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Les Annales du Disque-Monde tome 18 sur 35

Patrick Couton (Traducteur)
EAN : 9782266148047
377 pages
Pocket (26/08/2005)
4.13/5   300 notes
Résumé :
Agnès Crettine a décidé de fuir le pays de Lancre pour enfin assouvir sa passion : l'opéra. Une belle voix, des rondeurs parfaites pour la scène, Agnès arrive à Ankh-Morpok pleine d'enthousiasme. Sauf que l'opéra est sens dessus dessous depuis que des meurtres ont été commis en coulisse... Tandis que Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps viennent rendre visite à leur petite protégée car on leur a offert des billets. Et les deux fameuses sorcières doivent également rencontr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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Moi, les livres et les transports en commun, volume 4 (ou 3 je suis plus sûr, les habitués sauront) : humour et tramway. le tram est un bon révélateur du niveau de drôlerie que vous pouvez attribuer à un auteur. Si vous êtes incapable de retenir un rire à la lecture alors que cet impromptu risque de vous classer définitivement dans la catégorie "individu dangereux, n'approcher qu'avec la plus extrême prudence", l'auteur du livre peut être surement classé dans ceux dont l'humour est pour vous une référence. Pratchett était positionné dans cette catégorie, un test récent n'a fait que le confirmer.

L'humour de Pratchett est multiple, bourré de références culturelles (ici le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux en particulier), régulièrement lié à des situations difficiles à expliquer à celui qui ne l'a jamais lu. Quel que soit le thème abordé, ce cher Terry parvient toujours à trouver l'angle qui fait mouche. Ici, c'est l'opéra mais au delà la société du spectacle et son exploitation mercantile qui passe à la moulinette. On écorne en passant le monde de l'édition, on multiplie une fois n'est pas coutume les allusions graveleuses tout en restant dans la suggestion, on a pas peur de moquer gentiment l'obésité... mais également la beauté sans cervelle en parrallèle. Bref, on utilise tous les ressorts connus pour déclencher le rire.

Contrairement à d'habitude, les personnages des sorcières Meme et Nounou m'ont cette fois totalement séduites. Je sais que la plupart des fans de Pratchett les portent au pinacle, mais j'ai toujours eu du mal pour ma part avec le sentiment de supériorité assumé de Mémé Ciredutemps, à l'opposé de la fragilité d'un Rincevent ou des personnages du Guet. Mais ici, les sorcières se montrent plus humaines abandonnées qu'elles sont par leur plus jeune consoeur, devenue princesse. Mémé fait preuve de pitié, Nounou apparait comme la Brigitte Lahaye des sorcières avec un livre de recette qui n'apporte pas la chaleur que dans les fours... Bref, les deux sorcières m'ont plus touché et amusé que dans les précédents tomes.

A la lecture du paragraphe précédent, vous vous êtes peut-être dit "Oulà, je comprends pas grand chose à cette critique moi, qui sont tous ces gens...". Si c'est le cas, je dois me rendre à l'évidence: oui chacun des romans des Annales du Disque Monde peut se lire séparément... mais oui bien sûr lire les tomes dans l'ordre présente l'avantage non négligeable de comprendre beaucoup plus vite les blagues et d'apprécier à leur juste valeur les guest stars invitées dans ce tome 18: le bibliothécaire orang-outan, la Mort (qui est un homme, tout le monde le sait, sauf les gens ayant prononcé la phrase de début de paragraphe), deux des agents du Guet, dont le "magnifique" Detritus. On a repéré deux ou trois personnages qui avaient la carrure pour revenir plus tard, mais le plus intéressant c'est qu'on est pas sûr du tout, on ne peut qu'espérer recroiser André , un agent du Guet enfin discret ou Enrico Basilica alias Henri Loche (ou l'inverse on ne sait plus à force) le ténor forcément italien mais originaire d'Ankh Morpok. Pour ce qui est d'Agnès Crettine, à la tessiture de voix énorme et quasi magique, ne le répétez pas autour de vous mais... c'est totalement sûr qu'on la reverra...

