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Angèle (Illustrateur)
ISBN : 2350761150
Éditeur : Editions Privé (21/10/2010)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Non, les élèves ne sont pas tous des angelots facétieux assoiffés de connaissance.
Non, les parents ne sont pas tous des éducateurs perfectionnistes désireux de transmettre des valeurs fondamentales à leurs rejetons.
Non, les profs ne s’habillent pas forcément à la CAMIF !

Princesse Soso, qui rêvait d’être trapéziste, est finalement devenue professeur d’anglais. Catapultée dans un collège de campagne, elle se retrouve quand même en plein... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  28 mars 2016
Autant annoncer la couleur de suite : j'ai adoré ce livre, vraiment. J'en suis même arrivée à me freiner dans ma lecture histoire de ne pas le terminer trop vite. Que celui qui n'a pas eu, un jour, envie de répondre à un élève comme l'auteur le livre dans ses pensées lui jette la première pierre. Oh, alors bien sûr, le registre de langue n'est pas soutenu. Puristes, passez votre chemin ! Car la langue employée tient à 50 % du langage familier, reflétant le langage des gamins ou l'énervement. Mais justement, c'est bien cela qui fait rire. Les situations exposées sont toutes plus ou moins vécues un jour et chacun a réagi ainsi, parents, profs ou élèves. de toutes façons, le but de l'auteur n'était pas de gagner le Goncourt. Elle a mis dans un livre les billets qu'elle tenait au départ sur son blog.

Princesse Soso nous donne donc un aperçu de ce que peut être la vie d'un prof d'anglais dans un collège. Elle dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas (et ne dira surtout pas par peur de se faire taper sur les doigts par celui qu'elle a nommé elle-même Ray Ktora). Son livre est structuré selon l'année scolaire et les événements qui en découlent. C'est ainsi que nous ferons connaissance avec Kevvin (oui, avec deux -v), Manolito et Cynthia de la 6ème B, ou avec Favin, le pétomane de la Segpa. Les portraits sont loin d'être une caricature, croyez-moi.

A travers l'humour, il n'en reste pas moins que Princesse Soso s'interroge sur notre mode d'enseignement, sur la façon de gérer du Rectorat, de l'Inspection académique ou encore, plus haut, du Ministère de l'Education Nationale. Les parents ne sont pas de reste car il y a , en ce qui les concerne, pour certains, tout un mode d'éducation à revoir. Et c'est également ceci qu'il faut retenir. Il est bien dommage de voir des profs motivés, ayant la vocation, ne pas être soutenus, ou trop peu, par toutes ces instances.

