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EAN : 978B08TC864BD
Éditeur : J.-C. Lattès (17/03/2021)

Note moyenne : 4.52/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Blythe Connor n’a qu’une seule idée en tête : ne pas reproduire ce qu’elle a vécu. Lorsque sa fille, Violet, naît, elle sait qu’elle lui donnera tout l’amour qu’elle mérite. Tout l’amour dont sa propre mère l’a privée. Mais les nouveau-nés ne se révèlent pas forcément être le fantasme qu’on s’est imaginé. Violet est un bébé agité, qui ne sourit jamais. Très vite, Blythe se demande ce qui ne va pas. Ce qu’elle fait mal. Si le problème, c’est sa fille. Ou elle.
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Boulibooks
  05 avril 2021
« Entre toutes les mères » est un page turner implacable. Ce roman a bousculé mes certitudes, torpillé mon coeur de maman. C'est à la fois un roman coup de coeur et un roman coup de poing !
Dans ce premier roman, Aschley Audrain, auteure canadienne, dissèque les angoisses d'une relation mère/fille. La maternité est au coeur du récit mais pas que. le poids du passé, les fêlures de l'enfance, la culpabilité sont des thèmes que l'auteure aborde également.
Blythe et Fox se rencontrent lorsqu'ils sont étudiants. Ils tombent amoureux presque immédiatement et deviennent inséparables. Lorsque Blythe tombe enceinte, Fox est fou de joie. Blythe, elle, a le vertige. Abîmée par une enfance passée auprès d'une mère complètement dysfonctionnelle, elle craint de faire subir la même chose à son enfant. Lorsque la petite Violet naît, un déferlement d'émotions assaillit la jeune maman. Blythe fait de son mieux mais malgré tout son amour et toutes ses attentions, Violet pleure sans cesse et la repousse. Très vite, Blythe se demande ce qui ne va pas. Ce qu'elle fait mal. Ce sentiment de culpabilité et d'incompétence s'accentue quand elle observe la relation fusionnelle entre Fox et Violet.
Ashley Audrain construit son roman sur l'alternance de deux récits. Dans l'un, son héroïne adresse une longue lettre à son mari. Elle l'interroge, le tutoie tout au long de son récit, nous incluant dans cette intimité brisée. Elle retrace son parcours de maman et de femme, fait le constat d'un gâchis innommable et d'une détresse absolue. Dans l'autre, nous découvrons le destin tragique de la mère et de la grand-mère de Blythe, deux femmes qui n'ont pas pu ou pas su s'occuper de leur enfant et les ravages que cela a causé. La plume de l'auteure laisse pressentir un drame, un acte fou, entre la mère et l'enfant.
J'ai été happé par ce texte noir, glaçant, bouleversant. Une sorte de huis-clos intense, électrique, un combat entre une mère et sa fille. La psychologie de ces deux personnages est parfaitement décrite. La tension monte page après page. le récit est brillamment construit. J'ai adoré !
Une femme devient-elle mère ? ou l'est-elle naturellement ?
Une mère est-elle obligée d'aimer son enfant ? et vice versa ?
Dans notre société, nous avons souvent l'impression que la maternité doit toujours être une expérience positive. Pourtant, ce n'est pas toujours le cas. Cette image peut favoriser l'apparition d'un sentiment de culpabilité ou d'impuissance ou encore causer une perte d'estime de soi chez les femmes pour qui la maternité n'est pas toujours rose.
Ce premier livre est une réussite ! Lisez-le.


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audelagandre
  28 avril 2021
« Entre toutes les mères » est le roman d'une génération de femmes « maudites » pour lesquelles la maternité n'est pas instinctive, ne coule pas de source, ne vient pas spontanément lors de la naissance de l'enfant. Chacune doit composer avec ses failles, se remémorer ses relations avec sa propre mère et cet héritage est extrêmement lourd à porter. Mais pour Blythe, les choses seront différentes, elle va briser ce cercle infernal, couper la chaîne des traumatismes qui se transmettent de mère en fille et avoir avec sa fille Violet des liens puissants, aimants, et tendres. Lorsqu'elle rencontre Fox, ils forment le couple parfait, ils sont en symbiose totale. La question d'avoir des enfants surgit naturellement et malgré les appréhensions légitimes de Blythe qui a connu des relations très conflictuelles avec sa mère Cecilia, elle se retrouve rapidement enceinte d'une petite fille, prénommée Violet. Les attentes de Fox sont énormes concernant la maternité et rapidement Blythe ne se sent pas à la hauteur. Son statut d'épouse disparaît pour laisser place à un statut de mère qui se doit d'être aimante, câline, attentive. Elle doit tisser avec son enfant des liens profonds. Sauf que… Violet n'est pas une petite fille comme les autres et ce lien entre elles ne se noue pas. Blythe perçoit des choses que son mari refuse de voir. Commence alors une bataille silencieuse, à coup de non-dits, de regards lourds et sombres et d'évènements angoissants.
