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ISBN : 2355846960
Éditeur : Sonatine (04/04/2019)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 41 notes)
Résumé :
1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable. Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence. C'est dans cette atmosphère irrespirable que Jean Michael Cardell, un vétéran de la guerre russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d'un inconnu. L'enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux. Celui-ci va bient... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Ogrimoire
  02 mai 2019
Ce livre est vraiment incroyable ! Suite à sa lecture, on comprend pourquoi sur la quatrième de couverture, on le compare au roman le parfum de Patrick Süskind. Pourquoi ? Parce que l'on a l'impression de retrouver le Paris de Jean-Baptiste Grenouille. Autres liens entre les deux romans : ça pue la misère, les maladies courent les rues et les morts sont violentes et omniprésentes.
1793 est à mi-chemin entre roman historique et thriller. Lorsque l'on débute cette lecture, on est captivé dès les premiers chapitres. Les personnages sont charismatiques, très torturés, très farfelus mais c'est tellement bien travaillé qu'on ressent pour eux de la pitié et l'envie de les aider ou, pour certains, de les abattre ! On est embarqués dans une enquête complexe, sinueuse mais sans aucun temps mort ! C'est brillant, on ne voit pas les pages s'enchaîner.
J'ai vraiment beaucoup aimé le découpage en quatre parties effectué par l'auteur. Les quatre parties correspondent à des saisons mais dans un sens inversé. Tout au long de ces parties, on suit différents personnages, dans deux parties nous allons suivre Cardell et Winge. Personnellement, j'ai eu un énorme coup de coeur pour ce duo. Tout au long de la première partie du livre, on sent qu'ils se jaugent, qu'ils s'apprivoisent, qu'ils finissent par s'apprécier. Ce qui fait la force de ce duo improbable, c'est qu'ils dérangent, ils dérangent les grands notables de cette ville… Les deux autres parties suivent des personnages qui interviennent dans l'histoire, j'ai également beaucoup apprécié ces parties, on se sent très proches des personnages, on a l'impression de lire un journal intime. Toutes les parties s'assemblent comme un puzzle et on comprend où l'auteur veut nous mener. C'est vraiment très sombre, mais j'ai adoré ça !
L'auteur réalise aussi un sans faute au niveau reconstitution historique. On est vraiment en immersion totale dans le Stockholm du XVIIIe siècle ! Ça pue, ça suinte, on croise la mort et la misère à chaque coin de rue… le tout saupoudré d'un air de révolution… C'est terrifiant !!!
Et puis le dernier argument de choc, c'est le talent de l'auteur… Son écriture est puissante, saisissante, glaçante ! C'est vraiment un aller sans retour dans la noirceur que nous offre là Niklas Natt Och Dag, c'est du grand art !
Sans nul doute ma plus belle lecture de 2019, c'était tellement bien que je l'ai lu deux fois d'affilée ! J'ai tellement envie de vous en raconter davantage mais il ne faut pas, car ça mérite d'être découvert sans spoil ! Pour conclure je vous dirais juste que c'est un excellent thriller historique avec une intrigue complexe et une enquête captivante !
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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Stelphique
  13 avril 2019
Ce que j'ai ressenti:
***Une année de vents et de colères…
En quatre saisons, Niklas Natt och Dag rend avec grandeur, l'instabilité d'une année de violences en Suède. 1793. Ce thriller historique nous emmène dans une enquête sombre et tendue, au plus près, d'un monstre sanguinaire. 1793. Un climat de colère et de frustration bouillonne dans les rues de Stockholm…De l'automne avec un fantôme, à l'hiver avec des loups, le temps semble faire valser les furies, damner les papillons de nuits, piéger les lapins…Cecil Winge et Jean Michael Cardell, vont devoir apprendre à unir leurs forces et dissimuler leurs faiblesses pour mettre fin à cette vague de Mal dont souffre cette ville au bord du chaos et, qui ramène en son port, des ondes de colères révolutionnaires…1793 va marquer l'univers du polar! Il nous vient du Nord mais c'est une pépite brûlante, à aimer sans modération!
