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Rémi Cassaigne (Traducteur)
EAN : 9782266288095
528 pages
Éditeur : Pocket (18/06/2020)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 169 notes)
Résumé :
1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable. Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence. C'est dans cette atmosphère irrespirable que Jean Michael Cardell, un vétéran de la guerre russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d'un inconnu. L'enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux. Celui-ci va bient... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  03 septembre 2019
Waouw un sacré roman, sans doute mon coup de coeur de mes lectures estivales. A la fois historique et policier, pour moi une véritable immersion dans la Suède du 18ème siècle.
Un policier très bien construit même si lors de certains passages on est plutôt déstabilisé justement à cause de sa construction. Mais une intrigue menée de main de maître. Une écriture fluide et addictive qui m'a poussée à poursuivre intensément ma lecture.
Ce roman de presque 450 pages n'a pas fait long feu, je l'ai littéralement dévoré… tout cela pour avoir une fin en apothéose et bluffante.
Un roman qui compte et je souhaite et espère un très bel avenir à l'auteur.. je vais suivre son actualité avec attention.
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Sylviegeo
  17 juin 2019
Un mot: suis sur le cul ! Ha non ça c'est 4 mots. Alors un mot : magistral ! Ou encore génial ou mieux remarquable ou ...allez le grandiose que vous voulez. C'est un premier roman des plus accomplis. Il tape fort et c'est un coup de circuit .
1793 en Suède. Une année à Stockholm, véritable cloaque, où les miasmes et ses relents nous restent dans le nez longtemps après avoir refermé ce livre. Car nous découvrons une société beaucoup moins "propre" (dans tous les sens) que ce que l'on peut imaginer. Incroyable lecture.
Ça pue, ça saigne, ça chie, ça cogne, ça tue, c'est délirant mais c'est incroyablement vrai. C'est d'une précision à couper le souffle.
C'est raconté sur une année, en suivant les saisons, d'une écriture précise et incisive, dans une langue parfaite ! Des personnages, oh la la , disons plus grands que nature, authentiques et parfaits dans ce décor. Luttant pour survivre, vivant d'espoirs et de rêves brisés, certains avec une morale élastique, d'autres avec une conscience légère et une probité inexistante, d'autres encore tentant de rester honnêtes et purs.
Suis fan de polars historique mais là, cette reconstitution est hallucinante! Ce que l'on décrit dans ce livre m'a fasciné, m'a scotché à mon fauteuil de lecture. C'est ce qu'il fallait pour que nous en sachions un peu plus sur ce corps retrouvé dans le fond d'un lac et sur cette société.
Oh ce n'est pas une jolie balade dans la ville. Attendez-vous à vous salir les souliers avec les enquêteurs, à vous pincer le nez, à vous vomir les tripes, à avoir une gueule de bois, à être frigorifié, à avoir faim et soif, à être fiévreux et malade ...
Préparez-vous un café bien fort, installez-vous confortablement et allez-y !
1793 est un premier roman puissant. Un coup de maître. Chapeau bas Niklas Natt och Dag.
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Clubromanhistorique
  01 septembre 2019
Encensé par les critiques littéraires aussi bien en Suède qu'en France, "1793", premier roman de Niklas Natt och Dag dont on sait seulement qu'il est le descendant d'une des plus anciennes familles nobles de Suède, serait selon son éditeur "le best-seller qui révolutionne le thriller historique" ! Une sacrée promesse qui a attisé ma curiosité ! Mais qu'en est-il réellement ?