« Entre toutes les mères » est un premier roman qui aborde de façon EXCEPTIONNELLE tous les aspects de la maternité, sous des angles différents et en profondeur. Il ne s'agit pas ici d'un nième récit sur les problématiques liées au fait d'être mère, il met en lumière ce dont d'habitude les mères ne parlent pas, parce que c'est politiquement incorrect. Incontestablement, nous sommes dans un roman contemporain noir qui démonte toutes les approches explicitées dans des livres du type « j'attends un enfant », car Ashley Audrain prend le parti de disséquer tout ce qui peut mal tourner lorsqu'on trimballe soi-même des tares familiales. Elle démonte le mythe de la dépression post-partum, expression valise et facile pour exprimer l'abattement ressenti par une jeune accouchée due à la chute des hormones, en défendant des femmes qui doivent, en réalité faire le deuil de leur « vie d'avant », parfois d'un métier, d'une identité propre et refusent, en leur for intérieur d'être cantonnées à ce rôle de mère qui n'est pas ce qu'elles sont. « Je ne voulais pas être l'axe autour duquel vous tourniez. (…) je réfléchissais à des moyens de m'échapper. »
Blythe veut être une femme et une mère, et pas simplement une mère.
Le roman dresse le portrait de plusieurs femmes. D'abord la lignée de Blythe : Etta sa grand-mère et Cecilia sa mère. Sont évoqués alors dans des apartés en italique, des souvenirs d'enfance qui permettent de mieux appréhender comment elles se sont construites, et la façon dont elles se transmettent le fait d'être mère. Une sorte de malédiction familiale se répercute de mère en fille : « Un jour, tu comprendras, Blythe. Les femmes de cette famille… nous sommes différentes. » et s'ancre profondément dans l'esprit de chacune, tant et si bien que lorsque Blythe devient elle aussi mère elle pense immédiatement « Pourquoi avais-je cru que je serai différente de la mère dont j'étais née ? » lorsqu'elle ne parvient pas à calmer les pleurs de sa fille. En sus, trois personnages de femmes viennent contredire cette fatalité, Madame Ellington mère de substitution de Blythe, la mère de Fox, et plus tard Gemma.
Implicitement, « Entre toutes les mères » explore le transfert des traumas de l'enfance dans l'ADN. Pour faire simple, le récit pose la question du « vais-je fatalement reproduire ce que j'ai vécu ? » ? Blythe bien décidée à rompre le fil de ces traumas intergénérationnels se retrouve mère d'une enfant qui semble avoir une conduite prédestinée : celui de la détester. Néanmoins, la pression sociale de la mère parfaite ne cesse de s'abattre sur elle, d'activer une forte culpabilité, d'être dans l'impossibilité de dire ce qu'elle ressent, même à son mari, face à cette enfant qui ne supporte aucun contact physique. « J'avais l'impression d'être la seule mère au monde qui n'y survivrait pas. La seule mère qui ne se remettrait pas d'avoir le périnée recousu de l'anus au vagin. La seule mère incapable de faire face à la douleur causée par des gencives de nouveau-né cisaillant ses tétons comme des lames de rasoir. La seule mère qui ne pouvait pas faire semblant de fonctionner avec son cerveau écrasé dans l'étau du manque de sommeil. La seule mère qui regardait sa fille en pensant, s'il te plaît. Va-t'en. »
Évidemment, Ashley Audrain pose un regard sur le couple qui passe de deux entités à trois. Au début sur un pied d'égalité, les forces en présence se déséquilibrent. L'un poursuit sa vie, l'autre stagne. L'un sort pour travailler, l'autre vit enfermé. L'un dort, l'autre non. L'un voit, l'autre préfère demeurer aveugle et se dresser en rempart entre la mère et la fille. La rancoeur, l'aigreur et le début d'une forme de haine surgissent. « Je voulais à tout prix avoir plus de temps pour moi. Je voulais faire une pause – une pause d'elle. Ça me paraissait une demande légitime, mais tu me donnais l'impression de devoir encore faire mes preuves. » le fossé se creuse, les mesquineries arrivent, les phrases blessantes sont jetées là sans pouvoir être reprises « Tu vas finir exactement comme Etta. », l'insulte suprême.
