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Aleksandar Grujicic (Traducteur)
ISBN : 9782742795314
Éditeur : Actes Sud (01/01/2011)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Un jeune auteur serbe, à la dangereuse propension à se soûler sans répit et peinant à trouver sa place ici-bas, obtient une bourse de la fondation Rockefeller pour résider pendant un mois sur le bord du lac de Côme.

Sur un mode élégiaque et amusé, voici le journal d’un voyage initiatique et d’une renaissance où se côtoient quelques personnages hauts en couleur, qu’ils appartiennent à l’élite intellectuelle internationale ou qu’ils officient comme caf... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  02 octobre 2018
“Tout était tranquille,.....J'étais moi-même tranquille.”
Il est serbe, jeune, écrivain et porté sur la bouteille. Fin 90, dans une Yougoslavie morcelée et dévastée d'après guerre, vivotant de petits boulots à Belgrade, nullement intéressé par le travail, il remplie par hasard un formulaire de la fondation Rockefeller, pour un séjour à Côme. À la question sur ce qu'il envisage de faire là-bas, il répond, écrire un roman, un roman dont il n'en a aucune idée.
Invité officiellement, le voici à Bellagio, pour un mois, dans une villa somptueuse sur le lac de Côme, laissant derrière lui son pays dévasté et délivré de tout souci matériel, en compagnie d'une faune de boursiers, plus âgés, aux nationalités et centres d'intérêts divers et particuliers .....tranquille. On va y passer ces trente jours “au paradis”, avec lui.......tranquille.
C'est cette tranquillité, qui fait le sel de ce récit, agrémenté d'une prose descriptive et analytique sans fioritures. Si quelque chose le gêne, il l'évite sans trop faire de remous, si quelque chose lui plait, il en profite pleinement, paysages, promenades, alcool, compagnie ....quand à écrire, le dernier de ses soucis, “...c'était un plaisir encore plus grand de ne rien faire, de ne pas agir, de juste regarder les yeux ouverts, et d'écouter en veillant à ce que rien ne m'échappe.”
J'ai adoré cet éloge au farniente, imbibé d'alcool et d'humour, où les bars et les serveurs sont ses lieux et interlocuteurs de prédilection,
Un farniente foisonnant de réflexions, d'analyses imagée des multiples caractères rencontrés dans la villa et le village, de magnifiques descriptions de la nature, des paysages, du temps, et d'anecdotes émouvantes, le tout, simple, fin et subtile,
Un farniente dont l'irrésistible légèreté l'amalgame sans artifice, dans l'environnement faux semblant et son rôle d'imposteur dans ce “hors-monde”, hors du temps.
Un très beau livre, au charme italien, à l'humour serbe, à déguster en contemplant le magnifique lac de Côme ! Magnifique, je peux l'assurer 😊!

