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EAN : 9782283024997
105 pages
Éditeur : Buchet-Chastel (03/03/2011)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 26 notes)
Résumé :

« J’aurais aimé expliquer à mon mari ce qui s’était passé, mais j’aurais dû lui expliquer les roues de la poussette et ça c’était la chose au monde que je pouvais plus jamais raconter à personne ». Une très jeune femme raconte son histoire. Avec une saine autodérision, elle essaie d’oublier (mais n’y parvient pas) l’épisode traumatique qui l’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  09 septembre 2014
La narratrice, une jeune femme dont le prénom n'est pas connu du lecteur, nous narre son histoire et surtout le traumatisme qu'elle a subi à l'âge de quatorze ans et demi et qui, par la suite, a fait basculer sa vie. Toute est histoire de poussette, d'où le titre, puisque le drame qui adviendra à cette jeune femme arrivera en cours de puériculture alors qu'elle promenait la poussette de son professeure, qui plus est, avec le bébé de cette dernière dedans, et non pas un simple poupon. Tout aurait été si simple alors mais non, le sort en a décidé autrement. Toujours est-il qu'après ce tragique accident (je ne vais pas entrer dans les détails), il n'a plus jamais été question pour notre "héroïne" (c'est un bien grand mot, je la qualifierais plutôt d'anti-héroïne mais bon...) d'entendre parler de cours de puériculture ni même de bébés tout simplement. S'étant alors orienté vers l'horticulture, elle va faire la rencontre de celui qui deviendra son mari et qui exerce le métier d'homme-grenouille, plongeant dans les trous d'eau sur les terrains de golf afin d'aller chercher les balles égarées.
Cela aurait très bien pu se terminer ainsi et ressembler à un drame qui finit bien sauf que c'est bien plus compliqué que cela. En effet, notre narratrice s'étant arrêtée de se développer à l'âge de quatorze ans et des poussières, autant sur le plan mental que physique puisqu'elle ne pourra jamais procréer, elle va devoir se construire un monde bien à elle. le problème étant, vous vous en doutez, que le monde ne peut pas être propre à chacun (sinon cela serait trop simple) et que même si en faisant des choses qui nous semblent anodines, l'on ne se rend pas toujours compte des dégâts que l'on peut provoquer autour de soi.
Un livre sur la maternité mais aussi sur l'amour...bref un livre qui parle de sujets qui peuvent paraître banals mais qui, ici, sont transformés pour en faire un véritable sujet d'interrogation et qui pose une réelle problématique. Un livre à l'écriture légère pour s'accorder au mental de notre narratrice, qui se lit très vite mais qui n'aura pas laissé chez moi un souvenir inoubliable. A découvrir, pour les plus curieux !
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Commenter  J’apprécie          350
Croquignolle
  11 juillet 2018
Dominique de Rivaz est maître dans l'installation d'un décor lugubre et lumineux en même temps, dans la présentation d'une héroïne hors du commun et pourtant si normale.
Tout est malaise dans ce roman.
La vie se déroule sous nos yeux, telle qu'elle devrait être. Et pourtant, tout dérape. Un événement tragique fait basculer une existence dans l'horreur et le lecteur dans la stupéfaction.
Nos tripes se nouent. Notre souffle s'arrête. L'air est rare et oppressant.
Nous cherchons de l'aide. Personne ne vient.
Nous restons témoins de l'indicible jusqu'au bout.
Une lecture percutante qui dérange.
Et qui me plaît. Beaucoup !
Commenter  J’apprécie          260
colimasson
  06 mai 2011
Présenté comme un roman en charge de dénoncer les pressions sociales subies par les femmes à l'âge de procréer, La poussette ressemble finalement davantage à un conte qu'à un pamphlet virulent.
L'histoire nous parvient à travers les propos d'une femme de trente-et-un ans dont la croissance, tant physique que mentale, semble s'être figée à l'âge de quatorze ans et demi, alors que l'accident de la poussette, utilisé comme justificatif à toutes ses déceptions futures, survint lors d'un cours de puériculture. On devine facilement qu'à travers cet incident plutôt insignifiant, la narratrice se justifie d'une impossibilité à procréer qui ne doit rien au hasard d'une leçon de puériculture.
Le ton employé pour nous raconter son histoire –la rencontre avec son mari, le ramassage des balles de golf au fond des obstacles d'eau, le voyage de noces, suivis de la lente décrépitude qui s'accompagne, entre autres, de la « mort » du mari, de la perte du « morceau de foie », de la « naissance » de NewBorn- est celui d'une fillette tout juste sortie de l'enfance.