À lire sans attendre !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Ziliz
  28 mars 2016
Je n'aimais ni la couverture (genre "histoires de blondes"), ni le pseudo de l'auteur, ni le titre, et pourtant j'ai acheté ce livre, attirée par des éloges unanimes sur la blogosphère (une blogo peuplée de profs...). J'aurais dû me fier à ma première impression. Dans cet ouvrage, je n'ai apprécié ni le ton, ni l'humour. Tout le monde en prend pour son grade, sauf les profs. Peut-être est-ce pure paranoïa de parent (non démissionnaire, je crois) d'un ado pas "choupi" de 4ème ? J'ai juste été d'accord de loin en loin avec les récriminations contre certaines réformes absurdes de l'Education Nationale. C'est vraiment trop peu pour avoir envie de vous dire "lisez ce témoignage", mais d'autres lecteurs le font très bien.
Dans le registre "expérience d'enseignant", je préfère 'Le journal d'un remplaçant' de Martin Vidberg, plus respectueux envers les élèves (en difficulté également) et leurs parents.
••• billet retrouvé sur mon blog (en découvrant aujourd'hui l'avis enthousiaste de LydiaB), rédigé en janvier 2011, sans doute peu de temps après une rencontre bilatérale parents-profs catastrophique...
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AnaisValente
  15 avril 2012
« le dimanche on lit au lit… mais le samedi aussi ! »
Je vous avouerais qu'au début de la lecture de ce livre, j'ai eu quelques difficultés à accrocher. Très bien écrit, très drôle, rien à redire, mais un peu décousu et poussé à l'extrême dans l'humour. Trop d'humour tue l'humour, parfois.
Puis, d'un coup d'un seul, sans prévenir, de façon presque déséquilibrée, le livre bascule dans un discours revendicatif d'une prof pas encore désabusée, mais presque, dont les propos pourraient sembler parfois à la limite du choquant. Mais ce n'est que réalité.
Et puis, enfin, tout s'est équilibré dans ma tête, entre mes petits neurones d'ancienne élève bien comme il faut. Tout a coulé de source. Ce n'est pas drôle à la limite de la caricature, ma petite Anaïs, c'est la réalité. La juste réalité. La simple réalité. Qui claque au visage. Qui choque. Qui débecte. Et qui fait rire. Ce n'est pas un désespoir qui s'exprime, c'est la réalité. Rien que la réalité. Toute la réalité. Et ce cocktail détonnant donne un cocktail explosif à mourir de rire. C'est drôle, c'est grinçant, c'est stupéfiant, et c'est parfois tellement pathétique de voir où va le monde scolaire, ma bonne dame, qu'on n'a qu'une solution : en rire (comme disait l'autre, je m'efforce de rire de tout, afin d'éviter d'en pleurer).
Y'a du très très bon dans ce livre, notamment les deux lectures possibles des notes dans le carnet des élèves, qui m'ont presque fait me rouler par terre tant je m'esclaffais, mais me suis abstiendue, vu que j'étais dans le bus, et que ça fait mauvais genre de se rouler par terre dans un bus croyez-moi. Morceaux choisis : Brianna ne se donne pas les moyens de progresser (lire : Brianna est une grosse feignasse), Prescillia ne s'investit pas dans sa scolarité (lire : il serait temps qu'elle lâche son eye-liner violet), Melinda doit adopter une attitude décente (lire : il n'existe pas de BEP strip-teaseuse, Melinda devrait éviter d'avoir sa langue collée au larynx des garçons), Jordan rend copie blanche sur copie blanche (lire : Merci, enfin du boulot en moins, continue). Et j'en passe…
Très bon aussi, les petits noms dont s'affublent les meilleures amies : M'zumelle ou M'gwinasse (pour la best best friend), M'tampax (pour la friend bouche-trou), M'clitOO ou M'truie (pour la simple copine)… ça ne s'invente pas, et ça fait rire ou frémir, c'est selon. Moi ça me ferait plutôt frémir, mais soit.
En parlant de noms, ou plutôt de prénoms, ceux des élèves sont aussi trop de la balle parfois. Pas besoin de vous donner d'exemples, devinez… Directement inspirés des séries télé américaines, of course.
Et puis je m'en voudrais de ne pas mentionner l'épisode de la réunion des parents, ou « comment le prof a la définitive et vomitive confirmation que, non, vraiment, les chiens ne font pas des chats ». C'est normal si je me tape la cuisse en émettant un rire gras à chaque paragraphe ?
Je pensais, de plus en plus, à tort, que je devenais une vieille rombière et que la jeunesse actuelle m'insupportait, moi et moi seule. Que le côté pourri gâté des ados qui se veulent adultes à onze ans au lieu de rester dans leurs Barbies et leurs Légos n'insupportait que moi. Que les parents en totale démission, plus préoccupés par les crédits qu'ils souscrivent pour s'offrir le dernier cri en matière d'écran ou de GSM que par l'éducation de leurs sept chiards n'insupportaient que moi. Que ceusses qui disent que les enseignants sont des feignasses qui glandent pour des milliards d'euros et des milliards de jours de congé n'insupportaient que moi (ben qu'ils aillent faire prof, ceusses-là, rira bien qui rira le dernier). Que l'orthographe écoeurante et le langage SMS des djeuns n'insupportaient que moi. Que ces gosses pas choupi pour deux euros qui, plus tard, feront comme papa et maman, savoir chômach' ou CPAS, n'insupportaient que moi. Que les gamines sapées comme des Pretty Woman en puissance (version début du film bien sûr) qui, en l'espace de sept jours, passent quatorze fois, sur leur Facebook, du statut en couple au statut célibataire, n'insupportaient que moi.
Et bien non, ça insupporte aussi l'auteure, et ça, ça m'a vraiment m'a mis du baume au coeur.
En cherry on the clafoutis, j'ai appris un nouveau verbe en lisant « Chroniques d'une prof qui en saigne ». Languedeputer. J'adore j'adopte. Et j'ai déjà réussi à le replacer dans la foulée, au bureau, meilleur endroit pour languedeputer en choeur, isnt't it Princesse Soso ?
Et comme tous ces élèves dont l'auteure nous parle avec tant d'humour, qu'elle aime ou qu'elle hait de tous ses neurones, qu'elle voudrait aider ou exterminer à grands coups de compas, en fonction du moment, finissent toujours par devenir des clients de là oùsque je bosse… je me demande si je vais pas enfin concrétiser ce à quoi je pense depuis plusieurs mois et créer, moi aussi, mes chroniques professionnelles. Passqu'il y a de quoi raconter croyez-moi. J'ai déjà rempli, petit à petit, des pages et des pages Word pleines de mes clients, de leur QI, de leurs revendications, de leurs humeurs et de leurs plans drague. Un jour, peut-être, vous ferais-je partager ça…
En attendant, lisez les Chroniques d'une prof qui en saigne, vous vous y reconnaîtrez sans doute… le tout est de savoir si vous vous reconnaîtrez dans le rôle A. de la prof… B. des parents… ou C. des élèves…

