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ISBN : 222640144X
Éditeur : Albin Michel (28/02/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 56 notes)
Résumé :
" Scandale, soif de justice, romance, une vision positive et épanouïe de la sexualité, et un coup de poing dans les fondations sexistes de notre société : ce livre est un joyau." Kirkus Reviews

Grace vient d'entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
Ces mots, c'est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
iris29
  26 mai 2018
Par un complet hasard, j'ai commencé ( et fini) ce roman le jour où Weinstein devait comparaitre et où il est ressorti libre, moyennant une caution d'un million de dollars , défendu par l'avocat d'un certain DSK …
Ce (génial ) roman parle de ça , à l' échelle adolescente …
Et il commence de façon grandiose , digne d'un grand metteur en scène, par un balayage presque anonyme de dizaines d'adolescentes d'une toute petite ville . Leur point commun : elles vont (ou iront) toutes dans le même lycée.
Il y a celle qui vient d'arriver avec un camion de déménagement ( Grace ) dont la mère est pasteure et qui fuit une ville où les opinions "modernes" de sa génitrice ne passaient pas.
Il y a celle qui justement ,passe devant sa maison, (Rosina) qui vit très mal son homosexualité dans une famille Mexicaine , laquelle lui demande d'être corvéable à merci.
Il y celle qui a un QI exceptionnel , ( Erin) doublé d'un syndrome d'Asperger , et qui essaie d'avoir une vie la plus normale possible avec une mère , certes protectrice mais étouffante .
Et puis surtout , il y a Lucy qui est partie, qui a fuit le scandale et la disgrâce , celle qu'on a pas crue lorsqu'elle a affirmé avoir été violée à une soirée , par plusieurs garçons.
Mais il y a Grace, qui vient donc d'aménager dans la maison de Lucy et qui dans sa chambre, voit des mots gravés sur les murs, des mots qui hurlent , des mots qui ne mentent pas …
Alors Grace , aidée par Rosina et Erin , va fonder "Les Filles de nulle part" pour se révolter , pour dénoncer, pour rendre à Lucy ce qu'elle a perdu…
. Distribuer des tracts pour prévenir les petites troisièmes qu' elles ne sont que des proies pour les grands de terminales , continuer par un acte symbolique : la grève du sexe de toutes les lycéennes , dénoncer les violeurs ….
Et si la ville n'était pas prête ? Et si les adultes ne voulaient pas faire de vagues afin de sauver leurs horribles fistons ? Qu'importe : "girl power" et on y go !
Sans AUCUNE lourdeur, Amy Reed dénonce, avertit, et protège. Elle réussit de façon subtile , décontractée et distrayante, à balayer tout le spectre des relations garçons/filles. Homosexualité , travestissement et transgenre sont également évoqués. Ne croyez pas que les garçons soient tous mauvais, dans ce livre, certains sont très bien…
Heureusement ! Du sourire au larmes, on s'attache à sa galerie de portraits, et on tremble pour les principales héroïnes.
Ma préférée étant la jeune Erin atteinte du syndrome d'Asperger que la mère a mise au régime Végan, les passages la concernant sont une ode à la différence , et d'une originalité folle. ( Elle est fan de la série Star Trek et son chien s'appelle Spot.)
Mais tous les personnages sont explorés , travaillés .
Il y a matière à faire une série TV, tellement ce roman est riche de vies. Un film n'y suffirait pas et aborderait les sujets de façon trop superficielle. Comme la série ne parlant que d'adolescents , "13 reasons why ? "cartonne mondialement, je crois très fort à Nous les filles de nulle part ;-)
" Scandale, soif de justice, romance, une vision positive et épanouïe de la sexualité, et un coup de poing dans les fondations sexistes de notre société : ce livre est un joyau." Kirkus Reviews
[ A la fin du roman , vous trouverez les noms, coordonnées et objectifs, de toutes les associations luttant contre les violences faites aux femmes .]
Ce roman pour ados devrait être acheté par tous les CDI et médiathèques...
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clairesalander
  04 septembre 2018
En lisant la quatrième de couverture, j'ai su que j'allais aimer ce livre. Militante féministe depuis une dizaine d'années, j'avais tout de fois un peu peur que certains clichés soient colportés mais au final, j'ai beaucoup aimé.
