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EAN : 9782330022495
239 pages
Actes Sud (21/08/2013)
4.2/5   207 notes
Résumé :
"Quelque chose me dit que Cecil n'est pas la crème de la crème des psychologues. Déjà, il est gratuit. [...] Son bureau est minuscule et encombré, avec des meubles bas de gamme, abîmés et tâchés. Et puis, on dirait qu'il n'a pas pu se payer de vêtements neufs depuis 1969. Nous n'avons pas encore parlé de ÇA. Il essaie de m'y amener l'air de rien. Il me pose parfois des questions orientées.
Mais quand il le fait, je prends ma voix de robot pour lui répondre. ... >Voir plus
Que lire après Le journal malgré lui de Henry K.LarsenVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
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sur 207 notes
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Après le drame qui a frappé sa famille, Henry tente de prendre un nouveau départ avec son père, dans une autre province canadienne. Ce journal tenu malgré lui (seulement pour faire plaisir à son psy, c'est juré) en témoigne : difficile de repartir de zéro, de s'ouvrir tout en s'efforçant de dissimuler une histoire traumatisante et stigmatisante… Et pourtant, Henry résiste tant bien que mal. Il révèle des ressources incroyables, s'attache à d'autres « esseulés » et découvre le pouvoir libérateur de l'écriture.

Résumé comme ça, ce roman ne doit pas franchement avoir l'air d'un feel-good. Ce n'en est pas un. Cela dit, Susin Nielsen semble avoir le secret pour parler des sujets les plus graves – harcèlement, dépression, alcoolisme – de façon très franche, mais jamais pesante. L'intrigue est prenante, on se demande ce qui est arrivé à la famille de Henry et ce qu'elle va devenir. Les faits insolites qui ponctuent le journal de Henry (« LE SAVIEZ-VOUS ? »), son humour pince-sans-pire, les frasques de ses amis, et bien sûr le rôle clé joué par le catch dans cette histoire offrent des respirations. On rit souvent de bon coeur et in fine, c'est le message d'espoir qui l'emporte.

Mon fils cadet et moi avons parcouru ce journal entre rires, sidération et émotion. Cette lecture a provoqué une discussion importante sur le harcèlement et la nécessité de briser la loi du silence. Qu'avons-nous fait juste après ? Vous l'aurez deviné, nous sommes évidemment allés regarder la ligue planétaire de catch !

Un roman coup de poing, bouleversant de justesse et étrangement réconfortant.
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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Henry est petit et gros et cherche à reconstruire sa vie depuis que son grand frère s'est suicidé après avoir tué un autre élève qui le harcelait. Mais le déménagement suffira-t-il à rendre supportable la culpabilité de chacun? Alors Henry est contraint de voir un psy pour tâcher de dépasser la fracture. le récit évoque deux pans de l'existence du jeune garçon : sa vie familiale avec des parents qui eux aussi se débattent contre leurs fantômes et la vie au collège qui semble terriblement commencer à reproduire ce que son frère Jesse a vécu comme brimades. Comment Henry peut-il s'en sortir?


Un roman psychologique qui évoque les difficultés à s'intégrer lorsqu'on a pas les bonnes cartes en mains et le harcèlement dont peuvent être victimes certains enfants. Mais un récit positif qui d'un constat assez sombre fait ressortir ensuite les valeurs de l'entraide et de l'amitié. de plus, l'auteur s'est faire évoluer les personnages où tout au moins le regard que va porter Henry sur eux. Un très bon livre avec pour seul bémol, contrairement à ce que le titre suppose, ce n'est pas vraiment un journal intime.

Lien : http://t.co/DByZJB5dji
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« C'est à cause de cette voix de robot que je me suis retrouvé ici. Après toute l'histoire avec maman, à Noël, mes « furies » sont revenues et je me suis mis à parler comme un robot vingt-quatre heures sur vingt-quatre […] L'intérêt de parler robot, c'est que cela permet de tout dire sans exprimer la moindre émotion. »



Henry K. Larsen cache un lourd secret. Une terrible tragédie. Il n'arrive pas à en parler, il n'arrive pas à l'exprimer. Même sa voix de robot semble ne pas suffire à cacher sa douleur, son impuissance face à l'absurdité naquit suite à un acte atroce.