Lien : http://www.le-celibat-ne-pas..
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Romanticolor
  25 janvier 2018
"Pour le Français, tous les professeurs sont bons, sauf ceux qui furent ou sont dévolus à ses enfants." Lucien Klausner
Dans notre esprit nous avons deux types de professeurs, les psychorigides du XIXème siècle (Mlle Mangin) ou au contraire les originaux qui vont à l'encontre du conformisme (M. Keating). Difficile de trouver un point commun à ces deux cas me direz-vous ? Et pourtant, les élèves de Mlle. Mangin ou de M. Keating sont plutôt calmes, voir très soumis (Sarah) au risque de faire passer Laura Ingalls pour une forte tête.
Mais Back to the Future, Princesse Soso est une professeur de langue (anglais) du XXIème siècle (celui des SMS, de la télé-réalité et surtout de l'enfant roi) la preuve elle a son propre blog : http://foodamour.free.fr/ et curieusement ses élèves sont légèrement plus difficiles que ces images d'Épinal.
Ce livre qui porte bien son nom, raconte les déboires d'une jeune prof moderne qui aime son métier, mais cette nouvelle génération de collégien, la laisse perplexe. Elle constate avec humour la déliquescence de la culture, de la langue (anglaise et française), du respect (envers les autres élèves et les professeurs)... Parlons également des parents, qui contre vents et marées, défendent leur progéniture des méchants professeurs qui donnent des mauvaises notes et qui viennent à la réunion parent/professeur avec leur chien ou le fiancé de leur gamine de 14 ans qui a bientôt la trentaine.
J'adore Princesse Soso, car elle raconte tout cela avec beaucoup d'humour et d'ironie teinté de cynisme, son livre adapté de son blog est parfois inquiétant car on a du mal à croire ce qu'on y lit, c'est tellement gros. J'admire le sens de l'humour de l'auteur, car je finirai fou devant des élèves pareils, ceci dit et heureusement pour elle, il y a des élèves « choupis » qui relèvent le niveau et l'empêche de sombrer dans la folie surtout face au quatrième SEGPA, une classe où sont regroupés tous les cas difficiles, c'est à dire plantage de compas dans la main, crise de nerf etc...
Passer d'un format internet à un livre est difficile, ce défis est assez bien relevé par l'auteur, on regrettera toutefois une très légère forme d'autocensure, c'est légèrement plus consensuel que son blog, mais le style est toujours là et toujours aussi drôle, malgré le choix de l'éditeur je suppose d'avoir imposé des crochets [ ] plutôt que rayer les mentions inutiles comme sur son blog. Dommage mais c'est probablement pour faciliter la lecture.
Princesse Soso, n'est pas du genre politiquement correct elle dit clairement ce qu'elle pense, elle attaque tout le monde, le système éducatif qui pensent que les élèves sont des Bisounours, les élèves et les parents et parfois la politique (même si dans ce livre cela apparaît moins).
Je ne peux m'empêcher de vous livrer un petit extrait, à la page 69 (choisi au hasard) dans ce chapitre elle raconte comment les parents s'adressent à elle par internet d'une façon assez peu formelle :
« Maman de Johnny : je voudrai savoir les devoir que mon fise a
Princesse Soso : Bonsoir madame, Johnny doit apprendre sa leçon par coeur à l'oral et à l'écrit. […] Les devoirs sont mis en ligne sur le site de l'établissement, vous pouvez les consulter avec les codes que vous avez reçus en début d'année.
Maman de Johnny : oué mais jé perdus les codes à jonny sa fé 2 fois
Princesse Soso : Johnny pourra les demander à nouveau...
Maman de Johnny : je suis contente que jony qui ail une prof d englai comme vous
Princesse Soso : [tu m'étonnes] Merci beaucoup.
Maman de Johnny : c koi le site svp
La mère de Johnny vient de m'envoyer un wizz !
Maman de Johnny : rep stp
Princesse Soso : [Nan, mais d'où c'est que t'oses me wizzer, connasse?] Désolée, je ne suis pas constamment derrière mon ordinateur.
Maman de Johnny : jes un dernier pti truc a vous demande chepa si vous aver demande à mon johny ce kil veu faire plus tard. Il vous a dit quopi ses pour voir sil ma dis la meme chose
La mère de Johnny m'envoie un nouveau un wizz.
Princesse Soso : Madame, j'ai 156 élèves cette année... soit 156 fiches individuelles et je ne les connais pas toutes par coeur. Néanmoins, je crois me souvenir que Johnny est intéressé par la mécanique.
Maman de Johnny : oui ses le meme je croi good by »
Difficile de porter un regard critique sur son travail et la société tout en gardant son sens de l'humour, ce livre est une vraie réussite, à mettre entre toutes les mains surtout les futurs étudiants qui se lancent dans l'enseignement.
Avant de recevoir ce livre, aller donc faire un tour sur son blog, vous y apprendrez entre autre, que Princesse Soso est aussi professeur d'éducation sexuelle et conseillère de vente en protège slip.
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liliba
  06 octobre 2013
À l'heure où nos chères têtes blondes viennent de reprendre le chemin de l'école, nous ne pouvons que vous conseiller ce livre totalement jubilatoire, paru en 2010, mais qui n'a pas pris une ride et qui égratigne quelque peu notre bonne vieille éducation nationale, mais le fait avec un humour et une intelligence rare.