Les trois principales protagonistes, élèves de 16 ans au lycée, sont des "parias" ; elle ne font pas partie des filles cools et populaire. Rosina est une jolie Latina au tempérament de feu, lesbienne affichée, coincée dans une famille traditionnaliste. Grace est une fille de pasteur, boulotte, discrète et n'ayant aucune confiance en elle car complexée. Erin est autiste Asperger, d'une intelligence exceptionnelle, mais qui a du mal à comprendre certaines émotions et ne supporte pas le bruit et le monde.
Grace débarque en ville, et trouve des messages écrits sur les murs de sa chambre : "aidez-moi". Rosina l'informe que la maison dans laquelle elle a emménagée était habitée par une ancienne élève, Lucy, qui avait été violée l'an passé par trois garçons de l'établissement. Lucy avait été ostracisée, traitée de menteuse, et a fini par partir avec ses parents.
Grace est révoltée par l'immunité dont ont profité les agresseurs. Pour une fois, elle ose enfin gueuler, et aidée de Rosina et Erin, elles vont réunir les filles du lycée pour que cette culture du viol cesse. Organisées, elles vont tout chambouler pour se faire entendre, malgré les menaces de la principale et même de la police.
Certain garçons se croient tout permis, et n'hésitent pas à alcooliser des filles de 14 ans pour pouvoir les dépuceler (la "victoire" que d'etre le premier à pénétrer la fille). Tout le monde savait, mais tout le monde se taisait également. Il est temps de parler et de punir les agresseurs.
Les concepts d'injonctions patriarcales à la beauté, de culture du viol, l'homophobie, la peur de la différence (autisme) sont expliqués simplement. Me rappelant mon adolescence, je me reconnais dans beaucoup de ces filles, qui osent enfin parler entre elles, s'entre-aider au lieu d'être en compétition pour les hommes. Une belle ode à la sororité !
Bref, un livre à mettre entre les mains de tout ado à partir de 13 ans (oui, même les garçons, afin qu'ils comprennent ce que subissent les filles et n'agissent pas en agresseurs, et les soutiennent). Par contre, il n'y a aucune "animalité" ou pulsion dans le viol : c'est un acte de domination, pas de sexe (ce qui est très bien expliqué dans l'ouvrage). Les garçons/hommes ne sont pas "esclaves" de leurs pulsions, ils doivent apprendre à vivre en société et à respecter les filles/femmes.
Un livre très bien écrit, qui capte tout à fait la mentalité des ados d'aujourd'hui et explique parfaitement les mécanismes de la domination masculine.
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thedoc
  29 décembre 2018
Les Filles de Nulle part, je les ai suivies jusqu'au bout. Un vrai coup de coeur.
Grace et ses parents viennent d'emménager dans la ville de Prescott, dans l'Oregon, après que la mère de Grace, pasteur, se soit tout simplement faite virer de sa congrégation baptiste du Kentucky pour ses idées trop progressistes. Nouvelle maison, nouveau lycée. Grace, rondelette et timide, ne tarde pas à sympathiser avec les « looseuses » du lycée : Rosina, la rockeuse mexicaine qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, et Erin, une jeune autiste fan de la série « Star Trek : La nouvelle génération » qui ne survit dans ce milieu hostile que par une organisation militaire. A elles trois, les jeunes filles forment un trio pour le moins hétéroclite et marginal : une boulotte timide, une latina lesbienne et une autiste au crâne rasé, bien loin des canons stéréotypés du lycée. Qui irait se douter qu'elles sont à l'origine des Filles de Nulle part, ce groupe féministe secret qui va déclencher un véritable cataclysme dans ce lycée où les prédateurs mâles ont toujours eu l'habitude faire la loi ? Certainement pas eux.
C'est un livre coup de poing, choquant, bouleversant. Un livre qui fait tomber les tabous et éclater la vérité à travers une parole libérée et un discours sans détour sur le rapport des ados filles à leur sexualité et leur identité sexuelle. Qu'elles soient hétéro, lesbiennes, transgenres, filles faciles ou psycho-rigides, épanouies ou introverties, pom pom girls ou athlètes, elles ne rêvent que d'une chose : vivre une sexualité épanouie et être enfin respectées par les hommes qui, il est vrai, n'occupent pas la première place dans ce roman où la violence et la domination mâles sont fustigées et dénoncées.
Mais que les hommes et garçons n'aient pas peur. Il ne s'agit pas d'un livre contre eux mais contre tous ceux qui utilisent le sexe – le viol soyons clair – comme une arme de destruction et de soumission. Contre ceux qui considèrent tout simplement les femmes comme inférieures à eux et qui ne voient en elles qu'un moyen d'assouvir leur simple instinct de prédateur.