Naïve, elle s'émerveille des papillons qui viennent voler autour de ses cheveux…
« Les papillons devaient aussi aimer particulièrement mon shampooing adoucissant au mélaleuca d'Australie, ils venaient voleter autour de ma tête, se poser sur mes cheveux, les explorer de leurs longues antennes et quand ils comprenaient qu'il n'y avait rien à en tirer, à part qu'ils étaient brillants et souples, ils repartaient en voletant vers les vraies orchidées. J'ai testé à tour de rôle plusieurs adoucissants, la vanille bio de Madagascar, l'hibiscus du Burkina Faso, le fruit de la passion du Brésil… En fonction, ce sont d'autres papillons qui venaient, soit tous les jaunes, soit tous les multicolores, soit ceux avec une tête de mort sur les ailes. »
… et elle rêve d'avoir un enfant pour s'en occuper comme d'une poupée, déambulant devant les vitrines des magasins en imaginant de quels accessoires et de quels vêtements elle pourrait remplir son sac si, enfin, elle parvenait à être mère :
« Je faisais des trousseaux imaginaires avec une brassière en coton bio, une salopette multipoches, un cardigan zappé, une gigoteuse, un nid-d'ange… Dans les pharmacies, je demandais des échantillons de lait en poudre, de soins pour la peau, que l'assistante pharmacienne me tendait avec un sourire ému. Je les mettais dans l'aquarium en rentrant. »
Alors, oui, si l'accident de la poussette a figé cette jeune femme à l'âge de quatorze ans, il est en effet la cause de tous ses malheurs. Plus les pages du livre s'égrènent, plus les évènements qui traversent sa vie deviennent sinistres, mais ils semblent au contraire rapprocher la narratrice de l'idéal de la mère tel qu'elle se l'imagine et son discours se fait de plus en plus émerveillé, jusqu'au dénouement final qui signe la condamnation d'une jeune femme à ne jamais connaître la maternité.
Malheureusement, désirant rappeler à chaque page que la narratrice est encore une enfant, le style de l'écriture est lourd et ne laisse pas le lecteur se prendre au jeu, à la manière d'un Momo dans La vie devant soi. Les tournures de phrases sont lourdes à digérer et sentent bien trop le réchauffé :
« Au rayon de la supérette, je suis restée longtemps devant les Clearblue, Primastick, Predictor, First Response… Ils coûtaient tous la même chose, mais un seul disait « Enceinte » ou « Pas enceinte », écrit avec de vrais mots en vraies lettres et pas seulement avec un trait où il faut relire trois fois le mode d'emploi pour se souvenir si le trait doit être au milieu à droite ou à gauche pour que ça soit la preuve que oui ou que non. »
Difficile de s'attacher à cette jeune femme qui semble se moquer de nous, usant de son air de petite fille pour se justifier d'actes cruels et d'une absence de lucidité frisant l'exagération.
Et si certains passages, sincères au milieu de tout un ramassis de sornettes destinées à nous faire avaler des couleuvres, ressurgissent avec une telle force, ce n'est que pour mieux nous faire regretter que le reste du texte ne soit pas à leur hauteur :
« Je n'ai pas senti la colère tout de suite, elle a mis du temps à remonter, plusieurs jours, jusqu'à ce qu'elle arrive dans ma bouche et que je crie sans plus m'arrêter. La colère à cause de l'accident qui me courait après. La colère contre les suspensions qui se sont décrochées et qui m'ont empêchée pour toujours d'avoir un bébé à moi tellement j'avais eu peur. La colère contre mon ventre que je voulais plus, dans lequel je voulais enfoncer des ciseaux et qu'on en parle plus. »
Lien : http://colimasson.over-blog...
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mayang
  22 septembre 2011
La première phrase du livre est aussi la dernière. Cela pourrait être un rébus mais en l'occurence, la boucle est bouclée. La lecture de ce petit livre de 106 pages se fait rapidement: l'écriture, faussement naïve, particulièrement précise, nous mène dans le dysfonctionnement humain à la suite d'un choc émotionnel très grave. Sous peine de tout dévoiler on peut difficilement en dire plus sur l'histoire elle-même mais on sort de cette lecture lessivé, vidé. Petit livre dans la forme à lire absolument tant il est grand dans le fond. Pour ceux et celles qui connaissent le cinéma des frères Dardenne, je trouve que l'on s'en rapproche.
