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ISBN : 2882503822
Éditeur : Noir sur blanc (27/08/2015)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 20 notes)
Résumé :
En lisant l’Atlas des reflets célestes on pourra s’initier à une géographie singulière, observer huit rêveurs dans une maison qui n’a d’autre toit que le ciel, mener une partie de cache-cache interrompu, apprendre à se défendre des voleurs de rêves, découvrir la nature secrète des miroirs, goûter un baiser simple comme un gâteau saupoudré de sucre glace, se familiariser avec l’infini palimpseste qu’est l’encyclopédie Serpentiana, battre les « dix millions de grands ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  30 novembre 2015
Quel bonheur de se laisser encore une fois emporter par la douce folie de cet auteur dont j'ai déjà apprécié "Soixante-neuf tiroirs", dont tout amoureux des livres ne peut que sortir enthousiaste, et "Le siège de l'église Saint-Sauveur" qui permet lui-aussi de s'envoler entre rêve et réalité sur fond historique.
Cet "Atlas des reflets célestes" est paru en 1993 et l'on y retrouve tous les ingrédients qui ont présidé à la naissance des deux suivants.
Goran Petrovic est un auteur qui vous emporte dans un tourbillon de trouvailles, qui ranime l'imagination et l'émerveillement de l'enfance.
Avec lui tout est possible, le quotidien devient extraordinaire, il fait entrer son lecteur en lévitation.
"De toutes parts, le Faubourg était emmitouflé dans la neige.Les flocons tombaient et tombaient si dru que du ciel semblaient se dévider par milliers de longues cordelettes blanches finement filées. Comme si quelqu'un là-haut était en train de mettre en pelotes les doux fils ouatés d'un gigantesque écheveau tendu entre le ciel et la terre, en nous invitant à tricoter une nouvelle fois nos chandails d'enfant, qui nous vont encore si bien même quand nous sommes devenus grands." p 223
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traversay
  22 août 2015
Atlas des reflets célestes n'est pas un livre pour tout le monde. Mais chacun devrait tester son aptitude à lire de quelque chose de différent, loin de tout réalisme dans un univers onirique et poétique. La référence évidente est Borges mais cela n'est qu'une indication, Goran Petrovic crée sa propre fantaisie qui ne connait comme seule limite celle de l'imagination. Tout commence avec l'idée saugrenue qu'a un petit groupe d'amis d'enlever le toit de leur maison et de vivre à ciel ouvert. Le genre d'initiative que le voisinage n'apprécie guère et qui donne lieu à quelques scènes cocasses. Peut-on qualifier Atlas des reflets célestes dans la catégorie des romans ? De la fiction en tous cas, compilation de récits hétéroclites, de songes éveillés (ou pas), où la magie met son grain de sel sans que cela n'émeuve les protagonistes du livre, bien au contraire puisqu'elle est leur façon de vivre. Eloge de la différence et du droit à rêver, loin de tout matérialisme avec un regard singulier sur l'amour, la mort et les étoiles. Entre autres choses. Composé de micro histoires, le roman suit sa route de façon débridée et joyeuse. Un livre inclassable qui détone totalement dans la rentrée littéraire (était-ce une bonne idée de le sortir à cette période où les sorties se bousculent ?). En fin de compte, un bon révélateur pour chaque lecteur qui au fil des pages pourra se demander s'il a conservé intact sa capacité d'émerveillement de son enfance.
Un grand merci à Babelio et aux Editions Noir sur Blanc !

Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Moulinaie
  25 août 2015
J'ai adoré ce livre.
Mais en fait, ce n'est pas un livre.
Il en a bien l'aspect, rectangulaire, l'assemblage de feuilles semble cohérent, j'ai même vérifié la numérotation continue des pages. Mais ça s'arrête là.
En l'ouvrant, on ne sait pas quand on l'a commencé. Est-ce lors de la préface qui n'en porte pas le nom? Est-ce au moment du titre calligraphié? Est-ce à la lecture de la première planche? Est-ce ensuite dans l'index qu'étrangement on parcourt tant il regorge de mots délicieux et énigmatiques?
Je n'ai pas la réponse...
Mais il est certain que tous nos repères sont perdus. le voyageur des livres aguerri que je pensais être se trouve face à un choix. Abandonner ce livre et garder ses convictions? Redevenir un enfant et se laisser porter?
