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Robert Marrast (Autre)
ISBN : 2070368564
Éditeur : Gallimard (11/01/1977)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Artemio Cruz, député, propriétaire d'un grand journal de Mexico, est brutalement atteint d'une grave maladie. Ce personnage puissant, qui a exploité à son profit des mœurs politiques corrompues dont les grands bouleversements sociaux favorisent l'épanouissement, s'efforce, sur la frontière de la mort, d'établir le bilan de sa vie désormais achevée. Combattant de la Révolution, il a passionnément aimé, à vingt ans, une jeune fille, Regina, qu'il a retrouvée massacrée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
A_fleur_de_mots
  12 juin 2019
Regarde-toi, ah mon pauvre Artemio, regarde-toi maintenant, vieux, tas de chairs flétries, putrides...ces sucs gastriques qui te dévorent de l'intérieur, te font souffrir, te retordent de douleur....regarde-toi, vieux, au bord de la mort.....savent-elles, elles, ces ingrates, qui fut Artemio Cruz? le savent-elles, dans leur médisance et leur mépris pour toi, elles qui t'envoient leur dégoût au nez en acceptant de ta main l'argent qui les nourrit?
Savent-elles qui fut Artemio Cruz? Oh non, il n'est pas que ce vieux à l'agonie.....ce vieux qui un jour fut jeune, grand, féroce, combattant.....Veracruz, le Méxique, la Révolution, les terres volées aux indigènes, volées aux premiers seigneurs, volées de nouveau aux autres seigneurs, volées par lui, Artemio Cruz, aux anciens seigneurs pour créer le nouveau Mexique.....la Révolution.....la réforme agraire...la dictature...les américains....et toi, Regina, et vous, soldats morts anonymes....vous tous, vous vous êtes sacrifiés pour que vive Artemio Cruz.
Oui, toi, qui au bord de la mort, te souviens, confus, que cet Artemio Cruz, ce fut toi aussi....jeune, plein de vie, fruit des amours violents de ce Mexique révolté, fils de ce pays tourmenté, plein de vie et d'ambition, mais surtout de cette rage de vivre et de réussir, de cet orgueil qui a fait de toi celui que tu fus...cet Artemio Cruz respecté, craint, ingénieux, mafieux...celui qui joua de la chance et fut peu fidèle aux idéaux....à ses idéaux: la Révolution, la dictature....la Révolution....qu'est-ce si ce n'est que l'Ancien ordre avec de nouveaux maîtres?....ah, la Révolution, ces idéaux, toi, Regina......toi, qui vit en moi, toi qui fut si douce et si tendre pour moi.....toi, qui m'a accepté et aimé tel quel...pas comme ces deux-là...pas comme celle-là, qui fut incapable de me pardonner....si elle savait tous les sacrifices et les efforts.....si elle savait.....si elles, s'ils savaient qui fut Artemio Cruz....non, il ne fut pas toujours cette momie de Coyoacan dont tout le monde se rit....non, il fut....tu fus....je fus......vivant.....je fus le Mexique nouveau......moi, Artemio Cruz, je me meurs aujourd'hui....mais le savent-elles...cette nuit-là, dans mon coeur ancré, cette nuit-là où nous avons traversé la rivière à cheval....cette nuit-là....les raisons de toute une vie.....
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raton-liseur
  11 septembre 2013
Je ne sais pourquoi Monsieur Raton avait ce livre dans sa bibliothèque bien avant que nous ne nous connaissions, car ce n'est pas son genre de lecture et il ne l'a d'ailleurs jamais ouvert. Comme il était temps que je découvre cet auteur mexicain, j'ai commencé par ce livre esseulé, sans vraiment savoir à quoi m'attendre.
Artemio Cruz est une fortune récente du Mexique du début du XXème siècle. le voilà agonisant sur son lit, entouré de sa famille, après une attaque. Un temps hors du temps qui bientôt va s'abolir, une transition qui permet aux souvenirs de remonter à la surface. Pas exactement le bilan d'une vie, seulement des moments épars, qui dessinent par touches le portrait d'un homme dont Carlos Fuentes fait une allégorie d'un Mexique à la fois troublé et en recherche de son identité propre dans ce nouveau siècle.
Le sujet était donc a prior intéressant, mais je dois avouer que je n'ai pas du tout été emballée par cette lecture, surtout du fait de son style. J'imagine que le fil désordonné des souvenirs et les répétitions se veulent le reflet de la pensée décousue du moribond, mais le style très « nouveau roman » m'a rebutée et m'a empêchée de me plonger vraiment dans cette histoire. Je vois bien comment Artemio Cruz peut représenter l'antagonisme qui existe toujours aujourd'hui entre des principes humanistes et un pouvoir qui fonctionne en vase clos, comment il incarne le pouvoir qui change de mains mais pas de forme, mais ce roman ne dit rien de plus que ce constat. Artemio Cruz n'a suscité chez moi ni empathie ni intérêt, encore moins de la compréhension des tiraillements de cette époque.
L'intérêt de lire un roman historique pour comprendre, par les moyens de la fiction un épisode historique n'est donc pas là, et peut-être que la lecture d'un livre d'histoire m'en aurait autant appris sur cette période, et la lecture n'en aurait pas été plus aride. D'ailleurs, c'est peut-être le principal intérêt de ce roman, il m'a obligée à ouvrir un livre d'histoire, pour replacer les évènements dans leur contexte, celui de la Révolution mexicaine et de la guerre civile qui s'ensuivit. Je suis toujours aussi perdue dans la chronologie des faits, avec des présidences parfois éphémères, de Madero à Carranza (si, si, celui de la plus connue des versions de la fameuse Cucaracha) en passant par Huerta, mais peut-être un tout petit peu moins qu'avant…
Un livre à réserver à ceux qui aiment la recherche stylistique et sur la forme des nouveaux romans, et qui veulent mettre un peu d'exotisme dans leur lecture donc. A noter cependant, que ce livre est l'un des premiers de Carlos Fuentes, peut-être faudra-t-il donc que je me frotte à nouveau à son oeuvre, pour voir s'il a exploré d'autres styles et d'autres voies.
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oblo
  05 mai 2015
Grande fresque sur l'histoire du Mexique, La mort d'Artemio Cruz est un roman complexe où se mêlent trois personnes : le "je", Artemio Cruz sur son lit de mort ; le "tu", moi alternatif qui guide Artemio dans ses souvenirs ; le "il", Artemio du passé qu'on suit à travers les différentes dates. La chronologie n'est pas respectée, ce qui peut rendre la tâche encore plus complexe.
Artemio Cruz a connu la Révolution mexicaine, il y a participé et a failli y mourir. Il en ressort, à titre personnel, vainqueur car alors sa vie prend le chemin du succès. Homme politique redoutable, il est surtout l'archétype de ces Mexicains idéalistes qui ont vite fait un sort à leurs utopies et ont préféré être réalistes pour vivre confortablement. Seulement, les idéaux trahis et la solitude - car l'homme est si puissant qu'il est seul - mènent à une fatigue vite insupportable et à une mort triste.
L'écriture de Fuentes rend à merveille les hésitations, les oublis et les doutes d'Artemio Cruz. L'écriture, qui néglige la présentation de ceux qui dialoguent ou la ponctuation excessive rendent l'ensemble parfois compliqué à lire, mais c'est pourtant une jubilation que cette histoire personnelle du Mexique. Au final, Fuentes nous livre une réflexion sur l'individualisme, l'opportunisme et le sens de l'histoire : en un mot sur le destin.
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stcyr04
  02 juin 2018
Le lion se meurt. Artemio Cruz, ploutocrate qui a su faire sa pelote grâce à son opportunisme, profitant des soubresauts de l'histoire, dresse le nécessaire bilan de son existence. A l'orée de la mort, devant ses proches qui le veillent, le méprisent et le craignent, il jette un regard désabusée et cynique sur le film de sa vie. Ses états de conscience qui fluctuent au gré du progrès du mal, le délire cédant la place à une lucidité sans concession, transcendent le présent prosaïque et décevant, libèrent les inhibitions de sa conscience, s'affranchissent de la cohésion temporelle. .

