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Yamina Benguigui (Antécédent bibliographique)
EAN : 9782848653853
285 pages
Sarbacane (13/04/2011)
4.23/5   80 notes
Résumé :
Jérôme Ruillier nous fait (re)découvrir l’histoire de l’immigration maghrébine à travers des témoignages poignants (en trois parties : les pères, les mères, les enfants), qui rendent compte de la quête d'identité et des effets au quotidien du racisme.

Un roman graphique « coup de poing », essentiel, alors que se discute depuis des mois le mauvais feuilleton de « l’identité
nationale » qui, en virant au défouloir raciste, n’a été rien d’autre qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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"La ville blanche écrasée de soleil
Ou un jour, je suis né
Les rues en pente, le pont sur le Rhummel
Les jardins d'orangers"
Khémaïs, ouvrier spécialisé chez Renault cite Victor Hugo: "Dieu, ouvrez moi les portes des ténèbres, pour que je puisse rencontrer la lumière." C'est comme ça que je voyais la France...
En débarquant, j'ai rencontré l'indifférence (puis le racisme!) Et j'ai pensé que ça allait être dur... très dur!


"Non, je n'ai pas oublié
Bien que ma Vie ait changé
Mais le silence est une façon d'aimer"
Avec le choc pétrolier en 1970, le chômage apparaît... Les Algériens ou Français d'origine algérienne sont les premiers touchés ! Ils subissent l'hostilité de l'opinion.Le gouvernement Messmer décide le "gel" de l'immigration et en 1974, Giscard officialise le regroupement familial.


"Non, non, non
Non, je n'ai pas oublié
Tous ces voyages attristés
Mais, on n'a pas le droit de sacrifier
Le Présent au Passé"
Beaucoup de retraités maghrébins n'arrivent pas à dire : " Je veux mourir dans ce pays...Tu veilleras à ce que mon corps repose en direction de la Mecque ?"


"Mais aujourd'hui vous et moi
Ne pouvons rien changer
Non, non, non
Non, je n'ai pas oublié".
Enrico Macias.