J'ai tenté la seconde route et j'ai accompli un voyage merveilleux. J'ai regardé dans le miroir du Nord qui raconte ce qui fut, ce qui est et ce qui sera. J'ai attendu Etta durant de longues années au pied de son ombre perdue. J'ai dormi sous le toit bleu de la maison. J'ai écouté, chaque jour, le crissement quasi érotique des graviers sous les pas de la jeune fille, sans savoir son nom.
Oui, tout cela je l'ai fait. Et bien plus encore!
Et si vous me croyez, vous aussi vous le ferez.
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mdhennin
  10 juillet 2015
Goran Petrovic est fou et c'est tant mieux ! Avec cet atlas des reflets célestes, il nous livre un ouvrage qui ne ressemble à nul autre, sorte de carnet de rêves, ancré dans la réalité, mais flottant dans l'imaginaire débridé et poétique de l'auteur serbe.
Au travers des aventures étranges, mystiques et rocambolesques d'un groupe d'amis, l'auteur nous parle de ses obsessions, de ses passions, des livres qu'il aime, de ses idées les plus folles. Ce livre se visite comme un cabinet de curiosité, passant d'une oeuvre à la suivante, avec une logique qui nous échappe parfois, qui nous amuse souvent, qui nous surprend toujours.
Ce monde poétique dans lequel vivent les personnages semble finalement si enviable et si attachant qu'une fois le livre refermé, la banalité de l'existence frappe par sa tristesse.
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jmfhcb
  05 septembre 2015
Le roman est beaucoup moins loufoque que ce que ne laisse entendre la couverture. le livre commence par la destruction du toit. Les huit habitants (je ne suis pas sûre du chiffre car certains personnages arrivent au milieu du livre) décident d'enlever le toit de la maison où ils habitent ensemble. Comme c'est le début du livre, je me suis posée des questions sur la santé mentale des personnages mais j'ai apprécié la réponse qu'ils donnent à la question de leurs voisins sur l'absence d'un toit à leur habitation. En substance, cela donne « mais si, notre maison a un toit, il est bleu ». Une note explique le pourquoi de manière plus précise :
de l'obscurité cavicole et faîtière
Il est proprement incroyable que l'homme puisse de son plein gré accepter de passer le plus clair de sa courte existence entre deux obscurités. Se croyant naïvement protégé par la solidité du plancher et la charpente du toit, il ne songe même pas à la nocivité d'un tel mode de vie. Il est vrai qu'il lui arrive rarement de tomber dans l'obscurité de sa cave ou de recevoir celle du grenier sur la tête. La mort dite « Mangeuse d'âmes » a des souliers lents, une pèlerine toute de silence et un masque insidieux. En effet, les forces magnétiques sournoises, dont le règne s'étend aussi entre ces deux obscurités, provoquent l'attraction progressive mais inéluctable de ces dernières. Avec le temps, son confortable gîte devient pour l'homme un piège perpétuel. Alors, coincé dans sa petite boîte, il s'avise de la fatalité de son illusion, mais, le plus souvent, n'a pas assez de force pour s'en affranchir, si bien que, se débattant frénétiquement pour essayer d'arracher son âme aux chaines qui l'entravent, il voit périr son corps dans l'horrible souricière. (D'après l'encyclopédie Serpentiana, article « Manière commune de vivre et de mourir »)
Cette petite note m'amène à parler de la structure du livre et de l'encyclopédie Serpentiana.
Le livre est constitué en chapitres, qui se divisent eux-mêmes en trois parties : le « texte » lui-même, où l'auteur écrit l'histoire des huit personnages de la maison, des notes qui suivent le texte, un article encadré. Les notes sont en générales très longues, et aussi importantes que le texte. Elles expliquent le mécanisme physique, psychologique, morale … du monde, que créé Goran Petrović dans le texte. L'article encadré décrit un monde « réel » d'objets inventés, en rapport avec le texte précédent. Par exemple, l'auteur décrit des tableaux imaginés, des mythes inventés … Tout cela contribue à vous englober dans un autre monde.
L'encyclopédie Serpentiana fait partie de cet autre monde. C'est une encyclopédie sans début ni fin, qui s'ouvre automatiquement à la « bonne page », celle contenant la réponse à la question que l'on se pose, si on sait lui parler bien sûr.
