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EAN : 9782369812951
88 pages
Rue de Sèvres (11/01/2017)
4.24/5   52 notes
Résumé :
Voici le témoignage de Guy-Pierre Gautier, grand-père de l'auteur, survivant de Dachau. Engagé en 1943 dans la brigade "Liberté" des francs-tireurs et partisans de La Rochelle, il s'emploie à des sabotages de voies ferrées et au renseignement. La bravoure côtoie l'insouciance. A l'arrestation du réseau, les difficultés commencent avec les interrogatoires par la gestapo, une mutinerie de la prison d'Eysses, les fusillés. Le cauchemar s'installe lors du voyage inferna... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Place du monument aux morts, La Roche-sur-Yon, 8 mai 2015. Sous une pluie fine, l'on écoute, pour certains religieusement, le discours solennel. Dans la foule, Guy-Pierre Gautier, le grand-père de Tiburce Oger, s'apprête, comme certains de ses camarades, à recevoir la Légion d'Honneur. À quoi pense-t-il en ce moment, 70 ans après la fin de la guerre ? Car les souvenirs sont toujours là, ancrés pour toujours... Il se rappelle toutes ses années d'engagement dans la Résistance, les risques encourus, les défis relevés, les tracts distribués, les amis tombés mais aussi les camps de concentration, les tortures et les humiliations infligées, la faim et la soif, la peur et l'entraide...


Tiburce Oger nous livre le témoignage bouleversant et poignant de son grand-père maternel, Guy-Pierre Gautier, de son enfance dans les rues de la Rochelle à sa médaille en passant par ces longs mois enfermés à Dachau. L'auteur se met dans la peau de son grand-père, résistant, arrêté puis déporté dans les camps de concentration, et emprunte ses mots, ses émotions et ses ressentis. Les dates et les événements sont précises, renforçant le caractère marquant, authentique et inoubliable de ce témoignage dur. L'on ressent la brutalité, la peur et la violence mais aussi l'entraide, le courage et plus que jamais l'envie de survivre. Un témoignage profond, empli d'humanité qui, une fois de plus, nous montre l'horreur de ces camps, l'impensable au jour d'aujourd'hui. Tiburce Oger, qui a passé 30 ans sur ce projet, retranscrit de par son trait réaliste, de par les décors travaillés et les couleurs lumineuses, une ambiance à la fois étouffante, tendue mais aussi emplie d'espoir.
Un témoignage fort et saisissant...
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Lorsque j'ai vu le titre, j'ai eu envie de découvrir cette histoire. C'est La Rochelle qui m'a interpellée. Étant Charentaise, j'aime comprendre ce qui a pu arriver à deux pas de ma porte.

On connaît tous des ouvrages sur les déportations, les camps de concentration… mais pas sur la résistance… enfin en ce qui me concerne… et j'ai appris plein de choses.
Comme quoi le courage a plusieurs visages… Il suffit de peu de choses pour risquer sa vie… Et distribuer des tracts en était une…

C'est le récit de Guy-Pierre Gautier, raconté par son petit-fils, qui débute par la remise d'une médaille « la légion d'honneur », homme de 90 ans, debout sous la pluie, tête dénudée par respect pour sa patrie… Une histoire de courage, de combat … un récit que je ne suis pas prête d'oublier…

Bonne lecture !
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L'Histoire est un éternel recommencement, hélas… Les Hommes n'en retiennent pas les leçons, ils continuent de massacrer leurs semblables, de les traiter comme des sous-Hommes.

Les génocides commis dans les années 30 et continué ensuite jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, n'étaient pas les premiers, bien que pour celui-là, on ait inventé des techniques d'assassinats de masse encore jamais inventées.

On a dit "Plus jamais ça" et d'autres ont eu lieu… Pour celles et ceux qui savent, qui ne nient pas, les témoignages sont importants, pour les négationnistes, aucun témoignage ne les fera changer d'avis, hélas.

Comme je ne me suis jamais contentée de lire un seul livre sur le sujet, j'ai acheté ce bel album au titre glaçant. Dedans, Guy-Pierre Gautier, qui reçoit la Légion d'Honneur en 2015 (sérieusement, on croirait bien que l'on se moque des survivants, des témoins, des engagés) va se remémorer des souvenirs…

On commence par la résistance, avec tous les risques encourus… Puis, ce seront les arrestations, les passages à tabac, l'emprisonnement et ensuite, la déportation à Dachau.

Sans sombrer dans le pathos ou l'inutile, Tiburce Oger nous livre, sans fard, le témoignage bouleversant de Guy-Pierre.

