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Robert Marrast (Autre)Miguel Angel Asturias (Autre)
EAN : 9782070373710
544 pages
Éditeur : Gallimard (14/04/1982)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 27 notes)
Résumé :
On pourrait comparer cette œuvre fougueuse et violemment lyrique à un puzzle gigantesque dont les pièces innombrables auraient été démontées, dispersées, puis à nouveau rassemblées en désordre.
Si le centre même du livre - la pièce maîtresse du puzzle morcelée elle aussi - est situé à Mexico au cours de l'année 1951, les mille fragments qui viennent l'interrompre se jouent sur plusieurs plans où le temps et l'espace tour à tour se juxtaposent et se brisent. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
SophieChalandre
  02 décembre 2016
Premier roman de Carlos Fuentes, véritable biographie de la ville de Mexico et du présent mexicain, ce livre, sorte de roman-collage, entame un parcours ironique dès son titre : la plus limpide région, emprunté à Alfonso Reyes qui avait repris l'expression aztèque de limpidité de l'air du plateau du Mexique. Or l'air y est pollué, la violence obscure, la corruption bien sombre et le désespoir aussi noir que la perdition.
Au chaos urbain de Mexico, Carlos Fuentes répond par une composition en kaléidoscope où l'espace et le temps sont fragmentés.
Pas de héros mais une histoire collective aboutissant à un être collectif, avec une interrogation majeure sur la trahison de la révolution mexicaine, mêlant les obsessions préhispaniques aux inquiétudes existentielles contemporaines. Volontiers polyphonique, le discours sur cette tour de Babel qu'est Mexico laisse transparaître l'antique Tenochtitlan, révélant un thème majeur dans toute l'oeuvre de Fuentes : les tensions. Tensions entre désir et objet, entre individu et collectivité, tension entre le mythe et l'histoire.
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pasiondelalectura
  13 mai 2016
Voici une lecture plus que difficile, ardue, mais ô combien intéressante.
A l'âge de 28 ans et en 1958 Carlos Fuentes a voulu nous expliquer ce qui est l'idiosyncrasie mexicaine.
Voici un roman total dans sa définition la plus large, de structure très complexe. Mais le livre est aussi beaucoup d'autres choses : un roman polyphonique, un roman urbain, un roman circulaire (la première scène se répète à la fin), un roman réaliste, un roman précurseur, un roman social, un roman historique, un roman d'idées, un roman cosmopolite, un roman biographique, un roman satirique, un roman avec du réalisme magique.
La protagoniste du roman est la ville de Mexico DF où Carlos Fuentes évoque les problèmes de l'industrialisation au moment où l'Occident se posait des problèmes avec l'existentialisme et le discours critique et la conscience de classes.
Il y a deux axes dans le roman : 1) la critique de la société mexicaine des années 50; et 2)l'histoire du peuple mexicain, de ses racines hispaniques, de la survivance de ses rites et de ses fantasmes ancestraux.

Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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Aela
  02 mars 2011
Oeuvre écrite en 1958, c'est une sorte de radiographie de la ville de Mexico, qui met en relief toutes les réalités de la ville du haut en bas de l'échelle sociale. On y retrouve tous les problèmes des années 50: accélération de l'exode rural, croissance urbaine monstrueuse. Par ironie, cette "région la plus limpide de l'air" ( la region más transparente) représente en fait la région très polluée de la vallée de l'Anáhuac.
Sur le ton de la dérision, l'auteur Carlos Fuentes présente une vision globalisante de son pays, le Mexique, depuis la nouvelle bourgeoisie issue de la Révolution jusqu'aux marginaux des "cinturones de miseria".
Une oeuvre très riche, où tous les styles et tous les parlers se cotoient..
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agnes_tempesta
  22 mai 2014
La ville de Mexico est, dans ce roman à voix multiples, un personnage à part entière. Ce chef d'oeuvre nous entraîne dans les entrailles d'un Mexique antique et moderne, où la bourgeoisie, ayant tiré parti de la Révolution, cotoie le peuple à travers le point de vue de plusieurs personnages, archétypes de la société mexicaine. On peut le lire à plusieurs niveaux : comme un roman sur la société post-guerre mondiale, ou comme une réflexion anthropologique, voire psychologique sur l'individu.
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Charybde2
  03 février 2015
Tragique et drôle, l'impressionnante coupe transversale du Mexique des années 50, et du monde.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2015/02/03/note-de-lecture-la-plus-limpide-region-carlos-fuentes/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   03 février 2015
Sans le vouloir, il prit la manche de Robles, et la pressa, l’obligeant à marcher. – Apollon, Dionysos, Faust, l’homme moyen sensuel, que diable signifient-ils ici, que diable expliquent-ils ? Rien, ils se brisent tous contre un mur impénétrable, fait du sang le plus épais qui ait arrosé sans justice la terre. Où est notre clef, où, où ? Vivrons-nous assez pour la connaître ? – Manuel ôta sa main de la manche de Robles : – Il faut ressusciter quelque chose et en finir avec quelque chose pour que cette clef apparaisse et nous permette de comprendre le Mexique. Nous ne pouvons vivre et mourir à tâtons, vous me comprenez ?, vivre et mourir en essayant d’oublier tout et de renaître chaque jour en sachant que tout est vivant et présent et en train de nous écraser le diaphragme, pour autant que nous voulions l’oublier : les Quetzalcoatl et les Cortés et les Iturbide et les Juárez et les Porfirio et les Zapata, tous, un nœud dans notre gorge. Quelle est notre véritable effigie ? Laquelle entre toutes ?
