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EAN : 9782901000686
254 pages
2024 (08/10/2021)
4.02/5   64 notes
Résumé :
Été 1940 : la France est occupée. Certains pourtant refusent la fatalité : à Paris, au cœur du musée de l’Homme, quelques ethnologues se réunissent, bientôt rejoints par des gens de tous horizons ― avocats, religieuses ou garagistes. Autour de Boris Vildé, d’Anatole Lewitsky, d’Yvonne Oddon, ces visionnaires posent les bases de la lutte qui mènera à la Libération : évasions de prisonniers, passages vers l’Angleterre ou la zone libre, et publication d’un journa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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jamiK
  25 avril 2022
Des vivants raconte l'histoire d'un des premier réseau de résistance en France au début de la guerre, le “réseau du Musée de l'Homme.

Le traitement graphique est audacieux, cet album est conçu et imprimé en quatre couleurs non primaires, un violet, un vert, un jaune et un noir. le trait est simple, presque shématique, avec un style rétro que la gamme de couleur met en avant. La lumière circule, le graphisme, malgré sa simplicité, met en avant les bâtiments, les décors citadins, les salles du musée.

Le récit s'en tient au faits, assez simple, pour bien relater les évènements tels qu'ils ont eu lieu. On découvre les premiers héros de la résistance, des personnages ordinaires, motivés par leurs convictions humanistes, anti-racistes.

J'ai aimé la simplicité du récit, du graphisme, qui nous met face aux évènements sans emphase ou grandiloquence. Ces gens, plus cultivés que la moyenne de se présentent pas en donneurs de leçons, ils agissent, c'est ce qui les rend encore plus grands. Il nous raconte un moment de notre histoire qu'il est important de connaître.

À lire…
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deuxquatredeux
  01 novembre 2021
Des Vivants est une "collaboration" (si le terme convient étant donné le sujet) entre Simon Roussin pour le dessin et Raphaël Metz et Louise Moaty pour le scénario aux éditions 2024.
Dans Des Vivants, le trio raconte une histoire quelque peu oubliée - celle d'un des premiers mouvements de Résistance* connu sous le nom de Réseau du Musée de l'Homme - tout en renouvelant le genre de la bande dessinée historique. Pour raconter l'histoire de ce réseau constitué entres autres autour de Boris Vildé, d'Anatole Lewitsky, d'Yvonne Oddon, Raphaël Metz et Louise Moaty se sont servis des véritables mots des différents protagonistes qu'ils ont montés et adaptés sans rien inventer - "Nous avons répété ce que nous avons entendu. L'histoire est finie" comme cela est souligné à la fin de l'histoire.
Acheté en partie parce que conseillé par mon libraire (label de qualité) et parce qu'aux éditions 2024 (label de qualité), je n'avais pas fait attention que d'une part j'avais déjà lu un roman graphique de Simon Roussin et que d'autre part le sujet m'était déjà en partie connu.