« Où irait le monde si même nous autres qui allons bientôt mourir ne nous serrions pas les coudes? »
***Ivresse de rouge…
Ce qui rend ce thriller fascinant, c'est l'énergie palpitante de ces lignes. Sang versé. Sang perdu. Sang craché. Sang mêlé et liens du Sang viennent soulever toutes les fureurs de vie. L'auteur a une plume sensorielle qui donne des scènes d'actions absolument grandioses ou éprouvantes, presque vivante parfois! Ça pulse, ça saigne, mais qu'est-ce que c'est beau quand c'est écrit avec autant de passion. Cette lecture est hypnotisante. Cette atmosphère intrigante entre vie et mort, et le passage entre ses deux zones floues où les fantômes peuvent se faufiler, rend ce roman captivant! S'il vous reste un goût de fer en bouche, c'est que Niklas Natt och Dag a un don! Il m'a littéralement scotchée sur mon canapé, alors que j'ai vécu de l'intérieur, des violences et des tourments fiévreux…Ça vie, ça meurt, ça souffre: c'est tellement vibrant!
« Il ne devrait pas être enterré sans nom. C'est comme ça qu'on sème les revenants. »
***Une rencontre fulgurante!
Maintenant, que je vous ai parlé du contexte historique et du travail de recherche que l'on sent monumental, ainsi que de cette plume fabuleuse et poétique d'un tout nouvel auteur qu'il faudra surveiller de très près, étant donné son talent incroyable , il me reste à vous dire, ô combien, ce duo de personnages est INOUBLIABLE et combien j'espère le revoir, un jour, dans un prochain roman (même si cela semble très peu probable). Entre Cecil Winge et sa maladie et Jean Michael Cardell et son infirmité, ce sont deux fortes têtes, épris de justice et dévoués à leurs victimes, que j'ai été ravie de rencontrer dans les couloirs du palais Indebetou. Ils ont su me toucher parce qu'ils ont toujours dans l'optique de ne pas laisser une victime mourir, sans nom ni sépulture convenable, aux dépens même de leurs problèmes de santé: ils se jettent à corps perdu dans cette enquête dangereuse, quitte à y laisser de leur personne. J'ai adoré leur intelligence, leur altruisme, leur bonté d'âme.
Ce livre, c'est une bombe! Tout y maîtrisé, de l'émotion aux rebondissements. La juste dose entre récit historique passionnant et thriller efficace. Petite et grande histoire se mêlent pour donner un moment de lecture exceptionnel. Gros Coup de Coeur!
« Haut les coeurs, que diable! »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Bazart
  02 mai 2019
Né en 1979, Niklas Natt och Dag est le descendant d'une des plus anciennes familles de la noblesse suédoise.
Pour son premier roman, paru aux éditions Sonatine, cet être proprement singulier, croisé lors du dernier quais du polar, livre un roman monté en quatre parties qui correspond à quatre saisons, qui épate par sa précision, une reconstitution historique vraiment saisissante : notamment dans des descriptions de scènes de guerre particulièrement fortes.
Véritable phénomène d'édition dans les pays scandinaves, encensé par une critique dithyrambique, ce premier roman est un coup de maître, profond et noir, sans concession, puissant, charnel et fiévreux.
Les amateurs de thrillers historiques sont soumis à rude épreuve : entre dilemmes moraux impossibles, destins brisés et luttes acharnées pour survivre,les personnages de 1793 peinent à s'arracher à leur sort.
1793 évoque autant le Parfum de Patrick Süskind que James Ellroy..Ce qui est certain, c'est qu'il est écrit par une plume virtuose, et qu' 1793 est assurément un roman mené de main de maître.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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belette2911
  02 mai 2019
Ne vous fiez pas à la couverture, elle a beau avoir de jolis bateaux en illustration, vous ne montrez pas sur leurs ponts !
Donc, pas besoin d'avoir le pied marin ou de prendre un gilet de sauvetage pour entamer la lecture de ce roman historico-policier, vous n'allez pas avoir mal au coeur sur la mer en furie, ni vomir votre quatre heures et votre midi aussi.
Bien que… La mer n'est pas déchaînée, mais l'auteur, oui !
Je vous le chuchote tout bas, j'ai une réputation de "dure" à tenir, mais il y a eu quelques scènes où j'ai pudiquement sauté des lignes car c'était limite insoutenable. Malheureusement, elles devaient être écrites pour la simple raison qu'on devait tout de même en savoir un peu plus sur le cadavre que l'on avait découvert au début du récit, cadavre amputé de tous ses membres.
