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ISBN : 2376650054
Éditeur : Contre Allée (08/03/2019)

Note moyenne : 3.06/5 (sur 26 notes)
Résumé :
L'Odeur de chlore, c’est la réponse de l’usager au programme "Modulor" de l’architecte Le Corbusier. C’est la chronique d’un corps qui fait ses longueurs dans la piscine du Corbusier à Firminy. Le lieu est traité comme contrainte d’écriture qui, passage de bras après passage de bras, guide la remémoration. Dans ces allers-retours, propres à l’entraînement, soudain ce qui était vraiment à raconter revient : le souvenir enfoui offre brutalement son effarante profondeu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  23 avril 2019
L'odeur de chlore… celle qui me prend encore à la gorge lorsque j'arrive aux environs d'une piscine, et qui me fait revivre tout ce que l'auteur décrit : le froid, l'humidité, la pudeur mise à mal. Mais j'y ajouterai le sadisme d'un maitre-nageur dont la pédagogie aboutira à me rendre phobique!
C'est dire si j'ai souffert en parcourant les pages de ce récit. Et qu'il m'a été difficile d'apprécier ce qui était dit derrière le paravent des métaphores architecturales.
C'est du corps qu'il s'agit, ce corps en perpétuel devenir, de l'éclosion à l'épanouissement, avant le déclin. » Mignonne allons voir si la rose… ». Ce corps qui ne nous laisse pas le choix, que de cohabiter avec. Parfois maitrisé, au prix des souffrances induites par le contrôle, souffrance encore, dictée par des références éphémères. Ou juste accepté, dans un sorte de guerre froide, en renonçant à comprendre :
« Comment mon corps peut-il être un mystère à moi même ? »

Le récit est sans doute trop court pour qu'apparaisse une unité dans le propos, et j'ai eu du mal à en saisir la cohérence. Mais je dois reconnaître d'indiscutables qualités dans l'écriture. Dommage que les réminiscences parfumées au chlore m'aient créé des difficultés pour vraiment apprécier les intentions derrière les mots.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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hcdahlem
  02 avril 2019
Architecte de son corps
Avec «L'odeur du chlore», Irma Pelatan fait resurgir ses souvenirs au rythme des longueurs de piscine et, au fur et à mesure que son corps se transforme, nous raconte l'ambition architecturale du Corbusier.
Lors de la réunion du jury du Prix Orange du Livre 2019, nous avons eu un intéressant débat – notamment avec le sauteurs présents – sur les livres entrant dans la sélection et sur le définition d'un roman. Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que le débat pourrait aussi mettre en cause L'odeur de chlore. Pour résumer le choix fait par le jury, il n'y a pas de distinction à faire entre un récit, un récit de voyage, une chronique ou une expérience vécue à condition qu'il s'agisse d'une oeuvre littéraire, ce en quoi ce court récit répond indubitablement, car il est construit sur la recherche stylistique, sur le rythme imposé par la natation. On pourrait même le rapprocher de À la ligne de Joseph Ponthus, cet autre exercice de style qui par son écriture rend déjà compte de l'ambiance, du milieu décrit.
Nous voilà cette fois à Firminy, petite ville du Massif central dont la notoriété, après la fermeture des aciéries, tient au prix national d'urbanisme décerné à la ville en 1962 pour un ensemble architectural dessiné par Le Corbusier et comprenant notamment, outre des immeubles d'habitation, des équipements collectifs et une église – qui ne sera terminée que bien longtemps après la mort de son concepteur.
Parmi les équipements collectifs figure la piscine dont il est question dans ce récit.
Pour la narratrice et pour sa famille, la piscine devient très vite un cocon protecteur: «Quand j'étais de l'autre côté de la vitre, je sentais (…) qu'il y avait une grande force à se montrer presque nue face aux habillés. La vitre était une protection, me rendait inatteignable.»
Membre du Club des Dauphins, c'est là qu'elle va voir son corps se développer, prendre conscience de sa féminité grandissante. «Mon corps est devenu celui d'une femme. Cette piscine a vu mon corps se faire femme, semaine après semaine, elle a vu mes seins pousser, mes hanches naître, elle a su mes règles. Et, de tout aussi loin, elle a vu mon corps grandir et grossir, échapper à la courbe, devenir trop, devenir autre, quitter la norme.»
Au fur et à mesure des longueurs effectuées, des progrès réalisés, des confrontations victorieuses, on se prend à rêver, à faire de cet endroit le point de départ vers d'autres voyages. «On soufflait de l'eau chlorée par les narines, mais ça voulait dire la mer. Ça voulait dire la puissance de la mer, le sel de la mer, la majesté de la mer. L'espace sans limite.» La mer où Le Corbusier finira par mourir, laissant à André Wogenscky le soin de conclure son oeuvre et à Irma Pelatan de comprendre que les apparences sont quelquefois trompeuses, y compris lorsque le veut être l'architecte de sa vie.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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AudreyT
  22 avril 2019
**
Enfant, adolescente puis jeune femme, Irma Pelatan, l'auteur de ce texte étrange, a nagé plusieurs fois par semaine dans la grande piscine de Firminy.
Elle raconte tout au long de ces 98 pages, avec une écriture légère et aérienne, ses souvenirs de nageuse.
On se rappelle alors nous aussi l'odeur particulière qu'il règne dans ces établissements, les grands vestiaires, les bracelets de plastique attribuant un casier et les heures passées dans l'eau, nos doigts fripés et nos cheveux mouillés à la sortie...
Mais j'ai malheureusement peu accroché à ce court texte et je pense être passée à côté de ce que l'auteur voulait nous dire...
Merci aux 68 premières fois pour cette découverte...
