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Pierre Morland, légiste tome 1 sur 2
EAN : 9782370471178
268 pages
Editions Lajouanie (05/07/2019)
3.65/5   67 notes
Résumé :
Pierre Morland, tome 1
Été 2003. La canicule fait rage dans Paris vidée de ses habitants. Des températures supérieures à 40 °C sont atteintes. La surmortalité explose chez les personnes âgées et les individus les plus faibles. Plus de 15 000 décès seront attribués à cette vague de chaleur. Le commandant Delestrant est chargé d’accueillir la fraîchement diplômée Victoire Beaumont. Il emmène donc la jeune lieutenant à l’institut médico-légal de Paris, où les lé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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C'est le début du mois d'août 2003, la majeure partie des Français est en vacances, la canicule s'installe peu à peu. Les journaux titrent sur l'affaire Cantat et le décès de Marie Trintignant. Ce lundi-là, le commissaire divisionnaire Tanguy Guéhut fait bien les choses : il accueille Victoire Beaumont, lieutenant, qui vient d'être nommée à la 1ère Division de Police Judiciaire, 48 boulevard Bessières et lui présente les différents services. Puis il la confie au Commandant Julien Delestran, son chef de groupe. le commandant Delestran - un flic à l'ancienne, imposant, bourru, qui aime jouer avec les mots....
Et le mercredi, c'est le Commandant Delestran qui continue la visite d'intégration de Victoire Beaumont ; direction, la morgue, les salles d'autopsie. Rien n'est épargné à Victoire, les employés l'affirment, les cadavres affluent, ils n'y comprennent rien... il faudra bientôt les stocker à Rungis, faute de place. Alors qu'on déplace un corps, Delestran remarque une odeur étrange, une odeur d'amande amère. Cette odeur caractéristique d'une intoxication au cyanure ne devrait pas avoir sa place ici... Et le médecin-légiste de Docteur Morland semble n'avoir rien remarqué de suspect. Dans le doute, dans cette ambiance très dégradée, Delestran demande que l'on ouvre une enquête sur le décès de la jeune morte, le numéro 902, Eva Mayol, trente-trois ans, strip-teaseuse dans un peep-show de Pigalle.
L'autopsie pratiquée sur Eva Mayol confirme qu'il s'agit bien d'un cas d'empoisonnement au cyanure.
Mortelle canicule est le récit très détaillé d'une enquête, et très vite, le commissaire Delestran devine qui a commis le crime. Mais il lui manque le mobile, et surtout les aveux. Par ailleurs, se procurer du cyanure extrêmement difficile. C'est un redoutable jeu du chat et de la souris qui s'engage lors de la garde à vue....
Mortelle canicule est un roman paru en 2019. Il nous présente pour la première fois le capitaine Delestran et son équipière la lieutenant Beaumont. L'enquête est assez simple, mais la chaleur est accablante, les équipes sont épuisées. Suivre la procédure dans ces circonstances est particulièrement difficile.

J'ai beaucoup aimé ce roman, à la tonalité légèrement différente de Fils de Personne, sorti récemment. Il m'a semblé que Jean-François Pasques se concentrait plus particulièrement sur la procédure, et la confrontation psychologique entre l'enquêteur et la personne gardée à vue. Un échange que Georges Simenon aurait certainement aimé.

J'ai trouvé que Mortelle Canicule était un roman documenté, à l'écriture agréable. J'ai eu le sentiment qu' à un meurtre complexe correspondait une procédure méticuleuse, qui visait à ne négliger aucune piste. Pour l'enquêteur, les techniques d'investigation sont primordiales bien sûr, mais ce sont le flair, l'intuition, la connaissance des hommes, qui feront, au final, la différence. Inutile de dire que j'ai passé un très bon moment de lecture.
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Jean-François Pasques fait partie de la longue liste des policiers s'étant reconvertis en auteurs de romans policiers.

« Mortelle canicule » est son 6e roman, si je ne me trompe.

Été 2003, c'est la canicule, les vieux tombent comme des mouches, et pas qu'eux, et les morgues sont débordées.

C'est dans cette chaleureuse époque que le commandant Delestrant est chargé d'accueillir une jeune fliquette et de la confronter avec le réalisme du métier. Pour ce faire, quoi de mieux qu'un passage à la morgue pour se confronter immédiatement à la mort... et pour profiter de la fraîcheur des lieux.