On peut voir dans la figure d'Artemio Cruz, l'image des contradictions et des abus de la révolution mexicaine. La prose est riche, telle un volcan dont le magma des phrases sont des strates qui s'accumulent, foisonnent, véhémentes, emportant toute continuité chronologique. Ce grand roman, fascinant, riche, ne renie pas ses racines , on y retrouve l'exubérance, le fatalisme, la violence des meilleures oeuvres sud-américaines.
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Artdefoix
  13 octobre 2016
It's the life of Artemio Cruz we are dealing with in reality. Not a pleasant character, You will be trapped in the plot since the very beginning. A master work not to miss.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   08 juin 2019
- A veces, me parece que la falta de sangre y de muerte nos desespera. Es como si sólo nos sintiéramos vivos rodeados de destrucción y fusilamientos- continuó con su voz cordial el viejo-. Pero nosotros seguiremos, seguiremos siempre, porque hemos aprendido a sobrevivir, siempre...

* traduction approximative:

- Des fois, il me semble que le manque de sang et de la mort nous désespère. C’est comme si nous nous sentions vivants uniquement quand nous sommes entourés par la destruction et les peletons d’exécution - continua l’ancien avec sa voix cordiale-. Mais nous autres, nous serons toujours là, toujours, car nous avons appris à survivre, toujours.....
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ValdimirValdimir   05 avril 2018
tous… nous avons tous besoin de témoins de notre vie pour pouvoir la vivre…
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alzaiaalzaia   07 novembre 2011
Ce sont des jours qui, proches, lointains, repoussés dans l'oubli, étiquetés par le souvenir - rencontre et refus, amour fugace, liberté, rancune, échec, volonté - furent et seront quelque chose de plus que les noms que tu pourras leur donner : des jours où ton destin te poursuivra avec un flair de lévrier, où il te retrouvera, s'emparera de toi, s'incarnera en tes paroles et tes actes, matière complexe, opaque, adipeuse à jamais tissée avec l'autre, l'impalpable celle de ton esprit absorbé par la matière
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A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   08 juin 2019
(...) la memoria es el deseo satisfecho:
sobrevive con la memoria, antes que sea demasiado tarde,
antes que el caos te impida recordar.

* traduction approximative:

(...) la mémoire est le désir satisfait:
il survit avec la mémoire, avant qu’il ne soit trop tard,
avant que le chaos ne t’empêche de te souvenir.
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SachenkaSachenka   12 octobre 2013
- Lorsque j'étais petite, la vie était agréable. Il y avait beaucoup de moments agréables. Les vacances, les jours de repos, les jeux. Je ne sais pourquoi, en grandissant, je me suis mise à attendre des choses.
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Videos de Carlos Fuentes (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlos Fuentes
Mercredi 20 octobre 2011, Carlos Fuentes reçoit les insignes de Docteur Honoris Causa.
Biographie: Né en 1928 à Panamá où son père était alors Ambassadeur du Mexique, Carlos Fuentes est un des plus grands écrivains du XXe et du XXIe siècle. Sa pensée et son œuvre romanesque ont largement influencé les écrivains et les intellectuels espagnols et latino-américains contemporains. Catégorie Éducation Licence Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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