Bon vous savez ce qu'il vous reste à faire, vous avez 17 tomes à rattraper avant de pouvoir comprendre les allusions de mes prochaines critiques du Disque Monde, hors de question que je vous attende trop longtemps, un opus par an est mon minimum vital.
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« Bonjour les Babélionautes ! Fraîchement sortie du Fantôme de l'Opéra, j'ai décidé que le moment était idéal pour attaquer sa parodie, Masquarade, de Terry Pratchett !

Or donc Nounou Ogg se fait du souci pour Mémé Ciredutemps : cette dernière déprime. Il lui faut une troisième sorcière et/ou une occupation. Tout s'arrange : elles partent toutes les deux à Ankh-Morpork, pour régler les comptes de Nounou avec un éditeur malhonnête et récupérer Agnès Créttine, la meilleure candidate au poste de troisième sorcière. Et elles accompliront le tout sans se mêler des affaires de qui que ce soit ni imposer quoi que ce soit à qui ce soit évidemment, m'enfin, pour qui les prenez-vous ?

C'est en lisant ce tome que j'ai enfin mis le doigt – mais avec des mots – sur ce qui me plaisait autant chez Pratchett.

-Bah c'est évident depuis le début, bécasse. L'humour.

-Oui, certes ! mais allez savoir pourquoi, humeur ou alignement des planètes, j'ai trouvé ce tome particulièrement révélateur de ses procédés d'écriture. Par exemple, les comparaisons ! Pratchett les utilise pour illustrer ses scènes ou souligner l'improbable. Et ses images fonctionnent, il possède un sens de la formule irrésistible pour mes zygomatiques.

Il se livre aussi à la personnification et cela rend ses textes magiques et inquiétants !

-« Personnification » ? m'enfin, tu te crois où, Déidamie ? Les gens sont pas là pour prendre des cours de littérature !

-Je donne pas de cours, j'explique pourquoi j'ai adoré le bouquin.

-Ah ouais ? Et c'est quoi, ça ?

-Méchante Déidamie, rends-moi cette feuille !

-Oh ! Mais que vois-je ? un développement en trois points, rédigé sur une feuille rose ! Rhôh la ringarde !

-D'accord, d'accord, j'avoue ! J'ai développé trois points pour dire que j'ai kiffé ce texte. (soupire) En fait, il y a eu récemment une polémique sur un certain classique de la littérature française. J'ai lu des choses vraiment déplaisantes, en ai reçu d'autres et… je pense que je me suis jetée dans cette lecture comme on se rue sous la douche : avec le désir de me sentir à nouveau propre et fraîche.

(Méchante Déidamie regarde la feuille dans tous les sens)

Euuuh… tu m'écoutes ?

-Pourquoi tu dessines des blaireaux partout dans les marges ? C'est ton nouveau totem ?

-Ce ne sont pas des blaireaux, ce sont des chats !

-Ah oui ? ben pense aux cours de dessin quand la crise sera finie, hein…

-Grmbl. DONC ! je disais, la personnification ! Pratchett transforme l'abstrait en concret en lui attribuant des verbes d'action. L'avenir s'abat sur vous, l'accident « attend » de se produire, comme si ces abstractions formaient des personnages. En les transformant en entités vivantes et pourvues de volonté, l'auteur habille son histoire de créatures supplémentaires, bien qu'invisibles, avec lesquelles il faut composer. Ou contre lesquelles il faut lutter.

Et, dernier point, Masquarade contient quelques réflexions bien senties sur les rapports humains, la culture et sa vanité, la têtologie, les difficultés économiques. Les employés de l'opéra vivent dans la précarité, les sorcières en sont bien conscientes. J'ai adoré le perso d'Agnès, consciente du traitement qu'on lui inflige tout en restant incapable de sortir des cases dans lesquelles elle était mise.

-Moi, je me demande si Gredin, le chat de Nounou Ogg, n'est pas inspiré par le chat voyou de Cats… criminel et sexy, ça ressemble à Macavity, « a monster of depravity, the Napolean of crime ».

