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ISBN : 2203093765
Éditeur : Casterman (07/03/2018)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Plus jamais depuis la rébellion sanglante qui avait fait d'elles des femmes libres, plus jamais les amazones ne se soumettraient, elles l'avaient juré. Mais quand leur jeune reine, Penthésilée, défie le demi-dieu Achille, leur rencontre remet en cause ce qui ne l'avait jamais été : la haine des hommes, héritée de leurs aînées... Christian Rossi et Géraldine Bindi s'emparent du mythes des amazones pour en faire le récit épique d'une guerre des sexes qui espère sa fin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  30 mai 2018
Dans cette bande dessinée de 160 pages flirtant avec le roman graphique, un très bel livre-objet réalisé par Casterman, Christian Rossi et Géraldine Bindi insère le mythe des Amazones à celui de la Guerre de Troie pour dénoncer la haine et la violence, le mépris et l'indifférence...
Dans une grande forêt qu'elles jugent protégée par leur déesse tutélaire Artémis, les Amazones en guerre contre la terre entière s'en prennent autant aux Achéens qu'aux Troyens. Car dans un monde où les hommes considèrent les femmes comme les objets, elles considèrent les hommes comme des objets eux aussi, et dans un monde où les hommes ne sont que viols, violences et rapines elles le sont elles aussi... le cycle infernal de la haine et du rejet de l'autre se perpétue ainsi dans la guerre des sexes !
Rescapées d'une opération de nettoyage ethnique, les ancêtres des Amazones ont tué leurs maîtres machistes pour rejeter à jamais les mâles : en se donnant à la déesse vierge Artémis, elles ont juré d'asservir les hommes, d'user d'eux, de les exploiter puis de les massacrer, mais aussi d'infanticider tout rejeton de sexe masculin sortant de leur matrice... Mais la situation devient de plus en plus insupportable, car rejeter l'autre c'est se rejeter soi-même ! Quel sera l'agent du changement ? La jeune et naïve Isia qui ne comprend rien à toute cette haine contre l'autre moitié de l'humanité ? La rude guerrière Astérie qui n'en peut plus de la haine et qui recherche l'amour ? La prêtresse pacifiste Protoé qui finit par avoir des hallucination du centaure Chiron ? La Reine Penthésilée qui à 16 ans se perd dans les substances psychotropes, puisque d'après leurs lois elle ne peut que se perdre que dans les bras d'un prince avant d'elle aussi le tuer... L'entrée sur le champ de bataille du demi-dieu Achille précipite les événements, car la Chute de Troie est aussi pour tout le monde la fin d'une ère ! Les débats sont enflammés : faut-il être enchaîné au passé de sa communauté ou tous ensemble marcher sereinement vers l'avenir ? (donc j'ai retrouvé les thématiques, la beauté et la dureté du poème en prose "Les Centaures" d'André Lichtenberger)
Un oeuvre crue, rude, clivante et exigeante, sans doute à ne pas mettre entre toutes les mains. Car si va au-delà du sexe et de la violence, les graphismes de qualité mélangent intimement tons sépias et noir & blanc pour nous amener dans un univers entre rêve et réalité avant d'accéder à la vérité : pardonner autrui pour se pardonner soi-même, accepter autrui pour s'accepter soi-même... Dans notre civilisation moderne qui prône le chacun pour soi et la guerre de tous contre tous, pas sûr que tout le monde possède la sagesse nécessaire pour y parvenir !
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Foxfire
  25 janvier 2019
Non loin de Troie où la guerre fait rage, celles qui sont devenues les Amazones en se révoltant contre leur statut d'esclaves des hommes vivent maintenant cachées dans une grande forêt. Régulièrement elles mènent des raids contre des groupes d'hommes, peu importe qu'ils soient Troyens ou Achéens, pour en faire leurs esclaves.
Partant d'un tel argument, il aurait été facile de céder à la facilité d'un récit manichéen glorifiant les fières Amazones. Cela aurait pu être amusant traité comme une série B aux allures de défouloir mais ça aurait aussi pu sombrer dans un propos nauséabond. Ce n'est pas le cas ici, Rossi et Bindi proposent sur ce thème une oeuvre très subtile.
Si le scénario de Géraldine Bindi ne glorifie pas les actes des Amazones et dénonce ce matriarcat tout aussi cruel que le patriarcat qu'il a remplacé, il ne les condamne pas totalement non plus. Il y a un regard pétri de compassion envers elles. Il faut dire que la souffrance de ces femmes est palpable. Souffrance du souvenir de l'esclavage. Souffrance d'être privées d'amour. Et que dire de la souffrance de celles à qui on arrache leurs enfants masculins pour les tuer ? On ne combat pas la haine par la haine. On ne combat pas le rejet en lui opposant un autre rejet. Voilà un propos que je partage entièrement et qu'il est bon de rappeler en ces temps où fleurissent les réunions en non-mixité et autres illustrations de communautarisme qui ne font qu'exacerber les problèmes en divisant la communauté humaine.
