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Gojko Lukic (Traducteur)
ISBN : 9782923682082
Éditeur : Les Allusifs (02/09/2010)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Au sortir de la Grande Guerre, au Royaume de Yougoslavie qui vient de naître, dans une petite ville serbe, un homme ingénieux et entreprenant fait bâtir l’hôtel Yougoslavie, merveille de luxe et de modernité jamais vue dans les parages. L’hôtel possède, entre autres choses, une grande salle de bal avec un plafond en stuc représentant le ciel étoilé. Après la faillite de l’hôtel, la salle devient un cinéma, appelé Uranie, comme la muse. L’histoire poursuit ses folies... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Hebephrenie
  12 février 2011
** Critiqué dans le cadre du programme Masse Critique **
« Comme je l'ai déjà dit, je ne peux pas me rappeler le titre du film que l'on passait. Quoique, réflexion faite, cela ne me paraît pas d'un grand secours, car je ne parviens même pas à démêler ce qui de tout ceci faisait partie du film, ou de l'événement historique, ou encore de la tentative d'en faire de la littérature ».
Goran Petrović nous convie à un voyage au coeur de la vie des habitants d'une petite ville serbe en 1980. Un cinéma, l'Uranie, un projectionniste, Bonimenteur, un ouvreur, Simonovitch. Un film dont le nom a été oublié, l'intrigue évacuée. Mais avec une précision ethnologique, nous découvrons les destins croisés des spectateurs de la salle, du 1er rang à l'arrière fond de la salle. Un par un, nous apprenons les occupations, préoccupations, aspirations.
La construction du livre s'avère à mon sens simpliste (malgré une découpe en petits chapitres titrés de façon amusante) : la création de bâtiment qui abritera l'Uranie, par un étrange personnage ayant fait fortune grâce à l'appariement de godillots gauches, puis de godillots droits, achetés dans deux ventes aux enchères séparées. Puis la description uniforme des spectateurs. Puis l'Histoire qui (la mort du maréchal Tito), contrairement à la grande hache de Pérec, ne bouleverse pas tant de chose que ça. Puisque la dernière partie du roman s'évertue à décrire la trajectoire finale des spectateurs. Une réflexion inaboutie sur la place de la grande histoire dans la vie quotidienne.
Mais des bonnes idées bien sûr, en particulier l'apparition ponctuée d'un étrange animal, un perroquet nommé « Démocratie », dont on a juré qu'il parlerait un jour. Les problèmes de son premier propriétaire, ayant tenu des propos sur « démocratie » gênant le régime en place. Et puis l'oiseau qui sauve finalement son second propriétaire, par quelques mots répétés dans un cirque.
Et puis ce plafond de l'Uranie, dont le stuc s'effrite, laissant s'évanouir étoiles, comètes, planètes, en poussière sur les spectateurs.
Je concéderai somme toute être peu friande de romans loufoques et drôlatiques. « Sous un ciel qui s'écaille » est l'un de cela, puisque la mosaïque kaléidoscopique des personnages, du voyeur à la prostituée n'acceptant pour client que des militaires (et les faisant bien sur payer en fonction de leur grade), de l'opportuniste politique au pâtissier cachant le tatouage de sa femme, sont des éclats de vie impromptus.
Un roman cinématographique bien fade en somme, soutenu heureusement par de solides métaphores.
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Seraphita
  18 décembre 2010
Mai 1980, dans un cinéma d'une petite ville serbe. Une trentaine de spectateurs assiste à la projection d'un film. Soudain, « le pinceau de lumière a cassé net ». La projection s'interrompt brutalement. Puis, à la faveur d'« une lueur apparue sur le côté », une terrible nouvelle est annoncée au public. Quelle nouvelle vie chacun va-t-il pouvoir se redessiner ?