Il vit dans un monde de pensée, un monde nostalgique, mais aussi un monde nouveau.

Suite à son déménagement récent, il se retrouve dans une nouvelle école, vierge de toute histoire, de toute suspicion et de tout jugement. Mais tout nouveau a droit à sa dose de bizutage. Et Henry K. Larsen va le vivre de prés, avec la brute du lycée qui le prend dans son collimateur. Heureusement, il rencontre aussi Farley et Alberta, tous deux membres d'un groupe qui joue à mesurer sa culture. Un groupe qui joue dans une petite salle de cours à Question pour un champion de manière détournée. Un petit groupe de geeks qui n'a de cesse de se faire réprimander par les gros costauds du collège.

Pourtant, ensemble ils vont devenir inséparables.

C'est dans un journal intime que Henry nous dévoile son histoire, page après page, ligne après ligne, en réconfortant et en émoustillant en même temps notre curiosité sur son passé si lourd, sur son drame si perturbant.

Ce journal lui vient tout droit de son psy, Cecil, qu'il trouve complètement has been et très mauvais thérapeute. Mais il va suivre son conseil… Malgré lui.

Quelques personnages important e sont glissés dans le roman. Comme les nouveaux voisins du jeune Henry, une nymphomane et un pot-de-colle. Mais tout n'est pas perdu, ils font revenir un côté pinçant-rire au personnage qui ne manque pas de cynisme.

"Papa et moi venions à peine de commencer à décharger nos affaires du camion de déménagement, il y a trois semaines, que Karen sortait déjà de l'immeuble et fondait droit sur nous, en minijupe et débardeur qui montrait bien trop de chair dans la région nichonnesque. Ses chaussures n'étaient, comme aurait dit ma mère, "absolument pas faites pour marcher". Je suppose qu'elle pensait ainsi se donner l'air jeune, mais elle se trompait. Elle devait être aussi vieille que maman."

Ceci est un roman de société. Il concerne chacun de nous de près ou de loin. Ecrit avec une précision à couper le souffle, l'auteur a su s'immiscer dans la peau d'un enfant de douze ans qui a grandit trop vite.

Il sait aussi garder une part de mystère à son personnage. Part de mystère qu'il semble découvrir au fur et à mesure qu'il l'écrit. Au fur et à mesure qu'il l'apprivoise. On évolue avec le personnage, mais aussi avec l'auteur. Avec un style à la fois tranchant, clair et parsemé de rêveries et de fantaisie l'auteur sait nous toucher au plus profond de nous.

Et vous, qu'auriez-vous fait ?

Posez-vous la question, et quand vous vous apercevrez que vous ne pouvez pas y répondre, ouvrez ce livre et chercher des pistes.

On finit en poésie :

"J'aime ton rire de cheval

Ton odeur de naphtaline

Ton oeil gauche qui traîne"
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LE SAVIEZ-VOUS ? Ce titre porte un sous-titre entre parenthèses : "écrit uniquement parce que mon psy y tient, mais franchement c'est moisi".
Après avoir vécu un drame aux multiples répercussions, Henry a bien du mal à exprimer ses émotions : il se met notamment à parler comme un robot... D'où son père l'envoie chez un psy qui lui conseille d'écrire son journal. Ce qu'il fait, à contrecoeur, du moins au début !

LE SAVIEZ-VOUS ? Cette question, le narrateur la place très souvent en début d'une nouvelle page de son journal. L'occasion d'apprendre, par exemple la signification et l'origine du mot "psychologie"; le sens de SSPT, le syndrome de stress post-traumatique ; les moeurs des animaux comme les cafards ou les mouches drosophiles ; la crémation des corps, etc.
Tous ces petits sujets bizarroïdes ne sont pas anodins et constituent, le plus souvent, une clé pour comprendre l'état d'esprit du personnage.