Dans tout bon roman historico policier ou polar historique, il faut un ou plusieurs enquêteurs et là, l'auteur a fait fort de café en nous proposant deux types que la vie n'a pas épargné et leurs divers problèmes de santé ont ajouté du piment à l'histoire.
Il est vachement plus difficile de jouer au Sherlock Holmes quand on crache ses poumons et au Watson avec un bras en moins. Niveau pouvoir de réflexions, nos deux hommes n'avaient pas de lacunes et au capital sympathie, ils ont rempli tous leurs devoirs car je les ai adoré tous les deux.
Il est dit dans mon pays que l'union fait la force et nos deux éclopés vont devoir s'unir (pas dans ce sens-là bande d'obsédés), oublier leurs faiblesses et marcher sur des oeufs pour arriver à démêler ce sac de noeud, dans une ville gangrenée par la corruption qui règne à tous les étages, surtout dans le monde de la justice et de la police (Don Winslow pourrait nous faire un livre sur la "Corruption" à cette époque là).
Petit à petit, l'auteur nous dévoile une partie de la scène et de ses acteurs, sans trop nous en montrer ou nous raconter tout au départ, ce ne sera qu'au fur et à mesure que nos deux personnages principaux vont se mettre l'âme à nu et que l'histoire va nous faire son déshabillage intégral.
Si à un moment du récit, on pourrait se demander ce que viennent faire deux autres personnages, il ne faut pas avoir peur de les découvrir, de suivre le fil de leur vie à eux, car non seulement, leurs histoires ont leurs importances, mais en plus, ces deux êtres ne sont pas là juste pour la déco.
Ce que nous allons lire au travers de leurs récits, c'est aussi un pan peu glorieux de l'Histoire où les faibles sont écrasés, anéantis, taillables et corvéables à merci tandis que les riches… Hé, vous connaissez la chanson !
Ce que j'ai apprécié, dans ce polar historique, c'est qu'une partie des personnages aient réellement existé (j'en étais sur le cul) et que la précision historique soit si poussée qu'elle donne l'impression d'être plongé dans la réalité de cette époque.
L'auteur a eu un tel soucis de réalisme dans ses descriptions que je dirais presque qu'il ne nous manquait que les bruits et les odeurs (oh non, pitié, pas les odeurs) pour parfaire l'immersion dans cette réalité virtuelle qui se concentre uniquement sur l'année 1793.
C'est palpitant sans pour autant virer au page-turner, mais on est captivé au point qu'on a du mal à lâcher son livre, le suspense est bien dosé à tel point que lorsque l'on quitte nos deux amis et leur enquête pour suivre d'autres personnages, on entre dans leur récit de suite et on se gave de ce qu'ils nous racontent, un autre suspense se mettant alors en place.
Moi je dis qu'un roman aussi réussi, c'est un tour de force car l'auteur lui a donné du goût, nappant son récit d'une sauce onctueuse, sans oublier le sel, à bon escient, saupoudré d'une bonne pincée de mystère, relevé par un suspense bien monté et servi par des personnages, ô combien attachants, et qui n'ont rien de super-héros.
C'est foutrement réaliste, son récit et nous ne sommes jamais au bout de nos surprises.
Moi, de la cuisine pareille, j'en redemande ! Aubergiste, cuisinez-nous le suivant.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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frueka
  10 juin 2019
J'aime les thrillers et les romans historiques alors imaginez un thriller historique... Autant vous dire que je l'attendais avec impatience ce premier roman de Niklas Natt och Dag! Et quel premier roman! Magistral. Rien de moins.
1793 est une immersion saisissante de réalisme dans les bas-fonds de la Stockholm de cette fin du XVIIIème siècle, une intrigue hautement addictive et habilement construite, des personnages repoussants mais ô combien attachants.
Le roman s'articule autour de quatre parties, chacune correspondant à l'une des quatres saisons de cette année 1793. Si le roman ne se décline pas au fil chronologique des saisons, le choix de cet agencement narratif permet progressivement et de façon fort originale d'établir des liens entre des lieux et des personnages qui n'ont a priori rien à voir les uns avec les autres. Ainsi les pièces s'assemblent peu à peu et finissent par s'imbriquer à la manière d'un puzzle.