L'histoire
Comme son titre sobre et laconique l'indique, l'action se déroule en 1793, date qui m'a fait pressentir que le roman allait se passer en France, sous la Terreur... En fait, non, je suis partie pour la Suède ! Deuxième surprise : compte tenu de la photo de couverture, je me suis dit que j'allais me retrouver au beau milieu d'une bataille navale (le tableau représente en effet la bataille de Vyborg par Ivan Aïvazovski). Eh non, je me suis bien retrouvée au beau milieu de l'eau, mais dans le nauséabond lac Fatburen, à Stockholm ! C'est là que Cardell, un ancien soldat qui a perdu un bras lors de la guerre russo-suédoise et reconverti en "boudin" (ce terme, non défini dans le roman, désigne en quelque sorte un auxiliaire de la police), vient de découvrir le corps atrocement mutilé d'un homme qui flotte en surface des eaux glacées du lac. Histoire de vous mettre dans l'ambiance, il ne reste du corps qu'un tronc sans bras ni jambes, les yeux ont été crevés, les dents arrachées et la langue a été tranchée. Comble de l'horreur, ces sévices ignobles ont été réalisés non pas en une seule fois mais de manière étalée dans le temps ! Qui est cet homme, pourquoi lui avoir fait subir un tel supplice et qui est ce monstre sanguinaire capable de commettre de tels actes ? Il faut l'arrêter au plus vite ! L'enquête, menée par Cardell et son acolyte Winge, un homme de loi rongé par la tuberculose, s'annonce bien compliquée, les deux enquêteurs vont en effet plonger dans les tréfonds de Stockholm avec un ticket en première pour l'enfer...
"Puis le paquet se retourne et il se retrouve face à lui. Ça n'est pas du tout décomposé, mais les orbites qui le regardent sont vides. Derrière les lèvres déchirées, plus de dents. Les cheveux ont gardé leur lustre – la nuit et l'eau gluante de Fatburen ont fait de leur mieux pour éteindre son éclat, mais c'est sans aucun doute une claire chevelure blonde."
Un contexte historique effleuré
1793... autant la situation en France à cette date m'est plutôt familière, autant celle de la Suède ne me l'est pas ! Cependant ne vous attendez pas avec ce roman à une description pointue et circonstanciée de la situation de la Suède en 1793. Tout au plus vous apprendrez de manière décousue que la Suède a été en guerre contre la Russie, que le roi Gustav III est mort un an auparavant et qu'après une lutte de pouvoir c'est finalement le baron Reuterholm qui dirige le pays au nom du comte Karl, frère du roi et nommé régent et tuteur du prince héritier Gustave IV.
Faute d'une documentation en début ou fin d'ouvrage – seules figurent une carte de Stockholm, intéressante mais non indispensable pour la compréhension du roman, et une postface de l'auteur –, il m'a donc fallu faire quelques recherches de mon côté pour comprendre où je mettais les pieds : c'est ainsi que j'ai découvert les tenants et les aboutissants de la guerre russo-suédoise et que le roi Gustav III avait été assassiné ! Pas de note explicative sur le contexte historique mais pas non plus de notes de bas de page pour expliquer certains termes, je pense surtout à "boudin" et à "saucisse" (ce dernier indiqué en italiques dans le roman) ! J'en ai déduit que le terme "boudin" désignait un ancien soldat reconverti en auxiliaire de la police et qu'une "saucisse" était un policier municipal, mais c'est mon interprétation... Vous comprendrez donc ma surprise lorsque j'ai lu, une fois le corps mutilé découvert, cette phrase : "Courez à Slussen chercher les saucisses." !
Tout juste remis de la guerre russo-suédoise et de l'assassinat de Gustav III, le pouvoir en place se sait fragile et menacé par de multiples complots qui visent à le renverser. Il surveille donc de près le sort de la France qui vient de basculer sous la Terreur. Chute de la monarchie française, exécution de Louis XVI... il ne manquerait plus que l'esprit révolutionnaire ne gagne à son tour le pays ! Car côté inégalités sociales, la Suède n'a rien à envier à la France ; là aussi, les inégalités sociales sont criantes et la colère du peuple commence à monter.
Une construction surprenante et une intrigue diabolique !
Ce roman est découpé en quatre grandes parties correspondant aux quatre saisons de l'année 1793. La première partie – une centaine de pages – est d'un classicisme absolu même si l'on pressent déjà une qualité d'écriture réaliste, puissante et très sensorielle, et suit le schéma traditionnel : découverte d'un corps et début, un peu lent ici, de l'enquête.