LE SAVIEZ-VOUS ? Au fil des pages, Henry arrive à mettre des mots sur les traumatismes qu'il a vécu et, pièce par pièce, on reconstitue le puzzle et découvre ce que cachent les mots "Ca" et "l'Autre Chose". Un pas après l'autre, il avance même si, parfois, certaines résistances sont plus difficiles que d'autres à surmonter (d'où ces passages barrés dans le texte).
"Je voudrais que le temps se rembobine d'un an. Je voudrais changer le cours de l'histoire. Je voudrais changer ce que j'ai fait le soir du 30 avril."

Malgré un déménagement, un nouveau départ dans une nouvelle école, l'histoire semble se répéter. Pourra-t-il, cette fois, intervenir à temps et infléchir le cours des événements et, par la même occasion, guérir de ses blessures ? C'est tout l'enjeu de ce récit.

LE SAVIEZ-VOUS ? Ce livre aborde d'une manière originale le difficile thème du harcèlement scolaire. Ici, les choses vont très-très-très loin... le message délivré par l'auteur est cependant très clair : il faut briser à tout prix la loi du silence ! En parler et en parler encore. Ce livre plein d'humour, de lucidité et d'émotion peut être un bon moyen d'y arriver !

Il évoque également les dégâts collatéraux qu'un drame d'importance peut provoquer au sein d'une famille et le besoin pour chacun de retrouver des repères solides pour se reconstruire.

Enfin, il relance aussi le débat sur la possession d'armes à feu - un débat qui n'a pas fini de faire couler l'encre - le sang - outre-Atlantique.

LE SAVIEZ-VOUS ? le combat que mène Henry pour sortir la tête de l'eau trouve un écho symbolique dans les combats de catch dont tout son entourage est fan. Bon, j'avoue, ce n'est pas un sport que j'apprécie et je zappe systématiquement lorsque je tombe sur ce genre de programme à la télé mais, ici, ces combats sont autant de petites paraboles qui permettent de mieux comprendre où en sont les personnages. Un peu comme, pour ceux qui connaissent, les histoires de catch que Mamy rose racontait à Oscar, ce petit garçon qui n'a plus que quelques jours à vivre, dans Oscar et la dame rose d'E.-E. Schmitt.

LE SAVIEZ-VOUS ? Même si le sujet est grave, ce récit est pourtant empreint d'énormément d'humour et le personnage fait preuve d'une bonne dose d'auto-dérision. Parfois, il est même un peu dans la provoc comme lorsque son psy lui demande de lui raconter un épisode heureux de sa vie de famille et qu'il lui raconte des blagues de prouts. L'auteur réussit donc pleinement son pari : nous divertir tout en nous émouvant par une histoire hors du commun.

LE SAVIEZ-VOUS ? Cette histoire est aussi une magnifique histoire d'amitié entre Henry et Farley Wong, l'élève au look le plus ringard du collège. Si au début, Henry espère bien "passer au modèle supérieur", il ne pourra rester insensible à ce personnage hors norme ! D'autres personnages hauts en couleur vont peu à peu se greffer à ce duo de choc, à commencer par le psy d'Henry. Et le moins qu'on puisse dire c'est que tous auraient de quoi rédiger leur propre journal intime malgré eux !

LE SAVIEZ-VOUS ? Il semblerait qu'en littérature jeunesse, comme dans la vraie vie, le diarisme plait moins aux garçons qu'aux filles. Ceux-ci préférant l'action à l'introspection. Pourtant, gageons qu'à la lecture de ce journal mêlant les deux, ils changeront d'avis !

LE SAVIEZ-VOUS ? le récit se déroule au Canada, à Vancouver, dans la province de Colombie-Britannique où vit l'auteure. Cette géolocalisation se sent dans le texte, notamment lorsqu'elle évoque les habitudes scolaires. On est ainsi quelque peu dépaysés.