Comme je l'ai dit, ce livre est une bouffée d'air frais dans ce monde où tout est grave et où on va tous mourir prochainement. Il invite à voir la vie avec un peu plus de hauteur mais aussi de logique, avec une dose de fantaisie et d'imagination. Goran Petrović écrit un livre remarquable et passionnant par le monde qu'il invente pour nous, par la vision de la vie qui sous-tend le livre, mais aussi par les trouvailles stylistiques, les images mises en place … C'est un livre dépaysant, qui nous aspire complètement. Finalement, je ne retiendrais pas sur le long terme l'histoire (la vie des huit habitants de la maison) mais plutôt les sentiments que j'ai pu éprouver tout au long de ma lecture, l'émerveillement ayant prédominé.
En conclusion, c'était ma première lecture de la rentrée littéraire et mon premier coup de coeur (et cela m'a mis dans de très bonnes dispositions en plus).
Lien : http://cecile.ch-baudry.com/..
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critiques presse (1)
Liberation   02 octobre 2015
L’ouvrage composite et déroutant du Serbe Goran Petrovic allie poésie onirique et références historiques.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   24 novembre 2015
Les cinquante deux ingrédients pour concocter huit amulettes :
Pour huit amulettes contre tous maux et toutes adversités, il faut réunir :
un reflet de la lettre alpha renvoyé par l’oeil gauche, un petit cercle né d’une libellule et de la surface de l’eau, une pincée de douce poussière de pollen, une écaille de voûte céleste pas plus grande que l’ongle d’un pouce, un bref froissement de surgeon d’if en train de croître, l’interdit éternel de se retourner pour regarder derrière soi, de la force germinale proportionnée aux porteurs des amulettes, une double dose d’espoir, la paire d’ailes d’un beau rêve, le froufrou d’un pigeon qui s’envole, un croisement de points de vue, autant de flocons de neige qu’il s’en peut poser sur de longs cils, autant de mots d’amour que peut en contenir une bouche, la valeur d’une narine d’immortelle, une bonne inspiration de chacun des quatre vents, autant que possible de lumière printanière, de l’immesurable ténacité d’un secret (…), un soupçon de couleur de papillon de jour, un petit bouquet de la magie d’un trousseau de clefs, une granule de froissement de scarabée,(…), un regard qui se perd entre les arbres d’une forêt, … un mouchoir d’ombre de figuier d’après-midi….
Tracer autour de tout cela un cercle et ajouter un reflet de la lettre oméga renvoyé par l’oeil droit.
p 53-54
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nadejdanadejda   30 novembre 2015
Boîtes en fer blanc
Au début nous ne rangions pas nos souvenirs dans des boîtes. Nous les laissions simplement traîner partout autour de nous, en les poussant, les déplaçant et les oubliant pour un temps. On les tenait dans les fissures des murs, sous les tapis, parmi les vieilles choses remisées, dans les poches des manteaux que l’on ne portaient pas, entre les pages des livres, dans les armoires et les bouquets de fleurs sèches. Puis, quand tous les endroits « secrets » en regorgeaient, nous tombions quotidiennement sur eux, nous les retrouvions par hasard en faisant le ménage ou en cherchant une place pour de nouveaux souvenirs. Nous avons bientôt compris qu’un désordre pareil ne pouvait être plus longtemps toléré, et que nous risquions aussi de voir un souvenir important se perdre, se faire manger par les mites ou attaquer par l’humidité. C’est pourquoi, un samedi, nous avons organisé un grand ménage. Nous avons sorti tous les souvenirs à la lumière du jour, les avons brossés, exposés au soleil, puis enveloppés dans des morceaux de toile cirée, et pour finir rangés dans des boîtes à biscuits, à tabac ou à bonbons. Nous n’en avons jeté aucun (même pas le plus désagréable), car on ne jette pas les souvenirs, pour éviter qu’un jour puisse se trouver aux ordures une partie de nous-mêmes plus grande que celle qui nous reste. p 214
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nadejdanadejda   23 novembre 2015
(…) le voyageur (= le lecteur) est libre de composer chemin faisant son petit atlas. Bien entendu, il lui revient de décider comment employer les matériaux disponibles, dans quel ordre construire, où prévoir les jointures, où percer des ouvertures, bref, à quel point orner l’atlas de son propre imaginaire. Le cartographe espère que les matériaux de construction proposés permettront de bâtir une demeure riche d’une vaste vue. Cependant, son plaisir ne serait pas écorné d’un sourire si, avec ces matériaux le voyageur bricolait un simple gîte d’une nuit, douillet et chaud. p 13
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EleusisEleusis   08 septembre 2015
Tous autant qu’ils sont, les humains disposent de plusieurs sortes de visages, mais leur visage véritable se laisse aisément deviner, comme on repère facilement et immédiatement un morceau de viande dans une soupe. Le repérage se fait par simple observation des yeux. En effet, ce qui habite le regard ne peut en être banni d’aucune manière. Si les yeux sont peuplés de loups, il n’y a nul moyen de leur substituer des oiseaux gazouilleurs, pas plus que l’on ne peut donner des serpents pour des lapins, des agneaux pour des requins ou des renards pour des huîtres.