Ce joli scénario est superbement mis en valeur par le dessin de Rossi. Quel boulot époustouflant ! Ce n'est pas un style d'illustration qui plaira à tout le monde. Moi j'ai adoré ce graphisme tantôt réaliste, tantôt épuré et teinté d'un bel onirisme. Il y a une lumière très particulière, presque cotonneuse, qui nimbe les images. J'ai trouvé ça envoûtant.
« le coeur des Amazones » est une très belle B.D très réussie à la fois visuellement et narrativement.
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Oliv
  02 mai 2018
Chouette, une nouvelle oeuvre inspirée par le cycle troyen ! Si le peuple des Amazones est à peine mentionné dans l'Iliade, après Homère plusieurs auteurs antiques ont fait d'elles des protagonistes à part entière de la Guerre de Troie. Mais la relative obscurité dans laquelle elles sont demeurées permet aujourd'hui de leur inventer une histoire : voilà la tâche à laquelle se sont attelés Géraldine Bindi, qui signe là son premier scénario, et Christian Rossi, vieux briscard de la BD.
Ce qui frappe en premier lieu quand on feuillette "Le coeur des Amazones", c'est le style graphique. J'avais déjà apprécié le travail du dessinateur sur "Tirésias", autre BD inspirée de la mythologie grecque, sans aller jusqu'à être ébloui... mais cette fois je l'ai été. On a ici une alternance de dessins très épurés, parfois de simples silhouettes, avec des cases très détaillées, notamment dans la représentation de la forêt qui sert de refuge aux Amazones, ainsi que dans les scènes de combats, assez courtes et peu nombreuses mais parfaitement réalisées. Cela donne lieu à des planches magnifiques, de petites oeuvres d'art tout en nuances de sépia. Les personnages sont eux aussi très réussis, tous sont aisément identifiables, chacun a ses propres caractéristiques ; mention spéciale à la reine Penthésilée, qui ressemble beaucoup à Sandahl Bergman dans "Conan le Barbare" (est-ce un hasard, ou une influence assumée par le dessinateur ?) et Achille, qui avec sa crinière bouclée pourrait être une rock-star des années 80... un peu déstabilisant au départ, mais pourquoi pas ? J'imagine que le style de Christian Rossi aura ses détracteurs, mais je trouve pour ma part qu'il contribue grandement à la franche réussite qu'est "Le coeur des Amazones".
Un bon graphisme ne suffit pas à faire une bonne BD, il faut que le scénario soit à la hauteur. J'avoue avoir eu deux craintes. La première, en voyant tous ces personnages nus, hommes comme femmes, était que l'ensemble flirte avec la pornographie, ou du moins avec l'érotisme racoleur. En fait ce n'est pas du tout le cas : oui, il y a dans ces pages beaucoup de paires de fesses et de seins, de pénis plus ou moins dressés et de parties de jambes en l'air, mais à la lecture tout cela paraît justifié, rien n'est gratuit. Bien sûr, il faudra tout de même éviter de laisser traîner "Le coeur des Amazones" à portée des plus jeunes ! Autre crainte, là encore vite dissipée : au vu du sujet principal (l'opposition entre les sexes, la vie d'un groupe de femmes débarrassées de "l'oppression patriarcale"), le scénario aurait pu tomber dans les clichés du féminisme bas du front qui nous submerge depuis quelque temps. Au contraire, le propos est intelligent et sensé. La société matriarcale des Amazones est loin d'être idyllique, elle est aussi cruelle et tyrannique que celle des hommes, sinon davantage ; la prétendue libération acquise par ces femmes débouche moins sur le bonheur et l'épanouissement personnel que sur la frustration et le chagrin. L'album est dédié par ses auteurs "À la réconciliation, à l'amour, au pardon" et, sans trop en révéler, c'est en effet dans ce sens que se développe l'intrigue : la guerre des sexes est bel et bien une absurdité, rien de positif ne peut sortir de relations basées sur la défiance et la rancœur, n'en déplaise à certain·e·s...
Il y aura sans doute des cuistres pour parler de "roman graphique" du simple fait que "Le coeur des Amazones" soit destiné à un public mature et que ses auteurs aient fait preuve d'une certaine ambition, graphique comme scénaristique... Pour ma part je me contenterais de parler d'une BD de très grande qualité, que je recommande chaudement à tous les amateurs. Je remercie les éditions Casterman, qui m'ont permis de la lire dans le cadre de l'opération Masse Critique.
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tchouk-tchouk-nougat
  16 avril 2018
Au temps de la guerre de Troie, dans la forêt bordant la cité, se cache un peuple de femmes. Les amazones. Elles viennent parfois sur le champ de bataille, massacrent quelques hommes et en capturent d'autres...