Je n'oublie pas ce que j'ai écrit en préambule, « Entre toutes les mères » est un roman noir. Au milieu de l'épuisement, de la fatigue des nuits sans sommeil, des interrogations de la mère, il y a Violet qui grandit, Violet qui n'est pas une petite fille tendre, Violet au regard dur et sans pitié, Violet et ses questions jamais innocentes. « Mais Violet était aussi violente qu'un cyclone. Et j'avais de plus en plus peur d'elle. » le fantasme du bébé parfait s'évanouit. La suite, il vous faudra la découvrir seuls…
Ce roman a été un énorme coup de coeur, de même qu'un coup au coeur. Il a réveillé de nombreux souvenirs d'enfance pas toujours heureux. Il m'a fait me questionner sur mes relations passées avec ma mère, mais aussi sur mes relations avec mes propres filles auxquelles j'ai toujours dit la vérité sur mes blessures… comme pour conjurer le mauvais sort et empêcher ainsi que l'innommable ne se reproduise. J'ai adoré la franchise de l'auteur qui démystifie la maternité sans avoir peur du jugement tout en laissant entendre qu'on peut dire des choses, mais sans trop s'étaler de peur d'effrayer les esprits bien pensants. J'ai eu envie de serrer Blythe contre moi pour la consoler, mais aussi la laisser vider son sac. J'ai compati à ses émotions, « Notre journée était encadrée par ton départ et ton retour du travail. Tout ce que j'avais à faire, c'était la garder en vie dans l'intervalle. », j'ai détesté le personnage de Fox autant qu'il est possible de haïr ce mari pitoyable qui condamne sa femme au silence même s'il est un bon père, j'ai eu des sentiments ambivalents vis-à-vis de Violet que j'avais envie de claquer. Et puis, il y a le reste… tout ce que je ne peux pas vous dire… un abîme d'émotions, une totale empathie, de la colère, des larmes… La maternité n'est pas toujours un moment idyllique et ce n'est pas une provocation que de le dire. Les liens avec un enfant sont parfois difficiles à tisser, surtout quand votre enfance vient vous chatouiller.
« Entre toutes les mères » est un roman remarquable, tendre et brutal, sombre et lumineux, mais si SINCÈRE.
Je remercie les éditions JC Lattès de leur confiance.

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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Calimero29
  11 mai 2021
Premier roman magistral d'Ashley Audrain, auteure canadienne. Magistral, il l'est à la fois dans l'intrigue qui distille une tension entretenue jusqu'à la fin et dans les thèmes traités qui forcent à réfléchir à des questions que la société semble considérer comme acquises et ne pouvant prêter à divergences.
Blythe et Fox, jeune couple très amoureux, veulent un enfant, surtout Fox. Mais l'arrivée de Violet ne se passe pas comme prévu; le bébé, puis la petite fille rejette sa mère et crée un lien fusionnel avec son père. Violet est difficile, capricieuse et les parents sont souvent convoqués à l'école car leur petite fille de 4 ans fait du mal à ses camarades. Sept ans après, naît Sam et Blythe ressent un amour absolu pour ce fils avec lequel elle est en parfaite symbiose. Mais le bébé meurt dans un accident dans lequel sa fille pourrait avoir joué un rôle; le couple se sépare; Blythe sombre. Violet vit la plupart du temps avec son père, sa nouvelle compagne, Gemma, et leur fils, Jet.
Ashley Audrain évoque des thèmes très forts, pose des questions dérangeantes, sous couvert de fiction, que nos sociétés occidentales ont tendance à mettre sous le boisseau, voire d'en faire un tabou.
Elle aborde le sujet de la maternité qui n'est pas vue ici comme le bonheur suprême mais comme une épreuve; cela me rappelle une célèbre phrase d'Elizabeth Badinter "on ne naît pas mère, on le devient" sur le modèle de la très célèbre maxime de Simone de Beauvoir "on ne naît pas femme, on le devient". Elle décrit une femme qui ne ressent pas cet amour absolu qu'est censée ressentir toute mère digne de ce nom. Ce qui s'installe entre la mère et la fille est une sorte de rapport de force dont Violet sort en général gagnante puisque le regard extérieur condamne d'emblée la mère distante.
Elle aborde également un sujet encore plus dérangeant pour l'inconscient collectif qui démolit le mythe de l'enfant pur, innocent : peut-on envisager qu'un enfant puisse être pervers et démoniaque?
