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Audrey Lainé (Autre)
EAN : 9782501133128
160 pages
MARAbulles (06/10/2021)
4.07/5   75 notes
Résumé :
Les coeurs insolents plonge le lecteur dans un univers a priori sans vague, celui de la jeunesse de la classe moyenne et de la France pavillonnaire des années 90. Un monde souvent idéalisé et prétendument sécurisé, sans portable et sans réseaux sociaux. Mais dans lequel, pourtant la question du consentement n'était jamais abordée et où la misogynie était tue.
Par des flash-back, Ovidie revisite sans nostalgie sa propre adolescence, entre exaltation politique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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sld09
  15 mai 2022
Quadragénaire, Ovidie revient sur ses souvenirs d'adolescence alors que sa fille arrive à cet âge complexe et qu'elle voudrait l'aider à éviter les écueils qu'elle-même a traversés. Mais les choses ont tellement changé qu'elle n'est pas sûre de pouvoir la protéger comme elle le voudrait...
C'est un message important qu'Ovidie veut faire passer en comparant ce qu'elle a vécu et ce que vivent les ado d'aujourd'hui. La société a beaucoup changé et le contraste entre les générations nous montre l'évolution des consciences (même si parfois cela ne semble pas toujours suffisant) et les "dangers" ne sont plus forcément les mêmes pour les jeunes filles (Internet et la pornographie accessible à tous, etc).
Les dessins sont un peu bruts, les couleurs très marquées, cependant ils véhiculent bien le message d'Ovidie avec des palettes de couleurs différentes pour chaque période.
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Lesvoyagesdely
  13 décembre 2021
Une chronique sociale intéressante, percutante, qui ne laisse pas indifférent et fait réfléchir. Une femme devenue maman s'interroge et revient sur son passé, sur sa génération, sans portable, où le consentement n'était pas abordé, ...
Elle regarde sa fille grandir, comme toutes les mères elle s'interroge, elle a des doutes, peur de mal faire. Une fois sa fille devenue adolescente, Ovidie s'interroge sur son propre passé. Nous avons des parallèles, des situations qui ressortent à travers les deux prismes, chacun étant aussi sous l'influence de son époque. Certaines choses on se disait que c'était normal, on n'en parlait pas, on faisait avec, de nos jours les consciences se sont plus éveillées, on dénonce, on qualifie de viol ce qui était tue à l'époque. Encore une fois, nous voyons autant les dangers que les bienfaits apportés par les réseaux sociaux, comme toute évolution technologique cela reste principalement une question d'utilisation. Dans le temps, trop bourré, on ne savait rien, mais aujourd'hui avec ceux qui filment il y autant la double peine que des faits avérés.
Certains moments sont bouleversants, et cela commence déjà avec la préface qui donne le ton.
Il y a également un autre moment très intelligent, c'est la mère d'Ovidie, ces réactions décalées, ses oppositions avec sa fille. Mais ces femmes ont chacune à leur mesure était
assujetties au poids de leur époque, des convenances, de leurs croyances etc.
Comment protéger sa fille dans ce monde ? Comment faire de son garçon quelqu'un de bien, quelqu'un qui respecte les filles ? Comment préserver sa liberté ?
Sur la couverture, nous voyons Ovidie jeune adolescente. Cette façon de suivre les tendances, même douteuses, reste dingue, mais adolescente, rebelle, sans toutes les cartes en main, ce n'est pas toujours facile. L'influence des autres, du suivi, est très forte.
La partie qui cerne Ovidie a plutôt des tons bleus, alors que celle qui cerne sa fille plutôt des tons jaunes. le dessin est simple, sans l'être de trop, efficace et tout a fait agréable.
Elle met pas mal d'éléments en avant, et montre aussi les différences entre sa génération et celle de sa fille. Tout aurait beaucoup plus pu mal tourné pour Ovidie, heureusement elle a quand même pu construire une vie, faire de belles rencontres.