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Merik
  10 octobre 2018
Le narrateur est dipsomane, a l'haleine éthylique, s'envoie de la fine comme un nonchalant rebelle et désabusé. Mais ne comptez pas sur lui pour admettre le souci :
«Elle m'a demandé si j'étais sûr de ne pas avoir un problème avec l'alcool.
- Oui j'en suis sûr, je n'ai aucun problème avec l'alcool, pourquoi me le demandes-tu ?
- Parce que tu bois trop.
- Je ne vois pas où est le problème, lui ai-je dit.»
Serbe dilettante dans une Yougoslavie conquérante, il s'exile 30 jours (et autant de chapitres) à Bellagio près du lac de Côme, invité par le gain d'une bourse à produire un roman dans cette résidence d'artistes, de scientifiques, de chercheurs ou d'intellectuels venus des quatre coins du monde. De lignes écrites il n'y en aura pas vraiment, mieux vaut plutôt s'envoyer des verres et des contemplations méditatives. Il y aura aussi quelques affinités plus vives avec certains résidents au panel hétéroclite, même si sa nature addictive l'aimantera plus facilement vers les patrons de bars, les serveurs en tout genre de casse-pattes. On se refait pas, même avec une bourse Rockefeller. De beaux liens amicaux avec ses complices de bourre, flirtant parfois du côté de l'amour, les dessins échangés avec Alda en guise de communication au-delà de la langue fleurent le beau, le tendre, le bleu.
Un superbe roman, au confort magique de lecture, qui envoie direct sur un petit nuage rebelle et malicieux, tendre et miraculeux.
Trente jours, c'est court.
(merci Bookycooky de me l'avoir fait découvrir grâce à ta critique)
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Ellane92
  09 septembre 2014
Un jeune écrivain Serbe, qui vivote des quelques textes qu'il arrive à publier dans des journaux, dépose un soir de beuverie, poussé par un copain, et presque par hasard, un dossier à la fondation Rockfeller. A sa plus grande surprise, il est invité pendant un mois à vivre, aux frais de la fondation, à la villa Maranese de Bellagio, sur le lac de Côme, en Italie, pour y écrire son prochain roman (c'est ce qu'il avait écrit dans son dossier d'inscription). Mais c'est surtout pour lui l'occasion de découvrir autre chose qu'un pays socialiste qui se remet mal de la guerre, et de gouter à la Dolce vita !
Ce que j'ai aimé ce petit livre de Valjarevic !!! J'ai fait le plein de fraicheur et de naïveté, de bon sens, et de "retour aux sources".
Le livre est découpé en trente chapitres, un pour chaque jour passé à la villa, et le narrateur nous raconte, par le menu, le contenu de ses journées.
Le début est assez amusant : le narrateur découvre le paysage magnifique et sauvage de Bellagio, entre lac et forêt, le luxe de son studio, le vin et la gastronomie italiennes… et les autres habitants de la villa : chercheurs, écrivains, poètes, musiciens… toute une élite internationale. Et notre narrateur, petit écrivaillon d'un petit pays bien loin de la douceur de vivre italienne, se sent comme un imposteur face à tout ce luxe et toutes ces sommités. Mais un imposteur bien décidé à profiter de ce qu'on lui offre. Il se lève donc à des heures improbables, au grand dam de la femme de ménage, profite de tous les repas, passe ses soirées à s'enivrer, se couche à pas d'heure, en compagnie de son petit transistor, puis recommence. Et surtout, il évite tous ces grands intellectuels ou artistes venus des cinq continents "Etre idiot et immature, c'était une position idéale pour moi, on n'embête pas les gens qui sont ainsi faits."
Et puis, au fur et à mesure, ce jeune homme s'apaise et se reconstruit. Il va commencer à s'ouvrir aux autres, les serveurs de la villa pour commencer, mais aussi un vieux biologiste renommé venu à la villa avec sa femme, la serveuse d'un bar de la ville, qu'il fréquente quand il fait "le mur", avec il ne communique que par dessin, le gérant d'un autre bar, fervent supporter de la "juv",! Et puis, sans en avoir l'air, il va commencer à construire des ponts avec et entre les autres, les gens d'en haut (de la villa Maranese) et ceux d'en bas (de la ville) par exemple, ou entre un vieil homme et son rêve (un passage magnifique).
Parenthèse enchantée, petit leçon de vie pleine de douceur qu'on lit le sourire aux lèvres, j'aurais aimé que ces trente jours sur le lac de Côme durent plus longtemps et que soit épargné à ce narrateur ma foi très sympathique le retour à la réalité de son pays. Mais bon, rien ne m'empêche, à mon tour, d'aller me perdre et me trouver aux alentours du lac de Côme ! "Comment ressentir chaque jour la joie de vivre ? Ne pas se cacher, ne pas avoir trop d'assurance, être modeste, ne prendre que de petites décisions, marcher beaucoup, rire à ses propres dépens."
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nadejda
  04 juin 2011
Le narrateur de «Côme», jeune écrivain originaire de Serbie, est invité par la fondation Rockfeller qui lui offre une bourse pour une résidence d'un mois à Bellagio sur le lac de Côme (le livre est divisé en trente chapitres, un par jour). Lui est alloué un studio, dans une villa avec vue sur le lac, la villa Maranese. Les repas sont pris dans le cadre luxueux de la villa Serbelloni. Dans ce lieu privilégié, par le luxe et la beauté de l'environnement, notre auteur, sans aucune envie d'écrire, se sent totalement décalé par rapport aux autres pensionnaires. Il a laissé son pays dévasté par la guerre et se retrouve brusquement dans un cadre idyllique au milieu de musiciens, chercheurs, professeurs, universitaires pour la plupart, se demandant ce qu'il est venu faire là.

