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Robert Marrast (Autre)
EAN : 9782070368563
416 pages
Éditeur : Gallimard (11/01/1977)
3.62/5   58 notes
Résumé :
Artemio Cruz, député, propriétaire d'un grand journal de Mexico, est brutalement atteint d'une grave maladie. Ce personnage puissant, qui a exploité à son profit des mœurs politiques corrompues dont les grands bouleversements sociaux favorisent l'épanouissement, s'efforce, sur la frontière de la mort, d'établir le bilan de sa vie désormais achevée. Combattant de la Révolution, il a passionnément aimé, à vingt ans, une jeune fille, Regina, qu'il a retrouvée massacrée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
raton-liseur
  11 septembre 2013
Je ne sais pourquoi Monsieur Raton avait ce livre dans sa bibliothèque bien avant que nous ne nous connaissions, car ce n'est pas son genre de lecture et il ne l'a d'ailleurs jamais ouvert. Comme il était temps que je découvre cet auteur mexicain, j'ai commencé par ce livre esseulé, sans vraiment savoir à quoi m'attendre.
Artemio Cruz est une fortune récente du Mexique du début du XXème siècle. le voilà agonisant sur son lit, entouré de sa famille, après une attaque. Un temps hors du temps qui bientôt va s'abolir, une transition qui permet aux souvenirs de remonter à la surface. Pas exactement le bilan d'une vie, seulement des moments épars, qui dessinent par touches le portrait d'un homme dont Carlos Fuentes fait une allégorie d'un Mexique à la fois troublé et en recherche de son identité propre dans ce nouveau siècle.
Le sujet était donc a prior intéressant, mais je dois avouer que je n'ai pas du tout été emballée par cette lecture, surtout du fait de son style. J'imagine que le fil désordonné des souvenirs et les répétitions se veulent le reflet de la pensée décousue du moribond, mais le style très « nouveau roman » m'a rebutée et m'a empêchée de me plonger vraiment dans cette histoire. Je vois bien comment Artemio Cruz peut représenter l'antagonisme qui existe toujours aujourd'hui entre des principes humanistes et un pouvoir qui fonctionne en vase clos, comment il incarne le pouvoir qui change de mains mais pas de forme, mais ce roman ne dit rien de plus que ce constat. Artemio Cruz n'a suscité chez moi ni empathie ni intérêt, encore moins de la compréhension des tiraillements de cette époque.
L'intérêt de lire un roman historique pour comprendre, par les moyens de la fiction un épisode historique n'est donc pas là, et peut-être que la lecture d'un livre d'histoire m'en aurait autant appris sur cette période, et la lecture n'en aurait pas été plus aride. D'ailleurs, c'est peut-être le principal intérêt de ce roman, il m'a obligée à ouvrir un livre d'histoire, pour replacer les évènements dans leur contexte, celui de la Révolution mexicaine et de la guerre civile qui s'ensuivit. Je suis toujours aussi perdue dans la chronologie des faits, avec des présidences parfois éphémères, de Madero à Carranza (si, si, celui de la plus connue des versions de la fameuse Cucaracha) en passant par Huerta, mais peut-être un tout petit peu moins qu'avant…
Un livre à réserver à ceux qui aiment la recherche stylistique et sur la forme des nouveaux romans, et qui veulent mettre un peu d'exotisme dans leur lecture donc. A noter cependant, que ce livre est l'un des premiers de Carlos Fuentes, peut-être faudra-t-il donc que je me frotte à nouveau à son oeuvre, pour voir s'il a exploré d'autres styles et d'autres voies.
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oblo
  05 mai 2015
Grande fresque sur l'histoire du Mexique, La mort d'Artemio Cruz est un roman complexe où se mêlent trois personnes : le "je", Artemio Cruz sur son lit de mort ; le "tu", moi alternatif qui guide Artemio dans ses souvenirs ; le "il", Artemio du passé qu'on suit à travers les différentes dates. La chronologie n'est pas respectée, ce qui peut rendre la tâche encore plus complexe.