Stockholm, automne 1793. Un cadavre amputé de tous ses membres, les yeux crevés, les tympans percés et la langue arrachée, est retrouvé dans le lac nauséabond de Fatburen. Un duo improbable formé d'un juriste tuberculeux en phase terminale et d'un vétéran infirme de la guerre russo-suédoise est chargé, à titre officieux, par le chef de la police de faire toute la lumière sur cette affaire. le temps presse car cet homme profondément intègre est sur le point de se faire éjecter de son poste au profit d'un nouveau chef de police autrement plus corruptible et sans scrupules.
Corruption généralisée, luttes de pouvoir, misère, violence, alcoolisme, saleté et maladies, le portrait de la ville est sombre, l'atmosphère à la fois glaçante et suffocante, poisseuse et malsaine. Alors oui, 1793 est un roman noir. Très noir. Glauque, oppressant, violent et parfois à la limite du soutenable. C'est bruyant, ça crie et ça hurle, ça geint et ça pleure, ça bastonne, ça torture et ça tue. C'est sale et ça pue, la ville suinte la misère et dans la rue ça grouille de malades et d'ivrognes. On se surprend parfois même à fermer les yeux, à froncer les sourcils et le nez! Alors non, 1793 n'a absolument rien de ragoutant.
Et pourtant. Quel intense et immense moment de lecture! Pourquoi? Tout simplement parce que ce roman est addictif, très bien écrit (et traduit) et parfaitement documenté. L'auteur fait preuve d'une grande maîtrise non seulement dans l'intrigue mais aussi et surtout dans la reconstruction historique et nous embarque à sa suite et sans jamais nous perdre dans cette période troublée qui a suivi l'assassinat du roi Gustav III en 1792. C'est d'une plume précise, énergique et puissante qu'il évoque les luttes pour le pouvoir, la faillite de l'État et la crainte d'un soulèvement populaire alors qu'un vent révolutionnaire venu de France souffle sur la Suède.
En bref, c'est un sans faute et un grand coup de coeur!
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critiques presse (1)
LeMonde   28 mai 2019
1793, fresque ­colorée et documentée, peine toutefois à égaler le souffle passionné qui ­traverse les romans ­historiques d’Hilary Mantel ou de Tim Willocks.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
benlebbenleb   13 juin 2019
"Qu'est-ce que vous me voulez ? Où m'emmenez-vous ?
-Nous voulons faire de toi une meilleure personne. Non, je mens. Chut et moi voulons avoir notre prime pour t'avoir attrapée, et ce qui t'attend ensuite, on s'en fiche pas mal."
Chut lâche un bruit entre râle et rire, quand Fischer reprend :
"Où tu vas ? Anna Stina Knapp va être attachée à une corde, et conduite à la Filature. Tu es un papillon de nuit à qui on vient d'arracher les ailes."
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missmolko1missmolko1   07 avril 2019
Sur le secrétaire, une feuille où a été dessiné un quadrillage. Cecil Winge pose sa montre à gousset devant lui sur la tablette, en détache la chaîne et rapproche la chandelle qui crépite. Ses tournevis sont alignés avec une pincette et quelques pinces. Il tient ses mains devant lui dans la lueur de la flamme. Aucun tremblement visible.
Avec une grande application, il se met à l’ouvrage. Il ouvre la montre, détache les axes des aiguilles, prélève ces dernières et les pose chacune dans une case sur le papier. Il enlève le cadran et dévoile le mécanisme, qui se laisse extraire de sa coque sans résister. Lentement, il le déshabille, engrenage après engrenage, qu’il place dans autant d’enclos tracés à l’encre. Libéré de sa prison, le ressort plat se détend en longue spirale. En dessous, l’échappement. Puis le tourbillon. Des tournevis à peine plus gros que des aiguilles à coudre tirent les petites vis de leurs logements.
Privé de sa montre, Winge suit le cours du temps grâce aux cloches des églises. Par-delà Ladugårdslandet sonne la grosse cloche ­d’Hedvig Eleonora, de la Baltique parvient le faible écho du clocher de Katarina, au sommet de sa montagne. Les heures filent.
Une fois le mécanisme entièrement démonté, il répète chaque étape dans l’ordre inverse. La montre reprend lentement forme, à mesure que chacune de ses parties retrouve sa juste place. Ses doigts minces commencent à se crisper, il doit souvent marquer une pause pour laisser aux muscles et aux tendons le temps de se remettre. Il ouvre et ferme ses mains, les frotte l’une contre l’autre, étire ses phalanges sur ses genoux. Sa posture inconfortable devient pénible et la crampe à la hanche, qu’il ressent de plus en plus souvent, s’étend aux reins, l’obligeant à changer sans cesse de position sur son siège.