Pas de grande littérature ici, on est dans le concret. Et le concret, ce sont des élèves qui savent à peine lire (ni parfois parler) le français et qui donc sont mal barrés pour apprendre 3 mots d'anglais. Des élèves qui n'en n'ont rien à faire de l'école, qui ne sont pas motivés, que rien n'intéresse, qui sont parfois violents, souvent insultants, continuellement insolents. Des élèves qu'on aurait envie de gifler plutôt que de leur enseigner quoi que ce soit. Oh bien sûr ils ne sont pas tous comme ça, heureusement. Il en existe de biens mignons, intelligents, motivés, sérieux, travailleurs, de vrais choupis qu'on aurait presque envie d'adopter… Mais dans cet établissement de campagne, ils sont rares.
Princesse Soso parle de son quotidien et écrit comme elle parle, transmettant par là même l'énergie (le stress) de ses journées de prof et nous faisant ressentir l'ambiance de sa classe. Au départ, cette jeune prof trentenaire a partagé ses heurs et malheurs professionnels dans un blog (http://foodamour.free.fr), et nous avons donc affaire à du vécu quotidien, du frais, du sanglant parfois, de l'affectif. Ses chroniques la suivent dans ses différentes classes tout au long de l'année, pour nous montrer la progression (ou reculade) de chacun.
Le lecteur fera connaissance des improbables Kevvin (qui s'écrit bien avec deux v), de Cynthia, Manolito, Brianna, Prescillia et beaucoup d'autres qui sont tour à tour insupportables ou attachants, souvent désarmants, et dont bon nombre font pitié. Quel avenir en effet envisager pour ces enfants (car rappelons, nous sommes au collège, ce sont bien des enfants, même s'ils veulent se donner des airs d'adultes) qui ne sont pas aidés par leur milieu familial, c'est un euphémisme, et que l'école ne peut pas élever à la place de leurs parents. Car voilà un problème que souligne Princesse Soso. L'école est là pour éduquer, oui. Mais pas pour élever. Pas pour enseigner le b.a. ba de la politesse, de la vie en société ou de la façon de se tenir, pas pour apprendre à dire bonjour ou merci… L'école n'est pas le sauveur de tous les pauvres gamins qui n'ont pas reçu d'éducation à la maison, elle a bien déjà assez de mal à leur faire apprendre quoi que ce soit, l'école n'est pas miraculeuse non plus pour ceux qui ne veulent rien y faire… et l'école n'est pas coupable…
On comprend aisément en lisant ce livre la baisse de motivation de certains profs, leur découragement, leur énervement parfois… Ce métier est une vocation, mais encore faut-il que cette vocation soit nourrie, soutenue, aidée, ce que ne semblent pas faire les instances supérieures trop obsédées à faire passer des lois bureaucratiques qui n'ont que peu de choses à voir avec le terrain. Mais ne croyez pas que Princesse Soso passe son temps à cracher sur son dur métier ! Pas du tout, au contraire, elle l'adore, ce métier, et c'est pourquoi cela lui fait si mal au coeur de voir l'école se dégrader et ne plus remplir son rôle.
J'ai été impressionnée par la maturité des réflexions de l'auteur, qui bien que toute jeune et n'ayant pas encore eu d'enfant au moment où est paru son livre, a des idées sur l'éducation qui me semblent tout à fait pertinentes, de même que ses réflexions sur le « mammouth » et les réformes bonnes ou mauvaises qu'on pourrait instaurer pour moderniser l'éducation nationale et la rendre plus adaptée au monde d'aujourd'hui. Elle dit tout haut ce que beaucoup pensent sans oser avancer un commentaire, elle critique ouvertement, mais propose des solutions et on aime cette langue qui n'est pas de bois, à laquelle on est peu habitué sur le sujet. Elle n'a même pas peur du méchant Ray Ktora !
Alors c'est un peu caricatural, certes, mais c'est aussi fait pour ça. Pour qu'on regarde, qu'on écoute, qu'on prenne conscience. Qu'on arrête de faire les autruches parce que nous sommes des privilégiés qui mettons nos gamins dans de bons collèges, de bons lycées, parce que chez nous, ça ne se passe pas comme ça, ils filent droit, nos marmots ! On en rit, beaucoup, et dans le même temps on est atterré. Eh oui, c'est la vérité vraie, à peine augmentée avec une petite dose d'humour (une bonne dose, à vrai dire) pour que ça soit digeste, mais rien n'est inventé, c'est du vécu pur et dur. Et comme le dit si bien l'auteur, mieux vaut en rire, parce que sinon c'est à pleurer, comme les bulletins qui sont désespérants en version officielle et à hurler de rire en version officieuse.
Vous en apprendrez un bout sur l'argot des écoles, les expressions, les modes, le langage SMS (mais tout ça a dû changer depuis, ça va vite chez les djeuns), sur la manière aussi dont ces jeunes se voient, se projettent dans l'avenir. chômach', assedic, allocs… Vous découvrirez l'hallucinante vulgarité du langage, de la gestuelle, de l'habillement, dont on se dit que ce n'est pas étonnant qu'elle entraine la violence, et des déviances en tous genres. Et puis pour vous défouler, vous « languedeputerez » avec vos amis pour débriefer cette lecture vraiment atypique. Sans oublier jamais que même si certains passages paraissent totalement surréalistes, nous sommes pourtant bien dans « la vérité si j'mens » et qu'il n'est possible de tout raconter qu'avec un humour acharné.
Grinçant, hilarant, décapant, édifiant, énervant parfois, étonnant en tout cas, Chroniques d'une prof qui en saigne est un livre à lire !
Lien : http://liliba.canalblog.com/..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   11 novembre 2010
Grosse pression chez les 6° Bisounours.