Au bout de ces cent pages, un peu déconcertée, je me suis vraiment demandé où était l'aspect révolutionnaire de ce thriller… Mais arrivée à la deuxième partie, la gifle ! Contrairement à l'ordre des choses, le roman ne suit pas l'ordre chronologique, il fait des allers-retours dans le temps : il démarre à l'automne, se poursuit à l'été puis au printemps et fait de nouveau un bond en avant pour se terminer à l'hiver ! Ainsi, la dernière partie est la suite directe de la première et elles correspondent à l'enquête de Cardell et Winge tandis que les deux autres parties qui s'intercalent au milieu sont des retours dans le passé, dont le rapport avec l'enquête n'est pas évident de prime abord puisqu'elles mettent en avant de nouveaux personnages sans aucun lien avec nos enquêteurs et, pour la seconde partie, une nouvelle forme de narration, le narrateur omniscient laissant sa place à une forme épistolaire. C'est à partir de cette deuxième partie que le roman décolle vraiment et, encouragée par des chapitres courts, je ne l'ai plus lâché, totalement captivée par cette construction atypique qui complexifie l'intrigue et accentue le suspense.
Cette construction s'apparente véritablement à un puzzle dont les différentes pièces ne signifient rien isolément mais qui, une fois assemblées, prennent tout leur sens. Et là, c'est l'auteur qui gère d'une main de maître le rythme d'assemblage des pièces même si l'on pressent qu'on se dirige droit vers l'enfer. Et le lecteur ne perd jamais le fil de l'histoire, tout est calculé au millimètre près par l'auteur. Ce dernier est en quelque sorte le maître du jeu : il délivre au moment voulu les indices qui nous permettent d'établir les liens entre les faits et les personnages, il est impossible pour le lecteur de devancer l'auteur, c'est tout simplement diabolique et très bien maîtrisé !
Un emprunt aux codes du polar scandinave
Cette intrigue très bien ficelée et diabolique à souhait prend place dans un environnement et une ambiance très bien décrits. Pour illustrer l'atmosphère particulière qui règne dans ce roman, les critiques littéraires ont souvent évoqué le Parfum de Patrick Süskind. le parallèle est en effet pertinent et j'ai aussi pensé par certains aspects aux thrillers de Karen Maitland et aux polars scandinaves (Camilla Läckberg, Lars Kepler, Jussi Adler-Olsen, etc.).
Par le biais d'une écriture puissante, sensorielle, crue et glaçante (bravo au traducteur !), car dénuée de tout sentiment, l'auteur parvient à créer une atmosphère sombre, lourde, glauque et glaciale dans laquelle évoluent des personnages tourmentés, torturés, voire sadiques ! Même les deux enquêteurs n'échappent pas à cette atmosphère oppressante malgré la part de lumière qu'ils apportent au récit. Quand je vous parle d'enfer, on n'en est vraiment pas loin… Car l'auteur ne nous épargne rien, sa plume faisant intervenir immédiatement nos cinq sens, c'est pour cela que je parle d'écriture sensorielle. Quand il s'agit des descriptions d'un Stockholm répugnant, malsain, sale, pauvre et violent, cela passe encore, mais quand l'auteur détaille certaines scènes mettant en lumière la perversité et la cruauté de certains personnages, la lecture devient éprouvante, à la limite du soutenable, et même si je n'ai sauté aucune ligne j'avoue avoir eu à plusieurs reprises des haut-le-coeur : on entend les hurlements, les plaintes et les pleurs, on respire les miasmes, on touche les chairs, on voit les blessures... Cette lecture prend vraiment aux tripes ! Même si je salue le tour de force de l'auteur, ce type d'écriture n'est pas vraiment ma tasse de thé, cette noirceur, cette violence et ce détachement volontaire me mettent plutôt mal à l'aise et je n'aime pas avoir mal au coeur !
