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González Jorge (Autre)
EAN : 9782205082449
128 pages
Dargaud (14/01/2022)
3.34/5   44 notes
Résumé :
En 1940, le roman-mystère triomphe. La guerre venue, trois des meilleurs écrivains du genre s'engagent dans un combat à distance. Margery Allingham, star du polar anglais fait équipe avec le génial Ernst Bornemann, réfugié allemand, pour piéger le Français Corneille Richelin. Pas une seconde ce dernier ne se doute des manipulations de ses deux confrères travaillant pour les services secrets britanniques. Le but du jeu ? Attirer l'oncle du protecteur allemand de Rich... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Entre rêve et cauchemar, réalité et fiction, une histoire qui commence comme dans le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux. On y suit une galerie d'auteurs de « romans mystères » aux personnalités plus complexes qu'il n'y paraît. Pour trouver quelques clés, il faudra replonger en pleine seconde Guerre Mondiale…

J'ai beaucoup aimé l'ambiance inquiétante de ce roman graphique, entre polar et espionnage, atmosphère accentuée par le graphisme de Jorge Gonzalez.

Mention spéciale au scénario de Thierry Smolderen (L‘été Diabolik, Une Année sans Cthulhu) ponctué de références notamment à L'Île au Trente Cercueils de Maurice Leblanc et à L'Assassinat du Père-Noël de Pierre Very. Si je n'ai lu aucune des oeuvres d'origine, leurs adaptations en fiction ont durablement marqué mes souvenirs d'enfance.

Merci à Babelio et Dargaud !
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Un graphisme assez sombre, en couleurs frottées, texturées, principalement des nuances de gris, de terres, un trait économe, cela rend l'ambiance inquiétante, rétro et lourde. Les sons semblent absorbés, normal pour une atmosphère de mystère, de suspicion, d'espionnage. Un homme assassiné à la hache dans une pièce fermée, une réunion d'auteurs de polar, voici un démarrage bien étrange. C'est la période de la seconde guerre mondiale, l'espionnage britannique tente un rapprochement avec le neveu d'un grand industriel allemand proche du Reich par avec l'aide de Margery Allingham, une autrice de polar bien réelle, chargée d'aider sans qu'il s'en rende compte, un auteur français, Corneille Richelin, proche de cet allemand.
L'intrigue est un peu alambiquée, c'est le but. Thierry Smolderen tente une relation entre Edgar Poe, Gaston Leroux, Agatha Christie et Ian Fleming (qu'on croisera au passage), et c'est assez réussi, énigmes à tiroir, intrigue dans l'intrigue, personnage un peu tordus, comme un jeu de piste, un puzzle à reconstruire avec en plus une pointe d'onirisme, de surréalisme (le rêve comme moteur de l'imagination), où des personnages réel viennent monter une fiction un peu dingue. Cauchemar ex machina est une intrigue pleine de méandres et de retournements, servi par un graphisme original, d'une forte personnalité, une lecture prenante et originale.
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Livre reçu danse cadre de l'opération Masse Critique.

Un soir de 1991, un homme est retrouvé mort dans sa chambre. Voici le décor de la scène originelle, façon Mystère de la chambre jaune, de Cauchemars ex-machina auquel Thierry Smolderen et Jorge Gonzalez, les auteurs, chacun dans leurs domaines, sont parvenus à imprimer leur marque de fabrique. Cet homme, Corneille Richelin, est mort dans une pièce close. Un seul témoin, sa domestique, jure que Richelin n'était pas seul. D'ailleurs, la narratrice nous l'affirme : c'est elle qui a tué Richelin, et tout l'enjeu de la bande-dessinée est de nous en expliquer les raisons. Ainsi débute une histoire qui prend sa source dans la Seconde guerre mondiale, entre les années 1938 et 1947. Les codes utilisés sont ceux du récit d'espionnage dans un contexte historique, il est vrai, particulièrement propice. Corneille Richelin fait la connaissance du baron von Richtenbach. lors d'une réunion organisée par ce dernier avec d'autres auteurs de romans à mystère. le baron éprouve une vive - et difficilement compréhensible - admiration pour Richelin, dont les romans suscitent un rire gênant chez quiconque d'autre les a lus. Il faut dire que, pour les écrire, Richelin compte sur ses rêves, dont il note, la nuit, les détails dans un carnet. le baron est aussi le neveu d'un grand industriel allemand, dont les usines d'armement sont particulièrement utiles au IIIème Reich. Parce que les services secrets britanniques ont eu connaissance de la conception d'une arme particulièrement destructrice par les nazis, ils décident, pour atteindre l'industriel, de passer par son neveu par l'intermédiaire de Richelin. Entrent alors en scène deux des personnages principaux : Margery Allingham, narratrice et auteure elle aussi de romans policiers (et ayant réellement existé) et Ernst Bornemann, un aventurier allemand qui se fait passer pour Canadien, sous le nom de Cameron McCabe. Margery et Ernst sont chargés d'écrire des scenarii pour piéger Richelin et le baron. Les références sont clairement affichées, par exemple avec L'île aux trente cercueils, dont l'intrigue est reprise pour former un premier appât à l'attention de l'industriel. Ces références constituent des mises en abîme, et des mises en scène du genre littéraire que sont le roman d'espionnage et le roman policier. L'apport de Smolderen, ici, sera plutôt jugé par le côté fantastique qui affleure souvent dans le récit.