Y'a du contrôle à l'horizon.

On révise ensemble, les élèves s'interrogent entre eux, certains jouent le rôle du prof et posent des questions sur le cours, d'autres sont au tableau pour compléter des exos... Bref, c'est drôlement studieux et ça fait plaisir. Le seul à qui ça ne fait pas plaisir, c'est Manolito, qui est au coin, rapport au fait qu'il a donné un coup de pied à Alyssa parce que d'abord elle est trop moche Alyssa et en plus elle n'a même pas voulu passer sa colle pour coller la feuille et ça c'est carrément nul.

Mettre les élèves au coin est ma nouvelle passion. The naughty corner. J'envoie un élève pénible au coin uniquement quand on fait des trucs trop de la balle en classe, genre trucs d'interactivité, ateliers tirant sacrément sur le ludique ou trucs impliquant des feutres et des ciseaux crantés. L'élève puni tire la tronche parce que ça aurait été drôlement choupi d'aller au tableau coller les aimants sur les bonnes réponses. En plus, on peut aussi utiliser le feutre rose pailleté de Mme Princesse Soso. Manolito me trouve bien cruelle. Bizarrement, je n'envoie pas d'élèves au coin lors d'une séance de correction ou d'exercices de grammaire aussi fun qu'un dimanche après-midi en Vendée à boire un thé infâme avec la tante Anne-Marie.

