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Stéphanie Dujols (Traducteur)
EAN : 9782330142094
176 pages
Actes Sud (04/11/2020)
3.93/5   38 notes
Résumé :
En 2003, un quotidien israélien, Haaretz, révèle qu'en août 1949 des soldats ont kidnappé, violé collectivement, puis tué et enterré une jeune bédouine du Néguev. Un crime qui s'inscrit dans la lignée des massacres commis à cette époque charnière pour terrifier ce qui restait des habitants de cette zone désertique.
Soixante-dix ans plus tard, Adania Shibli s'empare de cet "incident" dans un récit qui s'articule en deux temps nettement marqués.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Nous suivons deux récits successifs, l'un écrit à la troisième personne du singulier, l'autre à la première.
En août 1949, dans le désert du Néguev, un bataillon de soldats colonisateurs assassine un groupe de Bédouins et leurs chameaux, puis enlève une jeune fille et finissent par la violer collectivement et la tuer. Cette histoire a pour principal protagoniste leur officier supérieur, gravement piqué par un insecte vénéneux.
En 2003, une autre jeune Palestinienne, née vingt-cinq ans après les faits (en partie le détail mineur du titre) décide d'enquêter sur cette affaire. Elle progresse difficilement, de nombreux obstacles se dressant sur sa route (points de contrôle, nécessité de dissimuler le vrai but de son périple, solitude). Comme elle, nous passons par des hauts et des bas émotionnels et une angoisse sourde nous oppresse.
A la fin, j'ai ressenti ce roman comme onirique ou plutôt cauchemardesque et surréaliste. A vrai dire, cette conclusion m'a un peu désarçonnée.
Mais quelle magnifique photo de couverture, bien en raccord avec ce roman et qui pourrait même expliquer cet épilogue.
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Ce roman met en miroir deux histoires séparées d'une cinquantaine d'années.
La première évoque le crime d'une jeune Bédouine commis par des soldats israéliens dans le désert du Negev. La seconde met en scène une Palestinienne qui découvre l'existence de cette vieille affaire et souhaitant en savoir plus, part à la recherche d'informations .

Les événements concernant le crime remontant à l'époque de la création de l'état hébreux, racontés du point de vue du commandant israélien, sont consignés minutieusement à travers une multitude de détails insignifiants et répétitifs sans laisser de place aux pensées, aux émotions, ni même aux noms, pratiquement sans paroles si ce n'est que pour laisser place à un discours glorifiant la mission sioniste. Cette froide impassibilité du langage installe une sensation de répulsion et d'horreur extrêmement déconcertante.
La recherche de la jeune femme palestinienne de Ramallah, interpellée par le fait que le crime s'est produit précisément vingt-cinq ans avant la date sa naissance, l'amène à s'aventurer en territoire inconnu. Malgré sa peur intense, pour consulter les archives d'un musée situé bien au-delà de la zone autorisée par sa carte d'identité, elle doit franchir toutes les barrières qui se dressent sur son chemin. Checkpoints, contrôles volants, colonies, mur, nouvelles routes; pour qui réside dans la zone A et doit se rendre dans la zone C, circuler relève du parcours du combattant. Son périple rend compte des difficultés, voire des dangers, à vivre en territoires occupés. Dans les dernières pages du roman, elle franchit une dernière ligne vers un lieu de pure terreur.

Si ces histoires semblent au premier abord distinctes l'une de l'autre, leurs arcs narratifs les fait converger dans un climat d'anxiété écrasante. L'ensemble riche en détails, similitudes et métaphores, captive autant qu'il dérange aussi bien par son fond que par sa forme singulière. Une lecture qui rappelle que bien souvent le diable se cache dans les détails...
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Publiée à 3 reprises par Actes Sud, la palestinienne Adania Shibli semble privilégier les textes courts (autour de 120 pages) qui n'en ont pas moins une réelle intensité. Un détail mineur part d'un crime de guerre, datant de 1949, mais seulement révélé par la presse israélienne en 2003. La première partie du livre est consacré à la reconstitution de ce crime perpétré par l'armée israélienne, à l'endroit d'une jeune bédouine, dans le droit fil d'une politique de l'époque, destinée à "nettoyer" le désert du Néguev des populations arabes. le style de ces pages est glacial et horriblement précis. Changement de ton dans la deuxième partie de l'ouvrage qui s'attache aux pas d'une jeune femme d'aujourd'hui, qui s'intéresse à ce vieux "fait divers" et qui entreprend un voyage de Ramallah au Néguev, franchissant un à un les barrages, en tremblant. La plume de l'écrivaine se fait alors sarcastique et railleuse, décrivant par le détail la condition des palestiniens, sous contrôle et confinés dans un territoire donné. le livre frappe par sa rigueur chirurgicale et sa manière détournée mais efficace pour évoquer un système qui fonctionne sur l'oppression et la privation de libertés. Ses qualités littéraires et narratives sont indiscutables mais sa brièveté est frustrante, autant qu'un dénouement assez peu satisfaisant.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Ce récit est l'histoire vraie d'un crime de guerre qui ne sera révélé que des décennies plus tard par la presse israélienne. Un récit dévastateur du début à la fin.

1949. Dans le désert du Néguev écrasée sous la fournaise du mois d'août, une jeune fille palestinienne est capturée, violée, abattue puis enterrée par des soldats israéliens.

Ce 'détail mineur' s'inscrit dans l'histoire plus large d'un peuple soumis aux souffrances les plus effroyables, un peuple prisonnier sur ses terres, un peuple qu'on est entrain d'effacer de l'histoire.

Ceux qui souhaitent connaitre ce qu'endure le peuple palestinien, c'est ce genre de livres qu'il faut lire.

Le martyre de ce peuple n'a pas commencé le 7 octobre 2023 mais il y a 75 ans.
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Je pense qu'il s'agit ici de ma première lecture d'une autrice palestinienne. L'histoire se revient sur un fait révélé par la presse il y a quelques années sur le viol et l'assassinat d'une jeune bédouine pendant la guerre d'Indépendance de 1949 par les troupes israéliennes. Ce roman à la double chronologie met également en scène, une jeune femme palestinienne qui va être soudainement obsédée par ce crime, jugé "détail mineur de l'histoire" et va prendre tous les risques pour retourner sur les lieux du crime. L'autrice met en avant ici la douleur d'un peuple palestinien, exilé de ses propres terres, sa perte de repères, d'histoires - les voici condamnés à avoir les bons papiers pour se déplacer de territoire en territoire. Un texte touchant, sensible et très bien écrit. L'autrice montre la souffrance d'un peuple sans condamner l'autre.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Rien ne bougeait, sauf le mirage. De vastes surfaces dénudées s’étageaient jusqu’au ciel, frémissantes et silencieuses. L’éclat du soleil de l’après-midi effaçait presque les lignes de leurs hauteurs sablonneuses à l’ocre blême.
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«  Ce n’est pas le canon qui vaincra, c’est l’homme.  »
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