"J'ai vu le monde, monsieur Winge. L'humanité n'est qu'une vermine menteuse, une meute de loups assoiffés de sang qui ne désirent rien tant que de tailler en pièces les uns les autres dans leur lutte pour la domination. Les esclaves ne valent pas mieux que leur maître, ils sont juste plus faibles. Les innocents ne gardent leur innocence que grâce à leur faiblesse."
En tout cas, les descriptions de la capitale suédoise nous permettent de nous rendre compte qu'elle n'est ni mieux ni pire que les autres capitales européennes du XVIIIe siècle : il y règne la même misère, la même violence, la même exploitation des femmes et des classes défavorisées, la même perversité humaine, la même corruption notamment au sein de l'aristocratie, etc. Aucun lieu n'échappe à cette atmosphère méphitique et poisseuse : les rues sont dangereuses, les auberges malfamées, la misère et les odeurs nauséabondes sont présentes à tous les coins de rues, les maisons closes laissent libre cours à des formes de sadisme abominables... Et je ne vous parle même pas des filatures de Stockholm, véritables prisons pour femmes, où ces dernières meurent de faim et de fatigue sous les coups des gardiens quand elles ne sont pas violées. On n'est en effet pas loin de la description du Paris de Patrick Süskind. Toute cette noirceur est peut-être un poil caricaturale, mais le but de l'auteur est atteint !
"Cardell s'engage parmi les taudis de l'autre côté du pont. Ici, les familles s'entassent les unes sur les autres dans des baraques menaçant de s'effondrer. La saison qui arrive y est plus redoutée qu'ailleurs : tandis que les derniers recoins de ces misérables masures se remplissent de corps grelottants, les cadavres raidis par le froid s'entassent près des cimetières en attendant que le dégel permette de creuser la terre."
Cardell/Winge : un duo d'enquêteurs étonnant
Loin d'être des super-héros, nos deux enquêteurs n'ont pas été épargnés par la vie mais ils n'en sont pas moins de fins limiers et ils apportent à cette histoire une petite lueur d'espoir, de par leur intégrité, leur détermination et leur intelligence, et ce malgré leurs différences.
Jean Michael Cardell, qui a découvert le corps dans le lac Fatburen, est un ancien soldat, vétéran de la guerre russo-suédoise où il a laissé un bras. Mais ce n'est pas tout : il est aussi porté sur la boisson et tourmenté par des visions cauchemardesques liées à la guerre.
Cecil Winge, quant à lui, est un homme de loi intègre, mais il est rongé par la phtisie ; pour lui, cette enquête sera certainement la dernière – et on se demande même s'il va pouvoir l'achever tant il crache du sang et semble aux portes de la mort. Si le premier est plutôt sanguin et impulsif, le second est réfléchi et calme. La recette est plutôt classique, celle de deux enquêteurs différents mais complémentaires, mais on a rarement affaire à des enquêteurs aussi "cabossés" dont on se demande s'ils vont tenir jusqu'au bout de l'enquête !
Ces deux hommes, qui forment ainsi un duo inattendu, vont apprendre à se connaître au fil des jours et vont même s'apprécier très rapidement, il en va de même pour le lecteur qui découvre progressivement leur histoire personnelle. Ils vont également unir leurs forces pour rendre son identité au corps retrouvé et démasquer le monstre sanguinaire qui est à l'origine de ces sévices. Mais ils sont loin d'imaginer qu'ils vont plonger dans un univers aussi sordide, noir et corrompu...
"Winge, les membres fins, est mince, d'une minceur qui n'est pas naturelle. Il ne pourrait pas être plus différent de Cardell, qui est, lui, un de ces hommes qu'on voit partout dans les rues de Stockholm, à la jeunesse volée par des années de misère et de guerre, usés avant l'heure."
Lien : https://romans-historiques.b..
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Ogrimoire
  02 mai 2019
Ce livre est vraiment incroyable ! Suite à sa lecture, on comprend pourquoi sur la quatrième de couverture, on le compare au roman le parfum de Patrick Süskind. Pourquoi ? Parce que l'on a l'impression de retrouver le Paris de Jean-Baptiste Grenouille. Autres liens entre les deux romans : ça pue la misère, les maladies courent les rues et les morts sont violentes et omniprésentes.