Cette bande dessinée nous offre le récit du peuple amazone. Nous n'avons pas d'héroïnes même si certaines personnalités se détachent du groupe comme la reine Penthé, Astérie la guerrière, Isia petite fille voulant grandir trop vite où encore Protoé qui connait les plantes. C'est vraiment plus la communauté, leur façon de vivre, leur rites, leur croyance... qui est mis en avant.
Ce que j'ai bien c'est surtout la seconde moitié de l'album quand petit à petit on découvre les failles dans l'organisation matriarcale des amazones. Leur désir farouche de rester libres et non soumises aux mâles leur font emprunter une voie extrême qui entraine bien des souffrances. J'ai aimé voir naitre ce désir de changement, ce renouvellement des vieilles traditions qui font souffrir, ce renouveau apportant paix et espoir...
Bien sur l'autre plus ce sont les dessins. le très beau encrage sépia monochrome donne un ton de récit à cette histoire de la mythologie grecque. le trait est très beau, fin et sensuel. Erotique mais sans vulgarité.
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MarquePage
  24 avril 2018
Cette BD est une vraie plongée au coeur du peuple des amazones. Bien sur tout le monde connaît grosso modo le mythe mais nous avons entre les mains toutes les explications et les détails de cette communauté très particulière.
Au fil des pages on apprend à connaître quelques personnages, comment la vie entre elles fonctionnent, on partage leurs joies et leurs difficultés. On nous parle aussi de la condition de la femme et des relations homme-femme, mais aussi la place de chacun et l'équilibre dans la communauté. Des sujets très d'actualité.
On ne connaît que quelques personnages sur toute la tribu de femmes. Les plus emblématiques dans le rôle mais qui restent des femmes tout à fait normales. Des femmes fortes éprises de leur liberté mais qui rêvent d'amour. Elles sont différentes, elles sont attachantes et elles représentent assez bien la gente féminine, elles sont très humaines.
Les dessins sont assez extraordinaires. Les traits sont fins et les visages très expressifs. Ils nous offrent de beaux portraits mais aussi de beaux paysages de forêt. Avec les couleurs sépia à l'aquarelle et ses fonds parfois blancs qu'avec des silhouettes, on est plongé dans un conte. Seuls petits soucis, les visage sont parfois masculins (quel comble quand on parle des amazones) surtout de profils). Et je me suis demandée pourquoi les grecs passaient leur temps nu. Même pour se battre.
Ca reste une très belle BD avec une histoire en immersion très intéressante.
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   29 mars 2018
"Le Cœur des Amazones", de Rossi et Bindi chez Casterman, un dessin à couper le souffle. La légende des Amazones revisitée avec talent.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Auracan   20 mars 2018
Le Coeur des Amazones , exigeant, reste à prendre, mais il s'ouvrira sans conteste plus aisément aux amoureux de la mythologie et aux admirateurs du dessinateur.
Lire la critique sur le site : Auracan
BDGest   09 mars 2018
Les quelques défauts d'articulation de ce premier one-shot n'empêcheront pas le lecteur de plonger dans Le cœur des amazones et de battre avec lui à l'unisson.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   02 mars 2018
Ce "Cœur des Amazones" est une expérience de lecture en soi, tant scénaristiquement que graphiquement. On se laisse porter, on est subjugué par la finesse de l'histoire et par les trouvailles de Rossi.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   26 mars 2018
Un dieu qui avait besoin de sang pour être puissant n'en était pas un.
Commenter  J’apprécie          230
tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   16 avril 2018
Une femme n'est pas une chose qu'on maltraite. Elle a un avis, elle a une âme, ses propres envies. Compris?
Commenter  J’apprécie          130
AlfaricAlfaric   25 mars 2018
Une communauté construite sur la haine ne peut pas durer éternellement, c'est contre-nature.
Commenter  J’apprécie          110
CielvariableCielvariable   08 janvier 2019
Ainsi la création, préférant la sélection naturelle au gaspillage, apprit-elle avec l'expérience à bien faire les choses : les amazones n'enfantaient presque plus de garçons... Ce pour quoi elles remerciaient Artémis, pensant que leurs prières avaient été exaucées, ce qui était probablement vrai.
Commenter  J’apprécie          20
CielvariableCielvariable   08 janvier 2019
On est en droit de se demander pourquoi le campement d'Achille n'était pas apparu plus tôt aux Amazones. Peut être Artémis avait-elle barré l'accès à ce camp pour protéger ses filles le plus longtemps possible de ce qu'elle savait probablement devoir arriver. Jusqu'au jour où elle dut s'incliner devant la puissance d'Eros, le désir primordial, une force encore plus grande que la sienne.
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