Mais le commandant Delestrant a du flair... à ce point qu'à l'approche d'un sac mortuaire contenant le cadavre d'une jeune femme, il sent une odeur d'amande amère significative du cyanure.

Dès lors, la mort naturelle due à la chaleur est à exclure, le policier va donc devoir découvrir s'il s'agit d'un suicide ou d'un assassinat...

Mais, comment le médecin légiste, pourtant professionnel de renom, a-t-il pu passer à côté des signes significatifs d'un tel empoisonnement ?...

Le lecteur est donc embarqué dans la moiteur d'un été torride à la découverte des circonstances de la mort d'une jeune effeuilleuse ainsi qu'à celles de la disparition du médecin légiste qui a été chargé d'examiner le corps...

Jean-François Pasques est un ancien (ou toujours en activité, je ne sais pas) policier et autant dire que c'est l'atout principal de ce roman.

Effectivement, comme bien souvent quand un policier devient écrivain, celui-ci n'hésite pas à immerger le lecteur dans un monde qu'il connaît bien ce qui renforce le réalisme de son récit.

C'est une nouvelle fois le cas avec ce roman puisque l'auteur insiste souvent sur des détails de procédures délaissés par les auteurs usuels, ce qui donne l'impression au lecteur d'être vraiment confronté à une réelle enquête.

Mais ce « réalisme » inhérent aux auteurs issus de la profession de policier, juge... n'est jamais suffisant pour faire d'un roman un bon roman, encore faut-il mettre en place une bonne intrigue, proposer de bons personnages, avoir un sens de la narration et, au minima, un style sans grandes failles.

Et c'est là que le bât blesse !

Effectivement, même si « Mortelle canicule » se lit plutôt agréablement et c'est déjà pas mal, il peine malheureusement à se hisser au rang des bons, voire des très bons romans policiers du fait de certains manques et de partis pris laissant dubitatif.

Les personnages ! Si l'auteur parvient sans soucis à les rendre crédibles, il peine, par contre, à les rendre attachants du fait du manque d'épaisseur qu'il leur accorde. Si on peut remercier l'auteur de ne pas s'appesantir sur les méfaits de la profession sur la vie de famille de ses personnages, on lui reprochera, par contre, de ne pas les fixer dans un cadre intime permettant au lecteur, non pas de s'identifier, mais, au moins, de les cerner un peu mieux.

L'intrigue ! Une intrigue assez faible, dont on devine rapidement le coupable et qui n'est pas un réel moteur pour l'intérêt du lecteur. Certes, l'auteur n'a probablement pas voulu baser son roman sur une intrigue trop échevelée, lui préférant un certain réalisme, mais un peu plus de complexité aurait été préférable.

Narration ! Même si je reproche souvent aux auteurs d'user d'artifices de narrations pour faussement rythmer leurs récits, ici, on peut dire que J.F. Pasques fait plutôt l'inverse et, quand il alterne les narrations, c'est pour développer une intrigue dont l'intérêt me laisse dubitatif.

Parti pris ! Plusieurs partis pris me laissent songeur dans ce roman.

L'intrigue autour de la disparition du légiste, par exemple ! À la fin du livre, je n'ai toujours pas compris là où voulait en venir l'auteur.

L'appesantissement à propos de la chaleur due à la canicule et ses effets mortels ! Certes, c'est le point de départ de l'intrigue, mais l'auteur insiste et insiste tant durant son roman qu'à la fin sur cette canicule et ses conséquences ! Pourquoi ? Pourquoi en faire autant ? Pourquoi en faire, surtout, trop ? Surtout 16 ans plus tard ? Peut-être a-t-il été touché personnellement par ce drame ? Je ne sais pas.

Autre point sur lequel l'auteur insiste lourdement sans que cela soit justifié ou justifiable : la mort de Marie Trintignant des mains de Bertrand Cantat. L'auteur aborde le sujet plusieurs fois au point que l'on s'interroge sur l'intérêt d'insister sur le sujet alors qu'il n'a aucune relation avec l'intrigue. Là aussi, a-t-il été touché de près par ce drame ?

Enfin, on abordera le style de l'auteur, un style un peu passe-partout, qui manque de rondeurs, de point d'accroche. Certes, ce style un peu plat peut-être voulu par l'auteur pour demeurer dans un certain « réalisme », mais il ne fait, à mon sens, que desservir l'ensemble.