La faim, les privations, le froid, le travail harassant, les brutalités, les maladies, les cadavres à sortir au matin et l'interdiction d'être solidaires. Bien qu'il y aura des gestes de solidarité, bien souvent, c'est le chacun pour soi qui prime, les kapos surveillant ce qu'il se passe dans les baraquements.

Les dirigeants des camps ne sont pas des humains, les kapos ne le sont pas non plus e à la fin, même les prisonniers perdent leur humanité, regardant les corps au sol sans les voir.

Je ne dirais pas qu'il y a de l'espoir dans cet album : la vie de déportés est horrible et survivre est tout aussi difficile. Votre famille ne veut pas en entendre parler, les autres non plus, ceux qui ne l'ont pas vécu, quant aux familles des autres, elles vous regardent avec l'espoir que vous pourrez leur donner des nouvelles de proches internés dans le même camp que vous, avant de s'effondrer devant les mauvaises nouvelles (ou l'absence de nouvelles) et de vous en vouloir, parce que vous, vous vous en êtes sorti.

Non, pas d'espoir, parce que ce qui s'est passé là n'était pas nouveau (même si les techniques, oui) et que cela a eu encore lieu après. Comme si toutes ces personnes étaient mortes pour rien, le message n'étant même pas passé chez tout le monde. Pire, avec le temps qui passe, on oublie, on réduit cet épisode barbare à des parenthèses, des virgules…

Une très belle bande dessinée autobiographique, historique, à lire, à relire, à faire lire…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Tiburce Oger met en images le témoignage de son grand-père, résistant de 1941 à 1944 puis déporté politique à Dachau, décoré de la légion d'honneur en 2015.

J'ai été touchée et émue par ce récit, guidée par la voix de Guy Pierre Gautier racontant ses souvenirs (presque pas de dialogue donc pas de reconstitution par les situations montrées mais un récit en "voix off"), d'autant plus que je connais les lieux cités et y ai une attache pour une raison ou une autre : la Rochelle, Saintes, Niort, Poitiers, Villeneuve-sur-Lot, Jonzac, Compiègne. Les événements racontés, actes de résistance, interrogatoires, emprisonnements, ont donc encore davantage pris corps pour moi. Par ailleurs, comme l'annonce parfaitement le déterminant rageusement gravé du titre, ce sont des anecdotes personnelles vécues par cet homme qui sont racontées. Bien entendu, on y retrouve les grandes lignes de tous les témoignages de résistants et déportés, mais avec une touche et des détails qui le rendent unique, par exemple l'épisode de la prison centrale d'Eysses, près de Villeneuve-sur-Lot, qui a réuni un temps tous les résistants prisonniers, j'ai trouvé cet épisode, que j'ignorais totalement, très intéressant.

J'ai trouvé la structure du scénario bien faite, globalement chronologique, fluide, bien équilibrée.
Les pages sont rendues très dynamiques par l'accumulation de cases de tailles et de formes différentes et changeant d'une page à l'autre, également par la variation des points de vue (quelques contre-plongées bien senties), des cadrages (souvent en biais, qui créent un vrai malaise je trouve), de types de plans (du détail au plan large).

Un bon outil de connaissance selon moi, lisible dès la 3ème en lien avec le programme d'histoire.
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J'aime beaucoup les récits de Tiburce Oger (Buffalo Runners, Black Sands – Unité 731, Canoë Bay…), et celui-ci par son coté particulièrement intimiste, est particulièrement poignant et prend aux tripes.
Comme pour Buffalo Runners, l'auteur a cette fois-ci mis un point d'honneur à réaliser toute la BD (Dessin, Scénario, Couleurs) sur les bases du témoignage de son grand-père.

Le dessin :

Le trait de Tiburge Oger pour cette BD est relativement agressif et nerveux dans un style réaliste.
Les couleurs et les tons passent progressivement de clarté et vivacité à des nuances plus ternes, sombres et tristes, accompagnant ainsi parfaitement la chronologie de l'histoire.
Celles-ci contribuent fortement à la mise en ambiance des scènes. On devinera ainsi aisément la chaleur insupportable des trains bondés de prisonniers ou bien l'humidité et le froid glacial hivernal des camps de concentrations.
Les effets de fonds (brouillard, pluie, etc…) sont superbement réalisés, les perspectives maitrisées et les scènes nocturnes sont splendides. Au-delà de cela, Tiburce Oger n'use pas ou peu d'autres effets, privilégiant ainsi le réalisme.
Les mises en scènes sont parfois bluffantes, comme tous ces prisonniers alignés, suivi d'une vignette focalisant sur un prisonnier au regard vide et perçant ou bien cette série de vignettes décrivant le voyage dans les wagons à bestiau des trains… Elles sont saisissantes de détails mais aussi de cruauté et de violences à la fois physiques et morales.
Les personnages évoluent évidemment avec le fil de l'histoire et l'auteur a su remarquablement illustrer la « dégradation » des corps et santé mentale des protagonistes. On ressent ainsi le travail de fond, de recherche et d'enquête de l'auteur, et on devine aussi fortement la présence et la mémoire du grand père à travers toutes les précisions apportées.