Elle évoque enfin, par les autres personnages, les mères dysfonctionnelles qui lèguent à la lignée de femmes derrière elles une mémoire traumatique qui, soit pousse à reproduire les traumas qu'on a soi-même vécus, soit se mettre une pression terrible pour que tout soit parfait entre mère et enfant.
Mais elle nous offre aussi des portraits de femmes qui sont mères avec simplicité et amour : la belle-mère de Blythe, la voisine Ellen qui a joué le rôle de mère de substitution pour Blythe, la deuxième compagne de Fox, Gemma.
Ce roman, dont le titre original, plus percutant et plus intrigant, est "Push", est une vraie réussite littéraire; on ressent le malaise de Blythe, sa peur face à sa fille, la tension qui empoisonne sa vie, son immense douleur lorsqu'elle perd son fils; les personnages sont psychologiquement fouillés dans ce huis-clos familial étouffant. Mais il est aussi une réussite en ce qu'il démythifie intelligemment les diktats d'une maternité forcément heureuse et offre une voix à toutes ces femmes que la société culpabilise parce qu'elles ne correspondent pas totalement au schéma de la mère éperdue d'amour pour "la chair de sa chair", prête à tous les sacrifices pour ses "chères têtes blondes" !!!
Ce roman raisonnera longtemps en moi et je suivrai attentivement les pas de cette brillante auteure.
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lolomito
  30 avril 2021

Une mère doit -elle à tout prix aimer de manière totale et absolue son enfant ?
Est-elle viscéralement armée pour tout lui pardonner ?
Est-elle capable, grâce à l'instinct maternel, de se surpasser pour accepter l'inacceptable de la part de son enfant ?
Ou bien l'instinct maternel nous fait-il perdre toute objectivité face au bien et au mal.
Et le monde dans lequel nous vivons nous permet-il, en tant que mère, de poser un regard critique ou qui porte un jugement sur notre propre enfant ?
Et enfin, notre rapport à la maternité est il inéluctablement le reflet de notre propre vécu ?
Voilà un bon nombre de questions que m'a fait me poser ce premier roman d'Ashley Audrain.
Un roman à l'ambiance lourde et oppressante mais qui retranscrit à merveille les sentiments de Blythe, une mère blessée qui ne se sent pas du tout à l'aise dans son rôle de mère et qui ne trouve du réconfort ni auprès de son époux qui ne la comprend pas, ni auprès de ses propres parents absents.
Elle a donc énormément de mal à se positionner et le regard des autres la pousse à se remettre elle-même en question.
Mais est-ce vraiment elle le problème ?
Lorsqu'elle a rencontré son mari, elle souhaitait plus que tout au monde devenir mère, créer une famille, entretenir une relation étroite d'amour fusionnel avec son bébé mais lorsque sa fille Violet vient au monde, tout ne se présente pas comme elle l'avait imaginé.
Et puis, très tôt, dès la toute petite enfance, Blythe croit se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond chez sa fille et toutes ses certitudes et les perspectives d'une vie familiale épanouie qu'elle avait projetées volent en éclats.
Utilisant le registre lyrique, l'auteure nous fait part de ses sentiments les plus intimes à l'égard de sa fille. Des sentiments confus qu'elle-même ne comprends pas.
J'ai beaucoup aimé la construction originale de ce livre. Deux chapitres, le premier et le dernier, encadrent toute l'histoire. Deux chapitres qui décrivent une seule et même scène : une mère qui observe à la dérobée sa fille, un soir de Noël, alors que cette dernière se trouve chez son père.
Et entre ces deux chapitres, Blythe nous relate son ressenti profond et fait le parallèle avec la vie de sa mère et sa grand-mère. L'héritage familial influence t'il sur nos rapports à notre descendance ?
D'une tension psychologique qui ne faiblit pas au fil des pages, ce roman m'a tenu en haleine du début jusqu'à la fin et pourtant je ne saurais dire si j'ai aimé ou pas cette lecture.
Tout en étant impossible à lâcher, il a induit chez moi un sentiment de malaise et à la fois de l'empathie pour l'héroïne.
Et c'est me semble-t-il exactement ce que recherchait à créer l'auteure chez son lecteur et c'est très réussi.
Un livre d'une grande intensité qui ne peut pas laisser indifférent.
