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EAN : 9782070323241
439 pages
Éditeur : Gallimard (03/02/1986)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 15 notes)
Résumé :
La science classique s'est trouvée associée à un désenchantement du monde. C'est la leçon que Jacques Monod entendait tirer des progrès de la biologie : «L'ancienne alliance est rompue. L'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard.» Notre science n'est plus ce savoir classique, nous pouvons déchiffrer le récit d'une «nouvelle alliance». Loin de l'exclure du monde qu'elle décrit, la science retrouve comme un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Pascalmasi
  21 avril 2020
Ce livre - difficile et dense - apporte comme une sorte de complément ou de suite à celui de Jacques Monod, le hasard et la nécessité. Prigogine cite Monod à de nombreuses, lui rend un hommage appuyé et semble poursuivre son raisonnement comme le ferait un Tome II. A titre d'exemple, il reprend, pour les exploiter plus avant, certaines interrogations qui sont celles de Monod qui se demande pourquoi "de grands esprits (Einstein) se sont souvent émerveillés, à bon droit, du fait que les êtres mathématiques créés par l'homme puissent représenter aussi fidèlement la nature, alors qu'ils ne doivent rien à l'expérience." Prigogine tente de construire une réponse convaincante à celle soulevée par Monod. Et y parvient !
La réponse de Prigogine tient en cette assertion : l'homme et sa pensée, capables des abstractions les plus audacieuses et les plus admirables, sont irrémédiablement dans l'univers. Cette inclusion irrémédiable fournit l'articulation que cherchait Einstein : les mathématiques ne sont pas coupées du monde ou hors du monde. Il n'est donc pas illogique, conclut-il, qu'un lien inconscient relie mathématiques abstraites et physique du monde réel.
Prigogine rappelle l'histoire du raisonnement scientifique et philosophique en le faisant remonter à l'Antiquité ; c'est le fondement de la pensée grecque - celle d'Héraclite notamment - et l'avènement de la physique dit newtonienne (dite dynamique) qui nous ont amenés à imaginer que nous pouvions faire un pas de côté, nous retirer de la nature, pour l'observer de l'extérieur et lui trouver des lois universelles indépendantes de notre observation et de notre psyché (au sens grec). Las, les physique de la thermodynamique de Fourier, Boltzman et Maxwell, la physique quantique (de Planck, Bohr, Heisenberg...) et la relativité générale (d'Einstein bien sûr) ont amené les chercheurs à s'affranchir des spéculations grecque, dynamique et classique et à les juger certes historiquement nécessaires mais suffisamment incomplètes pour être législativement fausses. "La nature, objet de science, est aussi ce qui a produit les hommes capables de science [...]", écrit-il.
Ce livre rejoint celui de Monod dans ses conclusions : la science a brisé toutes les anciennes alliances animistes et a refondé un nouveau rapport au réel, à la vérité. Dans ce rapport, affirme Prigogine, il faut admettre qu'il existe non pas une vérité, mais des vérités. Non pas une physique mais des physiques. Il confirme qu'Héraclite a eu définitivement raison de Parménide.
Nous le répétons, ce livre est difficile et parfois aride, mais de très très haute volée. Inutile de dire que le lecteur est en bonne compagnie !
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ChatDuCheshire
  18 août 2015
Ce livre devrait figurer dans toute bonne bibliothèque. Car il est tout d'abord le résultat d'une collaboration pas si fréquente, entre une philosophe (Stengers) et un prix nobel de physique (Prigogine). Les (très) anciens seraient étonnés de lire cette dernière phrase car, au départ, toutes les sciences - que l'on range aujourd'hui en deux catégories le plus souvent perçues comme antagonistes : sciences exactes et sciences humaines - procédaient de la philosophie. A cet égard la thèse centrale de l'ouvrage prend la forme d'un rafraîchissant retour aux sources car il s'agit de montrer que les sciences dites "exactes" et la culture sont en étroite interaction. A vrai dire le bon sens et un observation élémentaire nous l'enseignent tous les jours : combien de découvertes faites par hasard ou en cherchant autre chose ? Et internet et l'informatique n'existeraient peut-être pas sans les efforts du lobby militaire étasunien. La recherche "pure", c'est-à-dire pour elle-même et sans but précis, n'existe pas ou, si elle a existé, elle existe de moins en moins car elle est aujourd'hui étroitement soumise à la contrainte utilitariste. A ce propos il serait bon de disposer de l'équivalent de ce bouquin à l'adresse des économistes, plus spécialement ceux issus de la mouvance néo-classique hyper dominante de nos jours. Car désormais ce sont eux qui se croient les détenteurs d'un propos scientifique "exact", confondant une contrainte utilitariste imposée avec une "réalité", en réalité un construit qui est le fruit d'évolutions politico-économiques, que certains d'entre eux n'hésitent pas à présenter comme la "fin de l'histoire". Si vous avez des titres à suggérer, je suis preneuse...
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Villebard
  11 février 2015

Belle introduction aux structures dissipatives.
Une entrée dans le vieux problème de la "flèche du temps"
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ipahnini
  23 janvier 2014
merci
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   23 mars 2020
La science est un dialogue avec la nature. Mais comment un tel dialogue est-il possible ? Un monde symétrique par rapport au temps serait un monde inconnaissable. Toute prise de mesure, préalable à la création de connaissance, présuppose la possibilité d’être affectés par le monde, que ce soit nous qui soyons affectés ou nos instruments. Mais la connaissance ne présuppose pas seulement un lien entre celui qui connait et ce qui est connu, elle exige que ce lien crée une différence entre passé et futur. La réalité du devenir est la condition sine qua non à notre dialogue avec la nature.
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PascalmasiPascalmasi   21 avril 2020
p. 366 : "Chaque être complexe est constitué par une pluralité de temps, branchés les uns sur les autres selon des articulations subtiles et multiples."
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PascalmasiPascalmasi   21 avril 2020
p. 160 :
"La nature, objet de science, est aussi ce qui a produit les hommes capables de science."
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