De Simon Roussin, j'avais déjà lu Xibalba (également chez 2024), long récit d'aventure centré sur deux pilotes de la déclinante Aéropostale en Amérique du Sud. Cette fois-ci, Simon Roussin ne s'occupe pas du scénario mais uniquement du graphisme.
Du Réseau du Musée de l'homme, j'avais déjà connaissance via le poignant Journal et lettres de prison, 1941-1942 de Boris Vildé, un des principaux animateurs de ce premier mouvement de résistance qui sera fusillé au fort du Mont Valérien le 23 février 1942 en même temps que six autres membres du Réseau du Musée de l'homme.
Tant sur plan graphique que sur le plan narratif (le procédé d'écriture est expliqué en fin d'ouvrage et les références bibliographiques utilisées présentées sur une vingtaine de pages), Des Vivants s'impose comme une oeuvre unique et magnifique sur des femmes et hommes qui prirent le parti de résister au péril de leur vie.
Que cette histoire de la vie et de la mort d'un réseau de résistance soit connue ou qu'il s'agisse d'une découverte, Des Vivants est à lire - le Journal et lettres de prison, 1941-1942 de Boris Vildé également.
* https://www.slate.fr/story/101973/musee-homme-resistance
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EmiC
  13 août 2022
Voici encore une découverte possible grâce à ma médiathèque. On y suit le personnel du musée de l'homme à Paris peu avant l'occupation allemande de la capitale et après lorsqu'ils décident de résister à l'ennemi en créant leur propre cellule. Ils s'organisent et tentent d'être discrets au possible afin de ne pas tomber aux mains de l'ennemi. Les personnes représentées ayant réellement existées sont touchantes et on ressent très vite beaucoup d'empathie pour elles, quelle force, quelle courage et quelle détermination !
Le choix des couleurs m'a beaucoup plu, cela est très original. Toutefois je n'ai pas trouvé cette bd facile à lire dans le sens où certains personnages se ressemblent et je n'ai pu les différencier. de plus les événements s'enchaînent très vite et je crains d'être passée à côté d'une meilleure compréhension de la situation et des faits de cette cellule de résistants. Ma lecture m'a parue brouillon.
Cette bd m'aura tout de même permis d'en apprendre plus sur ces résistants du musée de l'homme !
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Isacom
  13 mai 2022
Ce gros et beau pavé relate l'histoire d'un réseau de Résistance, le Groupe du Musée de l'Homme, depuis l'inauguration du musée, jusqu'à l'exécution des femmes et hommes qui le constituaient.
Les auteurs ont fait le choix de retracer leur histoire en utilisant uniquement leurs écrits, témoignages, lettres, journaux intimes... "Tous les mots qu'ils prononcent sont les leurs." L'effet obtenu est terriblement émouvant.
On commence par découvrir ce petit monde d'ethnologues, d'anthropologues, qui mènent une réflexion approfondie et progressiste sur le colonialisme, le pillage de l'art étranger, sur toutes les formes de racisme. Progressisme qui s'applique aussi au sens même de musée : c'est un "Musée de l'Homme pour l'homme", qui reste ouvert tard tous les soirs pour être accessible aux travailleurs... (Aujourd'hui, on a une "Nuit des musées" par an.)
Puis arrive la drôle de guerre, on organise la mise à l'abri des précieuses collections, mais les Nazis se rapprochent et c'est l'exode : saisissantes images d'un Paris qui se vide de sa population (Tous les dessins de lieux sont très beaux).
Premier acte de ce qu'on n'appelle pas encore Résistance : le musée ouvre, comme un défi, "à l"heure habituelle le jour de l'arrivée des Allemands. C'est traiter l'invasion par le mépris."
Ce sont ensuite les tracts laissés discrètement dans les cabines téléphoniques, les "Vive de Gaulle" tapés à la machine sur les billets de banque avec lesquels on paie candidement ses légumes... puis enfin (entre autres fabrications de faux papiers et organisations d'évasions) le bulletin "Résistance" imprimé et diffusé en cachette.
Les années d'existence du réseau sont décrites avec en toile de fond les momies, statuettes et masques, qui mettent en lumière la passion et les valeurs qui animaient ce groupe. Puis les arrestations et la prison font l'objet de toutes petites cases sur fond sombre faisant puissamment sentir l'enfermement et la solitude.
Quel bel hommage que ce livre, pour ce réseau qui a payé cher son engagement, et dont Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, rescapées de Ravensbrück, ont été les mémoires.
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Bigmammy
  02 janvier 2022
J'en ai pourtant lu des livres sur la Seconde guerre mondiale, la Résistance, le nazisme, des ouvrages d'histoire, des mémoires (Alias Caracalla de Daniel Cordier), la vie des Français sous l'occupation d'Henri Amouroux, la France de Vichy, les décisions fatales des généraux des deux côtés, les horreurs du génocide …
Et j'avais naturellement entendu parler du réseau de résistance du Musée de l'Homme, en y associant tout aussi automatiquement le nom de l'ethnologue et résistante Germaine Tillon (1907 – 2008), rescapée de Ravensbrück et panthéonisée en 2015.
Mais j'ignorais tout de ce que représentait alors la philosophie et les objectifs populaires du musée de l'Homme, inauguré en 1938 en tant que défi au racisme qui gangrénait alors le monde, et pas seulement l'Allemagne.
Ce livre n'est pas un roman graphique ordinaire.
Certains commentateurs l'ont même qualifié de « bizarre ». Comme c'est bizarre … Il se donne la mission de mettre en lumière l'action – parfois désordonnée, artisanale, maladroite, naïve, follement dangereuse – d'un groupe de scientifiques – mais pas que – qui furent parmi les insoumis de la première heure, opposants à une occupation qui leur est particulièrement odieuse.
A la qualité du dessin, très peu de couleurs – le jeune, le vert, le violet – appliquées en larges aplats, la simplification des personnages répond le sérieux des références regroupées en fin de volume. Les bulles sont essentiellement des extraits de textes authentiques : témoignages des uns et des autres, lettres de condamnés à mort à leur famille, comptes-rendus de procès, mémoires.