Ex-machina, c'est-à-dire qui vient de la machine, qui provient d'un procédé extérieur dont sont bénéficiaires ou victimes les personnages. Point de dieux, ici, pour orienter le destin des personnages, mais une Anglaise et un Allemand qui se fait passer pour un Canadien, lesquels utilisent l'épouse de Richelin pour accéder au carnet des rêves. L'onirisme trouve toutefois rapidement ses limites, et même si le baron von Richtenbach voit dans cette forme d'accession à la connaissance une sorte de signe des dieux, il faut, pour Margery et Ernst, user d'autres moyens pour permettre au MI5 d'arriver à ses fins. La croyance en une race atlante, surhumaine et aïeule de la race aryenne, sera le levier, là encore quelque peu irrationnel, pour atteindre les coeurs nazis. Toutefois, au-delà de cette affaire d'espionnage qui flirte avec le fantastique, le parcours de Corneille Richelin possède quelque chose de tragique. Manipulé par Margery et Ernst, aimé autant que méprisé par le baron, trompé par une épouse qui n'a pas le choix de ses actes, Richelin est l'instrument d'une conspiration qui le dépasse. Parvenu, après la découverte du corps du supposé Atlante, à l'acmé de son existence, Richelin connaît une joie brève suivie d'une longue période solitaire dont viendra le tirer la mort. Richelin, comme Ernst et a fortiori Margery, est le maillon d'une chaîne bien plus grande que sa propre personne, la victime collatérale de l'Histoire et, sans doute, d'hommes qui se sont crus des dieux.

Le récit est porté par le dessin si reconnaissable de l'auteur argentin Jorge Gonzalez, caractérisé par des décors qui s'évanouissent en arrière-plan et des personnages sombres. Ces derniers, dans leur rôle de personnage, ont des faces de pantin : yeux ronds, traits carrés, couleur blafarde du visage. le crayonné est visible, et donne à la bande-dessinée un ton brut qui colle très bien avec les thèmes de l'espionnage et du fantastique. le travail sur les couleurs, qui s'apparente sur certaines planches à celui d'un peintre, accentue l'impression vaporeuse qui se dégage du récit. Tant sur la forme que sur le fond, Cauchemars ex-machina parvient ainsi à embarquer le lecteur dans une intrigue en eaux troubles.
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Une des plus belles, des plus originales découvertes de ce début d'année, un véritable diamant (noir) ciselé par une narration intelligente, jouissive et une illustration extrêmement élégante et envoûtante! Quand deux célèbres auteurs de romans policiers à mystères oeuvrant pour l'Intelligence service ont pour mission de manipuler un de leurs pairs pour piéger un dignitaire nazi, on est loin du polar classique. Dans Cauchemars ex machina paru aux Éditions Dargaud, Thierry Smolderen et Jorge González nous entraînent dans une aventure cauchemardesque pour les protagonistes mais divinement rocambolesque et tarantinesque pour le lecteur.