Hormis les yeux, certaines parties du corps ne sont définitivement pas interchangeables, à savoir les parties intimes, les mains, le ventre et, presque toujours, les pieds. Tout cela, on ne peut le changer pour se donner l’air de ce que l’on n’est pas réellement.

Cette impossibilité ferait tenir le nombre des métamorphoses dans un petit calepin sans les cohortes innombrables de bouches de substitution dont les gens disposent selon leurs besoins de changement, et qui permettent non seulement de semer la plus grande confusion, mais aussi de compromettre dangereusement le résultat final de la découverte d’une personnalité. Que ces bouches puissent prendre l’apparence de champignons délicieusement comestibles ou vénéneux, d’innocentes violettes, de fougères mélancoliques, de gobe-mouches voraces, d’écœurantes herbes marines ou de gracieux muguets n’a pas grande importance, bien entendu. Le problème, et le nœud gordien de la personnalité humaine, ce sont les paroles qui en sortent, si bien qu’il vaut mieux ne pas se fier à elles, mais chercher à déceler les contours du vrai dans les yeux.
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Charybde2Charybde2   10 octobre 2015
De temps à autre, dans un tiers du Miroir du Nord, nous apparaît la tante de Bogomil, Despina. On entend d’abord frapper, tout à fait comme le ferait un visiteur à notre porte, puis une voix fringante se fraye un chemin jusqu’à nos oreilles : « Bonjououour, il y a quelqu’un ? » Et pour finir une partie du miroir s’éclaire et découvre le visage de tante Pina. Elle est toujours d’humeur joyeuse, les seuls changements sont ceux de sa garde-robe ; selon le pays d’où elle vient quand elle se manifeste, elle porte un chapeau colonial, un manteau d’hermine ou un tailleur parsemé de fleurettes, et elle a une fois (ayant estimé qu’il s’agissait d’une urgence) « fait le voyage » en chemise de nuit de couleur rose. Volubile (une bonne partie de la famille dirait plutôt qu’elle est un vrai moulin à paroles), sans même attendre que nous soyons tous réunis devant le miroir, elle s’empresse de demander des nouvelles de la famille, relate quelque aventure, ne manque pas de raconter sa nouvelle histoire d’amour et, bien entendu, de se repentir de l’ancienne, désire savoir si l’on parle ici de son dernier exploit, avertit son neveu de se garder des refroidissements et, tout aussi subitement qu’elle a surgi du miroir, disparaît en nous laissant émerveillés par la détermination inébranlable avec laquelle elle s’occupe des choses les plus extravagantes qui soient au monde. Bogomil en a évoqué quelques-unes et elle nous en a fait connaître d’autres, par exemple : en Chine, Desmina s’est intéressée au croisement du papillon et du chrysanthème ; avec les chamans de Sibérie, elle a transformé des nuages en bons géants ; au sud de Marrakech, elle a rejoint une expédition lancée sur les traces d’un mirage égaré, celui du phénix, l’oiseau immortel ; dans les forêts du Brésil, elle s’est employée à exterminer les spectres des mygales ; à Riyad, elle a appris à tisser les tapis volants… En ce moment, elle se trouve dans un pays d’au-delà des océans où, avec une baguette de sourcier, elle cherche le point de jonction des trois temps.
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