-Mmh, je dirais à la lecture du roman que Gredin a inspiré Macavity… mais l'inverse est vrai aussi. »
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Ca faisait longtemps que j'avais quitté les Annales du Disque-Monde et Terry Pratchett ! L'occasion d'une lecture commune avec Tatooa et Foxfire m'a permis de le retrouver avec plaisir. Dans ce dix-huitième tome, j'ai retrouvé notre tri... enfin, duo de sorcières : Mémé Ciredutemps et Nounou Ogg. Bon, c'est quand même moins bien à deux qu'à trois, il manque quelque chose. Mémé voit bien qui pourra faire l'affaire mais celle-ci préfère faire chanteuse d'opéra à Ankh-Morpork. Dans ce cas, il vaut mieux essayer de la convaincre, sans forcer...
Masquarade, sortez vos masques ! Non, pas ceux-là, les masques d'opéras, ceux qui cachent les yeux ou le visage. Masquarade fait référence au fantôme de l'opéra de Gaston Leroux, un classique du XXe que je n'ai pas lu. J'ai essayé de saisir les grands axes du roman en trouvant un résumé sur le net. On retrouve les personnages du précédent avec par exemple Christine, la chanteuse, qui dans le roman de Terry Pratchett, a vraiment une voix merdique et se fait doubler par Agnès, la sorcière à la vocation de chanteuse. J'ai bien aimé ce tome en comparaison à d'autres car les intrigues ne se multiplient pas et reste assez simple, ça convenait tout à fait pour mon état d'esprit actuel. J'ai encore beaucoup ri à l'humour de Pratchett : j'ai plaint la pauvre Agnès pour son engagement non récompensé, le caractère incroyable de Mémé Ciredutemps, on entrevoit même un peu La Mort et le bibliothècaire... !
Prête à retrouver cet univers farfelu avec Pieds d'argile ! (j'ai déjà vu que le tome 20 est le Père Porcher avec La Mort !!)
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Encore un très bon moment de lecture, avec les sorcières de Pratchett ! Une petite LC avec ma collègue du forum des Trolls de Babel, Shan_Ze.

Magrat étant partie vers d'autres aventures royales, voilà Nounou Ogg et Mémé qui se retrouvent en tête à tête, et ça risque de tourner vinaigre, sans intermédiaire pour amortir la relation explosive entre ces deux-là.

"Les sorcières, ça doit être trois".

Les voilà donc parties rapatrier la remplaçante sur laquelle elles ont jeté leur dévolu, et comme chacun sait, ce que Mémé veut...
Mais cette remplaçante, qui a un vraie caractère de sorcière pratchettienne, ne l'entend pas de cette oreille, d'autant moins qu'elle veut devenir chanteuse d'opéra, ce à quoi elle s'emploie de tout son souffle.

Las, il se passe des trucs pas nets dans le dit opéra...
Et là, plongeon dans un remake délirant du fameux "fantôme de l'opéra" (et uniquement lui, ce qui, pour une fois, restreint nettement les inspirations de l'auteur et favorise un roman qui part un peu moins dans tous les sens que la plupart des précédents).

C'est, une fois de plus, réjouissant ! J'ai bien apprécié, mais j'ai moins ri que dans les précédents. Après réflexion, je sais pourquoi : L'intrigue est suivie "pas à pas", si j'ose dire, et c'est vrai que quand on connait le roman d'origine, c'est mieux, je pense. Cependant, j'avoue que ce "pas à pas" m'a un peu refroidie, car c'est quand même un peu glauque.
Beaucoup de morts, dans ce tome. Et j'avoue qu'en ce moment, avec le deuil de ma tante, mon père très malade, je suis assez sensible de ce côté là, même si, chez Pratchett, le Mort est plutôt sympathique.