1793 est à mi-chemin entre roman historique et thriller. Lorsque l'on débute cette lecture, on est captivé dès les premiers chapitres. Les personnages sont charismatiques, très torturés, très farfelus mais c'est tellement bien travaillé qu'on ressent pour eux de la pitié et l'envie de les aider ou, pour certains, de les abattre ! On est embarqués dans une enquête complexe, sinueuse mais sans aucun temps mort ! C'est brillant, on ne voit pas les pages s'enchaîner.
J'ai vraiment beaucoup aimé le découpage en quatre parties effectué par l'auteur. Les quatre parties correspondent à des saisons mais dans un sens inversé. Tout au long de ces parties, on suit différents personnages, dans deux parties nous allons suivre Cardell et Winge. Personnellement, j'ai eu un énorme coup de coeur pour ce duo. Tout au long de la première partie du livre, on sent qu'ils se jaugent, qu'ils s'apprivoisent, qu'ils finissent par s'apprécier. Ce qui fait la force de ce duo improbable, c'est qu'ils dérangent, ils dérangent les grands notables de cette ville… Les deux autres parties suivent des personnages qui interviennent dans l'histoire, j'ai également beaucoup apprécié ces parties, on se sent très proches des personnages, on a l'impression de lire un journal intime. Toutes les parties s'assemblent comme un puzzle et on comprend où l'auteur veut nous mener. C'est vraiment très sombre, mais j'ai adoré ça !
L'auteur réalise aussi un sans faute au niveau reconstitution historique. On est vraiment en immersion totale dans le Stockholm du XVIIIe siècle ! Ça pue, ça suinte, on croise la mort et la misère à chaque coin de rue… le tout saupoudré d'un air de révolution… C'est terrifiant !!!
Et puis le dernier argument de choc, c'est le talent de l'auteur… Son écriture est puissante, saisissante, glaçante ! C'est vraiment un aller sans retour dans la noirceur que nous offre là Niklas Natt Och Dag, c'est du grand art !
Sans nul doute ma plus belle lecture de 2019, c'était tellement bien que je l'ai lu deux fois d'affilée ! J'ai tellement envie de vous en raconter davantage mais il ne faut pas, car ça mérite d'être découvert sans spoil ! Pour conclure je vous dirais juste que c'est un excellent thriller historique avec une intrigue complexe et une enquête captivante !
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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LePamplemousse
  25 mars 2020
« Tiens, lis ça, allez, tu vas adorer, promis, c'est génial ! » c'est à peu près ce que m'a dit et répété en boucle une collègue qui venait de dévorer ce roman et qui débordait d'enthousiasme.
J'ai donc accepté de me plonger dans « 1793 » alors que je n'aime pas vraiment les romans historiques, juste pour calmer ma collègue qui était exaltée au point que j'ai craint qu'elle ne me lâche pas jusqu'à ce que je cède.
Je me suis dis qu'au pire j'en lirais 40 pages et que je le lui rendrais en lui disant que je n'avais pas accroché.
Mais en réalité, j'ai beaucoup aimé cette ambiance suédoise, bien que très froide, carrément sale, d'une violence inouïe et où la corruption est absolument partout.
On va suivre deux hommes au bout du rouleau, un manchot et un tuberculeux en fin de vie, essayer de résoudre un crime atroce.
On est totalement immergé dans un univers nauséabond, épais comme de la fange, dont l'odeur immonde nous colle à la peau du début à la fin, mais malgré tout, j'ai adoré ce roman.
Les passages consacrés à la politique, aux complots et autres coups tordus ne m'ont pas vraiment passionnée, mais ils sont bien intégrés à l'histoire donc ça n'était pas indigeste pour autant.
Les deux personnages principaux sont atypiques et on s'attache rapidement à eux.
L'intrigue tient bien la route, l'écriture est superbe et l'ambiance est merveilleusement décrite.