Artemio Cruz a connu la Révolution mexicaine, il y a participé et a failli y mourir. Il en ressort, à titre personnel, vainqueur car alors sa vie prend le chemin du succès. Homme politique redoutable, il est surtout l'archétype de ces Mexicains idéalistes qui ont vite fait un sort à leurs utopies et ont préféré être réalistes pour vivre confortablement. Seulement, les idéaux trahis et la solitude - car l'homme est si puissant qu'il est seul - mènent à une fatigue vite insupportable et à une mort triste.
L'écriture de Fuentes rend à merveille les hésitations, les oublis et les doutes d'Artemio Cruz. L'écriture, qui néglige la présentation de ceux qui dialoguent ou la ponctuation excessive rendent l'ensemble parfois compliqué à lire, mais c'est pourtant une jubilation que cette histoire personnelle du Mexique. Au final, Fuentes nous livre une réflexion sur l'individualisme, l'opportunisme et le sens de l'histoire : en un mot sur le destin.
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Chez-Clas
  24 février 2021
Finalement j'ai lu ce livre, on dirait que cette année je me suis établie le défi de lire tous ces livres que j'aurai du lire dans ma jeunesse. Peut-être, les livres arrivent juste à temps pour les comprendre et prendre du plaisir à les lire. C'est exactement ceci qui m'est arrivé avec ce livre, j'ai entendu la version audio livre en espagnol et je n'ai pas pu m'empêcher d'aller voir le livre. Beaucoup de passages sont révélateurs de la société mexicaine, des gens et des histoires qui me sont connues, Carlos Fuentes à réussi à les exprimer avec sa grande plume. Des belles phrases qui ressonnent dans ma tête et qui seraient loin de partir.
Artemio Cruz mourant voit passer sa vie et les gens qui l'ont accompagné. Il analyse les gens depuis son lit... Il regrette, il aime, il implore de vivre, il réfléchi et il meurt....
J'ai adoré son amour pour Regina !!! Cette femme 👩 est en quelque sorte le prototype de maîtresse au Mexique. Ces femmes inconnues et peu appréciées par la société mais qui ont fait un bien fou à tous ces hommes mariés.
Cette situation est révélateur et des mon point de vue répond au livre d'Octavio Paz "le labyrinthe de la solitude", Paz décrit les fils de la chingada ( la violée) et Fuentes dans ce livre invite à tous ces fils de la chingada et de la colonisation à s'émanciper et à ne plus suivre cette idée de fils de la chingada... Je sais toutes ces phrases ne disent rien pour des gens qui ne connaissent pas le contexte historique et social du Mexique. Croyez-moi, en tant que mexicaine, l'ouvrage de Fuentes est magnifique !
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stcyr04
  02 juin 2018
Le lion se meurt. Artemio Cruz, ploutocrate qui a su faire sa pelote grâce à son opportunisme, profitant des soubresauts de l'histoire, dresse le nécessaire bilan de son existence. A l'orée de la mort, devant ses proches qui le veillent, le méprisent et le craignent, il jette un regard désabusée et cynique sur le film de sa vie. Ses états de conscience qui fluctuent au gré du progrès du mal, le délire cédant la place à une lucidité sans concession, transcendent le présent prosaïque et décevant, libèrent les inhibitions de sa conscience, s'affranchissent de la cohésion temporelle. .

On peut voir dans la figure d'Artemio Cruz, l'image des contradictions et des abus de la révolution mexicaine. La prose est riche, telle un volcan dont le magma des phrases sont des strates qui s'accumulent, foisonnent, véhémentes, emportant toute continuité chronologique. Ce grand roman, fascinant, riche, ne renie pas ses racines , on y retrouve l'exubérance, le fatalisme, la violence des meilleures oeuvres sud-américaines.