Bref, j'ai un peu moins apprécié que les tomes précédents, mais c'est surtout affaire de circonstances extérieures...
Toute l'épopée de Mémé en "dame de la haute" est quand même hilarante, ça, oui !
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Ce qui est bien avec les annales du disque-monde c'est que si on est triste de ne pas voir un personnage dans un tome on est heureux d'en retrouver d'autres. « Masquarade » a pour héroïnes les sorcières. Et quel plaisir de retrouver Nounou et Mémé ! J'aime tout particulièrement Nounou et dans ce tome elle est plus déjantée et plus grivoise que jamais. Les évocations de ses recettes sont parmi les trucs les plus drôles que j'ai lus. Comme d'habitude, les dialogues sont excellents et les personnages secondaires formidables. Je n'ai que deux tout petits reproches à l'encontre de « Masquarade ». Tout d'abord, l'intrigue de ce tome est plus linéaire, moins foutraque et j'avoue que je préfère quand ça part dans tous les sens. Et d'autre part, je regrette que le Guet ait une place si réduite, j'aurais beaucoup aimé assister à une vraie rencontre entre les agents du Guet et les sorcières.
Mais bon, ce ne sont que des détails. le principal c'est qu'on rit beaucoup. Comme les autres tomes, celui-ci est super.
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
Nounou entama la descente de l'escalier et, tandis que les ombres dansaient autour d'elle, elle entendit Gauthier dire:
"Vous savez elle m'a posé une question complètement idiote madame Ogg! N'importe quel crétin connaît la réponse à une question aussi idiote!
_ Ah oui, fit Nounou en scrutant les murs. Au sujet de maison en feu, j'imagine...
_ Oui! Ce que je sortirai de ma maison si elle était en feu!
_ J'pense qu'en bon garçon que tu es t'as répondu que tu sauverais ta m'man, répondit Nounou.
_ Non! Ma maman s'en sortirait toute seule!"
Nounou passa les mains sur le mur le plus proche. On avait cloué les portes quand on avait abandonné l'escalier. Quelqu'un qui se promènerait ici, de haut en bas, pourvu de deux oreilles fines, pourrait surprendre des tas de secrets...
"Qu'est-ce que tu sortirais, alors, Gauthier? demanda-t-elle.
_ Le feu!"
Nounou fixa le mur sans le voir, puis sa figure se fendit lentement d'un sourire.
"Ce que t'es con, Gauthier Plinge, fit-elle.
_ Con comme un balai madame Ogg!" renchérit joyeusement Gauthier.
Mais tu n'es pas fou, songea-t-elle. T'es con mais sain d'esprit. C'est ce que dirait Esmé. Et il y a des choses plus pires.
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Elle sentait la salle devant elle, le vide immense d'où montait un bruit comme en produirait du velours capable de ronfler.
Ce n'était pas du silence. Une scène n'est jamais silencieuse. C'était la rumeur d'un million d'autres bruits incomplètement éteints : les tonnerres d'applaudissements, les ouvertures, les grands air. Ils se déversaient en masse... fragments de mélodies, accords perdus, bribes de chanson.
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Il avait acheté un ouvrage sur l'art lyrique et l'avait lu soigneusement parce qu'il était impensable, disait-on, d'aller écouter un opéra sans savoir de quoi il retournait et qu'on avait très peu de chance de le découvrir en cours de représentation.
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Le plus exaspérant chez Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps, songea plus tard Agnès, c'était leur façon d'agir parfois en tandem sans échanger un mot. Evidemment, il ne manquait pas d'autres raisons de les trouver insupportables : leur manie de croire que ce n'était pas fourrer son nez partout dès qu'il s'agissait de leurs nez à elles, de présumer d'emblée que les affaires d'autrui les concernaient, de traverser la vie en ligne droite, d'arriver tout droit dans n'importe quelle situation et de vouloir aussitôt la changer. A côté de ça, agir d'un commun accord tacite n'était qu'un désagrément mineur, mais bien réel quand on le subissait de près.
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[Gredin] les avait amadoués à force de pédalage avant de s'installer et de s'endormir, bien arrimé par des griffes pas assez enfoncées pour faire couler le sang mais laissant entendre que l'option restait valable si le porteur s'avisait de bouger ou de respirer. Puis, une fois certain que les malheureux s'étainet résignés à la situation, il s'était mis à puer.
Nul ne savait d'où lui venait cette odeur. Elle n'évoquait aucun orifice connu. Il suffisait que Gredin somnole depuis cinq minutes pour que l'atmosphère à sa verticale se charge d'un relent pénétrant de vieux tapis renfermés.
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Vidéo de Terry Pratchett
Extrait de "De bons présages" de Terry Pratchett et Neil Gaiman lu par Stéphane Ronchewski. Parution en numérique le 24 septembre.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/de-bons-presages
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