Un livre à mettre entre toutes les mains et dans les bibliothèques.
Une découverte qui vaut le coup.
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labiblidelili
  11 décembre 2021
Avoir été adolescente durant les années 1990 fait de moi une personne de la génération sans nom.
Celle, passée à la trappe entre les "boomers" et la génération Z, qui passait des après-midi entiers devant le club Dorothée, pianotait sur le minitel, recevait des messages sur son tatoo ou qui écoutait des cassettes audio dans un Walkman que l'on rembobinait avec un crayon...
Celle qui avait le droit de fumer dans l'enceinte du lycée, qui avait accès aux préservatifs à 1 franc en pleine génération SIDA, qui était à mille lieux des termes "consentement", "dick pic", "nudes" ou "harcèlement"...
Pas de portable ni de réseaux sociaux. Pas de libre accès au porno (si tu as connu le film de 🍆🍑 crypté de Canal + tape dans tes mains)...
La vie était-elle plus douce, plus insouciante ?
Je ne saurais répondre à cette question.
Toutefois, je vous recommande vivement de vous saisir de ce roman graphique qui, par le biais d'une relation mère-fille et j'ai presque envie de dire (x2), dissèque l'évolution des rapports hommes/femmes et nous interpelle sur l'omniprésence du patriarcat auquel nous avons été et continuons (encore trop souvent) d'être biberonées.
Évidemment, je ne peux faire l'impasse sur les dessins et l'utilisation d'une couleur dominante par époque (le bleu pour le passé et le jaune pour le présent).
J'ai passé un moment de lecture passionnant (qui une fois encore prête à réflexion) et emprunt d'une touche de nostalgie.
Des partisan.e.s du "c'était mieux avant" ou plutôt adeptes du "il faut vivre avec son
temps" ?
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myrtigal
  08 novembre 2021
Cette BD (roman graphique?) fut une intéressante découverte pour moi car au départ je n'avais absolument pas l'intention de la lire, simplement la feuilleter et puis j'ai été complètement happée. C'est l'histoire d'une mère de famille quadragénaire, la narratrice, qui voit sa fille devenir adolescente et va se remémorer et nous raconter la sienne. C'est une véritable plongée au coeur des années 90 et une découverte (pour moi) de la façon dont vivaient et interagissaient les adolescents à une époque sans téléphones portables, sans réseaux, sans instantanéité et surtout avant la libération de la parole féminine. La narratrice va donc mettre en parallèle la société dans laquelle elle a grandit avec celle d'aujourd'hui où sa fille grandit. Et je dois dire que c'était pour le moins fascinant de constater les changements et évolutions drastiques apparus en moins de 30 ans. La narratrice va aborder tout ce qui a marqué la jeunesse de cette époque; le rock/grunge, l'alcool, la drogue, le lycée, les mouvements sociaux de 95, le sentiment de révolte etc. Mais aussi et surtout les relations hommes/femmes et les difficultés de ces dernières qui étaient loin de bénéficier du même droit à la parole qu'aujourd'hui... Elle évoquera notamment une agression sexuelle qu'elle a subit, et comment ce drame a contribuer (entre autre) à la lancer dans le combat féministe qu'elle porte aujourd'hui. Un combat qu'elle mène aussi pour sa fille.
En somme, c'est une BD vraiment très intéressante à plusieurs points de vue et je ne m'y attendais pas du tout. Et ce qui est bien c'est que ce n'est démagogique à un aucun moment. L'autrice ne crache sur aucune des deux époques mais simplement les mets en parallèle, avec leurs avantages et inconvénients respectifs.
En qui concerne les planches, là aussi j'ai eu du mal au début, ce n'est vraiment pas le genre de dessins que j'aime : traits "grossier" et pages monochromes, mais j'ai fini par m'y habituer et j'ai trouvé finalement que ça allait plutôt bien avec le fond.
Bref, une belle découverte ! Un album fort et nécéssaire dans ces temps troublés que nous vivons.