A la recherche de cette difficile identité pour les Maghrébins, certains ont été tentés par l'Islam, d'autres ont été happés par la délinquance, beaucoup d'entre eux ont réussi leur intégration, déclare l'auteure Yamina Benguigui, fille d'immigrée dans les documentaires, tirés de son livre "Mémoires d'immigrés."
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Après avoir lu le roman de Yamina Benguigui, Jérôme Ruillier a décidé de l'illustrer. Son oeuvre se déploie sur trois parties qui donnent successivement la parole aux pères, aux mères et aux enfants.
Les pères – Ils sont les premiers à avoir quitté le Maghreb et franchi la Méditerranée. Célibataires ou séparés de leurs familles, ils s'entassent dans des foyers Sonacotra. Ils ont pour nom Khémaïs, Abdel ou Ahmed, mais en France, tout le monde les appellent Mohamed. Ils ont répondu à l'appel de la France qui a besoin de main-d'oeuvre pour ses usines. Ces hommes sont devenus O.S. dans les usines de Renault-Billancourt ou de Peugeot ou ouvriers dans les mines. Les perspectives d'évolution professionnelles sont faibles voire inexistantes. Et pourtant l'espoir était grand : « Je suis venu en France et j'ai aimé Renault comme on aime une maîtresse. » (p. 28) En dépit de la misère et de conditions de vie déplorables, les hommes veulent croire au rêve français. Les droits des ouvriers immigrés sont bafoués et l'aide au retour de Stoleru est un scandale. Certains hommes ne travaillent en France que pour faire vivre la famille restée au pays. Quand les familles sont enfin réunies, les pères hésitent entre différentes positions pour leurs enfants. Certains les élèvent dans la nostalgie et dans l'espoir du retour au pays. D'autres encouragent leurs enfants à s'intégrer, à devenir de vrais Français. Mais l'intégration n'est pas facile : « Attention, il faut que tu sois meilleur que les autres, parce qu'en cas d'égalité tu ne passeras pas. » (p. 57) Ces hommes sont à la fois victimes et héros de la France d'après 1950.
Les mères – Avec le regroupement familial autorisé par Valéry Giscard d'Estaing, les épouses et les enfants ont rejoint les hommes en France. Yamina, Zorah, Fatma ou encore Djamila découvrent un pays moins beau que celui dont elles rêvaient. « Une cité composée de baraques toutes pareilles où il n'y avait que des Maghrébins. Elles ressemblaient à un village d'Algérien dont on aurait ôté le soleil, les palmiers et le jasmin. » (p. 93) Ces femmes qui ont traversé la Méditerranée refusent de se laisser enfermer. Elles apprennent à lire, elles osent sortir, elles s'entraident et veulent réaliser le rêve des hommes. Alors que la guerre d'Algérie fait rage, que les Maghrébins ne sont pas vus d'un bon oeil en France et que les F.L.N. et au M.N.A. terrorisent à tout va, elles élèvent leurs enfants dans des campements sordides ou des cités ghettos, attentives à donner à leurs familles tous les soins possibles.
Les enfants – Nombre d'entre eux ont été élevé dans la « permanence du provisoire » (p. 175) Ils ont grandi à dix dans des chambres minuscules. Leurs pères se sont vus proposer le retour au pays avec la prime de 10 000 francs. Ces enfants ont très vite compris que la France, sous son nom de terre d'accueil, avait un double visage. Entre les promesses et le quotidien, le fossé est grand. Ces mômes-là savent qu'ils ont fort à faire pour honorer la mémoire de leurs pères. « Dans l'Oedipe, il faut tuer le père, mais nous, au contraire, il nous faut le déterrer, il nous faut le faire revivre. Il a été tué socialement par le colonialisme, par les guerres, puis par l'immigration. Au lieu de le tuer, il nous appartient à nous, les enfants, de le faire revivre, de lui faire redresser la tête, qu'il se tienne fier et droit comme quand il se faisait prendre en photo dans son beau costume, pur l'envoyer et rassurer la famille restée au pays. » (p. 209) Ces enfants ont conscience que l'école et l'éducation « à la française » est leur seule chance de réussir leur intégration. Mais contrairement à certains de leurs parents, ils ne veulent pas devoir choisir entre la France et l'Algérie/Maroc/Tunisie. La double nationalité est un trésor, un sésame qui leur ouvre les portes d'un monde double qu'ils tentent de réconcilier. Certaines femmes font le choix volontaire de porter le hidjab, en signe patent de leur foi et de leur ouverture de coeur. C'est parce qu'elles sont musulmanes qu'elles veulent s'intégrer, parce qu'un Français n'est pas nécessairement chrétien. Tous les enfants d'immigrés peuvent prétendre à la reconnaissance. Ils sont les acteurs de la réconciliation et du dialogue.
L'image est crayonnée, on voit la trace et la marque de la mise. Tout n'est que noir et blanc, mais l'image n'est pas étouffante. Parfois, en pleine page, le dessin fait tout paraître gigantesque ou minuscule. On est en présence d'un monde inconnu. le texte est écrit à la main, d'une graphie très scolaire mais appliquée et régulière. le dessin lui-même a quelque chose d'enfantin dans sa simplicité. Les personnages sont de petits animaux, mélange de souris, d'ours et de peluche. On ne peut que penser à Maus d'Art Spiegelman, mais ici le récit n'est pas celui d'une personne. Jérôme Ruillier, comme Yamina Benguigui, donne la parole à des immigrés dont les expériences se complètent, se répondent et se dépassent.
Les portraits et les récits sont touchants et les récits poignants. Jérôme Ruillier a su faire ressentir toute la tendresse et le respect qu'il éprouve pour les immigrés qu'il a rencontrés et, plus largement, pour tous les exclus et ceux que l'on considère différents. Il a transcrit les dialogues en respectant les fautes de langage et les expressions idiomatiques de ses interlocuteurs. Sans cliché ni mauvais esprit, il fait entendre la voix et l'accent des immigrés.