– Vous les intellectuels vous adorez compliquer tout. – dit Robles en ouvrant la moitié de sa bouche bourrée de tabac. – Ici il n’y a qu’une vérité : ou bien nous faisons un pays prospère, ou bien nous mourons de faim. Il n’y a qu’une alternative, ou la richesse ou la misère. Et pour parvenir à la richesse il faut hâter la marche vers le capitalisme, et soumettre tout à ce patron. Politique. Style de vie. Goûts. Modes. Législation. Économie. Tout ce que vous voudrez.
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Charybde2Charybde2   03 février 2015
Je m’appelle Ixca Cienfuegos. Je suis né et je vis à Mexico. Ce n’est pas grave. À Mexico il n’y a pas de tragédie : tout devient outrage. Outrage, ce sang qui m’aiguillonne comme un piquant de maguey. Outrage, ma paralysie effrénée qui teint de caillots toutes les aurores. Et mon éternel saut périlleux vers le lendemain. Jeu, action, foi – jour après jour, pas seulement le jour de la récompense ou du châtiment : je vois mes pores sombres et je sais que jeu, action, foi, me sont interdits en bas, en bas, au fond du lit de la vallée, berceau du monde mexicain. Démon familier de l’Anahuac qui n’écrase pas des raisins – des cœurs ; qui ne boit pas de liqueur, baume de terre – son vin, gélatine d’ossements ; qui ne recherche pas la peau joyeuse : se chasse lui-même en une liquéfaction noire de pierres tourmentées et d’yeux de jade opaque. À genoux, couronné de nopals, flagellé par sa propre (par notre) main. Sa danse (notre danse) suspendue à une lance de plumes, ou au pare-chocs d’un camion ; mort dans la guerre fleurie, dans la rixe de bistrot, à l’heure de la vérité : la seule heure qui vienne à point nommé. Poète sans commisération, artiste de la torture, croquant courtois, rusé candide, ma prière désarticulée se perd, gaudriole, rigolade. Me maltraiter, moi toujours plus que les autres : oh, défaite mienne, ma défaite, à qui je ne saurais faire participer personne, qui me place face aux dieux qui ne me prodiguèrent pas leur pitié, et qui ont exigé de moi que je l’épuise jusqu’au bout afin de tout savoir sur moi et mes semblables ! Oh, face de ma défaite, insupportable face d’or saignant et de terre sèche, face de musique déchirée et de couleurs troubles ! Guerrier dans le vide, je suis revêtu de la cuirasse de la fanfaronnade ; mais mes tempes sanglotent, sans nul répit dans leur quête des choses douces : la patrie, le clitoris, le sucre des squelettes, le cantique hérissé, imitation de la bête encagée.
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AelaAela   02 mars 2011
Once de la mañana. Los motores rugían por Insurgentes, por Niza, donde ya las mansiones del porfiriato inciaban su declive hacia la boutique, el restaurante, el salón de belleza. El sol, duro en la llaga del mediodía. Ni una brisa agitaba los copetes gráciles del Paseo de la Reforma.
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Chez-ClasChez-Clas   17 février 2018
Nous ne pouvons vivre et mourir à tâtons, vous me comprenez? vivre et mourir en essayant d'oublier tout et de renaître chaque jour en sachant que tout est vivant et présent et en train de nous écraser le diaphragme, pour autant que nous voulions l'oublier: les Quetzalcoatl et les Cortés, et les Iturbide et les Juárez et les Porfirio et les Zapata, tous, un nœud dans notre gorge. Quelle est notre véritable effigie? Laquelle entre toutes? (p. 322)
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Chez-ClasChez-Clas   17 février 2018
L'équinoxe de la souffrance s'est produite au Mexique; ici fraternisèrent toutes les promesses, toutes les trahissons, ici le soleil est plus vieux et ridé: et seulement ici ses rayons sont lumière de ténèbres. Le soleil rugit sans trêve, mais il fait toujours nuit. Nuit des dieux qui ont fui épouvantés, nuits passées à prier pour que n'arrive pas ce qui est déjà arrivé, nuits longues devant un miroir, à faire la mimique des modèles tandis que nos dos tombent en lambeaux et que les larmes suent par nos mains. Nuits chargées de fardeaux et de coffres d'or et d'argent, nuit de la baïonnette et du silex (p. 434).
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Videos de Carlos Fuentes (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlos Fuentes
Mercredi 20 octobre 2011, Carlos Fuentes reçoit les insignes de Docteur Honoris Causa.
Biographie: Né en 1928 à Panamá où son père était alors Ambassadeur du Mexique, Carlos Fuentes est un des plus grands écrivains du XXe et du XXIe siècle. Sa pensée et son œuvre romanesque ont largement influencé les écrivains et les intellectuels espagnols et latino-américains contemporains. Catégorie Éducation Licence Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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