C'est une roman féministe et militant mais c'est aussi bien plus que cela. A travers les personnages terriblement attachants de Grace, Rosina, Erin et toutes les autres, chaque lectrice pourra se reconnaître à travers ses doutes, ses peurs et ses traumatismes. Pas seulement ceux liés aux hommes mais ceux qui jalonnent toute vie adolescente : l'affirmation de soi, la découverte de l'amour, les liens de l'amitié, la solidarité… l'apprentissage de la vie en somme.
La relation mère-fille notamment (les pères sont absents ou secondaires), si importante à cet âge, est mise à l'honneur à travers chacune de nos héroïnes. Le milieu social de chacune, très différent, dévoilant également beaucoup d'elles-mêmes.
L'amour enfin, le vrai, celui que chacune - et chacun – attend est présent, révélant qu'effectivement c'est avant tout la violence qui est combattue par nos trois ados et non les hommes. Des gentils garçons, il en existe ;)
Ce roman est un cri de colère, c'est aussi un cri plein d'espoir car rien n'est vain quand la parole se libère. Encore faut-il que tout le monde soit prêt à l'entendre...
Un livre au style très agréable, fluide, qui se lit d'une traite. A mettre dans les mains de toutes nos ados (à partir du lycée) et place au Girl Power !
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Gaoulette
  08 novembre 2018
On est loin du roman doudou que j'affectionne tant. Amy Reed nous offre un roman coup de poing, un roman qui fait appel à la révolte et qui donne la parole aux adolescentes.
Qu'ont en commun Grace, la nouvelle boulotte et effacée, Erin, la jeune androgyne et autiste, Rosina, la lesbienne mexicaine toujours en colère? Ces trois jeunes filles vont crier haut et fort la vérité sur leur lycée, ses manigances et surtout toutes ses oeillères sur la violence gratuite faite aux jeunes lycéennes. Amy Reed nous apporte un roman choc où il n'y aura plus de tabous entres ces filles désoeuvrées, qui ont subies des viols, de la maltraitance et qui n'ont pas le choix de sourire et faire avec leur quotidien. Ces jeunes filles qui ont perdu tous repères et qui subissent les préjugés et ne savent pas à qui en parler sans être pointer du doigt.
Amy Reed va droit au but pour dénoncer le systèmes scolaire du lycée Prescott qui ferment les yeux sur les agissements de leurs superstars footballeurs. Interdiction de critiquer ou pointer du doigt les pseudo héros, on doit les encenser.
C'est le premier roman d'Amy Reed que je lis et ce fut un choc émotionnel. On passe par tout un panel de sentiment, la colère, la révolte, la frustration de ne pas pouvoir faire un coup d'éclat, la tristesse, être sans défense face à un combat perdu d'avance par les filles de nulle part. Amy Reed a t'elle voulu dénoncer un fait existant et le décrire dans son roman choc.
Ce roman jeunesse ne laissera personne indemne. En tout cas, moi j'en suis ressortie en larmes. Amy Reed ne laisse personne de côté, elle fait parler toutes ses filles : Grace, Erin, Rosina sans oublier Cheyenne et Lucy. Elle n'oublie pas de s'intéresser au "Nous" pour explorer les sentiments contradictoires de certaines adolescentes. Je pense à Amber qui a généré un sentiment de pitié et de se dire qu'il était trop tard pour elle.
Amy Reed donne aussi de l'espoir à ces jeunes filles qui essayent encore de comprendre leur sexualité et leur rapport avec les sexe masculin. Elle offre de l'espoir en montrant que dans une meute, il peut exister une oreille compatissante, un prince gentil, une âme charitable, il faut juste ouvrir les yeux et tendre la main.
J'en ressors de ma lecture avec tous ces messages forts. Je tiens à préciser que le personnage d'Erin m'a beaucoup touchée et émue. Cela m'a permise de comprendre un peu mieux le syndrome d'Asperger.
Chapeau l'artiste! Merci pour ce coup de coeur.