Pour conclure et finir de vous convaincre... LE SAVIEZ-VOUS ? Ce livre a reçu en 2012, à peine deux mois après sa sortie, le Governor General's Literary Award, le plus prestigieux prix canadien anglais pour les romans adolescents.

Lien : http://lacoupeetleslevres.bl..
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Voici donc le journal de Henry K Larsen.
Un Journal un peu particulier, puisqu'il s'agit d'un exercice imposé par son psy; d'où le "malgré lui" du titre.
Il y va à reculons, vraiment pas convaincu de l'utilité de la chose, il prend les choses à la légère et se réfugie dans l'humour, souvent noir.
Au début, peu d'indices, on sait tout juste qu'un événement a eu lieu, Henry ne donne pas de détails, il se contente de mentionner " ÇA". La famille à volé en éclats et Henry vit seul avec son père, la mère ne les ayant pas suivi lors de leur récent déménagement.
La réussite de ce journal, c'est de parler de choses graves et terribles en conservant toujours une bonne dose d'humour comme "soupape de sécurité", ce qui rend la lecture poignante sans être plombante.Les personnages secondaires qui gravitent autour d'Henry forment une galerie attachante et déchantée.
Intelligent et sensible!
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critiques presse (2)
Ricochet
11 février 2014
Quand on lit ce journal écrit à la première personne du singulier, on a l'impression de lire le vrai journal d'un jeune garçon, on accompagne le jeune Henry dans son deuil, on vibre avec lui, on souffre avec lui, on s'indigne avec lui.
Lire la critique sur le site : Ricochet
HistoiresSansFin
13 août 2013
Le journal malgré lui de Henry K. Larsen fait partie de ces petits livres qui nous font passer des larmes au rire naturellement. Les histoires de vies s'imbriquent entre passé et présent et les différents protagonistes sont loin d'être « creux » : comme des oignons à plusieurs couches, chacun dévoile avec pudeur ce qu'il cache derrière les apparences et les préjugés.
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Tout à l'heure, dans les toilettes des garçons, j'ai remarqué que quelqu'un avait écrit " le bahut c'est l'enfer" sur une des portes. J'ai sorti mon stylo, barré "le bahut" et écrit "la vie" à la place.
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Sur la petite annonce, l'appartement était décrit comme ayant "1 chambre + 1 pièce détente". Je dors dans la pièce de détente. Je pense que c'est une faute de frappe et que le proprio voulait dire, en fait, "1 placard".
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Quand on a eu un suicide dans la famille ça ne semble pas trop absurde de penser que cela pourrait se reproduire. On commence à y penser comme au virus de la grippe. On a peur que ça se propage.
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Quand je suis arrivé chez nous, il était presque six heures. J'ai entendu papa avant de le voir. Il était au téléphone.
-Cheveux roux frisés, environ un mètre soixante...
J'ai failli crier soixante et un !
-...je le sais bien, que ça ne fait que deux heures. Mais vous ne comprenez p...
Je suis entré dans le salon. Il faisait les cent pas en se passant une main dans les cheveux, comme il le fait quand il est anxieux ou stressé. Il avait encore ses grosses chaussures de chantier aux pieds, elles mettaient de la boue partout sur la moquette.
Son regard a croisé le mien.
-Laissez tomber. Désolé. Il vient de rentrer.
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Il pleurait. En fait, il sanglotait plutôt. Mon père est un grand sensible. On se moquait de lui parce qu’il avait toujours la larme à l’œil presque chaque fois qu’il regardait la télé, même pendant les publicités de Tim Hortons. Ma mère disait qu’il était comme un After Eight : croquant à l’extérieur, mais fondant à l’intérieur. […] Je ne suis pas fou. Je sais bien ce qui lui a traversé l’esprit quand il est arrivé et qu’il s’est aperçu que je n’étais pas rentré. Une famille qui a connu un suicide redoute toujours que ça ne se reproduise. C’est comme le virus de la grippe : il peut se propager. (p. 103)
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