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LeChatduLivre
  10 février 2022
Dans ce nouvel opus, Ovidie sonde son adolescence alors qu'elle est confrontée à celle de sa fille. Cet ouvrage est d'autant plus intéressant que je ne me rappelle pas avoir lu un tel degré de réflexion sur l'évolution de la société vis-à-vis des libertés adolescentes (ou leur recul d'ailleurs). Elle met en évidence la prise de conscience généralisée de la société en matière de viol et de consentement, mais qui s'accompagne paradoxalement d'un recul des libertés des adolescentes, qu'on encadre davantage pour tenter de les protéger. Son propos est bien contextualisé et aborde notamment la question de la plus grande accessibilité du porno et son impact sur l'entrée des jeunes dans la sexualité.
Le dessin est très beau, les textes bien écrits et très abordables. le format rend le propos très accessible et mériterait d'être poursuivi et développé plus amplement, peut-être sous forme d'essai. Ce livre a sa place dans les CDI de tous les lycées de France, incontestablement.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
YzouYzou   25 octobre 2021
- Si tu me permets une question indiscrète, tu ne bois pas parce que t'es enceinte ou...
- Non, non, juste une très vieille habitude. La vie m'a appris très tôt que boire n'était pas une bonne idée. Surtout quand on est une femme.
- Pourquoi spécifiquement quand on est une femme ?
- Parce que quand on est une femme, on est une proie potentielle. Donc ça fait 25 ans que j'évite de boire en présence d'hommes. Que j'évite de boire tout court d'ailleurs.
[...]
- Enfin c'est bizarre quand même, on n'est pas tous des prédateurs !
- Je ne dis pas que tous les hommes sont des violeurs. Je dis que tous les viols sont commis par des hommes.
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ZilizZiliz   16 janvier 2022
[ milieu des 90's ]
Toutes mes copines de lycée étaient sous pilule.
Même celles qui n'avaient pas de rapports sexuels.
Il y avait celles qui la prenaient 'au cas où',
celle qui voulaient faire disparaître leur acné,
celles qui voulaient faire comme leurs copines.
Rétrospectivement, je trouve paradoxal qu'on ait toutes avalé nos comprimés comme des Smarties et qu'on ait toutes eu des rapports non protégés alors qu'on était la génération Sida.
(p. 108)
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ZilizZiliz   16 janvier 2022
- Et si la fille, elle répond pas, tu fais comment ?
- Qui ne dit mot consent !
- Ah ben non justement ! Si elle n'est pas en état de te répondre ? Genre elle dort ou elle est dans un état second ?
- Ah ben si elle dort dans le même lit qu'un type, a priori, c'est qu'elle est d'accord... Et si elle est déchirée au point de ne plus rien capter, faut pas qu'elle s'étonne s'il lui arrive des bricoles...
- Ah ouais ? Ok, viens, on dort ensemble et je te mets des doigts dans le cul dans ton sommeil ! On verra comment tu réagis !
(p. 62-63)
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ZilizZiliz   16 janvier 2022
J'ai passé la majorité de ma grossesse chez mes parents, à tricoter à l'ombre d'un noyer.
A la campagne, loin de tout, loin du regard social, loin de tous ceux qui essayaient de me rappeler ce que j'avais été.*
De temps en temps, la violence de la stigmatisation remontait jusqu'à mes oreilles.

-----

* actrice porno
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ZilizZiliz   16 janvier 2022
J'étais en quelque sorte une salope ignorante, et le sexe servait à combler une brèche, celle de l'estime de soi. Mais, comme le montre bien l'histoire d'Ovidie et de ses personnages, il y a 'le deuxième effet kiss cool'. La stigmatisation de la fille 'qui couche', et qui ne le fait pas vraiment pour son propre plaisir, mais pour le bref instant d'attention, pour le désir de l'autre, qui vite devient mépris.
(Wendy Delorme, extrait de la préface)
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