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ISBN : 2369810408
Éditeur : Rue de Sèvres (08/01/2014)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Une peinture de la société américaine des années 60, racontée à partir de la vie de John Lewis, démocrate, icône américaine, le seul encore vivant du groupe des Big Six dont faisait partie Martin Luther King. Ce premier tome retrace le début des sits in et la mise en pratique de la politique de non violence.
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  15 janvier 2016
20 janvier 2009, Washington D.C. Jour de la passation de pouvoir. Dans les couloirs de la Cannon House, une mère de famille fait visiter les locaux à ses deux fils afin qu'ils puissent voir le bureau de John Lewis. Ne pensant pas se trouver nez à nez avec lui et encore moins qu'il lui propose quelque chose à boire, elle est évidemment surprise et fière de présenter à ses enfants un homme qui a combattu pendant de longues années contre la ségrégation raciale. Disposé, John Lewis leur fait visiter son bureau et, disposant d'un peu de temps avant l'investiture de Barack Obama, leur raconte son parcours depuis son enfance, dans un coin paumé d'Alabama...
Nate Powell retrace la parcours de John Lewis, sénateur noir élu à la chambre des représentants, qui a oeuvré comme Martin Luther King et Rosa Parks (pour ne citer qu'eux) contre la ségrégation raciale dans cette Amérique des années 50. Cette biographie est captivante, voire nécessaire, pour qui voudrait comprendre le sort de ces américains noirs. Mêlant habilement les souvenirs de John Lewis et les faits marquants de ces années, tels que le geste de Rosa Parks ou la non-violence prônée par les Noirs, Nate Powell nous offre une première partie, allant des années 40 aux 60, passionnante et fort documentée, servie par un noir et blanc profond et une mise en scène maîtrisée.
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colimasson
  17 mars 2015
La lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis dans les années 1950 nous est essentiellement connue par le biais du combat de Martin Luther King et par la résistance de Rosa Parks. On oublie trop souvent que cette longue lutte a engagé une énorme quantité d'hommes et de femmes qui, dans la lignée de Martin Luther King, ont réussi à développer une forme de manifestation non-violente empruntant beaucoup à Gandhi.

Nate Powell a choisi de revenir sur le parcours de John Lewis, sénateur noir élu à la Chambre des Représentants depuis 1986, sans doute parce qu'il le connaît bien et entretient avec lui une relation de proximité qui lui permet de construire sa rétrospective sur une source authentique et de qualité.

Dans ce premier volume, Nate Powell retrace le parcours de John Lewis des années 1940 aux années 1960. On y découvre le choc de la confrontation à la réalité brute et moderne de certaines villes américaines –ici, ce sera la ville de Nashville. John Lewis a passé son enfance au fin fond de la campagne de l'Alabama et lorsqu'il la quitte pour poursuivre des études dans l'enseignement supérieur, il est choqué de découvrir la gravité d'une ségrégation qui semble ne jamais devoir être remise en question. Son modèle, c'est Martin Luther King et le gospel social : et si les injonctions de la Bible permettaient d'entrer dans une nouvelle ère politique ? le Nashvill Student Movement est lancé. Les entraînements sont focalisés sur la résistance à la violence :

« Lawson nous apprit à nous protéger. A désarmer nos assaillants en faisant appel à leur humanité. A nous protéger les uns les autres. A survivre. Mais le plus dur à apprendre… à sincèrement comprendre, au plus profond de soi, était de réussir à éprouver de l'amour pour ceux qui nous attaquaient. »

A la suite de cela, les membres du mouvement commencèrent leurs premiers sit-in non-violents dans des magasins. Les noirs ne devaient jamais être servis au comptoir : les noirs outrepasseront la consigne et demanderont à manger, quittant d'abord les lieux sans protester puis occupant les sièges de plus en plus longtemps, à mesure que le nombre de manifestants silencieux augmentera. La force du dessin soutient ici la puissance hautement perturbatrice de ces occupations pacifiques : le propriétaire du magasin qui, en refusant de servir les noirs, soutient indirectement la ségrégation, est renvoyé de plein fouet à sa propre violence. Il devient le propre spectateur de son injustice, et tout cela se passe au-delà des mots et des discours classiques.