J'ai eu bien du mal à rédiger un résumé de ce livre, tant l'intrigue est mince. Je me suis aidée pour ce faire du résumé proposé en quatrième de couverture. J'ai été très déçue par ce roman de l'auteur serbe Goran Petrovic, né en 1961 à Kraliévo, en Serbie. C'est d'ailleurs dans cette ville que se déroule le roman. La présentation de l'auteur nous informe que celui-ci est « lauréat des plus grands prix littéraires dans son pays ». Dans ce cinéroman, ce n'est pas vraiment une histoire qu'il raconte ; il brosse plutôt une galerie de portraits, dans une perspective à la fois sociale et psychologique. Ces personnages nous sont décrits dans le cinéma de Kraliévo, en fonction du rang qu'ils occupent habituellement. Cette petite chronique ethnologique est assez intéressante. Mais on entre vite dans le registre de la digression qui, à la longue, devient ennuyeuse. Il y a tant de personnages que le lecteur s'y perd (en tout dans le cinéma, figure une vingtaine de rangs : le nombre de spectateurs s'en voit multiplié…). le résumé que j'ai essayé de rédiger laisse à penser que l'auteur a bâti une intrigue solide : il n'en est rien. Il faut se laisser porter par les portraits variés et associations d'idées de l'auteur : je n'y suis pas parvenue.
Un mot sur les (nombreux) titres qui ponctuent le roman : si l'idée semble intéressante (cela met le lecteur en appétit pour la suite), les titres en eux-mêmes paraissent énigmatiques et déroutants : ils peuvent même rebuter par leur aspect trop long : « Extrait des actualités du fonds de la cinémathèque yougoslave » ou « Même au paradis, les gens colleraient partout leurs chewing-gums » ou encore « de la première à la neuvième rangée ». On a même droit à des extraits d'inscriptions sur les sièges du cinéma.
Un mot sur le titre du roman : « Sous un ciel qui s'écaille ». Ce ciel correspond en fait au plafond du cinéma l'Uranie de Kraliévo qui a tendance à s'effriter :
« Pendant que du vieux plafond du cinéma Uranie, de sa stucature exécutée de main de maître, de sa représentation symbolique de l'Univers, du Soleil, de la Lune, des planètes, des constellations et des comètes, tout doucement, sans bruit, se détachaient d'impalpables particules de chaux, quasi invisibles » (p. 191).
Un roman qui ne m'a pas captivée mais qui comporte une idée originale : la présentation de personnages en fonction de leur positionnement habituel dans le cinéma, ce qui peut faire penser à un récit ethnographique.
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Ellane92
  02 décembre 2013
Ce livre de Goran Petrovic est plein de qualités : l'auteur nous livre un morceau d'histoire au travers de la vie d'un petit village aux habitants bien campés. Les paragraphes sont courts, bien écrits, et souvent drôles. L'idée d'évoquer la fin d'un monde au travers des changements intervenant dans la vie des spectateurs de l'Uranie est séduisante.
J'ai trouvé toutefois que "Sous un ciel qui s'écaille" souffrait d'un manque "de liant", de liens entre les protagonistes, qui pourraient donner une direction à l'ouvrage. le livre nous livre des histoires, les unes après les autres, rangée de fauteuils par rangée de fauteuils, avant-après la mort de Tito, mais ne raconte pas une histoire. En refermant le livre, je me suis dit : "oui. Et alors ?".
C'est dommage, il y avait beaucoup de potentiel dans ce "cinéroman", de l'originalité, du pittoresque, du drôle, de l'émouvant, du ridicule, mais pour moi, le tout manque d'aboutissement.
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moustafette
  21 août 2011
1980 a marqué un tourmant dans l'histoire de la Yougoslavie.
Pour le narrateur, cela a eu lieu à l'Uranie, salle de cinéma de Kraliévo, une petite ville de Serbie. Pour lui et les autres spectateurs, il y aura un avant et un après cet après-midi de Mai.
Projet ambitieux construit et inauguré en 1932 par le futé et original Laza Iovanivitch, l'hôtel Yougoslavie sera revendu en 1939, la salle de bal et de spectacle étant alors transformée en cinéma, cinéma qu'on nationalisera après la guerre. L'histoire du bâtiment suivra celle du pays et des hommes.
Balayant du pinceau de son projecteur littéraire les rangées de la salle en ce dimanche de Mai 1980, le narrateur nous dresse une galerie de portraits des habitants de Kraliévo pris dans les changements perpétuels de cette mosaïque balkanique qu'un homme réussira pourtant à unifier pour un temps. La construction particulière du roman sert à merveille ces personnages loufoques, attachants, souvent déboussolés, mais réussissant malgré tout à s'adapter car ils n'ont guère d'autres choix, à l'image du vieil Simonovitch, ouvreur de son état et mémoire de l'Uranie, ou d'Ibrahim, propriétaire de la pâtisserie Mille et une délices.