Au début, il tente de donner le change, fait croire qu'il travaille pour échapper au concert du soir ou à des conférences ennuyeuses, s'achète une cravate (la cravate est de bon ton pour aller manger au Serbelloni) et une chemise neuve pour moins dénoter au milieu des autres invités.
Puis rapidement il se fait des amis à l'extérieur, au village de Bellacio en la personne de Alda la serveuse du café «le Spiritual», Augusto patron du bistrot «le Sport» et finalement au sein même des pensionnaires de la villa où il est repéré par ceux qui, comme lui sont hors normes.

Il aime le bon vin toscan, les vieux cognacs et whisky que lui servent, en complice, ses amis serveurs, Gregorio et Mahatma, qui lui offrent des prétextes pour s'éclipser et rejoindre la salle de télé où il peut assister à des match de foot en compagnie d'une bonne bouteille. 

Par son observation, des autres résidents et de leurs travers, de leurs antagonismes, leurs petites mesquineries qu'il regardent d'un oeil amusé ou parfois exaspéré, il nous offre des scènes très drôles. 

Il fuit souvent la villa et ses pensionnaires pour de longues promenades d'exploration des collines qui dominent le village de Bellagio et s'essaie même à gravir le sommet du mont San Primo, de 1682 mètres d'altitude. 
«J'en avais envie. Je le contemplais de ma fenêtre tous les jours, et à présent le temps était venu d'y monter. Je n'étais jamais monté au sommet d'une montagne. J'ai fini mes préparatifs et je suis parti.» Il ne se pose pas de question. Il y va. 
Et y retournera à la demande de son vieil ami, Monsieur Sommerman ornithologue à ses heures, pour observer à sa place le grand aigle doré.
«Il était énorme, cet aigle. le grand aigle doré, ainsi qu'on le nommait.(...) J'étais tout petit, et petite était ma vie et tout dans ma vie et tout en moi, toutes les illusions que je gardais, tout ce qui me constituait...Mon corps a expiré de peur et d'admiration.»