Le succès du mouvement aboutira à la création du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) et à la victoire du 10 mai 1960, date à laquelle 6 grands magasins de Nashville servirent à manger, pour la première fois dans l'histoire de la ville, à des clients noirs. La réussite témoigne elle-même de l'aberration de la situation qu'elle révoque.

La suite des événements est vivement attendue au prochain épisode.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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trust_me
  05 février 2014
Dans l'Amérique des années 50, il ne faisait pas bon vivre dans les états du sud si l'on était noir. Pour les familles afro-américaines, le credo était simple : ne pas faire de vagues. Les lynchages étaient encore monnaie courante à l'époque. Écoles, restaurants, toilettes publiques pour « gens de couleurs », la ségrégation continuait à être mise en oeuvre malgré son abolition officielle par la cour suprême. Dans le Mississipi, en 1955, un noir est tué pour avoir dit « Salut, chérie » à une caissière blanche. Ses meurtriers seront acquittés par un jury composé uniquement d'hommes blancs. En 1955 toujours, Rosa Parks refuse de s'asseoir au fond d'un bus et est arrêtée par la police. Un acte considéré par beaucoup comme le premier pas d'une longue lutte qui connaitra son apogée dans les années 60.
John Lewis, sénateur noir élu à la chambre des représentants depuis 1986, a grandi au fin fond de l'Alabama. L'album raconte son engagement dans le mouvement des droits civiques aux cotés, entre autres, de Martin Luther King. On découvre la construction de son identité politique, le début de son combat pour l'égalité, notamment à travers le concept de non-violence. J'ai trouvé le récit passionnant, parfaitement documenté, très clair d'un point de vue chronologique. Surtout, cette biographie ne fait pas de John Lewis un super héros de la cause noire. Elle ne tombe pas non plus dans le manichéisme primaire et ne cherche pas à régler des comptes. Pas de haine, pas de leçon de morale, la démonstration en devient d'autant plus puissante.
J'ai retrouvé avec plaisir le trait de Nate Powell. On s'était quittés fâchés depuis que j'avais refermé l'un de ses précédents albums (Swallow me whole) en n'ayant strictement rien compris à l'histoire. Là, son noir et blanc mâtiné de teintes grises est simple et efficace, il se met au service du texte avec une grande aisance.
La série en prévue en trois tomes. Dommage que ce tome 1 nous laisse à un moment clé de la lutte, il y a une vraie frustration à se dire qu'il va falloir attendre plusieurs mois avant de connaître la suite. Pour autant, cet album me semble important, essentiel même par les temps qui courent. A lire et à faire lire !