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AMR
  20 mars 2019
Ma cinquième lecture de cette sélection des 68 premières Fois : L'Odeur de chlore d'Irma Pelatan
Drôle de petit livre à la couverture imitant le liner d'une piscine…
Drôle de texte, « ce récit, enfin cette chronique, ce machin tant de fois suspendu » pour reprendre les mots de l'auteure, à peine 98 pages…
Quand je dis « drôle », je veux dire bizarre ou singulier…
Personnellement, je n'aime pas l'odeur du chlore que j'associe à l'eau javellisée des piscines ; c'est une odeur irritante, désagréable qui reste sur la peau.
Je n'aime pas non plus les piscines, encore moins leurs vestiaires collectifs : souvenirs traumatiques car j'ai peur de l'eau et de plus, adolescente, je ressemblais plus à une grande sauterelle qu'à une fille bien dans son maillot.
Tel quel, voilà un texte dont la lecture s'annonce mal…
Je ne suis pas non plus spécialiste de l'utopie architecturale de le Corbusier… J'ai donc fait quelques recherches sur Firminy, dont on parle surtout de l'église (encore en construction dans le livre) et des unités d'habitation… Naturellement, c'est à la piscine que je m'intéressais, dont l'emplacement a été défini par Le Corbusier en 1958, mais qui a finalement été conçue par André Wogenscky et construite entre 1969 et 1971 ; guères plus avancée, je sais juste qu'elle a été rénovée en 2006 et qu'elle fait toujours office de piscine municipale. C'est pourtant à elle seule toute la thématique du lieu de ce livre…
En fait, je cherchais surtout à trouver quelque chose à dire sur ce récit que je n'ai sans doute pas compris, en tous les cas, pas aimé car il a surtout réveillé en moi des mauvais souvenirs, quand le cours de gymnastique était une sortie piscine. Normalement, je dépasse assez bien mes à priori, j'accepte de sortir de ma zone de confort, j'aime être surprise… Et toujours, je cherche des clés de lecture.
L'écriture est à la première personne ; la narratrice s'adresse à quelqu'un qu'elle tutoie ; peut-être se parle-t-elle à elle-même, qui sait ? C'est bien écrit, plutôt épuré. Il y a une prise de distance autour du corps vu au travers du prisme de la natation et de son environnement immédiat, mais je ne saisis pas de fil auquel m'accrocher. Là, je reste sans voix et sans réaction ; il y a bien un passage, plein de retenue et de choses dites à mots couverts… mais c'est peut-être moi qui interprète…
Je n'ai pas envie d'aller plus avant. Pour tout dire, je ne me sens pas très bien, sans doute la moiteur des lieux et l'odeur de chlore m'incommodent-t-elles en peu.
Allez, on se rhabille, on sort de là et on passe à autre chose… Vite !
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Leraut
  28 mars 2019
Sublime, intime, étonnamment aérien, ce récit d'Irma Pelatan est un plongeon gracieux dans une piscine des plus mythiques. « N'accablez donc pas celui qui veut prendre sa part des risques de la vie. » « Le Corbusier » « Poème de l'angle droit » Bâtisseur de cet antre emblématique dont les plans, enluminures de renom encensent ce bijou littéraire. L'écriture est ciselée, claire, une brasse vénitienne souple et légère. le ton féminin à peine éclos, en mutation gracile vers cet âge adulte est cette voix qui résonne en écho dans cette piscine parabolique. Il y a dans ce style mature la sagacité et l'envergure d'Annie Ernaux. On sent une jeune sportive en quête d'elle-même dans une initiation allouée au courage et à la transformation symbolique de son corps, Naïade en manichéenne envergure, fragile et courageuse à la fois. L'eau devient le reflet d'une introspection, bataille et reconnaissance. Symbiose de la vie, le corps plongé en elle, l'enfant devient Néréide, femme en puissance. « Je nageais seule, lumières éteintes, dans l'eau sans hiérarchie, l'eau sans limites. J'aurai sans doute pu suivre ce chemin-là. La belle profession. » Le Corbusier en filigrane dans « L'odeur de chlore » est l'hommage rendu à la nage exutoire. Ce récit est une échappée dans les profondeurs où l'Ondine défie la nageuse où la nageuse défie l'enfance qui s'échappe en brasses des plus voluptueuses. »Maintenant je le sais et reste la liberté. Si tu savais comme je suis bien. » le lecteur est ému, troublé, grandissant, serein aussi à contrario. Il pressent détenir dans l'accord du point final, cette formidable conviction que le sport est une porte qui s'ouvre sur le monde. Que l'effort est une bataille contre ses propres angoisses. le refoulement d'une enfance qui s ‘en va en laissant des messages sur l'eau générationnelle. Ce récit d'apprentissage est une valeur sûre, des confidences allouées en Odeur de chlore. A lire près d'une piscine et vous verrez comme tout change ! Lu dans le cadre des 68 premières fois. Les Editions La Contre Allée prouvent une nouvelle fois leur qualité éditoriale hors norme.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
misstitellemisstitelle   07 avril 2019
Mon corps est devenu celui d'une femme.
Cette piscine a vu mon corps se faire femme, semaine après semaine, elle a vu mes seins pousser, mes hanches naître, elle a vu mes règles. Et de tout aussi loin ,elle a vu mon corps grandir et grossir, échapper à la courbe, devenir trop ,devenir autre, quitter la norme.
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lorelei68lorelei68   04 mars 2019
Cette poignée de médailles, toute une vie dans l'eau, des heures d'efforts récompensés en fer blanc, en breloques au ruban bleu-blanc-rouge, signe sans doute de ces autres médailles, de cet autre nationalisme, de cet autre combat qui habitait encore nos vies.
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cathulucathulu   24 mars 2019
Je veux parler de la soumission, de l’acceptation d'un ordre du monde où il fallait s'efforcer, construire.
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