Jérôme Ruillier se dessine lisant le roman de Yamina Benguigui, discutant avec son père de cette lecture. Il évoque sa propre famille, son épouse et sa fille trisomique. Il ne tait pas ses doutes, ni ses peurs ou interrogations. Son roman graphique est, outre l'adaptation d'un roman, la mise en image d'une situation complexe qui s'enlise parfois mais n'en finit pas d'évoluer. Les peurs de l'auteur prennent la forme d'une silhouette menaçante qui domine la ville, mais son pendant bénéfique, une sorte de cerf à la ramure feuillue, n'est jamais loin, illustrant que l'espoir d'une cohésion est encore possible.
L'oeuvre de Jérôme Ruillier est un magnifique recueil de témoignages, un travail historique sincère et un message d'espoir vibrant. Si la France Black-Blanc-Beur de 1998 a fait long feu, on peut toujours espérer la construction d'une France bigarrée, fière de ses origines diverses et revendiquant le droit à la différence
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Une BD très enrichissante,un documentaire, un témoignage à but pédagogique tiré du livre Mémoires d'immigrés.
Qui sont ces pères, ces mères,ces enfants,ces musulmans, ces immigrés partis de chez eux suite à la guerre d'Algérie pour d'une part "débarrasser l'Algérie d'un surplus de chômeurs" et d'autre part "permettre aux français d'avoir une main-d'oeuvre, pas très qualifiée et pas trop chèrement payée"?
La plupart se sont enracinés, dans quelles conditions? Ils ont fait des enfants qui ont acquis la double nationalité, que s'est il passé pour eux?
Ont ils pu conserver leurs traditions tout en s'ouvrant à une autre culture?
Voilà les questions et les réponses abordées par Yamina Benguigui à travers plusieurs rencontres,échanges et dialogues.
Jérome Ruillier, né en 1966,après des études aux Arts décoratifs de Strasbourg a écrit et illustré de nombreux livres jeunesse, son album,comme tous les autres s'engage contre l'exclusion et dénonce le racisme en suivant le texte de l'écrivain. Son trait noir sur blanc,sobre et naïf est très poétique.Ses personnages à moustaches sont très attachants.Moustaches importantes, qui se détachent au fil de l'intégration.De beaux portraits pleins de vie!
Des données à transmettre:arrachés de leur pays, arrivés par bateau,logés souvent dans des conditions insalubres les hommes seuls(avant de faire venir leur épouse) ou mariés ont travaillé comme manoeuvres ou O.S, jusqu'au gel de l'immigration en 1973.Croyant trouver un Eldorado,le travail à la chaine les a usés.
Des exemples à découvrir avec beaucoup d'émotion et de respect: Abded,houiller alors qu'il était travailleur agricole,Ahmed qui a voulu que ses enfants décrochent des médailles au judo,Yamina dont la virginité était sacrée,dont le mariage a été arrangé avec un époux violent qui lui répétait:"Une épouse musulmane doit se taire pour être respectée" puis qui s'est cultivée jusqu'à donner elle même des cours d'alphabétisation,Zohra dont la drogue et le Sida ont enlevé les fils,Fatma "déportée" en France par Ahmed qui a logé dans un wagon,harcelée par la FLN puis le MNA avant d'obtenir un logement décent et de suivre des cours grace à l'assistante sociale,Djamila violée et maltraitée par son mari qui arrivée en France avait honte d'enlever son voile, puis a passé son permis et a trouvé du travail.
Des réflexions à méditer car la première génération voulait continuer à garder ses traditions,sa langue,ses coutumes et ne revait que de repartir.L'intimité des femmes est à rapprocher du livre Monologues voilés.
La deuxième génération s'est francisée mais "les enfants sont comme des oiseaux sans ailes" soumis à l'injonction paradoxale:Intègre toi mais ne renie pas les tiens!
L'un a son père qui découd les étiquettes des jeans en criant "Tu veux devenir français ou quoi?" alors qu'ils sont français, idem lorsqu'il veut acheter un sapin de Noël, Wahib a été choqué de la réaction de son père faisant des courbettes à l'automobiliste qui a encadré sa voiture et de sa réponse:"Tu comprends tu n'es pas chez toi ici!" alors qu'aujourd'hui ce même père clame :"Elle est belle la France!" et que lui s'occuppe d'ados,Myriem qui a écrit le "poème de l'immigré" en classe est devenue avocate,Naïma veut garder son voile car après tout les religieuses en portent bien,Warda s'occuppe des jeunes de la cité et défend leurs droits,Mounsi,lui qui habitait dans un bidonville peinturluré d'inscriptions "A mort les bougnoules!" est passé de la petite à la grande délinquance puis des pages faits divers à la littérature.
Beaucoup de problèmes soulevés dans ce livre car le rejet,les conditions de vie précaires,le travail subalterne ont augmenté la violence ce qui a entrainé des risques accrus de délinquance dans des cités et les slogans "Nous voulonsvivre en France" "Marche pour l'égalité et contre le racisme"
A lire et à découvrir!
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Que sont les travailleurs maghrébins "importés par la France devenus ? Mais aussi leurs épouses et leurs enfants ? Comment ont-ils vécus le déracinement, l'arrivée dans un pays dont ils avaient beaucoup entendu parlé mais complètement différent du leur et pour tout dire, pas toujours très tendre à leur égards ?
C'est à quoi veulent répondre les auteurs, avec des rencontres et des interview qui laissent parler les gens. Certains parlent pour la prelière fois des déboires, des abus dont ils ont été victimes, malgré le profil bas qu'ils ont adopté. Les coutumes, pas faciles à abandonner et qui donnent un cadre. Même si elles sont parfois à 1000 lieux de celles du pays d'accueil. Ce qui ressort des interview toute en douceur c'est le courage et la force morale pour quitter tous ses repères, la volonté de s'intégrer malgré les obstacles et le peu de ressentiment envers les "Français de souche" pourtant pas toujours des modèles d'amabilité et e morale.
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Alors que les adaptations se font souvent du format écrit au format visuel, Jérôme Ruillier inverse la donne en transposant le livre/documentaire « Mémoires d'immigrés » de Yamina Benguigui en bande dessinée –quoiqu'ici, l'usage du terme « roman graphique » semble particulièrement recommandé en vue de la densité de l'ouvrage.