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Luxi
  19 juin 2018
Elles sont trois, les "Filles de Nulle Part". Aussi différentes qu'attachantes et bien loin des héroïnes parfaites et stéréotypées que l'on rencontre souvent. C'est la première force du roman. Il y a Erin, la surdouée au crâne rasé, autiste Asperger, sans cesse en décalage avec les autres et dont le monde menace de s'effriter si tout n'est pas parfaitement ordonné. Il y a Rosina, la mexicaine à grande gueule qui tente de respirer entre les innombrables oncles, tantes et cousins avec lesquels elle doit cohabiter. Et puis il y a Grace, fille de pasteure, la nouvelle un peu paumée débarquée du Kentucky et qui emménage dans l'ancienne maison de Lucy Moynihan. La Lucy Moynihan que personne n'a soutenue. La Lucy Moynihan qu'ILS ont manipulée, humiliée, et brisée.
Lucy s'est enfuie loin mais elle peuple tout le roman, envahissante dans son absence, telle une image fantôme qui susurre et supplie. Lucy qu'on a détruite deux fois : d'abord par un viol physique qui a meurtri sa chair, puis un viol psychologique qui l'a définitivement cassée parce qu'on ne l'a pas crue lorsqu'elle a parlé. Grace est hantée par ce qui est arrivé à Lucy et décide, avec ses deux amies, de créer un groupe secret dans le but de dénoncer toutes ces violences infligées aux filles.
Alors oui, je le dis tout de suite : c'est un roman très dur, très noir, très éprouvant. J'ai entrecoupé ma lecture d'ouvrages plus légers parce que c'est écoeurant, révoltant, physiquement douloureux. Ça vous prend à la gorge, ça vous déchire le ventre, ça vous écorche dans ce qui fait de vous une fille, une femme. Et lorsque la dernière page est tournée, vous êtes partagée entre un sentiment d'espoir et la sensation d'être totalement vidée.
Les garçons prennent très cher sous la plume d'Amy Reed, créatures abjectes et incontrôlables qui sèment la destruction sur leur passage. Les filles sont profanées, souillées, déshonorées, discréditées et saccagées. Morceaux de viande anonymes que l'on peut forcer, abîmer même, puisque ce n'est que de la viande, et du côté des garçons ça raconte tout en détails, ça se marre, ça vomit tout un tas d'immondices sur internet avec arrogance et raillerie. le mépris atteint des sommets exceptionnels ; la laideur des actes et la malveillance sont stupéfiantes. Alors évidemment qu'on sort de cette lecture sonné, accablé, hors de soi avec les nerfs à vif.
Mais je crois que c'est précisément le but d'Amy Reed : écrire un roman qui vous boxe sans retenue – et d'ailleurs j'ai tout de suite pensé aux romans engagés de Marion Brunet ou Lola Lafon. L'écriture est vive, nette, puissante. Et si parfois l'auteure tombe dans l'exagération, ce n'est que pour mieux choquer et faire entendre son message. Parce que ce roman est un vrai appel à la révolte et ne mérite pas d'être oublié une fois rangé dans les rayons d'une bibliothèque. C'est un roman militant qui invite avec ardeur à la réappropriation de son corps, de son libre-arbitre et du respect de soi. C'est un roman-combat.
Bien sûr, il y a des passages insupportables à lire. Il y a des paragraphes qui réveillent avec une violence extraordinaire les brisures mal raccommodées, les failles et les fureurs qu'on porte en soi. Mais c'est aussi parce qu'il provoque cette escalade de colère que ce livre est aussi nécessaire : Amy Reed se dénude totalement dans ce texte et pointe du doigt, révèle, accuse. C'est un roman acéré, acide, qui appelle à la lutte et la guerre : une guerre qu'aucune fille, aucune femme, ne devrait avoir à mener.
Ce roman vous scandalise, vous affecte et vous met en colère. Il vous fait serrer les dents et parfois détourner le visage avec un sentiment de perte et d'inutilité immenses. Parce que ce n'est pas un roman lisse et tranquille : c'est un roman qui attaque avec fracas, qui donne de grands coups de pied dans l'indifférence, l'insensibilité et la froideur ordinaire, qui gueule bien haut que non, une fille n'est pas un bout de chair que l'on manipule comme on veut, que l'on utilise puis qu'on jette. Une fille n'est pas un emballage vide qu'on peut modeler à sa guise. Une fille ne devrait pas se sentir exister uniquement lorsqu'un garçon pose ses yeux sur elle, prête à redevenir ce "rien" confus et mou dès qu'il se sera détourné.