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Aufildeslivres
  07 mai 2021
Seule face à l'enfant. Seule à entendre et à voir, à sentir l'anomalie, à se taire puis chuchoter. Seule face aux souvenirs qu'elle étouffe quand ils l'assaillent lui rappelant les dysfonctionnements que pourraient porter les gènes. Blythe a compris ce qui semble évident quand d'autres préfèrent nier : son mari, sa belle-mère, la nouvelle épouse de son ex., tous la jugent. Mauvaise mère, folle, inconsciente, Blythe est celle dont il faut se méfier, qu'il faut éviter. Pourtant …
Comment être mère quand l'enfant ne nous aime pas ? Comment gérer ce que l'on sait ? Comment concilier sa propre histoire et ses désirs ? Comment faire face au deuil ?
Ce récit est addictif, si bien construit, si bien écrit, il prend au tripes jusqu'à la dernière ligne de ses pages que l'on tourne avec frénésie. Lu en quelques heures ! Il me fallait connaitre l'épilogue, vivre et vibrer dans les pas de Blythe, sentir son désarroi, mesurer sa force, pleurer et comprendre. Ce texte est dément, implacable. Dérangeant. Vrai. Aucun chichi, tout est brut.
Cette lecture est à prendre sur la table de votre librairie et à emporter. Ne passez pas à côté ! Ce serait vraiment dommage !
Un roman à deux doigts du coup de coeur.

Lien : https://aufildeslivresbloget..
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critiques presse (1)
LaPresse   10 mai 2021
Dans son tout premier roman, un thriller angoissant et dérangeant au possible, la Torontoise Ashley Audrain met le doigt sur les questionnements les plus tabous qui soient entourant la maternité. Et ça fesse.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Calimero29Calimero29   11 mai 2021
Les mères ne sont pas censées avoir des enfants qui souffrent. Nous ne sommes pas censées avoir des enfants qui meurent. Et nous ne sommes pas censées mettre au monde de mauvaises personnes.
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EbrocEbroc   15 avril 2021
Tu mangeais trois repas par jour. Tu lisais des phrases écrites pour des adultes et tu portais une très jolie cravate. Tu avais une raison de te doucher. Moi j'étais comme un soldat exécutant une série d'actions en boucle. Changer la couche. Préparer le biberon. Chauffer le biberon. Verser les Cheerios. Essuyer ce qui a coulé. Négocier. Supplier. Changer la grenouillère. Sortir les vêtements. Où était la boîte à goûter
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rkhettaouirkhettaoui   24 mars 2021
On m’avait parlé des seins durs comme des blocs de ciment. Des tétées rapprochées, à la demande. Du vaporisateur pour se rincer les parties intimes. J’avais lu tous les livres. J’avais fait des recherches. Mais personne ne parlait de la sensation de se réveiller sur des draps tachés de sang, après seulement quarante minutes de sommeil, terrifiée à l’idée de ce qui allait suivre. J’avais l’impression d’être la seule mère au monde qui n’y survivrait pas. La seule mère qui ne se remettrait pas d’avoir eu le périnée recousu de l’anus au vagin. La seule mère incapable de faire face à la douleur causée par des gencives de nouveau-né cisaillant ses tétons comme des lames de rasoir. La seule mère qui ne pouvait pas faire semblant de fonctionner avec son cerveau écrasé dans l’étau du manque de sommeil. La seule mère qui regardait sa fille en pensant, S’il te plaît. Va-t’en.
Violet pleurait uniquement lorsqu’elle était avec moi. Je le vivais comme une trahison.
Nous étions censées être liées l’une
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rkhettaouirkhettaoui   24 mars 2021
Les filles de mon âge me mettaient mal à l’aise. Ma vie semblait tellement différente de la leur – avec leurs fours à cookies miniatures, leurs chouchous faits maison, leurs chaussettes propres. Et leurs mères. J’ai appris très tôt que ce n’était pas agréable de se sentir différente.
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MaxScoMaxSco   26 avril 2021
« Pourquoi tu ne cherches pas où est ta vraie mère ? »
Je marquai une pause, en me demandant comment lui répondre honnêtement.
« Parce que j’ai peur de savoir qui elle est devenue. »
Je détournai les yeux de la route pour regarder son profil dans l’ombre. La tristesse me nouait la gorge. Il y avait presque quatorze ans que je cherchais entre nous quelque chose qui n’y était pas. Elle était née de moi. Je l’avais fabriquée. Cette belle fille à côté de moi, c’est moi qui l’avais faite, et à une époque je l’avais désirée, j’avais pensé qu’elle serait mon monde. Elle avait l’air d’une femme maintenant. Clairvoyante. Elle ne tarderait pas à s’épanouir sans moi. Elle s’apprêtait à choisir une vie qui ne m’incluait pas. Je serais laissée derrière.
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