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Dorian Machecourt (Illustrateur)
EAN : 9791094902035
300 pages
Éditeur : Nitchevo Factory (23/02/2016)

Note moyenne : 4.93/5 (sur 15 notes)
Résumé :

Au travers d’une boîte de palissandre que les écrivains se transmettent secrètement depuis des siècles ~ des calligraphies du roi des Djinn, même sur un parchemin frauduleux, et de la dialectique des céramistes Satsuma dans le salon de Klimt ~ des bouquets de fleurs blanches envoyées par un père à sa fille, et des visages du Green Man dans des bois interdits ~ des voiles des navires qui filent vers le port, enflées par les chants des passagers, et de la voix... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bookworm84
  07 janvier 2020
Cela faisait longtemps, très (trop) longtemps que je n'avais pas parcouru les sentiers d'encre tissés par Léa Silhol. Elle fait pourtant partie de mes auteurs préférés mais, je ne sais pourquoi, j'ai passé plusieurs années sans ouvrir un seul de ses livres, qu'ils aient été déjà lus ou non. Mais quelques fois, prendre le temps avant de revenir vers un auteur ou une autrice qu'on apprécie particulièrement ajoute à l'intensité de la lecture. En ce début d'année, alors que je cherchais quel livre allait constituer ma première lecture de l'an neuf, mon choix s'est ainsi porté vers Sacra : parfums d'Isenne & d'ailleurs, opus un. le recueil de Léa Silhol attendait patiemment sur mes étagères que je vienne enfin ouvrir son écrin pour en découvrir les trésors.
Certaines personnes pratiquent la bibliomancie. Cela consiste à choisir un livre au hasard, à l'ouvrir à une page au hasard puis à tirer du passage ou de la phrase ainsi lue un oracle. C'est à cela que j'ai pensé lorsque j'ai parcouru les premières lignes de ce recueil, bien que mon choix n'ait rien du au hasard. Ces phrases-là, c'était comme un message de l'Univers, alors que je retrouvais le plaisir d'écrire et ces fameuses fulgurances d'inspiration, cette fièvre créatrice que je croyais à jamais perdues ; un message qui me confirmait que décidément, j'avais bien choisi ma première lecture de l'année 2020 :
"Je me suis souvent demandé d'où vient la magie des écrivains. Cette espèce de transe d'où jaillissent les mots. Des mots qui se font phrases, se font chants, et hissent hors du néant la trame construite des histoires."
C'est ainsi que commence la nouvelle À Travers la Fumée. On y suit, via un traducteur, le parcours d'une autrice alors qu'elle reçoit une mystérieuse boîte de palissandre qui cache en son sein un manuscrit. Dans ce premier texte se dévoilent déjà les thèmes qui vont infuser le recueil : la création et, bien sûr, les parfums. Les parfums qui forment le sous-titre du diptyque, les parfums qui donnent une note précise à chaque texte. Et, bien sûr, la frontière poreuse entre réel et irréel, entre modernité brute, rationnelle, et les antiques magies qui pétrissent les mythologies de tous temps. Un très beau texte pour entrer dans le vif du sujet, qui n'est pas là pour mettre à l'aise, bien au contraire, mais pour poser le ton, les thèmes. Quant à moi, rien que les premiers mots m'avaient déjà séduite alors autant dire que le texte tout entier m'a plu ! 🙂
Litophanie nous offre une nouvelle fantasy digne d'un conte. Un conte comme à l'ancien temps, aussi beau que cruel. Luned vient d'avoir seize ans et son père a décidé de lui offrir, en cadeau, un portrait d'elle réalisé en vitrail. Un travail d'artisan qui sera confié à un Isennien. Isenne, là aussi un nom qui figure en sous-titre du recueil. Isenne, une ville que j'avais déjà parcourue précédemment dans des textes de Léa Silhol (j'en reparlerai plus loin dans cette chronique). Ici, point de balade dans les rues de cette cité d'Artisans, car c'est l'artisan qui vient au château où vit Luned. Mais l'enchantement du premier texte, s'il a changé de temporalité, de lieu et même de thématique (encore que… l'on y parle de création aussi à l'arrière-plan, à travers la conception de ce vitrail), reste intact.