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tristantristan
  05 décembre 2017
belle écriture pour ce roman intéressant mais peu tonique.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Chez-ClasChez-Clas   24 février 2021
Tú la pronunciarás: es tu palabra: y tu palabra es la mía; palabra de honor: palabra de hombre: palabra de rueda: palabra de molino: imprecación, propósito saludo, proyecto de vida, filiación, recuerdo, voz de los desesperados liberación de los pobres, orden de los poderosos, invitación a la riña y al trabajo, epígrafe del amor, signo del nacimiento, amenaza y burla, verbo testigo, compañero de la fiesta y de la borrachera, espada del valor, trono de la fuerza, colmillo e la marrullería, blasón de la raza, salvavida de los limites resumen de la historia: santo y seña de México: tu palabra:
—Chingue a su madre —Hijo de la chingada —Aquí estamos los meros chingones —Déjate de chingaderas —Ahoritita me lo chingo —Ándale, chingaquedito —No te dejes chingar —Me chingué a esa vieja —Chinga tú —Chingue usted —Chinga bien, sin ver a quién —A chingar se ha dicho —Le chingué mil pesos —Chínguense aunque truenen —Chingaderitas las mías —Me chingó el jefe —No me chingues el día —Vamos todos a la chingada —Se lo llevó la chingada
—Me chingo pero no me rajo —Se chingaron al indio —Nos chingaron los gachupines —Me chingan los gringos —Viva México, jijos de su rechingada: tristeza, madrugada, tostada, tiznada, guayaba, el mal dormir: hijos de la palabra.
Nacidos de la chingada, muertos en la chingada, vivos por pura chingadera: vientre y mortaja, escondidos en la chingada. Ella da la cara, ella reparte la baraja, ella se juega el albur, ella arropa la reticencia y el doble juego, ella descubre la pendencia y el valor, ella embriaga, grita, sucumbe, vive en cada lecho, preside los fastos de la amistad, del odio y del poder. Nuestra palabra. Tú y yo, miembros de esa masonería: la orden de la chingada. Eres quien eres porque supiste chingar y no te dejaste chingar; eres quien eres porque no supiste chingar y te dejaste chingar: cadena de la chingada que nos aprisiona a todos: eslabón arriba, eslabón abajo, unidos a todos los hijos de la chingada que nos precedieron y nos seguirán: heredarás la chingada desde arriba; la heredarás hacia abajo: eres hijo de los hijos de la chingada; serás padre de más hijos de la chingada: nuestra palabra, detrás de cada rostro, de cada rostro, de cada signo, de cada leperada: pinga de la chingada, verga de la chingada, culo de la chingada: la chingada te hace los mandados, la chingada te desflema el cuaresmeño, te chingas a la chingada, la chingada te la pela, no tendrás madre, pero tendrás tu chingada: con la chingada te llevas a toda madre, es tu cuatezón, tu carnal, tu manito, tu vieja, tu peor-es-nada: la chingada: te truenas el esqueleto con la chingada; te sientes a todo dar con la chingada, te pones un pedorrales de órdago con la chingada, se te frunce el cutis con la chingada, pones los güevos por delante con la chingada: no te rajas con la chingada: te prendes a la ubre de la chingada: ¿A dónde vas con la chingada? oh misterio, oh engaño, oh nostalgia: crees que con ella regresarás a los orígenes: ¿a cuáles orígenes? no tú: nadie quiere regresar a la edad de oro mentirosa, a los orígenes siniestros, al gruñido bestial, a la lucha por la carne del oso, por la cueva y el pedernal, al sacrificio y a la locura, al terror sin nombre del origen, al fetiche inmolado, al miedo del sol, miedo de la tormenta, miedo del eclipse, miedo del fuego, miedo de las máscaras, terror de los ídolos, miedo de la pubertad, miedo del agua, miedo del hambre, miedo del desamparo, terror cósmico: chingada, pirámide de negaciones, teocalli del espanto oh misterio, oh engaño, oh espejismo: crees que con él caminarás hacia adelante, te afirmarás: ¿a cuál futuro? no tú: nadie quiere caminar cargado de la maldición, de la sospecha, de la frustración, del resentimiento, del odio, de la envidia, del rencor, del desprecio, de la inseguridad, de la miseria, del abuso, del insulto, de la intimidación, del falso orgullo, del machismo, de la corrupción de tu chingada chingada: déjala en el camino, asesínala con armas que no sean las suyas: matémosla: matemos esa palabra que nos separa, nos petrifica, nos pudre con su doble veneno de ídolo y cruz: que no sea nuestra respuesta ni nuestra fatalidad: ora, mientras ese cura te embarra los labios, la nariz, los párpados, los brazos, las piernas, el sexo con la unción final: ruega: que no sea