Comme une métaphore du passé et d'un futur annoncé, le plafond de la salle s'écaille, l'éclat des peintures de la fresque représentant l'Univers se ternit, le ciel s'effrite lentement mais sûrement sur la tête des spectateurs. le ciel, le vrai, attendra les années 90 pour tomber définitivement sur la tête des hommes. A moins que ce soit l'inverse...
Un petit roman très original qui tourbillonne dans tous les sens tel un film qu'on rembobine, qu'on laisse sur "pause" pour mieux le faire repartir en accéléré mais qui, malgré tout, se joue toujours des soubresauts de l'Histoire.

Lien : http://moustafette.canalblog..
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traversay
  29 août 2012
Qui se souvient d'un film de Goran Markovic : Tito et moi (92), une tragédie burlesque au charme très slave ? Sous un ciel qui s'écaille de Goran Petrovic y fait immédiatement penser, par son ton, cocasse et poétique à la fois, et sa façon, sans en avoir l'air, de dire des choses graves avec légèreté.
C'est toute le vingtième siècle de la Serbie (et de l'ex-Yougoslavie) qui est raconté dans ce "cinéroman". Pas de façon chronologique, non, mais dans un désordre subtilement agencé où le destin d'une trentaine de personnages, pas moins, est évoqué, avec pour point de départ une séance pas comme les autres, qui eut lieu un certain jour de mai 1980, au cinéma Uranie.
Entre une perruche qui refuse de parler, un projectionniste qui coupe des morceaux de film pour construire son oeuvre personnelle, un ouvreur qui a le sentiment d'être aux portes du paradis, et une galerie inoubliable de spectateurs tous croqués avec un sens du portrait ébouriffant, Petrovic crée un microcosme serbe haut en couleurs et en douleurs, ces dernières apparaissant en filigrane, l'auteur ayant l'élégance de préférer la dérision au sérieux.
Le plus étonnant est qu'en moins de 200 pages, Goran Petrovic réussisse à en dire bien plus qu'un pavé de 500. Un vrai tour de farce, pardon de force, proprement jubilatoire, avec une pointe de mélancolie sous la plume. Difficile de faire plus slave.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
moustafettemoustafette   21 août 2011
Il s'est fait un grand, un total silence. Celui qu'on appelle un silence de mort. De tous les sons il est seulement resté le murmure des écaillures qui se détachaient du ciel de la salle... Un peu plus tôt, sous un certain angle, on pouvait voir dans le faisceau lumineux du projecteur tomber d'en haut, du Soleil et de la Lune stylisés, des planètes et des constellations, une impalpable poussière laiteuse, plus blanches et plus légère que la plus fine poudre de riz... Cette bruine devait certainement continuer de tomber, persistante, fantomatique, même une fois la projection interrompue... Comme si elle cherchait à tout couvrir, à dissimuler toute trace, à adoucir les rides autour des yeux et des lèvres, à gommer nos visages.
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HebephrenieHebephrenie   06 février 2011
Tout était si différent, seul le rire des gens était pareil partout où son petit-fils Rudy déroulait la toile de l'écran et tournait la manivelle du projecteur.
Parmi les centaines d'auberges où les Tchèques montraient leurs images animées. [...] Il y avait celles où les clients venaient pour se pendre hors de chez eux, celles où ils se soûlaient parce que nulle part ailleurs il n'y avait de liberté, et celles où ils s'enivraient de ne savoir que faire de leur liberté...
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SeraphitaSeraphita   18 décembre 2010
Pendant que du vieux plafond du cinéma Uranie, de sa stucature exécutée de main de maître, de sa représentation symbolique de l’Univers, du Soleil, de la Lune, des planètes, des constellations et des comètes, tout doucement, sans bruit, se détachaient d’impalpables particules de chaux, quasi invisibles.
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HebephrenieHebephrenie   06 février 2011
Comment la démocratie pourrait-elle être chère? Pour les autres oiseaux on peut marchander, mais pour celle-ci, je ne baisse pas le prix... Laissez-moi vous expliquer : la tyrannie n'arrête pas de se pavaner, de faire la roue, mais elle reste muette. La démocratie est un oiseau menu, qui ne paie pas de mine, mais le jour où elle se met à parler...
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moustafettemoustafette   21 août 2011
Ibrahim n'a rien dit. Il s'est dominé. Le lendemain, il est parti avec Yasmina et sa femme. Sur la vitrine réfrigérante il avait laissé une note avec des indications détaillées : "Les millefeuilles sont frais, il vaut mieux manger d'abord les baklavas..."
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