Là où Changent les Formes nous emmène cette fois bien en Isenne. J'ai retrouvé avec délices cette nouvelle familière, parue auparavant dans le numéro d'Emblèmes consacré au Rêve. C'était alors la première fois que je parcourais, guidée par l'autrice, les rues d'Isenne, Cité des Artisans, aux côtés d'Estel qui y revenait après des années passées au loin. C'est aussi avec ce texte que j'avais rencontré pour la première fois la figure de Morphée vue par Léa Silhol. Une interprétation de la divinité grecque qui m'avait laissée le souffle coupé. Autant dire que cette relecture m'a enchantée !
Changement de cap – mais on reste proche de Morphée, puisque les rêves y prennent grande place – avec le Rêve en la Cité, hommage de l'autrice au cycle d'Elric de Michael Moorcock. Je n'ai jamais lu ce cycle mais cela ne m'a pas manqué à la lecture de cette nouvelle – je pense cependant que, si vous connaissez cette oeuvre, vous découvrirez sans doute des références et des subtilités dans le texte qui m'auront échappées à cause de cette méconnaissance.
Arrive une novella qui m'a laissée pantoise. Gold se déroule au début du XXe siècle, dans la Vienne fourmillant d'artistes. Nous y suivont Izôkage Hakugin, un céramiste japonais spécialisé dans l'art du Kintsugi, ainsi que ses échanges avec Gustav Klimt. Des échanges où les affres de la création, du succès dans son art et de ses conséquences, du lien entre l'artiste et son art comme l'artiste et son public, de l'aliénation que cela peut parfois créer, tous ces thèmes qui n'en sont qu'un sont parties prenantes de ces conversations. Il n'y a aucune once de fantastique ou de fantasy dans ce texte – hormis, peut-être, un léger écho, aussi évanescent qu'un flocon de neige, à la nouvelle La Loi du Flocon qui figure au sommaire du recueil Contes de la Tisseuse. Gold est également lié à Lyron d'Anrheim, personnage du Lied d'intransigeance (nouvelle au sommaire du recueil Conversations avec la mort) et permet de connaître la suite de son destin. Pas d'inquiétude cependant si vous n'avez lu aucun de ces deux textes, malgré ces liens – surtout pour le Lied d'instransigeance – l'histoire de Gold reste tout à fait compréhensible en elle-même, puisqu'un bref rappel des événements parus précédemment sont glissés au fil des lignes. Une novella magnifique, aux thèmes évocateurs, sans concession, infusés de la Vienne artistique du début du siècle et de l'art japonais du Kintsugi, une novella qui laisse de nombreuses réflexions se dérouler, bref, si le recueil ne comporte – à mes yeux – que des pépites, Gold la bien-nommée est LA pépite entre les pépites !
Retour en Isenne avec Trois Fois, un texte que j'avais pu lire il y a longtemps lors de sa première parution. Je retrouve avec bonheur la cité des Artisans, même si cette fois-ci une créature inquiétante s'en mêle. La figure vampirique du texte n'est cependant pas ce qui m'a le plus intéressée mais j'ai beaucoup apprécié l'originalité de sa mise en scène. En revanche, j'ai littéralement eu le souffle suspendu – malgré ma connaissance du dénouement – par le duel de Payne avec cette Dame Rouge, duel absolument splendide, ainsi que par tous les petits cailloux semés par l'autrice pour nous indiquer les origines d'Isenne. Si la Cité conserve encore des secrets, quelques voiles sont ici soulevés, et pas des moindres !
Après les deux novellas du recueil, retour au texte court avec Under the Ivy. Cette fois, encore, pas de magie. Malgré tout, la figure du Green Man sourd de la description sensuelle de la forêt par le personnage principal, Ivy. Ivy ou Eve, à qui l'on interdit ces bois sauvages, anciens. Mais la nature indomptée de la jeune fille est irrésistiblement attirée, depuis toujours, par cette forêt. Chant d'amour pour les bois intouchés, chant de la nature féminine et sauvage, Under the Ivy nous donne à rencontrer une jeune fille au caractère piquant et libre.
Magnificat boucle magnifiquement le récit. Béata rencontre Ada à Prague pour lui demander de lui déchiffrer un manuscrit persan. Un manuscrit qui aurait été rédigé de la main d'un Djinn. Cette nouvelle oscille entre réalisme magique et fantasy urbaine des années 40. Elle tourne autour du concept de l'extase, cette fois. Préparez-vous, car suivre les pas d'Ada, à l'instar de Béata, ne laisse pas indifférent. Pour ma part, j'ai refermé le recueil – et donc ce texte – avec une sensation de vertige et d'éblouissement, comme envoûtée. Je n'en dirai pas plus sur Magnificat car je pense qu'il nécessite d'être lu dans son entier pour en saisir pleinement chaque détail. C'est comme si chaque texte précédent nous préparait à ce final tourbillonnant.