Une fois les aiguilles remises en place, il introduit la petite clé dans son trou et la tourne en sentant la résistance du ressort. Dès qu’il lâche prise, il entend le tic-tac familier et se fait pour la centième fois depuis l’été dernier la même réflexion : voilà comment le monde devrait fonctionner. Un mécanisme rationnel et compréhensible, où chaque engrenage a sa place et qui, par sa rotation, produit un effet exactement prévisible.
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missmolko1missmolko1   23 avril 2019
Cardell l’observe rapidement et constate qu’il est plus jeune que sa voix rauque ne le laissait penser. Sa mise est élégante, même si ses habits sont de coupe vieillotte. Un habit noir à taille étroite, bords empesés et col haut. Là où apparaît le gilet, un discret motif est brodé. Culotte de velours noir avec boucle sous le genou. Cravate blanche nouée haut dans le cou, à double tour. Cheveux longs et noirs, attachés sur la nuque par un ruban rouge. La peau est si blanche qu’elle semble luire d’elle-même.
Winge, les membres fins, est mince, d’une minceur qui n’est pas naturelle. Il ne pourrait pas être plus différent de Cardell, qui est, lui, un de ces hommes qu’on voit partout dans les rues de Stockholm, à la jeunesse volée par des années de misère et de guerre, usés avant l’heure. Cardell doit être au moins deux fois plus large d’épaules, avec un dos grossier de soldat qui tend l’étoffe de sa redingote en plis inélégants, des jambes comme des troncs, le poing droit gros comme une maison. Ses oreilles décollées ont essuyé tant de claques que leurs bords se retroussent en fronces calleuses.
Cardell tousse, gêné par le regard de Winge, qui donne l’impression de le toiser de la tête aux pieds, sans jamais quitter des yeux son visage couvert de cicatrices. Il tourne instinctivement son corps vers la gauche pour cacher son infirmité.
+ Lire la suite
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missmolko1missmolko1   25 avril 2019
Depuis un mois, Winge a abandonné tous les conseils des médecins. Chaque tentative d’adoucir son tourment n’a servi qu’à aggraver son état. Tout ce qu’il peut faire, c’est mobiliser des trésors d’autodiscipline pour ralentir les premiers chatouillements au fond de sa gorge. Il a aussi découvert que les distractions l’y aidaient plus que tout. La concentration lui vide la tête et son corps se détend.
La nuit, seul dans sa chambre chez Roselius, à la lueur d’une chandelle, il démonte sa montre. Il étale devant lui les pièces du mécanisme, jusqu’à ce qu’elles s’alignent, bien classées. Puis il réassemble le tout. Un a un, les engrenages sont ajustés, fixés sur leur axe et enclenchés l’un dans l’autre. De petites vis mordent sur leur pas et sont resserrées. D’une collection de pièces individuellement qui fonctionne à nouveau.
Winge se dirige vers la mort avec la même boussole qui lui a montré le chemin toute sa vie : la raison. Il se persuade que tous les hommes vont mourir et que tous les hommes sont des mourants. Ça l’aide. Mais quand viennent les sueurs nocturnes et que sa pensée part à la dérive, c’est sa mort a lui qui le tourmente, pas son principe général. Tous les détails de la mort phtisique. L’infection va-t-elle se répandre dans les membres et le squelette, comme il arrive parfois à ceux qui souffrent, ou au paroxysme de la douleur ? Dans quels tourments ? Quand rien d’autre ne peut l’aider, il se persuade que la majeure partie de lui-même est morte la dernière fois qu’il a vu son épouse.
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missmolko1missmolko1   26 avril 2019
« J’ai eu des nouvelles de Paris ce matin même. Mes sources me disent qu’on a l’intention de présenter la reine devant le Tribunal révolutionnaire. Tu comprends aussi bien que moi comment cela finira. Marie-Antoinette va perdre la tête, aussi, surement que son époux. Ils la jetteront à la fosse commune, par-dessus les milliers d’autres qui l’ont précédée dans la queue pour la guillotine. Sombre époque, Cecil. »
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