Dans l'oeuvre originale, Yamina Benguigui écoutait et rapportait les témoignages d'immigrés maghrébins installés en France. Jérôme Ruillier s'inscrit tout de suite dans un rapport de subordination et évoque la fascination qu'a provoquée la découverte de cet ouvrage. Celle-ci se mue bientôt en volonté de contribuer à son tour à ce recueil de témoignages. Même si l'on comprend quelles raisons personnelles ont donné envie à Jérôme Ruillier de s'impliquer, la démarche reste tout de même curieuse. En effet, après la parution d'un film et d'un livre de Yamina Benguigui, on peut se demander s'il est bien nécessaire de faire paraître ces témoignages qui n'ont d'original que leur format graphique. Si, en tant que lectrice, la démarche de cette parution m'a permis de découvrir un document que je ne me serais sans doute pas procuré autrement, du point de vue de Jérôme Ruillier, cette même démarche semble supposer une volonté de pallier à un inconvénient majeur de l'oeuvre de Yamina Benguigui : son manque d'accessibilité.


Que peut-on trouver dans les Mohamed[b] de Jérôme Ruillier qu'on ne trouvera pas dans le travail de Yamina Benguigui ? le seul ajout semble être le témoignage du dessinateur rencontrant les [b]Mémoires d'immigrés : celles-ci font écho à son expérience directe alors que sa fille va être scolarisée dans une école comptant 80% d'enfants d'immigrés, ainsi qu'à son passé et à ses rapports avec ses aïeux. Mais ces contributions restent modestes et comptent pour à peine quelques dizaines de pages perdues dans des centaines. Là ne se situe donc pas l'atout majeur de Jérôme Ruillier face à Yamina Benguigui. Pour tenter un comparatif plus hasardeux, on pourrait dire que les Mohamed constituent une version bande dessinée des Mémoires d'immigrés pour les Nuls : résumé, simplifié sans que le discours ne devienne simpliste, revêtant des formes qui paraissent peut-être plus accessibles qu'un texte ou qu'un documentaire, le lectorat sera sans doute plus large et plus diversifié que celui initialement concerné par le travail de Yamina Benguigui.