Ce premier opus du diptyque Sacra est plus qu'un coup de coeur, c'est une expérience de lecture qu'il m'a été donné de vivre. Autant vous dire que je ne vais pas mettre longtemps avant de lire un autre ouvrage de Léa Silhol. Il me tarde de découvrir d'autres facettes d'Isenne, de humer d'autres senteurs, de parcourir d'autres sentiers de mots et d'encre, dans le second opus : Nulle Âme Invincible.
Lien : https://lullastories.wordpre..
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cyan
  11 mai 2020
Ce livre est un recueil de 8 nouvelles sur le thème de l'extase et, par extension, des sens. L'ensemble des histoires tourne autour de la ville d'Isenne, même si c'est parfois par un lien ténu.
On oscille entre le fantastique et la fantasy, qu'on soit dans notre monde avec des créatures plus ou moins fantastiques ou dans un monde imaginaire où Isenne dévoile certains de ses mystères, à travers des personnages et des intrigues totalement différentes. Mais l'ambiance et la plume donnent au recueil sa cohérence et au lecteur une impression de continuité. Certains détails accentuent cet aspect et font que l'ensemble des nouvelles se lisent un peu comme un roman.
La plume de Léa Silhol est toujours aussi belle et envoûtante. C'est très soutenu, sans pour autant être difficile d'accès. le vocabulaire et les images sont riches et originaux, l'autrice a vraiment un style très particulier qui me séduit à chaque fois. On peut lui reprocher des personnages qui parlent un peu trop comme elle écrit, parfois, mais je dirais que ça correspond bien à l'ambiance générale.
Je ne veux pas en dire plus sur le contenu et ses nombreuses inspirations, ça vaut vraiment la peine de se lancer dans cette lecture sans en savoir trop et même sans lire la 4e de couverture. J'ai vraiment passé un excellent moment avec ce livre, je me suis totalement sentie immergée et j'ai très hâte de lire le tome 2.
Une autrice et des univers qui sortent réellement des sentiers battus et qui valent vraiment la peine d'être découverts. La crème de la crème 🙂
Lien : https://bienvenueducotedeche..
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ceremony
  22 août 2016
Gold est le sommet de ce recueil (qui n'en est pas vraiment un), à la ligne directrice claire, lumineuse et pleine de parfum. Ce livre a plus de clarté qu'aucun autre de Léa, et c'est déjà une bonne raison de le lire, et de le dévorer.
Et puis, il y a Gold et les autres.
De courtes et impactantes histoires, un concentré sur des thèmes qui reviennent... avec des personnages que l'on connait déjà... d'anciennes réminiscences... des passages entre les portes déjà ouvertes. C'est un voyage en terre d'ocre, chez des non-humains, parfois pourtant trop-humain. Tout chez ceux-là est démultiplié, nos petit tracas, nos babioles, chez eux prennent un tout autre rôle, une autre forme; tout est ici familier et si... différent. C'est beau comme de l'or qui coule et glisse entre les doigts tendus, c'est fort comme le parfum dont il est question, et enivrant, toujours. Comme une chanson d'amour qu'on vous offre en vous quittant déjà, ce gout de non-retour et d'espérance.
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Juliettedod
  28 juillet 2017
Que dire de Sacra... Quand je veux faire découvrir l'univers de Léa Silhol à quelqu'un, c'est désormais vers Sacra que je me tourne, tant la richesse de ce recueil, et du suivant, est grande. Les textes sont à l'image de cette magnifique couverture de Dorian Machecourt, d'or et de lumière, d'exotisme, de quête, de rencontre et d'absolu. Ce qui se dégage de la poésie si particulière des mots de l'auteur est captivant et intoxicant. Entre Vertigen, Isenne et Frontier (pour les amateurs de l'univers), on est ici au coeur de la trame. Point d'entrée pour les profanes, et d'expansion pour les initiés.
A découvrir.
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jeanneretc
  29 août 2016
Recueil de nouvelles (4), novelettes (2) et novellas (2), Sacra (volume premier mais se suffisant parfaitement en lui même) présente plusieurs textes de Léa Silhol, dont la plupart inédits.