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Under_The_Moon
  05 avril 2018
Attention BD à lire absolument !!!
Que dire de plus ?
Cette BD est tellement géniale que je n'ai même pas envie d'en faire une critique au risque d'en dire trop ou de mal dire.
Pour ceux qui auraient besoin d'être convaincus, disons simplement que cet album raconte la vie d'un militant des droits civiques (toujours en vie) devenu membre du Congrès pour la Géorgie - il a d'ailleurs fait des interventions formidables aux côtés de Barack Obama à l'occasion du 50ème anniversaire de l'assassinat de Martin Luther King !
Oui cette BD parle de Martin Luther King, mais pas seulement, de la lutte des Afro-Américains pour les droits civiques, mais pas seulement.
Que ce soit pour des novices ou des personnes plus calées sur le sujet, impossible de rester de marbre devant la virtuosité avec laquelle l'évolution du mouvement est expliquée. L'importance des mouvements non-violents et des sit-in mais aussi la frustration qu'ils engendrent, bien que le contexte ne leur permettait pas ou peu de répondre.
Que ce soit sur cet aspect politique ou l'aspect social avec la traversée des états et les différences « d'accueil» pour les Noirs, le retentissement du meurtre d'Emmett Till, de la dé-ségrégation des écoles, etc.
Le tout avec de superbes graphismes à l'encre.
Juste génial, vraiment !
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alouett
  22 janvier 2014
20 janvier 2009. le Président Barack Obama va prêter serment et devenir le 44è Président des Etats-Unis. Deux ans après le début de son mandat, il remettra la Médaille de la Liberté à John Lewis pour son engagement dans la lutte pour les droits civiques.
Mais revenons à ce jour de janvier 2009. Ce jour-là, le député John Lewis se lève, il doit retrouver sa soeur Rosa à son bureau du Congrès (Washington). Ensemble, ils se rendront à la cérémonie d'investiture du premier président noir américain.
La survenue d'une jeune femme de couleur, accompagnée de ses deux enfants, les retardent un peu. Désireuse d'apprendre à ses fils l'histoire de leur pays, elle a fait un détour au Congrès pour leur montrer le bureau de Lewis, « je voulais que mes garçons en apprennent un peu plus sur leur histoire… Je voulais qu'ils voient tout le chemin parcouru ». John est là. Il les accueille comme on accueillerait un ami et profite des questions qu'on lui pose pour faire un bond en arrière. Sa mémoire lui est fidèle et il va se rassasier de souvenirs avant de partir pour la cérémonie. Il revient donc dans les années 1940 à l'époque où il était enfant et qu'il aidait ses parents à s'occuper de la ferme familiale.
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John Lewis est l'un des « Six Grands » leaders des mouvements pour les droits civiques aux Etats-Unis. Dans cet ouvrage, il nous ouvre sa mémoire et raconte son parcours hors du commun. de son Alabama natale aux sit-in de protestation dans le Tennessee… voyage au coeur de l'Histoire.
Sorti en février 2013 aux Etats-Unis chez Top Shelf, l'ouvrage est déjà réédité outre-Atrantique. Quant à nous, il nous aura fallu attendre un peu moins d'un an pour pouvoir découvrir le premier tome de cette série autobiographique. C'est l'occasion de découvrir en détail la vie de John Lewis. Issu d'une famille modeste, il va peu à peu faire preuve d'un intérêt particulier à l'égard des discriminations dont sont victimes les gens de couleurs sur le sol américain. C'est en 1955 qu'il entend pour la première fois Martin Luther King à la radio. le prêche du pasteur va avoir un impact important sur l'enfant. « 1955 fut le début d'une nouvelle ère ». Lewis va chercher à se renseigner sur le Dr Martin Luther King puis peu à peu, va s'investir dans des causes locales qui militent et dénoncent les violations de la Constitution américaine à l'encontre du peuple noir. Il s'intéresse tout d'abord au Gospel social avant de s'inscrire à l'American Baptist Theological de Nashville. Malgré l'intérêt qu'il porte à ses études, John Lewis regrette de ne pas en faire plus pour sa communauté. Il envoie quelques lettres dont une à Martin Luther King. Ce dernier lui proposera une rencontre au printemps 1958 à Montgomery.
Dès lors, le destin de John Lewis est en marche. Il s'appuie sur l'élan donné par Martin Luther King à la communauté noire pour trouver la ressource de se mobiliser. En 1959, il est l'un des membres fondateurs du Nashville Student Movement. Ce mouvement organisera de nombreux sit-in non violents afin de dénoncer les attitudes ségrégationnistes qui perdurent.
" Quatre-vingt-deux d'entre nous ont fini en prison ce jour-là. La police ne demandait pas mieux que de se débarrasser de nous, alors la caution est passée de 100 à 5 dollars. Mais cela ne changea rien. Nous n'allions pas coopérer de quelque façon que ce soit avec le système qui autorisait la discrimination contre laquelle nous luttions. Les autorités de Nashville ne mirent pas longtemps à comprendre qu'il était impossible de nous forcer à payer notre sortir. Vers 23H00, nous avons tous été relâchés".