Il vagabonde. Il fait une escapade à Côme, erre sans but précis dans la ville, «Je me suis mis à déambuler dans les ruelles. Je crois que c'est l'une des choses les plus agréables, d'arriver pour la première fois dans une ville et de parcourir, sans but, une rue après l'autre.»
Sous ses dehors nonchalants le narrateur nous donne une belle leçon de vie en laissant entrevoir au fil de ses échanges avec ses amis villageois, de ses promenades, par son observation de leur vie quotidienne («J'ai toujours aimé les marchés»), le fossé qui existe entre eux et les riches résidents des somptueuses villas, clients des boutiques et des hôtels de luxe. Il se fait le passeur chaleureux entre ces deux mondes qui s'ignorent l'un l'autre, et sait, mine de rien, nous les faire découvrir et aimer avec le même sourire, sans a priori.
Ce récit, plein de décontraction et de douceur ironique, offre au lecteur la même parenthèse que celle vécue par l'auteur. Il nous donne vraiment l'impression d'habiter ces lieux et l'on s'y sent comme en état d'apesanteur. Mais tout a une fin....malheureusement.
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blanchenoir
  06 juillet 2014
Côme est un livre rafraîchissant, très agréable à lire... La boisson ici omniprésente est créatrice de liens, avec les riches comme avec les plus modestes...
Le jeune auteur serbe qui obtient par hasard une bourse de la fondation Rockfeller, qui lui permet de résider un mois dans une villa qu bord du lac de Côme, va connaître le luxe ainsi qu'une certaine liberté... La liberté d'être soi ou au moins, d'essayer, pendant un temps, de le devenir...
Loin du chaos qui paralyse son pays, l'auteur n'a nullement envie d'écrire, alors qu'il a obtenu une bourse pour cela... Se liant d'amitié aussi bien avec de riches universitaires qu'avec les cafetiers du village, le narrateur devient un pont entre deux mondes : celui des gens modestes et le monde des riches. Grâce à lui et pour son plus grand plaisir, ses amis cafetiers vont pouvoir , une journée, côtoyer le monde des riches et découvrir un paysage exceptionnel... Un moment hors du temps...
Chaleur, fraternité et amitié sont présentes au coeur de ce roman autobiographique. Un roman de rencontres et de retour vers soi pour un nouveau commencement.
"Je suis resté un bon moment assis à cet endroit, j'étirais mes jambes et tournais mes chevilles. Mes articulations craquaient.
C'était comme si jamais je n'avais été nulle part auparavant. Ça valait largement la peine de monter. C'était comme si je n'avais jamais rien fait auparavant, ni de bon ni de mauvais. j'ai ressenti, tout le temps que j'ai passé là-haut, une fatigue et une sérénité pures. Rien d'autre, sur ce sommet. Ça valait vraiment largement la peine d'escalader le San Primo."
+ Lire la suite
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   29 septembre 2018
Ce n’est pas si mal d’être riche, me suis-je dit, d’avoir un yacht, une maison sur le lac, de s’acheter tous ces manteaux, chemises, vestes, chaussures et pulls pour plusieurs centaines ou milliers d’euros. Mais ce n’est pas si mal non plus de ne pas être riche et n’avoir rien de tout ça, parce que tout ça n’a rien avoir avec la vraie vie.
p.25
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blanchenoirblanchenoir   02 juillet 2014
Je suis resté un bon moment assis à cet endroit, j'étirais mes jambes et tournais mes chevilles. Mes articulations craquaient.
C'était comme si jamais je n'avais été nulle part auparavant. Ça valait largement la peine de monter. C'était comme si je n'avais jamais rien fait auparavant, ni de bon ni de mauvais. j'ai ressenti, tout le temps que j'ai passé là-haut, une fatigue et une sérénité pures. Rien d'autre, sur ce sommet. Ça valait vraiment largement la peine d'escalader le San Primo.
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BookycookyBookycooky   30 septembre 2018
Comment ressentir chaque jour la joie de vivre? Ne pas se cacher, ne pas avoir trop d’assurance, être modeste, ne prendre que de petites décisions, marcher beaucoup,
rire à ses propres dépens. Je ne voyais pas d’autre solution.
p.81
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BookycookyBookycooky   29 septembre 2018
Les couleurs s’étalaient, se déplaçaient, descendaient des montagnes, arrivaient par-delà les forêts obscures jusqu’au lac et s’y immergeaient, grâce au soleil qui animait leur trajet.
p.33
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nadejdanadejda   04 juin 2011
Les habitudes sont vraiment une sale affaire. On n'arrive pas à se libérer de certaines, et il y en a d'autres que l'on ne peut traîner partout avec soi. Trop coûteuses. Les habitudes de travail mises à part, bien sûr. On peut travailler n'importe où, si on est obligé, ou si on le veut. Moi, je n'ai pas ce problème-là. Je peux ne rien faire du tout. Peu importe où je suis. Si j'ai un problème avec certaines mauvaises habitudes, celle-ci ne concernent sûrement pas le travail. C'est dans ma nature, je pouvais me sentir chez moi à Bellagio parce que, de toute façon, je me sens chez moi absolument partout.
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