nuestra respuesta ni nuestra fatalidad: la chingada, hijos de la chingada, la chingada que envenena el amor, disuelve la amistad, aplasta la ternura, la chingada que divide, la chingada que separa, la chingada que destruye, la chingada que emponzoña: el coño erizado de serpientes y metal de la madre de piedra, la chingada: el eructo borracho del sacerdote en la pirámide, del señor en el trono, del jerarca en la catedral: humo, España y Anáhuac, humo, abonos de la chingada, excrementos de la chingada, mesetas de la chingada, sacrificios de la chingada, honores de la chingada, esclavitudes de la chingada, templos de la chingada, lenguas de la chingada: ¿a quién chingarás hoy, para existir?, ¿a quién mañana? ¿A quién chingarás: a quién usarás?: los hijos de la chingada son estos objetos, estos seres que tú convertirás en objetos de tu uso, tu placer, tu dominación, tu desprecio, tu victoria, tu vida: el hijo de la chingada es una cosa que tÚ usas: peor es nada te fatigas no la vences oyes los murmullos de las otras oraciones que no escuchan tu propia oración: que no sea nuestra respuesta ni nuestra fatalidad: lávate de la chingada: te fatigas no la vences. La has acarreado durante toda tu vida: esa cosa: eres un hijo de la chingada del ultraje que lavaste ultrajando a otros hombres del olvido que necesitas para recordar de esa cadena sin fin de nuestra injusticia te fatigas, me fatigas; me vences; me obligas a descender contigo a ese infierno; quieres recordar otras cosas, no eso: me obligas a olvidar que las cosas serán, nunca que son, nunca que fueron: me vences con la chingada, te fatigas, reposa, sueña con tu inocencia di que intentaste, que tratarás: que un día la violación te pagará con la misma moneda, te devolverá su otra cara: cuando quieras ultrajar como joven lo que debías agradecer como viejo: el día en que te darás cuenta de algo, del fin de algo: un día en que amanecerás —te venzo— y te verás al espejo y verás, al fin, que habrás dejado algo atrás: lo recordarás: el primer día sin juventud, primer día de un nuevo tiempo: fíjalo, lo fijarás, como una estatua, para poder verlo en redondo: apartarás las cortinas para que entre esa brisa temprana: ah, cómo te llenará, ah, te hará olvidar ese olor de incienso, ese olor que te persigue, ah, cómo te limpiará: no te permitirá insinuar siquiera la duda: no te conducirá al filo de esa primera duda.
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ValdimirValdimir   05 avril 2018
tous… nous avons tous besoin de témoins de notre vie pour pouvoir la vivre…
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alzaiaalzaia   07 novembre 2011
Ce sont des jours qui, proches, lointains, repoussés dans l'oubli, étiquetés par le souvenir - rencontre et refus, amour fugace, liberté, rancune, échec, volonté - furent et seront quelque chose de plus que les noms que tu pourras leur donner : des jours où ton destin te poursuivra avec un flair de lévrier, où il te retrouvera, s'emparera de toi, s'incarnera en tes paroles et tes actes, matière complexe, opaque, adipeuse à jamais tissée avec l'autre, l'impalpable celle de ton esprit absorbé par la matière
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SachenkaSachenka   12 octobre 2013
- Lorsque j'étais petite, la vie était agréable. Il y avait beaucoup de moments agréables. Les vacances, les jours de repos, les jeux. Je ne sais pourquoi, en grandissant, je me suis mise à attendre des choses.
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raton-liseurraton-liseur   01 octobre 2013
Tu viens me dire qu’il n’y a plus de terres ni de grandeur pour nous, que d’autres se sont enrichis à nos dépens comme nous nous sommes enrichis aux dépens de ceux qui avaient été à l’origine les premiers maîtres de tout ? Tu viens me raconter ce que je sais, au fond de moi, depuis la première nuit de ma vie d’épouse ? (p. 377).
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Videos de Carlos Fuentes (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlos Fuentes
Mercredi 20 octobre 2011, Carlos Fuentes reçoit les insignes de Docteur Honoris Causa.
Biographie: Né en 1928 à Panamá où son père était alors Ambassadeur du Mexique, Carlos Fuentes est un des plus grands écrivains du XXe et du XXIe siècle. Sa pensée et son œuvre romanesque ont largement influencé les écrivains et les intellectuels espagnols et latino-américains contemporains. Catégorie Éducation Licence Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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