Le scénario :

Tiburce Oger raconte donc cette partie d'histoire mondiale à travers les yeux de son grand-père.
Il réalise ainsi un magnifique et important devoir de mémoire, donnant ainsi une belle leçon à tous les beaux parleurs et langues de vipère ayant la mauvaise foi de remettre en doute les faits historiques relatés.
Et heureusement pour nous, il reste encore de ces personnes âgées, véritables héros et/ou héroïnes, ayant toute leur tête pour ainsi nous rappeler vaillamment les horreurs vécues.
A la lecture du livre, l'histoire de Guy Pierre Gauthier peut sembler surréaliste mais hélas elle est loin d'être fictionnelle, et cela nous fera toujours le même effet : un sentiment de malaise.
D'autant que l'auteur ne néglige pas les détails racontés par son aïeul.
En créant cette BD, Tiburce Oger n'a pas eu la prétention de se substituer à quelconques historiens. Non, son seul but était de raconter ce qu'un homme a pu vivre au cours de sa vie, ponctuée par la plus grande guerre mondiale… Ainsi dans son scénario, on ressent beaucoup plus l'aspect émotions et sentiments que les faits historiques (non négligés au demeurant…).
Le découpage classique suit la chronologie imposée par la vie de son ancêtre. Les cases son grandes pour mieux montrer la folie humaine et/ou mettre en avant les actes héroïques singuliers pour survivre…

Cette histoire intime, que le héros aurait certainement souhaité oublier, apporte une nouvelle vision des faits historiques et conforte la barbarie et cruauté humaine déchainées lors de cette période. Elle nous le rappelle ainsi simplement et justement afin de ne lutter pour ne plus vivre (ou faire vivre) ces horreurs.
Ce livre est donc à mettre dans toutes les mains des jeunes gens en âge de comprendre.
Un récit important et une belle oeuvre de mémoire.

Lien : http://www.7bd.fr/2017/06/ma..
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critiques presse (4)
BulledEncre
01 décembre 2017
Un témoignage qui mérite d’être connu, une lecture importante pour ne pas oublier et pour comprendre.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
BDGest
14 mars 2017
À l'instar de Maus d'Art Spiegelman ou de Moi, René Tardi, Ma guerre est un modèle de témoignage, essentiel à la compréhension de la Seconde guerre mondiale et de ses traumatismes.
Lire la critique sur le site : BDGest
ActuaBD
13 mars 2017
L’auteur n’a pas la prétention de faire œuvre d’historien, encore moins de moraliste. En nous attachant au destin de son ancêtre, il privilégie l’émotion et le sensible.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Sceneario
01 mars 2017
Un chef d'oeuvre de mémoire collective. Un album à lire, à relire, à faire partager, à faire connaitre pour ne pas oublier. Tiburce Oger a eu une très belle idée que de nous raconter l'histoire de son grand-père.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Le jour de Noël 1944, nous avions réussi à ramener en douce dans notre block des branches de sapin. Les SS étaient moins regardants à cette époque.
[...]
- Qu'Est-ce qu'ils foutent ici, les Slovènes ?!
- Ils veulent un morceau de ta dinde, pardi ! HAHA !!!
Ils nous offrirent leurs chants de Noël. Ce fut comme si le monde barbare dans lequel nous vivions disparaissait à cet instant. Puis ils repartirent, offrant leurs chants aux autres blocks. Je n'oublierai jamais. La bonté humaine ne disparaît jamais totalement.
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Dachau. C'était le 21 juin 1944.
Arbeit macht frei. Le travail rend libre.
Le cynisme au plus haut point.
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Parfois quelques mauvaises surprises nous attendaient au camp sous la lumière des projecteurs, des exécutions avaient lieu pour des motifs tels que vol, évasion, sabotage, ou simplement pour mauvaise conduite..nous devons assister à la sentence. Le pire, c'est que l'on s'habitue à tout. On perd toute notion d'humanité.
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Soucieux de notre grand confort, on nous distribué un manteau d'hiver et les plus chanceux trouvèrent quelques pulls. Pour les autres, quelques feuilles de journal collées sous la chemise préserver un peu la chaleur de leur pauvre corps. Mais gare, c'était interdit.
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Auschwitz est le symbole de ce qui peut se passer quand les droits de l'Homme ne sont pas respectés.
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