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EAN : 9782854952261
198 pages
Éditeur : Editions ArtLys (06/09/2004)
5/5   1 notes
Résumé :
" Vous regardez ce qu'il y a sur le papier, quelques coups de crayon de couleurs heurtées, de larges lumières à la craie, des balafres de sanguine et de noir, rien que cela, et c'est une tête. Vous regardez toujours : cette tête vient à vous, elle sort du cadre, elle s'enlève du papier et il vous semble n'avoir jamais vu dans aucun dessin de n'importe quelle école une pareille représentation d'une figure, quelque chose de crayonné qui fût autant quelqu'un de vivant.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
jvermeer
  29 novembre 2020
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« On voit, on sent, on croit aller toucher tout ce qu'il peint. C'est du velours, c'est une pelisse, c'est de la gaze ; il n'est pas possible que ce ne soit qu'une imposture de couleurs"
Incontestablement, il s'agit d'un beau livre consacré au meilleur pastelliste du 18ème siècle en France.

Depuis la visite de la brillante vénitienne Rosalba Carriera à Paris en 1720, Quentin de la Tour se convertit définitivement à cette technique de la poudre de craie, lumineuse et veloutée. Il faut dire que la Rosalba savait se mettre en valeur. Un amateur d'art décrit ce qui va le distinguer de la plupart des autres pastellistes du siècle : ne pas se contenter de fixer la ressemblance mais laisser apparaître l'âme du modèle.
À la suite de son agrément le 25 mai 1737 à l'Académie royale de peinture pour plusieurs de ses ouvrages, l'Académie demande à Maurice Quentin de la Tour différents portraits comme morceaux de réception. Il expose son superbe « Autoportrait à l'oeil-de-boeuf ou à l'index » qui le montre de face, rieur. Et « Mademoiselle de la Boissière » une jolie demoiselle de 16 ans, un sourire malicieux, des yeux noirs semblant se moquer du peintre en train de la portraiturer.
Il valait mieux être en bon terme avec le roi et la cour. En 1748, à son apogée, La Tour peint Louis XV et la famille royale. Toute la qualité des pastels de la Tour apparaît dans le portrait de « Marie Leszcynska, reine de France ». Un chef-d'oeuvre. de cette épouse de Louis XV, qui se sait pas très belle, il fait un portrait exceptionnel. La qualité technique de la robe à damiers et rubans est superbe, mais l'essentiel est dans la représentation que l'artiste fait de la reine. Contrairement à d'autres peintres qui avaient peint la reine, La Tour, dans les gestes, l'ovale de la figure avec un large front, cet air affable, avait su exprimer la gentillesse, la bonté qui se dégageait de cette femme de 45 ans. L'âme du modèle…
L'oeuvre la plus célèbre des pastels du 18e en France est peinte par Maurice Quentin de la Tour. Il s'agit sans conteste de « Jeanne Antoinette Lenormant d'Étiolles, marquise de Pompadour », qui a été restaurée récemment. Ce tableau reste un des chefs-d'oeuvre du pastel et de l'art français :
Compte tenu du format exceptionnel du portrait, La Tour n'obtint de la marquise que quelques séances de travail en sa présence afin de fixer le plus important : les traits du visage. Ainsi, l'artiste pouvait terminer le tableau dans le calme de son atelier et ne pas importuner le modèle en le laissant poser trop longtemps, et la marquise pouvait être impatiente.
Le peintre avait une technique bien à lui qu'il utilisait parfois pour les grands formats. Il s'agissait là d'un travail d'une grande précision dans lequel le peintre excellait. Il préparait le portrait en faisant des croquis rapides au pastel, généralement en série sur des feuilles de papier, destinés à trouver le cadrage et l'éclairage mettant le mieux en valeur son sujet. D'ailleurs souvent seules ses préparations étaient conservées.
Gonflé cet homme ! La Tour ose placer le livre de l'Encyclopédie de Diderot sur la console derrière la marquise dans le tableau. Il prenait un risque en provoquant le roi qui n'aimait pas ce livre dont les premiers volumes avaient été interdits en 1752 car certains textes défendaient des idées contraires à la religion et à l'autorité des rois. Peut-être l'idée de mettre le livre à la hauteur de la tête de la marquise sur la toile venait-elle de celle-ci qui manifestait ainsi sa liberté de penser.
A bientôt 60 ans, La Tour peint pour la première fois un enfant, le tout jeune prince, futur Louis XVIII qui a belle allure sous le crayon de l'artiste. Il représente aussi son vieil ami Chardin en bourgeois élégant, la perruque poudrée, l'air satisfait.
En 1763, il confesse sur la difficulté de peindre au pastel :
« Il faudrait être à ma place pour sentir les efforts que je fais pour mettre une figure et une tête ensemble dans les règles de la perspective. Les angles sont si courts que la personne qu'on peint de près ne peut pas regarder des ses deux yeux à la fois l'oeil du peintre. Ils vont et viennent sans jamais être ensemble. C'est pourtant de leur parfait accord que résultent l'âme et la vie du portrait. de la naissent les inquiétudes qui occasionnent tant de changements qu'ils font passer le malheureux peintre pour fou ou tout au moins capricieux, fantasque… »

Par son talent et une incontestable maîtrise technique, Maurice Quentin de la Tour se placera au premier plan de l'art européen sous Louis XV.
https://www.wikiart.org/fr/quentin-de-la-tour/jeanne-antoinette-poisson-marquise-de-pompadour
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Lien : http://www.httpsilartetaitco..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
jvermeerjvermeer   28 novembre 2020
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« Portrait de religieuse ». L’œuvre est entrée au Louvre comme représentant une religieuse carmélite. Elle offre cette manière si caractéristique de donner de l’intensité au regard et de peindre les chairs en posant sur un papier passé à la pierre ponce une couche de rose étalée à l’aide du doigt puis rehaussé sur les joues, sur le nez et sous la bouche de hachures d’un rose plus soutenu et d’un bleu clair. L’artiste a même joué de la réserve de papier sur le bout du nez pour y poser une touche de blanc accrochant la lumière et accentuant le volume.

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