Margery, Cameron, Corneille et les autres
Paris, 27 septembre 1991
Corneille Richelin, auteur de polars français, est retrouvé mort dans son bureau fermé de l'intérieur, une hache préhistorique plantée au beau milieu du front. Ainsi s'ouvre le récit sur la figure on ne peut plus classique du crime impossible, le crime en chambre close. « Le moment est venu d'expliquer comment j'ai tué Corneille Richelin le matin du 27 septembre 1991, quelques minutes après huit heures. » Nous passons du Paris de 1991 où tout s'est achevé à celui de 1938 où tout a commencé. Cet automne-là, quelques  romanciers du mystère et non des moindres se réunissent à l'initiative du Baron Hans von Richtenback, un Allemand grand amateur du genre. Simenon, Steeman entre autres sont de la partie. C'est là qu'entre en scène notre narratrice Margery Allingham. grande dame du roman policier d'Outre-Manche. Ce sera pour elle l'occasion de faire la connaissance de sa future victime, un obscur écrivaillon adulé par le baron dont le procédé d'écriture est peu banal : Tous ses romans lui sont dictés par ses cauchemars. Nous retrouvons ensuite notre romancière en 1942 où, en raison de ses capacités hors normes à sonder l'âme humaine et élaborer des intrigues sans failles, elle se voit confier comme mission de manipuler Richelin et par ricochet son protecteur le baron afin d'attirer dans un piège mortel l'oncle de celui-ci, un des rouages essentiels de la machine de guerre nazie. Pour cela elle fera équipe avec Cameron McCane, un autre écrivain de roman policier très brillant au profil atypique. Et tous deux vont mettre leur intelligence au service du contre-espionnage britannique. Nous voilà partis pour une aventure trépidante pleine de surprises et de rebondissements !

Scénario machiavélique, historique, fantastique et indéniablement cinématographique
Ça commence comme un polar, ça se termine comme un polar, ça a la couleur du polar mais … car il y a un mais et il est de taille, ce n'est pas vraiment un polar ce qui n'est guère étonnant quand on sait que c'est Thierry Smolderen qui tire les ficelles et comme manipulateur du lecteur, il n'a rien à envier aux protagonistes de l'album. Aussi va-t-il s'en donner à coeur joie pour brouiller les pistes en mêlant non seulement les genres (polar, espionnage, aventure) mais également les personnages réels et fictionnels, tout ça sur fond de seconde guerre mondiale. Il nous livre une histoire à tiroirs complexe extrêmement bien ficelée avec mises en abyme et nombreux clins d'oeil non seulement aux romans policiers, au cinéma de l'époque, mais aussi à des faits historiques telle l'opération Mincemeat à laquelle a participé un certain Ian Fleming et que l'opération Contrebasse imaginée par nos deux romanciers aurait pu contrarier. le tout est saupoudré de pincées de fantastique, d'onirisme et d'une bonne louche d'ésotérisme nazi. Jubilatoire !
À l'instar de nos deux comploteurs qui bâtissent leur scénario à partir des cauchemars du malheureux Richelin, le scénariste se nourrit de la vie des personnages réels et, se jouant des temporalités, va émailler son récit de séquences au premier abord anecdotiques comme celle se déroulant dans ce pub où Cameron a failli être confondu comme espion ou encore la discussion très intime entre Margery et Cameron dans un chalet à Chamonix…Du grand art ! Les personnages sont fouillés, terriblement humains telle Margery qui se pose beaucoup de questions et éprouve des problèmes de conscience quant au bien fondé de ses actions et aux dommages collatéraux qui en découleront. Et bien sûr, les dialogues d'une extrême richesse ne sont pas en reste.

Once upon a time … « The face on the cutting-floor »
Bien que l'album soit chapitré comme le serait un roman, l'écriture de Thierry Smolderen est avant tout cinématographique, sur le fond bien sûr mais aussi dans la forme. Les plans s'enchaînent de façon très fluide passant d'un lieu à un autre, d'une époque à une autre, de Paris à l'Angleterre, Chamonix ou l'Alaska. Écriture cinématographique, ton à la Tarentino d'« Inglorious bastards » ou « Once upon a time in Hollywood », le 7ème art est bien le fil rouge de cette histoire.
C'est après avoir vu « L'assassinat du père Noël» que Richelin a l'idée du scénario de son propre film avec comme version du crime impossible, celui perpétré dans la neige avec absence des traces de pas de l'assassin. Et puis, il y a ce roman clé du « bigger than life » Cameron McCabe « The face on the cutting-floor », (Coupez! pour sa traduction française), un polar postmoderne devenu culte dont l'intrigue se déroule dans le milieu du cinéma dont je ne saurais que trop vous conseiller la lecture à la suite de l'album. Une véritable pépite!

