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EAN : 9782020851596
332 pages
Éditeur : Points (27/04/2006)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 161 notes)
Résumé :
Trois fois les Parques ont parlé, et en accord avec leurs prophéties de ruine, Finstern, Roi de la Cour unseelie de Dorcha, doit mourir. Sauf si... Comme une dernière chance, ou un danger supplémentaire, des puissances contraires mettent au monde Angharad, née du printemps et de l'hiver, de l'élan et de la mort. Elle peut contrecarrer le destin de Finstern, ou le précipiter, et s'avance sur l'échiquier en Reine Blanche, porteuse du pouvoir de trancher entre des myri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
facteur84
  23 mai 2010
Une conteuse, une poétesse exceptionnelle dont je viens de finir la lecture de "La sève et le givre".
Une lecture pas forcément facile de premier abords tant le vocabulaire et les tournures de phrases ne sont pas commune. Ce qui la rend tout à fait spéciale. Une fois que l'on a passé le stade de la désorientation, que l'on s'est habitué aux oxymores et descriptions poétiques, et que l'on s'est cramponné au glossaire et au dictionnaire. Tout va bien. On se laisse submerger par l'abondance du langage, la profondeur des sentiments, et la précision du ressentit. Car dés le début on est projeté dans un monde dont on ne connait pas les codes, il faut prendre le train en marche.
L'auteur l'explique très bien et mieux que moi quand les héros passent d'un monde (ou d'une cour féérique) à l'autre. C'est le Vertingen. Un moment entre deux monde ou des ajustements doivent être fait et où on à l'impression d'être déboussolé dans le vide, au de là du vertige et de l'amour. Il n'y a pas de mot humain pour le décrire.
Ce livre n'est pas une banale histoire d'amour. C'est bien au delà. L'auteur y mêle avec talent culture et légendes celtiques, réelle découverte du monde de la Faérie et des fées (masculin et féminin), prophéties des tisseuses du destins connues aussi sous diverses cultures (les Parques sont aussi présente chez les grecs).
Ce n'est pas le stéréotype des fées de Disney. Ici les créatures et les personnages sont assimilés à des entités de la nature, une personnification des éléments avec ce je en sais quoi qui nous fait penser au dieux. Mais cela est très étonnant. Je les ai trouvé à la fois très humains dans leur sentiments et à la fois très éloigné. du fait de leur nature immortelle, leurs émotions et leurs façon de penser sont beaucoup plus profonde et ne sont pas soumis à la même logique ni le même espace temps que les pauvres humains que nous sommes. Un seul mot, une seule oxymore peut décrire beaucoup de chose à la fois et cacher un autre sens.
Ainsi on ressent bien qu'il y a une part beaucoup plus forte et lointaine qui englobe un tout dans chaque personnage que l'on rencontre. Et pourtant chacun personnifie une part bien spécifique d'un élément de la nature.
Elle nous invite dans des cours féérique ou par préjugé on ne penserais pas que cela soit aussi varié en émotions, couleurs, peuplades et sentiments. Ainsi même si les cours d'Hiver et de Dorsha sont des cours d'Ombre. J'ai vraiment été fasciné par la palette de l'auteur pour nous décrire les nuances et les variétés pour l'attirance que l'on ressent pour le noir et l'austérité que l'on ressent pour le blanc et le froid d'hiver que l'on repousserait de premier abord. Ici la nuit devient luminescente et l'hiver attachant et chaud dans les souvenirs comme une terre natale que l'on cherche sans cesse.
La dualité, les contradictions, et les symbioses qui sont dans ce roman ont été au de là d'un cheval de bataille pou l'auteur, puisqu'elle arrive à jongler avec les mots et les caractéristiques des personnages de façon étonnante. C'est avec ce genre de récit (unique) que l'on arrive à mieux comprendre que tout dans la nature et le monde n'est pas fait que de ce que l'on voie. Mais qu'il a eu autre chose avant. Qu'une chose ne peut pas exister sans son contraire, et vice versa. Et que rien n'est figé, tout est toujours en mouvement. Ce qui va à l'encontre des esprits modernes trop cartésiens et trop linéaire des fois.
