux
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Sando
  19 juin 2011
Sôsuke est neurasthénique. de fait, le moindre changement dans son quotidien, la moindre initiative ou responsabilité, lui sont pénibles. Il mène donc, avec sa femme, une existence simple, dépourvue d'intérêt, fuyant autant que possible les contraintes.
Comment alors s'attacher à un personnage aussi agaçant et flegmatique? Un livre qui n'avance pas, des décisions qui mettent des mois à être prises, puis appliquées, un langage emprunté qui distance le lecteur de l'histoire. Bref, malgré l'excellente réputation de Sôséki, je n'ai pas réussi à franchir le seuil de son roman.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   24 février 2013
De plus, l’habitude qu’il avait prise au Issô-an de méditer du matin au soir ne l’avait pas encore quitté. Il avait gardé un peu de cet état d’esprit qui consiste à observer ses propres pensées comme une poule qui couve ses œufs, et était incapable de penser normalement comme d’habitude.
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brigetounbrigetoun   24 février 2013
Un profond silence envahit le quartier où déjà, dans la journée, on entendait rarement passer les voitures. Comme d’habitude, les deux époux se rapprochèrent de la lampe. On eût dit que pour eux le seul endroit éclairé de par le vaste monde était le coin où ils étaient assis, uniquement conscients l’un de l’autre, oublieux du reste de la société qui appartenait à un domaine obscur, situé hors du halo de leur lampe. En passant ainsi leurs soirées, ils se révélaient à eux-mêmes leur propre existence.
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brigetounbrigetoun   24 février 2013
Cela faisait des années que le seul air qu’il respirait était celui de Tôkyô, il avait même l’habitude de traverser deux fois par jour les quartiers les plus animés, dans le tramway qu’il empruntait tous les jours pour aller au bureau et en revenir, mais il n’avait jamais pris pleinement conscience pendant toutes ces années que c’était lui-même qui traversait ces rues animées et il faisait toujours ce voyage comme s’il planait dans le haut ciel, tant il était absorbé de corps comme d’esprit
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brigetounbrigetoun   24 février 2013
Conscient de n’être qu’un exclu, que nul ne conviait au festin, il évitait toutes les occasions d’ivresse, comme si l’ivresse lui était formellement interdite. En dehors des péripétie de sa vie en compagnie d’Oyone, il ne pouvait rien espérer. Le calme solitaire de cette soirée de réveillon, où il gardait la maison en l’absence de sa femme, était bien à l’image de la réalité ordinaire de sa vie.
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brigetounbrigetoun   24 février 2013
Non seulement elle était beaucoup plus âgée que Koroku, mais, de plus, leurs rapports passés ne favorisaient guère le développement entre eux d’une atmosphère de chaude intimité, qui aurait justement pu les rapprocher et les aider à briser la glace en ce début de cohabitation.
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Video de Natsume Soseki (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Natsume Soseki
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de la mort?
« Il cessa de pleurer, et, le visage tourné vers le mur, il se mit à réfléchir, l?esprit obsédé par cette unique pensée : Pourquoi, pourquoi cette chose épouvantable ? Mais quoi qu?il fît, il ne trouvait aucune réponse. Et quand l?idée qu?il n?avait pas vécu comme on doit vivre se dressait devant lui, il chassait cette idée bizarre en se rappelant aussitôt la parfaite correction de son existence. Presque toujours le visage tourné vers le mur, il souffrait, seul, de ses souffrances insolubles, il se plongeait, seul, dans ses pensées insolubles. « Qu?est-ce donc ? Est-ce vraiment la mort ? » Et la voix intérieure répondait : « Oui, c?est la mort ». ? « Mais pourquoi ces souffrances ? » Et la voix intérieure répondait : « Comme ça, pour rien. » Tolstoï, La mort d?Ivan Illitch.
Comme tous les êtres vivants, nous allons mourir un jour. Mais à la différence des autres êtres vivants, nous en sommes conscients. Ce qui fait dire à Woody Allen : « Depuis que les humains se savent mortels, ils ont du mal à être tout à fait décontractés ». Alors, pour nous décontracter, nous nous efforçons de ne pas trop y penser : « L?homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée », écrit Paul Valéry.
Mais la mort parfois nous tire par la manche. Nous sommes impliqués de loin, par la disparition d?une connaissance ou d?une célébrité ; nous sommes en présence du corps sans vie d?un ami, près d?un cercueil, à côté d?une tombe? Ou, plus déstabilisant encore, nous sommes impliqués dans notre propre chair, au travers d?une maladie menaçante diagnostiquée chez nous.
Alors, nos illusions s?envolent. le temps de l?insouciance et des fausses croyances est terminé : nous ne pouvons plus faire comme s?il nous restait un temps illimité à vivre. Non, le temps qu?il nous reste n?est pas illimité. Pire, il est incertain, et peut-être serons-nous morts demain.
Face à la mort et au cortège de peurs qu?elle pousse devant elle, c?est notre vie intérieure qui peut nous donner force et lucidité. Sans un salutaire travail de l?âme, notre crainte de la mort influence et parasite notre vie. Les recherches scientifiques ont montré qu?en activant la peur de la mort, on pousse les humains à plus de matérialisme, plus d?égoïsme, plus de rigidité psychologique. A l?inverse, s?entraîner à un abord lucide, apaisé et réaliste, de l?idée de sa mort apporte peu à peu une forme d?apaisement et d?équanimité, envers une perspective qui ne réjouit, tout de même, personne ! C?était le conseil de Montaigne : « Otons-lui l'étrangeté, pratiquons-la, accoutumons-la, n'ayons rien si souvent en la tête que la mort. »
Alors, de notre mieux, accueillons les irruptions de la mort dans nos vies : devant les faire-part de décès, à l?écoute du glas de l?église voisine? Immobilisons-nous, et laissons toutes les images, les pensées et les souvenirs liés à la mort se répandre en nous ; efforçons-nous, simplement, de rester reliés à notre respiration, au souffle de la vie en nous et autour de nous.
Rendons-nous, de temps en temps, dans les cimetières ; prenons le temps d?y marcher dans les allées, de nous y asseoir ; et là encore, sans rien chercher, sans rien poursuivre, laissons-nous habiter par ces instants, observons cet environnement de vie et de mort mêlés. Restons là, à écouter le chant des oiseaux, le pas des visiteurs sur le gravier? J?ai souvent fait cet exercice avec certains de mes patients qui souffraient d?une anxiété de la mort, et nous en avons gardé, eux et moi, des souvenirs d?expériences très fortes, et paradoxalement très douces.
Connaissez-vous ce haïku du poète japonais Natsume Sôseki ? « Sans savoir pourquoi / J?aime ce monde / Où nous venons pour mourir. ». le contraire de la mort, c?est la naissance. Nous sommes entrés, nous allons sortir. Et entre les deux il y a la vie. Vous ne trouvez pas qu?elle est belle ?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
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