Atmosphère, atmosphère …
Le cinéma, toujours… Qui d'autre que Jorge González le dessinateur argentin du très remarqué « Chère Patagonie », album retraçant le destin de plusieurs générations d'autochtones et de colons dans lequel il est question de la destinée d'un film réalisé par un cinéaste allemand favori de Goebbels venu en repérage, aurait pu mieux coller au récit ? Les planches de « Cauchemars ex machina » sont de toute beauté et bien que rappelant l'album cité précédemment, font l'objet d'un trait réaliste moins charbonneux soulignant l'expressivité des personnages. Des illustrations pleine page plantant le décor permettent le passage d'un lieu à un autre et donnent le ton, épousant à la perfection le climat ambiant : la douceur de la verte Angleterre, le blanc glacé et glaçant de la montagne à Chamonix... En totale cohérence avec le scénario, le dessinateur fait également usage de procédés cinématographiques tels ce fondu au noir qui nous fait passer de 1991 à 1938 ou encore ce fondu enchaîné qui nous mène de la voiture de Margery en Angleterre à l'avion de Cameron en Alaska. All makes sense !

Une narration aux petits oignons sublimée par une illustration trois étoiles, voilà qui fait de Cauchemars ex machina un récit « atypik » à déguster, savourer et consommer sans modération. Un pur régal !
Lien : https://laccrodesbulles.fr/2..
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1991, Corneille Richelin, écrivain oublié de tous, est retrouvé dans son appartement parisien, une hache plantée en plein front. Sa chambre fermée à double tour.
Cette scène d'ouverture, emblématique de bien des crimes en chambre close, nous ramène aux heures les plus sombres de la seconde guerre mondiale. En 1938, Paris, qui n'est plus tout à fait une fête, regorge de nazillons en puissance, d'écrivains en quête de gloire, de collaborateurs de la pire espèce et d'espions de tous les bords.
Alors que la guerre éclate en Europe, Corneille écrit des romans à suspense, couvé par un proche du pouvoir nazi. de l'autre côté de la Manche, d'autres romanciers à succès mettent leurs talents au service des services secrets anglais.
Entre fiction et réalité, entre manipulations et course poursuite vers la victoire, de la campagne anglaise aux Alpes françaises, les deux auteurs ont fabriqué une histoire au scénario aussi ébouriffant qu'à un parti pris esthétique de toute beauté. Un découpage resserré alterne avec des images pleine page. Des camaïeux de gris des cieux plombés par des avions de guerre et des cimes enneigées contrastent avec de rares éclats vert prairie ou jaune d'or. Cette maitrise technique renforce la dramaturgie du récit pour y apporter à la fois une densité et une tension insoutenables. Une pure merveille.