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critiques presse (3)
Culturebox   12 août 2019
Si l'intrigue de 1793 paraît banale, un crime atroce et une enquête, le roman a une profondeur que peu de thrillers historiques proposent. [...] Avec cette histoire, Niklas Natt och Dag nous dresse le portrait plutôt inattendu de la Suède de cette époque.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeJournaldeQuebec   17 juin 2019
Issu de l’une des plus vieilles familles de la noblesse suédoise, Niklas Natt och Dag signe un premier roman absolument captivant.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   28 mai 2019
1793, fresque ­colorée et documentée, peine toutefois à égaler le souffle passionné qui ­traverse les romans ­historiques d’Hilary Mantel ou de Tim Willocks.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   07 avril 2019
Sur le secrétaire, une feuille où a été dessiné un quadrillage. Cecil Winge pose sa montre à gousset devant lui sur la tablette, en détache la chaîne et rapproche la chandelle qui crépite. Ses tournevis sont alignés avec une pincette et quelques pinces. Il tient ses mains devant lui dans la lueur de la flamme. Aucun tremblement visible.
Avec une grande application, il se met à l’ouvrage. Il ouvre la montre, détache les axes des aiguilles, prélève ces dernières et les pose chacune dans une case sur le papier. Il enlève le cadran et dévoile le mécanisme, qui se laisse extraire de sa coque sans résister. Lentement, il le déshabille, engrenage après engrenage, qu’il place dans autant d’enclos tracés à l’encre. Libéré de sa prison, le ressort plat se détend en longue spirale. En dessous, l’échappement. Puis le tourbillon. Des tournevis à peine plus gros que des aiguilles à coudre tirent les petites vis de leurs logements.
Privé de sa montre, Winge suit le cours du temps grâce aux cloches des églises. Par-delà Ladugårdslandet sonne la grosse cloche ­d’Hedvig Eleonora, de la Baltique parvient le faible écho du clocher de Katarina, au sommet de sa montagne. Les heures filent.
Une fois le mécanisme entièrement démonté, il répète chaque étape dans l’ordre inverse. La montre reprend lentement forme, à mesure que chacune de ses parties retrouve sa juste place. Ses doigts minces commencent à se crisper, il doit souvent marquer une pause pour laisser aux muscles et aux tendons le temps de se remettre. Il ouvre et ferme ses mains, les frotte l’une contre l’autre, étire ses phalanges sur ses genoux. Sa posture inconfortable devient pénible et la crampe à la hanche, qu’il ressent de plus en plus souvent, s’étend aux reins, l’obligeant à changer sans cesse de position sur son siège.
Une fois les aiguilles remises en place, il introduit la petite clé dans son trou et la tourne en sentant la résistance du ressort. Dès qu’il lâche prise, il entend le tic-tac familier et se fait pour la centième fois depuis l’été dernier la même réflexion : voilà comment le monde devrait fonctionner. Un mécanisme rationnel et compréhensible, où chaque engrenage a sa place et qui, par sa rotation, produit un effet exactement prévisible.
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missmolko1missmolko1   23 avril 2019
Cardell l’observe rapidement et constate qu’il est plus jeune que sa voix rauque ne le laissait penser. Sa mise est élégante, même si ses habits sont de coupe vieillotte. Un habit noir à taille étroite, bords empesés et col haut. Là où apparaît le gilet, un discret motif est brodé. Culotte de velours noir avec boucle sous le genou. Cravate blanche nouée haut dans le cou, à double tour. Cheveux longs et noirs, attachés sur la nuque par un ruban rouge. La peau est si blanche qu’elle semble luire d’elle-même.
Winge, les membres fins, est mince, d’une minceur qui n’est pas naturelle. Il ne pourrait pas être plus différent de Cardell, qui est, lui, un de ces hommes qu’on voit partout dans les rues de Stockholm, à la jeunesse volée par des années de misère et de guerre, usés avant l’heure. Cardell doit être au moins deux fois plus large d’épaules, avec un dos grossier de soldat qui tend l’étoffe de sa redingote en plis inélégants, des jambes comme des troncs, le poing droit gros comme une maison. Ses oreilles décollées ont essuyé tant de claques que leurs bords se retroussent en fronces calleuses.
