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ISBN : 9791097417215
Éditeur : Viviane Hamy (10/01/2019)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Plusieurs années auparavant, j’avais suivi mon père sur un long trajet, vers Clermont-Ferrand. Parfois il me laissait tenir le volant sur les quatre voies vides du Sud-Ouest, de longs parcours, la lande entrecoupée seulement de scieries et de garages désolés, au loin. Je conduisais de la main gauche, ma mère ne savait pas que j’étais monté devant. C’était irresponsable de sa part, mais la transgression alliée à l’excitation de la route me donnait l’impression d’être... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
motspourmots
  19 janvier 2019
C'est un roman dont le héros est en permanence sur un fil, d'ailleurs, lorsque je m'apprête à en parler à quelqu'un je me trompe de titre et dis Funambule au lieu de Saltimbanques... Lapsus révélateur de la trace laissée dans mon esprit. Un fil tendu entre passé et avenir, un fil nommé présent, sur lequel Nathan, puisque c'est son nom tente de garder l'équilibre pour gagner l'autre rive. C'est un roman tout en impressions, en instantanés, servi par une très belle écriture qui déroule lentement une mélancolie réchauffée de quelques rayons de lumière.
Cela fait huit ans que Nathan a quitté le sud-ouest et sa famille lorsque survient le décès de son petit frère Gabriel. Celui-ci avait à peine huit ans quand Nathan est parti et ils ne se sont pas vraiment revus depuis. Nathan ne sait rien de Gabriel, du jeune homme qu'il était devenu à part la tristesse qui imprègne désormais les murs de la maison familiale. Parents peu causants. Amis perdus de vue. Nathan traîne ses questions et finit par rencontrer la bande d'amis de Gabriel. Une troupe de spectacles de rue, jongleurs, acrobates à laquelle il se mêle, une manière pour lui d'aller à la rencontre de son frère, de se glisser dans ses pas. Il y a Bastien, le plus âgé, qui semble prendre soin des autres. Apolline qui fut très proche de Gabriel. Il y a le spectacle, l'art de la représentation, la discipline, une sorte de seconde famille. Un style de vie, en communauté. Pourtant, la quête de Nathan ne suit pas la bonne route. A travers Gabriel, c'est lui-même qu'il tente de saisir. C'est le vide béant qui l'habite qu'il tente de remplir. Et c'est en repartant vers le nord que les réponses apparaitront.
L'auteur saisit ce temps, celui du deuil, qui agit comme un révélateur. Réminiscences du passé. Affleurement des failles et des blessures non cicatrisées. L'absent devient une sorte de fantôme et le questionnement permanent empêche ses proches de s'en affranchir. La route que parcourt Nathan est un long tunnel ponctué de rencontres, comme autant de flashs de lumière... jusqu'à la clarté, tout au bout. C'est justement au pied d'un phare, en Bretagne, que son chemin bifurque.
Étonnamment, ce livre n'a rien de triste. L'ambiance qui s'en dégage est enveloppante, presque envoûtante. L'histoire passe au second plan, ce sont les rencontres qui comptent, ces individus que l'on observe avec les yeux de Nathan, désireux d'en saisir l'âme. Une arabesque, un rituel autour d'un feu de bois sur une plage, une séance de jongle, un corps qui s'enroule comme une liane autour d'une corde, la lente ascension vers le sommet du phare. Autant d'étincelles de vie.
Un premier roman qui charme par sa langue à la fois classique et moderne d'où jaillit un univers singulier, une atmosphère marquante, une petite musique bien à lui. Une jolie découverte.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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pilyen
  09 janvier 2019
Dépression, deuil, errance... sont les premiers mots qui viennent après la lecture de ce premier roman, mots qui, même s'ils correspondent vraiment à notre époque, ne sont quand même pas des plus vendeurs. Reconnaissons à François Pieretti le bon goût de ne pas sombrer dans une facilité mercantile. Reconnaissons-lui aussi, et il faut le dire, que son récit, malgré sa tonalité grisâtre, accroche tout de même le lecteur.
Nathan, presque trentenaire, héros parisien solitaire, dont on s'accrochera aux déambulations plus que mélancoliques, retourne dans la petite ville de sa jeunesse pour les obsèques de son jeune frère qui n'est pour lui qu'une silhouette restée vague. Rongé par une envie de construire un portrait plus précis de ce jeune homme mort prématurément, il se rapprochera d'un groupe de jeune gens passionnés de jonglage et finira par créer quelques liens avec deux ou trois d'entre eux.
Roman du deuil, de la désillusion, mais aussi d'un mal de vivre contemporain que certains ont appelé "ultra moderne solitude", " Saltimbanques" , grâce à une écriture fluide qui n'essaie jamais de surjouer, distille une jolie musique à l'inspiration modianesque. Nathan semble échapper à la réalité, perdu à essayer de recomposer un passé qui lui a échappé et qui trouvera une sorte d'apothéose miroir dans un dernier tiers très émouvant au milieu des embruns bretons. Sa vie floue croisera d'autres êtres tout aussi désemparés que lui face à une existence qui leur glisse entre les doigts et dont ils n'ont pas la volonté de les refermer pour en retenir un tant soit peu de consistance. On pourrait sentir son attention glisser sur ces personnages un peu paumés mais c'est le contraire qui se produit, l'auteur arrivant à nous les rendre attachants et diablement romanesques. Une jolie prouesse pour un premier roman sur le fil du rasoir qui sait jouer une jolie petite musique des bleus de l'âme.
Lien : https://sansconnivence.blogs..
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viduite
  21 janvier 2019
S'approprier la perte, retrouver l'ardente insouciance de la jeunesse, regagner l'attrait de son spectacle, s'inventer une histoire. Saltimbanques raconte la mort d'un frère, les détours d'un deuil impossible par la peine en apparence injustifiée qu'elle suscite. François Pieretti joue des flottements de son narrateur dans une fine évocation de l'absence.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BazartBazart   19 janvier 2019
Mon père en profitait pour se rouler de fines cigarettes qu’il tenait entre le pouce, l’index et le majeur. Sa langue passait deux fois sur la mince bande de colle. Il venait d’une génération qui ne s’arrêtait pas toutes les deux heures pour faire des pauses et voyageait souvent de nuit. J’avais un jour vu le comparatif d’un crash-test entre deux voitures, l’une datant des années quatre-vingt-dix et l’autre actuelle.
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BazartBazart   19 janvier 2019
Il suffisait de tourner la clef pour établir le contact, et puis faire une marche arrière, et s’en aller. J’allais lancer le moteur lorsque la porte de la boutique s’est ouverte, et que la vendeuse est sortie. Elle avait terminé son service et portait à la place de sa tenue de travail un simple jean et un haut. Elle s’est dirigée vers son véhicule et j’ai retiré ma main de la clef, avant d’ouvrir la fenêtre. Elle avait peut-être un appartement, pas trop loin, dans le centre-ville d’une agglomération inconnue.
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