Le risque avec ce type de roman, c'est de basculer dans la généralisation et de décréter que tous les hommes sont des bêtes perverses, des serpents gorgés d'orgueil et de fiel. Or ce n'est pas le propos de l'auteure : les garçons qu'elle incrimine, ce sont des garçons très précis, ces "rois du lycée", sadiques et répugnants, dépourvus d'empathie. Cette extrême violence se trouve amplifiée par un phénomène de groupe : ces garçons déjà dangereux le sont d'autant plus lorsqu'ils se rassemblent. Ils ont besoin d'apercevoir chez les autres membres ce sentiment d'appartenance et de fierté. Ils ne se sentent exister qu'à travers les regards admiratifs et approbateurs des potes. Il y a comme une apologie du mal.
Amy Reed nous confie aussi qu'il est bien plus compliqué de s'engager que ce que l'on peut penser. Un engagement c'est une résistance, et toute résistance s'accompagne de peurs et de dangers. Alors nous croisons aussi des vendus, des lâches, ceux qui comprennent mais ne font rien. Il y a cette puissance redoutable de l'Autorité – qu'elle soit représentée par un proviseur ou un flic – qui entrave cette résistance, aussi belle et noble soit-elle, qui la dénigre, qui l'écrase sans broncher et tente de la réduire en poussière.
Ce livre expose la dégradation des femmes, le harcèlement assidu, la culture du viol, mais aussi la découverte de la sexualité. Ce livre nous rappelle à quel point le corps est une chose précieuse et nous sommes les seules à décider de ce qu'il accepte. Ce livre nous rappelle qu'il existe partout autour de nous d'autres "filles de nulle part" qui tentent de se faire entendre, comprendre et respecter. Ce livre nous rappelle qu'il n'y a rien de plus sacré que le respect qu'on a pour l'autre et qui nous permet de rester un être humain, loin de ces monstres mécaniques, vicieux et sans âme dont la romancière fait le procès.
Nous sommes toutes au fond des filles de nulle part, et c'est presque un devoir pour chacune – mais aussi pour chacun – d'entre nous de lire ce roman pour devenir plus solides, plus sensibles et plus vigilants.
Lien : https://lechemindeslivres.wo..
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   28 mai 2018
A trois kilomètres à l'ouest, une fille cherche sur Internet comment perdre dix kilos. (…)
*
De l'autre côté de l'autoroute, une fille couche avec son copain pour la seconde fois de sa vie. Cette fois, ça ne fait pas mal. Cette fois, elle remue les hanches. Cette fois, elle commence à comprendre pourquoi on en fait toute une histoire.
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iris29iris29   25 mai 2018
Le silence ne veut pas dire oui. Un non peut-être pensé et ressenti sans jamais être prononcé. Il peut être hurlé en silence à l'intérieur. Il peut se trouver dans la pierre muette d'un poing serré, les ongles s'enfonçant dans la paume. les lèvres scellées. Les yeux fermés. Son corps à lui ne faisant que prendre, sans jamais demander, n'ayant jamais appris à interroger le silence.
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iris29iris29   26 mai 2018
Ça va ça va tout va bien. Même si le lit tourne même si je n'arrive pas à garder les yeux ouverts même si je ne suis même pas sûre qu'il connaisse mon prénom même si même si même si son corps est trop lourd sur le mien et si je n'arrive pas à bouger je n'arrive pas à respirer je ne peux plus respirer je ne veux pas je ne veux plus je veux le repousser mais mes poignets sont immobilisés et je n'ai plus ma culotte et c'est trop tard c'est trop tard c'est trop tard pour dire non.
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iris29iris29   28 mai 2018
Ce qu'il y a , c'est que les gens ne veulent pas entendre une chose qui va leur rendre la vie encore plus difficile, même si c'est la vérité. les gens détestent devoir changer de point de vue. Alors au lieu d'admettre que le monde est moche, ils chient sur le messager qui vient le leur dire.
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thedocthedoc   20 décembre 2018
Les gens savent à quoi s'attendre avec un garçon atteint d'Asperger, du moins ils croient le savoir. Un garçon, ça s'énerve, ça cogne, ça hurle. Ça se bat et ça se roule par terre. Ça punit tout le monde de le faire souffrir.
Alors que pour les filles dites "Aspies", c'est différent. Invisible. Non diagnostiqué. Car à la différence des garçons, elles se tournent vers l'intérieur. Se cachent. S'adaptent, quitte à se faire mal. Comme elles ne crient pas, on suppose qu'elles ne souffrent pas. Une fille qui s'endort tous les soirs en pleurant ne dérange pas grand-monde.
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