Ici sont rendus à la mémoire nationale ces héros qui poursuivaient un seul objectif : faire connaître la vérité en publiant et en distribuant au péril de leur vie un journal clandestin, récupérer des aviateurs anglais et leur trouver des filières d'évasion vers l'Espagne, transmettre à Londres des plans des positions allemandes.
Le héros principal de cette terrible histoire est Boris Vildé (pseudo : Maurice). Mais aussi la bibliothécaire Yvonne Oddon, Anatole Lewitsky, le directeur du musée Paul Rivet, Agnès Humbert, Léon-Maurice Nordmann, la Comtesse de la Bourdonnaye, Jean Cassou, Claude Aveline, Marcel Abraham, Simone Martin-Chauffier, Sylvette Leleu, René Sénéchal, Georges Ithier, Thérèse Béguinot, Gisèle Joland, Pierre Walter, Jacqueline Bordelat, René Creston …
Boris Vildé, fils d'émigrés russes, linguiste spécialiste des civilisations arctiques, ethnologue, était le chef du réseau du Musée de l'Homme, il fut fusillé au fort du Mont-Valérien – je pense encore à la récente profanation de ce haut lieu du martyre. Il écrivait à sa femme dans sa dernière lettre qu'il espérait « qu'on rende justice à notre souvenir après la guerre, ça suffit. »
Il est grand temps. Et je dis Honte à ceux qui galvaudent aujourd'hui les termes de Résistance, Liberté, et protestent contre le drapeau de l'Union Européenne !
Deux suggestions : lire une première fois le scénario puis relire avec les notes de fin de volume au fur et à mesure, pour mieux comprendre le contexte.
Et, pour la Mairie de Paris, puiser dans cette liste de femmes héroïques des idées pour renommer certaines voies de la capitale, si pauvres en références féminines (seule Aubervilliers, me semble-t-il a nommé une de ses rues Yvonne Oddon).
Opprobre sur les traitres qui ont vendu le réseau de leurs collègues aux occupants : de duo Erouchkowsky/Fédorowsky et surtout Albert Gaveau (1901 – 1990), grassement rémunéré par les nazis, jugé en 1949 et habilement défendu par l'avocat d'extrême-droite Jean-Louis Tixier-Vignancourt, condamné après la guerre mais mort dans son lit à 89 ans …
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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critiques presse (3)
FocusLeVif   13 janvier 2022
Des vivants met en images les mots d'un des premiers réseaux de la Résistance. Chaque phrase de ce roman graphique atypique fut écrite ou prononcée.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
BoDoi   17 novembre 2021
Ensemble, les trois auteurs construisent une bande dessinée inédite dans son concept, autour d’un thème pourtant mille fois mis en scène. Un objet à la fois très littéraire et très graphique, empreint d’une profonde réflexion sur le sens de l’engagement et d’un mot qui a été tant galvaudé et détourné, celui de « résistance ».
Lire la critique sur le site : BoDoi
LesInrocks   11 octobre 2021
Racontant les débuts de la Résistance, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Simon Roussin renouvellent le genre de la BD historique.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
barbamondebarbamonde   24 septembre 2022
C'était la résistance tout simplement : le refus des choses que l'on ne pouvait admettre sur le plan moral, le refus d'une certaine forme de vie inadmissible pour des gens libres.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   12 octobre 2021
Il y avait encore des français, oui. Alors qu'il n'y avait plus de France. Il y a eu des français. Des naufragés, qui, inconsidérément, s'obstinaient à être. La résistance fut et demeure un fait moral, absolu, suspendu, pur. Nous avons été des révoltés moraux, des rebelles, nous avons refusé la loi. Nous n'avons pas voulu tremper nos mains propres dans ce cloaque où s'absorbait notre pays. (p. 180)
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IsacomIsacom   13 mai 2022
La certitude d'être fusillé d'ici à quelques semaines n'empêche en rien d'éprouver du plaisir à étudier le sanskrit. Plutôt le contraire.
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AbbylyAbbyly   06 mai 2022
On pille des nègres, sous prétexte d'apprendre aux gens à les connaître et les aimer, c'est à dire, en fin de compte, à former d'autres ethnographes qui iront eux aussi les "aimer" et les piller...

p.16
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IsacomIsacom   13 mai 2022
Du fond de l'ombre et des abîmes,
Nous rêvons à toi, ciel d'été
Nous voulons aimer sans mensonge
Et marcher le long des chemins
Sans nous méfier des autres hommes
Sans avoir d'arme dans nos mains
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Vidéo de Simon Roussin
Simon Roussin - Des vivants : le réseau du Musée de l'homme, 1940-42
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