Petit point que je voulais aborder également, l'intrigue, le roman, le récit, lui-même est desservi par la réflexion d'un personnage qui dit, en substance, un truc du genre « Si on écrivait les choses que l'on voit dans notre métier, personne n'y croirait tant la réalité peut surpasser la fiction... ». Dommage, j'aurais aimé, moi, que cette réalité décrite par l'auteur, dépasse la fiction et me surprenne, mais l'intrigue, malheureusement, ne flirte pas avec les sommets.

Alors, bien sûr, j'ai le clavier dur avec ce roman, mais c'est surtout parce que je pense que l'auteur pouvait faire mieux, bien mieux alors que là, il en fait déjà pas mal.

Au final, un roman qui souffre de certains partis pris, de personnages manquant d'épaisseur, d'une intrigue faible et d'un style passe-partout, mais qui a pour lui un atout primordial, celui d'un certain « réalisme » immergeant.
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Pour certains , comme moi , 2003 restera dans notre mémoire comme cet été caniculaire , où , alors que les hôpitaux et les pompiers étaient débordés ne sachant plus faire face à ces morts - notamment de personnes âgées - par milliers , succombant à ces chaleurs extrêmes , le ministre de la santé de l'époque , tout bronzé, se pavanait avec son polo Lacoste , tentant misérablement d'occulter et de minimiser les faits .
Pour le commandant Delestran cet été 2003 a été synonyme d'une affaire incroyable …
Alors qu'il parcourt avec la nouvelle recrue de son groupe , la lieutenant Victoire Beaumont , les couloirs de l'Institut Médico Légal parisien , il décèle sur un des cadavres qui attend son tour dans les locaux rafraichis , une odeur d'amande amère …l'odeur typique du cyanure .
Va alors commencer pour son équipe de la 1ère DPJ , une enquête au long cours , minutieuse où l'expérience et la connaissance des rouages de l'institution policière va permettre de découvrir de premiers indices ..Qui en voulait suffisamment à cette belle jeune fille pour l'empoisonner ? Une femme jalouse ? le médecin légiste - un certain Morland- qui l'a examiné et qui a disparu de la circulation depuis ? Son épouse ? Un tiers inconnu ?
Pas à pas , ne laissant rien au hasard , l'enquête va tisser sa toile de preuves accablantes , de témoignages précieux afin que la vérité jaillisse et que le coupable puisse être démasqué .


Jean -François Pasques nous plonge dans cette enquête « de l'intérieur » en nous dévoilant , à travers cette histoire passionnante , les mécanismes policiers mis en mouvement . Aucune érudition exagérée ni vocabulaire inutile , le lecteur suit , tel un spectateur privilégié , les soubresauts des investigations menées tambour battant par cette équipe de professionnels , avec à sa tête un commandant doté d'un flair et d'une intuition hors pair . L'auteur nous offre un choc des mots allié à un choc thermique permanent entre les locaux réfrigérés de l'IML et l'extérieur où règne des températures tropicales ..Il nous démontre que pour être un grand flic il faut être aussi fin psychologue , pour découvrir la noirceur de l'âme humaine qui se cache derrière la surface .
Un très bon polar , rythmé , et la découverte d'un auteur à suivre indéniablement pour l'avenir .
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Jean-François Pasques Prix du quai des orfèvres 2023 ? Ok, donc je me suis attelée à la découverte du tome 1 des aventures de Delestran, Mortelle canicule...

Eh bien c'est un très bon bouquin ! J'ai eu l'impression d'être la petite nouvelle, Victoire Beaumont, fraichement sortie de l'école à qui il faut tout expliquer...

Mais au delà de ça, l'intrigue est très bien construite, on suit les enquêteurs pas à pas, on a vraiment l'impression d'y être.

Au final, le personnage qui m'a le plus touchée, est celui du médecin légiste amant de la victime, et le décor que donne cette canicule de 2003 ajoute à l'ambiance étouffante de cette enquête policière.

Bouquin très réussi et très bon moment de lecture.


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Paris 2003 - La canicule frappe la capitale et tue de nombreuses personnes.
Le commandant Delestran, accompagné de sa nouvelle recrue Victoire Beaumont, veut la mettre directement dans le bain en lui faisant visiter l' IML.
En parcourant les tiroirs, il décèle une fragrance d'amande amère.....celle du cyanure.