On se rend compte avec ce que je viens de dire que l'auteur est très imprégné de la mythologie et la philosophie celte. Mais ce n'est pas tout. Car comme les celtes elle a une prédispositions à aimer les chiffres 3 et 9. Des chiffres très important chez celtes. le 3 pour la triple divinité (la grand mère, la mère, et la fille), le chiffre parfait pour les celtes que l'on retrouve de partout et souvent aussi dans la nature des choses visible ou invisible. le 9 pour le côté maléfique mais dans le bon sens, l'unité de tout qui doit finir à la fin de ce chiffre. Et aussi pour la règle des effets retours : par trois fois tu fera quelque chose de bien ou de mal, et par trois fois il te reviendra en bien ou en mal.
Bref j'ai plus qu'adoré. J'utiliserai bien un mot féérique pour qualifier ce roman tellement cela été profond et d'une dimension très large, mais je n'en connait pas. Je me contenterais donc de mot humain qui je crois peuvent convenir à savoir : nirvana et orgasmique.
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Crossroads
  09 mai 2011
La seve et le givre ? précieux et ennuyeux...
Prix Merlin 2003 , diantre , fichtre , ça sent bon le bouquin dont on ne peut décoller ça ! Et si...c'est possible , décollage réussi à 100 pages de la fin ! Il est des livres rares que l'on ouvre avec plaisir mais que l'on referme avec plus grand plaisir encore, heureux de ne plus avoir à se forcer , ne plus avoir à continuer en se disant qu'à un moment ou à un autre , l'on va finir par lui trouver un interet quelconque , que nenni...Quand ça veut pas , ça veut pas...
Le plus triste dans l'histoire , c'est que le canevas est plutot porteur ! Seul mais néanmoins rébarbatif petit souçi , le style ! Il est des personnes dont on dit qu'elles s'ecoutent parler , j'ai personnellement eu l'impression que l'auteur se regardait écrire...Certes , le vocabulaire est on ne peut plus riche mais le style est bien trop sophistiqué à mon gout ce qui explique cette profonde et immediate lassitude quand à ce roman , objet de tant d'espoirs réduits à néant par l'emploi systématique de métaphores , d'images , d'hyperboles...Le style ampoulé et amphatique , tres peu pour moi...J'aime que l'on me dise les choses simplement sans faire montre d'une érudition a tout crin et soporiphique au possible...Etre dans la démonstration , ça, va un moment !
Il semblerait que je sois le seul à n'avoir absolument pas adhéré à cet univers féérique , onirique , poetique , frigoriphique ( et ouais , j'en connais des adjectifs en ique! ) et étant l'exception qui confirme la regle , je suis visiblement passé à coté ( mais alors tres tres à coté ) d'un monument de la Fantasy qui aurait , peut-etre , pu prétendre au prix Merlin en 2003 , allez savoir...
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Malaura
  28 avril 2011
En Féerie, les Parques prédisent les destinées des grands rois des cours d'Ombre et de Lumière. Pour Finstern l'Obscur, monarque d'Ombre, l'une a prédit la ruine, l'autre l'amour.Quant à la 3ème,ses prédictions laissent une chance de contrecarrer les édits du destin avec Angharad, l'enfant double qui porte en elle les pouvoirs de l'Hiver et du Printemps.Elle seule pourra reconnaître Finstern et le sauver. Mais avant cela, Angharad devra elle-même se trouver et savoir qui elle est .
Lire "La Sève et le Givre" s'est entrer véritablement dans l'univers de la Féerie tellement la magie des mots et le style empreint de lyrisme et de poésie de Léa Silhol vous ensorcellent. Impression d'un livre très ancien qui laisse échapper le pouvoir d'un phrasé musical et envoûtant. Couronné par le prix Merlin 2003, un roman qui agit comme un filtre magique ou un sortilège par la beauté des phrases plus encore que par le sujet.
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Elamia
  22 juin 2014
La sève et le givre est sans conteste le plus beau roman qu'il m'ait été donné de lire dans ma vie. C'était un ouvrage dans lequel je désirais me plonger depuis très longtemps, mais je n'en avais pas eu le courage jusque là, découragée par les critiques qui mettaient en garde le lecteur contre un style beaucoup trop sophistiqué et complexe. Il est certes, un peu pénible de rentrer dans l'histoire sans se perdre dans un flot infini de métaphores, de lieux et de personnages. En effet, le vocabulaire est abondant, certains personnages sont désignés sous différents noms, et il est très difficile de se raccrocher à la trame de l'histoire dans ces conditions.