Cardell tousse, gêné par le regard de Winge, qui donne l’impression de le toiser de la tête aux pieds, sans jamais quitter des yeux son visage couvert de cicatrices. Il tourne instinctivement son corps vers la gauche pour cacher son infirmité.
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PJNPJN   21 juin 2019
En mer, tout est atrocement lent. Dès que les flottes s’aperçoivent, les manœuvres commencent, on guette les vents et les courants pour s’approcher suffisamment, puis se mettre en ligne de bataille, le flanc tourné vers l’ennemi, afin de laisser libre jeu aux canons. Sur commande, on tire, on tire, et on tire encore. Tout ce qu’on voit, c’est par les sabords, quand les pièces sont reculées pour être purgées et rechargées avec une nouvelle gargousse et un nouveau boulet. Dans le meilleur des cas, ce sont des vagues rougies de sang charriant des débris, dans le pire des cas une ligne de canons prêts à ratiboiser nos ponts. Nous servons autant de cible que nos adversaires. C’est horrible. Les boulets qui ne portent pas rebondissent sur le bois en secouant tout le navire. Des éclats de bois s’enfoncent dans les chairs et les os comme dans du beurre frais.
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missmolko1missmolko1   25 avril 2019
Depuis un mois, Winge a abandonné tous les conseils des médecins. Chaque tentative d’adoucir son tourment n’a servi qu’à aggraver son état. Tout ce qu’il peut faire, c’est mobiliser des trésors d’autodiscipline pour ralentir les premiers chatouillements au fond de sa gorge. Il a aussi découvert que les distractions l’y aidaient plus que tout. La concentration lui vide la tête et son corps se détend.
La nuit, seul dans sa chambre chez Roselius, à la lueur d’une chandelle, il démonte sa montre. Il étale devant lui les pièces du mécanisme, jusqu’à ce qu’elles s’alignent, bien classées. Puis il réassemble le tout. Un a un, les engrenages sont ajustés, fixés sur leur axe et enclenchés l’un dans l’autre. De petites vis mordent sur leur pas et sont resserrées. D’une collection de pièces individuellement qui fonctionne à nouveau.
Winge se dirige vers la mort avec la même boussole qui lui a montré le chemin toute sa vie : la raison. Il se persuade que tous les hommes vont mourir et que tous les hommes sont des mourants. Ça l’aide. Mais quand viennent les sueurs nocturnes et que sa pensée part à la dérive, c’est sa mort a lui qui le tourmente, pas son principe général. Tous les détails de la mort phtisique. L’infection va-t-elle se répandre dans les membres et le squelette, comme il arrive parfois à ceux qui souffrent, ou au paroxysme de la douleur ? Dans quels tourments ? Quand rien d’autre ne peut l’aider, il se persuade que la majeure partie de lui-même est morte la dernière fois qu’il a vu son épouse.
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PJNPJN   08 juillet 2019
Cecil Winge lui sourit en réponse, un sourire plein de chagrin mais sans regrets, où gains et pertes ont également leur part, et voilà que la nuit tombe sur Stockholm, une des dernières de l’année. Elle se lève au-dessus des murailles du Kastellet, grimpe le long de la façade du château et continue vers les flèches de l’église. La nuit s’étend au-dessus de la Baltique vers Skeppsbron et la ville entre les ponts, passe l’écluse de Polhem et continue au-dessus de la baie de Riddarefjärden. Surgies des ruelles de la ville, les ombres lui répondent. À chaque heure qui passe, la toux de Cecil Winge revient de plus en plus souvent. Il ne parvient plus à la retenir, et ne voit pas non plus pourquoi le faire. Et, quand il sourit à Mickel Cardell à la lueur des flammes, ses dents sont toutes rouges.
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