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LePamplemousse
  26 décembre 2012
Ce très court roman est pour le moins déconcertant.
Tout débute par un terrible accident de poussette…
Les situations s'enchaînent et la vie de la jeune femme responsable de l'accident devient un véritable gâchis.
On oscille entre l'atroce et l'absurde, le tout raconté dans un style naïf, par la voix de cette jeune femme qui n'arrive pas à se reconstruire après le drame.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   30 avril 2013
[ Incipit ]



incipit

Tout ça ne serait pas arrivé si au cours de puériculture de l'école, quatre semaines avant le brevet, la poussette ne s'était pas renversée. Ça s'est passé comme ça : la maîtresse de puériculture nous apprenait les gestes à faire avec les bébés sur son propre bébé à elle qu'elle emmenait de la maison. On voulait toutes le changer, le tripatouiller, le retourner. Pendant une pause, elle a été d'accord pour que j'aille avec la poussette et le bébé faire le tour du collège. Les autres filles, elles, préféraient aller fumer en cachette. Donc j'ai fait le tour du collège, ça longeait les remparts et les peupliers, et j'ai remonté la pente en poussant la poussette. La cloche de la fin de la récréation sonnait, la classe devait rigoler et se demander où j'étais passée, alors je me suis dépêchée. Pile devant la porte de l'annexe, là où sont les vestiaires, ils étaient déjà vides, les roues avant de la poussette se sont prises d'un coup dans la grille qui sert à écouler la pluie. Ça a été un freinage tellement brutal que la suspension avant a lâché, l'avant avec le petit duvet est parti vers l'arrière, le bébé (il s'appelait Luca) a fait un demi-salto en l'air, il n'a même pas crié, il devait être un peu étonné, et il est tombé la nuque la première sur le béton devant la grille.
Ça m'est arrivé à moi, ça aurait pu arriver à la maîtresse de puériculture elle-même quand elle serait partie après le cours en se dépêchant de rentrer chez elle, ou la prochaine fois qu'elle serait venue à l'école et dans ce cas on n'aurait pas eu cours. Ou alors avec le poupon de caoutchouc qui pèse aussi deux kilos cinq pour faire vrai.
Il faut dire à ma décharge que c'était une poussette qui avait dû servir à plusieurs bébés, une poussette à l'ancienne, haute sur pattes, un peu usée mais encore assez élégante, je crois même qu'elle s'appelait Gloria. Si elle s'était appelée Citysport Cocoon, Loola Up Full, ou Baby Safe Sleeper, avec quatre roues tout-terrain comme elles sont aujourd'hui, tout ça ne serait pas arrivé.
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colimassoncolimasson   06 mai 2011
Il était à peine assis à son bureau qu’il a attrapé un bloc de papier et s’est mis à gribouiller avec un stylo à publicité, en m’expliquant que voilà, il n’avait jamais vu ça, mes trompes étaient enroulées…comme des spaghettis sur une assiette. Les chances d’avoir un bébé avec des spaghettis sur une assiette étaient de 1%. Je suis désolé, il a dit. Au revoir, madame.
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CroquignolleCroquignolle   25 juin 2018
L'horticulture, c'est produire un maximum sur une surface minimale. Le golf, c'était le contraire : produire un minimum sur une surface maximale.
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colimassoncolimasson   06 mai 2011
Je n’ai pas senti la colère tout de suite, elle a mis du temps à remonter, plusieurs jours, jusqu’à ce qu’elle arrive dans ma bouche et que je crie sans plus m’arrêter. La colère à cause de l’accident qui me courait après. La colère contre les suspensions qui se sont décrochées et qui m’ont empêchée pour toujours d’avoir un bébé à moi tellement j’avais eu peur. La colère contre mon ventre que je voulais plus, dans lequel je voulais enfoncer des ciseaux et qu’on en parle plus.
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colimassoncolimasson   06 mai 2011
Mon ventre était une miche de pain rond, deux kilos au juger. La croûte était brun foncé, j’en étais fière, je l’exhibais, je déambulais, je me cambrais, la miche tendue vers l’avant. Elle aurait pu être tiède mais elle était rêche, comme tous les pains. Dans un parc, j’ai attaqué la croûte par son milieu, j’ai enfoncé mes doigts dans la mie, et fourré la mie pour moi seule, j’ai arraché encore plus profond la mie de mon ventre et je l’ai lancée aux corbeaux.
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