Toutefois, ce roman ne présente pas que des inconvénients et s'il est pour moi l'un des plus beaux ouvrages qui existe, c'est en raison de la beauté qu'il dégage, à travers l'écriture tout d'abord, mais aussi grâce à l'univers imaginé. La féérie est présente du début à la fin, elle est la clé de voûte de cet ouvrage. La vision d'un monde enchanté où les fées sont les gardiennes de la nature et des saisons, est tout à fait l'image que j'avais moi-même de la féérie et du petit peuple. On ressent perpétuellement l'influence des anciennes coutumes celtiques avec des allusions aux fêtes païennes de jadis qui célébraient les solstices, comme la très mystérieuse nuit de Samhain. le glossaire présent en fin d'ouvrage permet au lecteur non initié d'agrémenter ses connaissances ésotériques. La nature nous offre ici ses plus beaux atours et même si ce livre a l'air d'un massif de ronces inextricable, je vous assure que sa lecture n'est pas insurmontable et qu'elle peut enchanter aussi bien le lecteur féru de fantasy que le lecteur sensible à la poésie et à la magie.
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cyrillius
  28 mars 2010
Un roman magnifique qui nous plonge dans un monde magique, poétique. Avec une histoire émouvante comté par un barde à la manière d'une chanson de geste. Ce livre est avant tout un fabuleux hommage au genre et prouve que l'on a pas besoin de passer outre-atlantique pour y trouver un bon roman de fantasy.
Ecrit dans un style où des contraires tels que l'ombre et la lumière, les forces du printemps et celles de l'hiver, mais aussi le bien et le mal s'affrontent pour que règne à la fin un équilibre. Comme le dit si bien le barde: « une lumière sans ombre n'aurait pas de raison d'être, et aucun charme »(page 53).
Léa Silhol croise et dénoue toute une tradition de légendes, de mythes et de contes merveilleux afin de créer un univers mythique rempli de personnages pleine de failles comme les aiment l'auteur.
On peut comparé ce livre à une orange. Pour manger l'orange il faut tout d'abord enlever l'écorce: c'est ce qui se passe lorsqu'on lit pour la première fois ce livre racontant l'histoire d'un amour pas tout à fait banal. La chaire de l'orange, elle, correspond à toute la symbolique qu'il y a derrière chaques phrases et cela on le découvre seulement à la relecture. « N'oublie jamais, celui qui croit savoir n'apprend plus » disait Ellana à son apprenti dans le Pacte des Marchombres de Pierre Bottero. Et en effet on a plutôt tendance à oublier cette règle.
Bref on ne se lassera jamais de lire cet oeuvre car il y a tellement de choses à apprendre.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
laulauttelaulautte   27 mai 2020
A certains stades de notre vie, nous devons habiter des prisons. Les lieux sans portes sont périlleux.
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laulauttelaulautte   26 mai 2020
Se retourner, c'est abjurer, c'est redescendre en enfer ; tout acte de foi se fait le dos tourné, et elle le savait par cœur, quoique la leçon fût toujours amère.
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laulauttelaulautte   26 mai 2020
Il eut été meurtrier, alors, de croiser son chemin, car comme toutes les formes de vies qui relèvent plus des éléments que de la biologie, les fées peuvent être aussi cruelles que le climat. Ou que Dieu lui-même. Elles sont appelées à faire le mal comme le bien, sans distinction.
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laulauttelaulautte   25 mai 2020
Les guerres des fées, quoiqu'elles soient âpres et cruelles, sont des jeux grandeur nature, des pièces de théâtre, des combats pour rire. Il y manque le sel de l'inéluctabilité et le piment de la tragédie. A vos oreilles de mortels la chose doit sembler absurde, peut-être même choquante, et pourtant... lorsque l'on y songe, le fait d'ôter la vie est un acte qui recèle autant de puissance intrinsèque que le fait de la donner. Rien, plus que cela, cette "ouverture des Portes" dans un sens ou dans l'autre, ne rapproche les hommes de la Création, ne rapproche les hommes de Dieu. Et les êtres de Féerie ont avec la Création, et avec Dieu, des rapports complexes.
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laulauttelaulautte   25 mai 2020
Car l'amour aveugle, cela est bien connu. Mais lorsque l'on évoque ceci, l'on croit à tort qu'il ne s'agit là que de cet éblouissement qui nous fait parer de tous les charmes la personne aimée. Il y a plus : l'on ne voit plus avec la même acuité des sens ou la même clarté d'esprit la nature des choses qui se déroulent autour de nous.
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