Travaillé par John Lewis et Andrew Aydin, le scénario est d'une grande richesse. Les deux périodes présentes dans le récit se succèdent de manière fluide, sans aucune secousse. On passe ainsi du présent au passé sans aucune difficulté, ce qui permet au lecteur de vivre intensément les deux périodes. Beaucoup d'émotions se dégagent de ces pages, on est comme porté par le mouvement mené par les étudiants noirs américains. Sans aucun jugement de valeur, le récit s'appuie essentiellement sur des faits objectifs, charge au lecteur de faire le reste. On accompagne ainsi les différents protagonistes jusqu'au 10 mai 1960, date à laquelle Martin Luther King prononce un discours à Nashville… reste désormais à attendre la sortie du second tome ! Ce dernier se consacre à la période qui va de 1960 à 1963 (le tome 3 quant à lui aborde les années 1963-1968).
Quant au travail graphique de Nate Powell, il n'y a rien à redire. de cet auteur, je ne connaissais que Swallow me whole et je me rappelle encore des griefs que j'avais porté sur son travail d'illustration. Ici en revanche, les dessins illustrent parfaitement les propos. le trait est réaliste et détaillé. On profite autant de la richesse des décors que de la précision avec laquelle il a dessiné les personnages. Tout en noir et blanc, l'auteur s'est cette fois servi de dégradés de gris pour travailler ses volumes plutôt que de recourir aux jeux de hachures comme il l'avait fait dans l'ouvrage cité plus haut. Mais ce n'est pas là la seule différence entre les deux albums. Il y a une agréable chaleur dans les pages de Wake up America, je ne pensais pas que cet auteur capable de porter si bien autant d'émotions et faire ressentir une forme de quiétude malgré la gravité du sujet. On sent une forme de force tranquille chez le héros. Ce dernier est porté par ses idéaux, en paix avec lui-même.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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critiques presse (4)
Sceneario   24 mars 2014
Amateurs d’histoire, cette biographie en bande dessinée de John Lewis devrait, en tout cas, vous apporter de nouveaux éclairages sur ce triste pan de l’histoire américaine.
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDGest   24 février 2014
Malgré ces quelques défauts, ce premier tome de Wake up America se révèle être de bonne facture et représente une introduction intéressante à un pan de l'Histoire contemporaine des USA.
Lire la critique sur le site : BDGest
ActuaBD   13 janvier 2014
Avec ce nouveau livre, [l'auteur] renoue avec le thème de la lutte pour les Droits civiques déjà abordé dans un précédent one-shot [...] Dans ce nouveau livre il privilégie le pédagogique et l’histoire, sans tomber dans le discours lénifiant ou l’ennuyeux.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BoDoi   10 janvier 2014
Une bande dessinée comme un cours d’histoire: didactique et un peu soporifique, mais salutaire.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
alouettalouett   22 janvier 2014
Quatre-vingt-deux d’entre nous ont fini en prison ce jour-là. La police ne demandait pas mieux que de se débarrasser de nous, alors la caution est passée de 100 à 5 dollars. Mais cela ne changea rien. Nous n’allions pas coopérer de quelque façon que ce soit avec le système qui autorisait la discrimination contre laquelle nous luttions. Les autorités de Nashville ne mirent pas longtemps à comprendre qu’il était impossible de nous forcer à payer notre sortir. Vers 23H00, nous avons tous été relâchés.
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colimassoncolimasson   19 mars 2015
Le message du Dr King m’avait frappé comme la foudre. Il appliquait les principes de l’église à ce qui se passait chaque jour, à l’actualité. C’est ce qu’on appelait le gospel social. Et c’est comme si son sermon m’était personnellement destiné.
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manu_dehmanu_deh   27 novembre 2015
- Je suis le gérant. Ecoutez... Le règlement stipule qu on ne sert pas les gens de couleur ici.
- Et les étudiants blancs? Est-ce que vous pouvez les servir?
- Non, désolé. Ils sont avec vous, donc on ne peut pas les servir non plus.
- Merci.

Pas d insultes.
Pas de violence.
Notre départ n a même pas attiré l attention.
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blandine5674blandine5674   29 avril 2018
Et je n’oublierai jamais la bibliothécaire, Coreen Harvey :
- Mes chers enfants, lisez. Lisez tout ce que vous pouvez.
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colimassoncolimasson   17 mars 2015
Je n’oublierai jamais ma mère me lisant les premiers mots ce livre… “Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.” A cinq ans, je lisais tout seul, et une phrase me frappe tout particulièrement, bien qu’à l’époque, je ne pouvais pas en comprendre toute la portée…
« Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »
Je me mis à prêcher à mes poulets à peu près chaque soir. Je les rassemblais tous dans le poulailler et je les installais sur leurs perchoirs. Ils s’asseyaient en silence. Ils inclinaient la tête, ils opinaient, mais ils ne disaient jamais « Amen ».
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John Lewis Publishes 'March: Book Two' | msnbc
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