Avec une écriture directe et sans chichis, Jean-François Pasques nous entraîne dans les coulisses d'une enquête policière en y détaillant les rouages et les procédures.
Roman écrit par un policier, il est évidemment crédible et ne nécessite pas un rythme à vitesse grand V ni de tirs à tout berzingue mais décrit le quotidien d'enquêteurs qui se doivent d'être minutieux.
L'auteur nous remémore cet été caniculaire et meurtrier qui a fait de nombreuses victimes à tel point que la morgue était bondée.
Pas facile de garder l'esprit clair sous cette vague de chaleur qui indispose tout le monde.....pourtant il faudra que le duo de flics garde leur lucidité pour résoudre cette affaire nébuleuse.
Encore un roman policier mais pas que....qui se démarque par son réalisme.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Il y a une part d'inconnu dans chaque homme. Malgré les progrès de la connaissance et les efforts pour le comprendre, une fraction insaisissable, inaudible et infranchissable, proche des lisières de la folie, persistera toujours. Le passage à l'acte, cet instant où tout bascule, était ce qui fascinait Tanguy Guéhut. Comme tous les flics, il avait eu la chance de faire sauter les verrous de l'intime au cours de certaines affaires. Il avait connu l'odieuse volupté d'être le seul à pouvoir vivre cet instant-là. Un tête-à-tête avec un criminel, au moment où le rideau tombe et que tout est joué, juste avant de dire adieu.
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Une semaine déjà dans cette fournaise ! Le temps s'étirait au goutte-à-goutte rendant chaque journée plus insupportable que celle de la veille. Dès les premières heures, la ville était écrasée de soleil. On suffoquait. Les organismes étaient mis à rude épreuve. Les hommes étaient comme des plantes, il leur fallait du temps pour s'acclimater et quand le changement était brutal, ils souffraient. Après la peste noire, la brune et la rouge, la peste solaire surgissait dans la capitale. Elle s'infiltrait, inoculait sa fièvre, contaminait et détruisait insidieusement. Elle non plus, on ne l'avait pas vue venir. Les hommes mouraient injustement, les plus fragiles d'abord.
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Delestran était un flic à l'ancienne, un peu dépassé par la technique. Il aimait prendre son temps, humer l'atmosphère et s'imprégner des événements qui entouraient une scène de crime. Sa technique d'investigation était basée sur la compréhension des personnalités et les interactions entre les protagonistes. Homme imposant à l'allure bourrue, parfois inquiétant, il avait un vice : il aimait les jolis mots. Il fallait lire ses procès-verbaux de constatations et ses rapports de transmission aux magistrats. Il redonnait vie à des termes oubliés.
- Quand il pique une colère, tout le monde aux abris. Il faudra vous adapter, conclut le taulier.
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Quand on est policier, on ne fouille pas chez les gens pour le simple plaisir de s'immiscer dans leur intimité mais pour découvrir des documents ou des objets relatifs aux faits incriminés et ainsi apporter la preuve de leur participation. La réalité était souvent beaucoup plus nuancée, surtout quand on ne savait pas ce qu'on cherchait. Parfois, on tombait sur des choses étranges, voire insensées. Souvent, plus la façade était belle et reluisante, plus les coulisses pouvaient s'avérer obscures et laides, par contraste. Il ne fallait pas voir le mal partout, chacun avait ses petits vices ou ses secrets cachés. Ce n'était pas forcément immoral ou condamnable, tant que cela ne portait préjudice à personne.
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Lui, sa régulation se manifestait surtout par de grosses gouttes de sueur dégoulinant dans son dos. Ça se voyait et ça l’indisposait davantage. Il en avait des souvenirs particulièrement douloureux. Par dérision, bien qu’il ne fût pas si gros, il dégainait dès qu’il pouvait son expression de circonstances à qui voulait bien l’entendre : «Sale temps pour les gros». Et son visage exprimait une forme de fatalité, légèrement exagérée. 
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Videos de Jean-François Pasques (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-François Pasques
Jean-François Pasques partage son quotidien entre sa passion de l’écriture et son métier de capitaine de police, où la réalité dépasse parfois la fiction. Son dernier roman, “Le fils de personne”, a reçu le prix du Quai des Orfèvres. Article complet à lire ici : https://bit.ly/3IlfYR9
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