C'est au tour de Kevvin de passer au tableau pour s'entraîner au gros-contrôle-de-la-mort-qui-tue. Hector, camarade solidaire et sympathique, lui demande comment on dit "lapin" en anglais.

" Trop fastoche ! dit Kevvin d'un ton blasé, on dit lapine en anglais."

Le reste de la classe rigole. Comment il est trop bête, Kevvin. Comment c'est trop fastoche d'abord. Tout le monde rigole sauf Manolito qui n'a pas entendu car il est trop occupé à bouder et sauf Gwendolina qui est à quatre pattes à chercher son stylo parfum kebab / chamallow qui s'est subrepticement planqué sous la table.

Mme Princesse Soso: Voyons, Kevvin... Réfléchis... On ne dit pas lapine...

Kevvin: Ahhhhh oui ! On dit rabbit en anglais !

Mme Princesse Soso: Voilà ! Très bien ! Tu vois, il faut toujours réfléchir avant de parler. Tu évites ainsi les étourderies.

Kevvin: Bah oui, je savais bien qu'il y avait une histoire de zizi là-dedans.

( C'est un moyen mnémotechnique comme un autre, me direz-vous...)
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lilibaliliba   06 octobre 2013
Non, les élèves ne sont pas tous des angelots facétieux assoiffés de connaissance. Non, les parents ne sont pas tous des éducateurs perfectionnistes désireux de transmettre des valeurs fondamentales à leurs rejetons. Non, les profs ne s'habillent pas forcément à la CAMIF ! Princesse Soso, qui rêvait d'être trapéziste ou éleveur de bisounours, est finalement devenue professeur d'anglais. Catapultée dans un collège de campagne, elle se retrouve quand même en plein cirque, aux premières loges pour étudier le jeune, cet être mystérieux et fascinant, et tout son entourage... Chaque année, ça recommence ! Un an à jongler entre ceux qui aiment s'entretuer à coups de compas, ceux pour qui l'école est une annexe de Meetic et les Choupi-trop-mignons. Un an de rires, de larmes et d'incompréhension mutuelle, auxquels participent les parents et le personnel de l'Éducation nationale. Un an où tout le monde dira encore que les profs sont des feignasses-tortionnaires-payés-à-rien-foutretoujours-en-vacances-ces-lopettes ! Une année scolaire d'émotions, de critiques du système et de coups de colère, décrits dans ces pages avec un humour corrosif. Le collège est une jungle. Voici un accès backstage pour découvrir l'envers du décor.
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lilibaliliba   06 octobre 2013
Entre les claques qui se perdent et les procès qui se gagnent, l’école va mal et notre crédibilité s’estompe un peu plus chaque jour. Quand les parents fixeront de véritables limites à leur enfant et seront du côté de la connaissance et du respect, quand nous aurons plus de moyens humains pour encadrer, encourager, surveiller les élèves, quand la violence ne sera plus la norme sociale, peut-être l’école retrouvera-t-elle son aura d’autrefois
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ETOILEEETOILEE   01 décembre 2013
"Eh bah...quelle jolie écriture de goret !", me suis-je exclamée d'un ton enjoué qui sentait bon l'antiphrase.
Stéven relève la tête et devient tout rouge.
Aujourd'hui, un nouvel élève vient d'arriver en sixième.
Il s'appelle Stéven Goret.
Les boules.
Pour moi.
Mais bon, les boules (voire le cochonnet) aussi pour lui.
VDM.
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calypsocalypso   30 juillet 2017
Après avoir répété environ dix-sept fois (sans exagération) que, oui, il fallait coller la feuille distribuée à la suite dans le cahier, page 11 (je pousse le vice à leur faire numéroter leurs pages de cahier afin qu’ils s’y retrouvent plus facilement, sauf pour Kévvin qui numérote : 1, 2, 3, 4, 6, 7, 5, 9…) Manolito [beugle] demande sans lever la main (règle number one pourtant) : « Madaaaaaaaaaame, on la colle la feuille ? On la colle où ? » Ne pas répondre « dans ton cul » relève du miracle.
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