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critiques presse (9)
Bibliobs
30 janvier 2023
Dans les années 1990, l’écrivain Corneille Richepin est retrouvé mort dans son bureau, une hache préhistorique plantée au milieu du front. Que s’est-il passé ?
Lire la critique sur le site : Bibliobs
BDGest
09 septembre 2022
Savant mélange entre polar, mystère, espionnage et faits historiques, Cauchemars ex machina est assurément une réussite qui doit autant à son scénario parfaitement ficelé qu’à des dessins qui ne peuvent pas laisser indifférent.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario
12 mai 2022
Un album plutôt captivant, même s'il peut nous perdre au fil des pages. Le graphisme de Jorge Gonzalez ajoute une touche arti à l'ensemble. C'est beau, voir même très audacieux formellement ! Du très beau travail !
Lire la critique sur le site : Sceneario
LaTribuneDeGeneve
01 mars 2022
On se délecte de ce récit dense débutant par un crime impossible, et confrontant écrivains de polars, services secrets et hautes sphères de l’Allemagne nazie. Le dessin pictural de Gonzalez contribue au mystère et à ses charmes.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
BDZoom
18 janvier 2022
Aux confins du réel et de la fiction, Thierry Smolderen et Jorge González signent un polar exigeant, cumulant comme il se doit tous les ingrédients du genre : énigmes insolubles, disparitions inquiétantes, signes prémonitoires et crime mystérieux seraient-ils des conséquences de la machine de guerre nazie. Mais au fait, où donc est passé le détective ?
Lire la critique sur le site : BDZoom
ActuaBD
18 janvier 2022
Cet ouvrage est très réussi, même s’il faut accepter de se laisser porter, voire divaguer et même parfois un peu se perdre. Il n’est pas sans nous rappeler Le Detection Club de Jean Harambat, qui lui aussi avait réuni la fine fleur des romanciers à énigmes des années 1930, mais dans une veine plus humoristique et plus british.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
LigneClaire
18 janvier 2022
Thierry Smolderen a écrit une histoire dont l’originalité, la singularité donne envie de plonger à sa suite dans cette lente dérive onirique. Un album à clés.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
FocusLeVif
18 janvier 2022
Thierry Smolderen et Jorge González réhabilitent le whodunit, courant classique du polar à l'anglaise, dans un étrange roman d'espionnage.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
LesInrocks
13 janvier 2022
Thierry Smolderen et Jorge González nous embarque dans une autre Histoire, entre le plausible et l’impossible. Passionnant.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
- Mademoiselle !? Désolée ! Je vous fais sursauter ! Votre bébé s’est réveillé, je crois….
- Oh !? Merci.
- Rassurez-vous, tout va bien. Il ne pleure pas !
- Merci.
- Hello, Marge !
- Hello, Alex ! … Au fait, ne faut-il pas changer les noms ? … en tant qu’agents de l’ombre, je veux dire ? Je pourrais vous appeler Smith, par exemple…
- Va pour Smith. Et alors, cette mission ? …
- J’ai suivi vos ordres à la lettre, Mr Smith. Je me suis incrustée au dîner sans éveiller de soupçons…
- Le Baron von Richtenback était là ?
- Il a payé l’addition. Vous avez raison. Il est vraiment toqué de littérature policière … Assez sympathique, au demeurant. L’ambiance était amicale…
- Parfait. Vous l’avez interrogé sur les intentions d’Hitler ?
- Quelqu’un d’autre s’en est chargé. Par la suite, j’ai eu l’occasion d’insister un peu…
- Sa réaction ?
- D’après moi, aucun doute. Il s’attend à ce que l’Allemagne déclare la guerre au reste du monde !
- Mmm…
- Mmm ? Je risque ma vie pour obtenir cette information cruciale, et c’est tout ce que vous trouvez à dire ?
- Margery ! Ne commencez pas à…
- Non sérieusement. Qui d’autre que moi aurait pu arracher ce scoop à un touriste allemand ? …
- Nous voulions recueillir une réponse spontanée, irréfléchie, du bonhomme. Ce petit dîner entre amis présentait l’occasion idéale…
- Bon. Alors, soyons précis. Tout d’abord le baron s’est montré très évasif. Voyant cela, j’ai décidé de prolonger la soirée…
- Bien joué ! Et quand vous êtes revenue à la charge ? …
- Il s’est énervé. Il m’a dit qu’il ne fallait pas compter sur l’Allemagne pour se laisser humilier sans réagir…
- Mmm…
- Mmmm ?
- Il n’a pas parlé de son oncle ?
- Celui qui cherche les vestiges de la civilisation atlante ? …
- Il vous a parlé de ses travaux archéologiques ?
- Pourquoi ? C’est important ?
- L’oncle du Baron partage cette marotte avec Heinrich Himmler. Les deux hommes sont très proches…
- Oh. Je vois ! Et en dehors de cela, que fait-il, ce brave homme ? L’oncle ? Il dirige toute l’industrie d’armement du troisième Reich !
- Alex ! Cette femme…
- Elle nous a entendus, vous croyez ?
- Non ! Elle va se jeter à l’eau !
- Pardon ?!
- Alex ! Faites quelque chose !
- Miss ! Non ! Ne faites pas ça !
- Oh, my dear ! Oh, my dear !
- Marge ! Bon sang ! Comment avé -vous deviné qu’elle s’apprêtait à sauter ?
- Vous oubliez, Mr Smith… Lire ce qui se passe dans la tête des gens, c’est cela mon vrai métier… (p. 25-28)
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J'ai honte..
La psyché de ce pauvre Corneille était déjà si noire avant que nous en fassions notre marionnette...
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Le résolution du mystère. Même le Chapelier fou n'aurait pu imaginer une argumente aussi imbécile.
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Tout cela il l'a pris sur la tête pour n'avoir rien fait de pire que d'écrire de mauvais romans.
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Comme on le sait, le passé est beaucoup plus facile à prévoir que l'avenir...
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