Laissons donc de côté les questions de l'intérêt de cette adaptation et reconnaissons que les Mohamed de Jérôme Ruillier paraissent aussi vivants et sont aussi troublants que de vrais hommes que l'on aurait pu rencontrer en chair et en os. Aucun type de discours n'est épargné : ni celui qui combat les préjugés racistes, ni celui qui les confirme, faisant de cette somme un recueil de témoignages qui ne semblent pas vouloir utiliser la parole d'hommes déracinés comme le seul moyen de construire une thèse purement intellectuelle. Et du format BD au format texte ou vidéo, il ne reste plus qu'un pas à franchir pour le lecteur qui aura été convaincu par l'adaptation de Jérôme Ruillier. Seul danger : cette-ci semble si réussie qu'on se surprend à se demander ce que l'on pourrait apprendre de plus dans les Mémoires d'immigrés… Comble de l'adaptation : lorsque l'inspiré s'empare du rôle de l'inspirateur !

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Voilà l’endroit où je suis né, il n’y a pas tout à fait trente ans. Ce que j’ai appris, bien longtemps après ma naissance, c’est que les autorités ne souhaitaient pas laisser les baraques du bidonville à côté de la Préfecture. C’est pour ça qu’ils ont fait construire à la hâte une cité de transit. Elle était prévue pour durer 6 mois, en attendant qu’on soit logés en H.L.M. J’y suis resté dix-huit ans ! (…)Les murs étaient en carton ou en plastique, si fragiles que lorsqu’il y avait de l’orage, la maison tremblait. En face, de l’autre côté du pont de chemin de fer, le paradis nous attendais, la terre promise où vivaient mes camarades de classe, les Français de souche, le fameux H.L.M. Ah, j’en ai rêvé de ce H.L.M. ! Pendant dix-huit ans, j’ai admiré les fenêtres illuminées. J’étais fasciné. Pendant dix-huit ans j’ai vécu en transit, et cette permanence du provisoire est restée à jamais gravée dans ma tête, à tel point que je ne sais pas vraiment ce que signifie s’installer
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« Dans l’Œdipe, il faut tuer le père, mais nous, au contraire, il nous faut le déterrer, il nous faut le faire revivre. Il a été tué socialement par le colonialisme, par les guerres, puis par l’immigration. Au lieu de le tuer, il nous appartient à nous, les enfants, de le faire revivre, de lui faire redresser la tête, qu’il se tienne fier et droit comme quand il se faisait prendre en photo dans son beau costume, pour l’envoyer et rassurer la famille restée au pays. » (p. 209)
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Je suis sorti de prison comme d’autres sortent de Saint-Cyr, une sorte de décoration qui m’imposait dans la cour des grands. Je suis allé voir « La fureur de vivre », « Sur les quais », des dizaines de fois. Je savais que la seule façon d’ouvrir définitivement les portes de la prison et de la misère, c’était par la transgression de l’intelligence, le raisonnement, l’analyse, là où la société française ne m’attendait pas. Mais il m’a fallu attendre de longues années avant de passer de la page des faits divers à la page littéraire
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Brutalement, j’ai pris conscience du poids de ce mot « dépression ». N’était-il pas le fait de gens qui avaient le temps de penser à eux, de s’apitoyer sur leur sort, n’était-il pas l’apanage des femmes des sociétés occidentales ? Peut-être qu’il appartiendra à la troisième ou à la quatrième génération de s’offrir ce luxe d’une forme d’intégration inusitée
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Quand je suis parti de Tunisie, j'avais 21 ans et j'étais orphelin. Il y a deux phrases de Victor Hugo que je n'ai jamais oubliées.

La première dit : «Dieu, ouvrez-moi les portes des ténèbres, pour que je puisse rencontrer la lumière», et pour moi, c'est comme ça que je voyais la France.

La seconde dit comme ça, en parlant d'un pêcheur en mer : «Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment, il s'en va dans l'abîme, il s'en va dans la nuit.» Celle-là, c'est quand je suis arrivé en France que j'ai compris ce qu'elle voulait vraiment dire !
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