Chercher à résumer chaque texte serait gâcher le plaisir de la lecture, que le lecteur sache qu'il trouvera en ses pages des portions de l'histoire d'Isenne (une version de Venise fantastique où un pacte avec d'anciennes Puissances permet aux artisans de la ville de produire le verre le plus pure), de nombreux texte sur l'art et ceux qui la font, des textes entre notre monde, aujourd'hui et hier, et ailleurs, et pour ceux qui aiment naviguer la Toile quelques fils à suivre.
Les textes sont tous très bien écrits et, quoiqu'en dise l'auteur, je trouve que Silhol est souvent à son plus haut niveau avec des textes "courts". le premier volume du recueil Sacra est à ce titre, un sans faute. L'auteure laisse voir une vision de l'art, et de l'écriture en particulier, sans consentions et comme impératif s'imposant à l'artiste, dont je ne serais pas surpris qu'il soit sa vision propre (en regardant l'année d'écriture du premier texte du recueil, une histoire d'écrivaine, d'odeurs, de rituels et d'art, je ne peux d'ailleurs que spéculer sur ce qui a présider à l'écriture de cette novelette).
En bref, Sacra est un véritable petit bijoux et j'attend le second volume avec curiosité et fébrilité.
Edit : le lecteur curieux pour se rendre sur facebook afin d'avoir "l'envers du décors" de la première nouvelle du volume et réaliser à quel point les intentions de l'auteure et les projections du lecteur se rencontrent, parfois, et s'éloigne, très souvent...
Lien : https://refletsf.com/sacra-i/
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
psycheinhellpsycheinhell   13 avril 2016
"Je veux m'asseoir sur le rocher de Prométhée. Boire au banquet avec Hector. Chevaucher vers la bataille avec les brigades de Tennyson. Marcher à l'aube dans les jardins neufs d'Antigone. Sentir les parfums de la forge d'Ilmarinen, de Wayland, de Tubal Caïn, même ! Consulter l'Oracle à Delphes. Non : *devenir* l'Oracle à Delphes ! Je veux le goût de ce sang, le parfum des libations, et celui de l'hamartia et de l'hubris, Neil. Plus que tout, oui, courir sur la vague de l'hubris ! Sur la vague déliée qui est un chant, une ode, une épopée en soi ! Je ne veux plus regarder tout ceci au travers d'une vitre embuée. Je veux faire partie des univers dont je me suis faite la scalde. Être à la fin le chaman et non le bateleur."

"A Travers la Fumée"
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psycheinhellpsycheinhell   19 avril 2016
"La lumière poudrée, à travers les hautes futaies, prend une myriade de formes, de couleurs, d'éclats. Il y a un son minuscule dans la façon dont les rayons du soleil poudroient, dans le lent déploiement des feuilles, dans le mâchonnement des racines, loin dans la terre noire. Il n'est pas un seul mètre, ici, qui ne soit un chant, et personne ne reçoit de regard désobligeant s'il l'entonne. Quoi que Mère en dise, c'est bien l'église du début du monde, quand Adam et Eve étaient seuls à jouir du Jardin. Si les hommes sont devenus si sots, si ternes, et si (mal) *habillés* ce n'est pas parce qu'ils ont croqué une pomme : c'est parce qu'ils sont devenus trop nombreux. Le silence des bois ne devrait pas se partager, jamais."

"Under the Ivy"
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EferyEfery   23 avril 2016
Je ne l'ai jamais mieux aimée qu'en silence, et c'est ainsi, alors, que je l'aime encore, et le ferai toujours. En silence, et avec la rime adéquate : à distance.

(Gold)
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EferyEfery   23 avril 2016
Lorsqu'on aime monter, on n'a pas besoin d'objectif ou de leurre. Seulement de l'espace grand ouvert droit devant, et derrière, et au-dessus.

(Under The Ivy)
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Bookworm84Bookworm84   05 janvier 2020
Voilà ma leçon sur le Kintsugi : il est un temps, et certaines circonstances, où les poteries ne sont pas brisées sans raison, si précieuses soient-elles. Et il convient alors de faire la seule chose honorable : les laisser telles qu'elles sont. C'est pourquoi, parfois, on leur rend leur intégrité en les lézardant de métaux précieux, ou qu'on les conserve à l'état de tessons, mais qu'on ne les restaure pas. On ne cache pas le bris, on le surligne, au contraire. C'est vrai pour les céramiques, et c'est vrai pour les hommes.
(Gold)
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