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Philippe Giraudon (Traducteur)
ISBN : 2080689134
Éditeur : Flammarion (03/01/2006)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 104 notes)
Résumé :
A Londres en 1820, lord Geoffroy Loveall recueille un nourrisson. En l'adoptant sa mère et lui espèrent déjouer les plans de leur cousins qui souhaitent hériter du domaine familial. Lady Loveall s'aperçoit avant de mourir que l'enfant est un garçon mais sir Geoffroy persiste dans son erreur et le fait élever comme Rose la future lady Loveall. A l'adolescence le scandale éclate et Rose s'exile.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  14 avril 2008
Misfortune
Traduction : Philippe Giraudon
C'est dans l'une de ses chansons, "Miss Fortune", que l'auteur a puisé l'inspiration pour ce roman qui a pour cadre l'implacable époque victorienne. Les relations hétérosexuelles n'y étaient déjà pas vues d'un bon oeil, alors, l'homosexualité, voire pire : la bisexualité, surtout masculine, on devine aisément quels jugements on portait alors sur elles - quand on acceptait d'en parler, évidemment.
Cet épais roman, illustré çà et là (lettrines des chapitres et cartes) par Wesley Stace lui-même, évoque les grandes productions littéraires de l'époque dickensienne. Il en a les thèmes de base : l'enfant illégitime et rejeté qui aurait dû mourir mais est recueilli par un bienfaiteur inattendu ; les jalousies des autres héritiers du bienfaiteur ; une captation d'héritage et, bien entendu, un retournement de situation qui sauve le héros.
Le prologue, qui voit le jeune Pharaoh, petit valet à tout faire d'une faiseuse d'anges, traverser un Londres terrifiant de misère pour aller se débarrasser sur un tas d'ordures du supposé cadavre d'un nouveau-né, ainsi que les trois premières parties, qui racontent dans l'ordre le sauvetage du nourrisson par un jeune aristocrate qui rêve d'avoir un enfant - une fille - sans se voir contraint de procréer, l'installation du nouveau-né (en qualité de bébé mâle) à Lovehall, le récit de son enfance et de son adolescence avec ses premières réflexions qu'il ne peut manquer de se faire sur son identité sexuelle et enfin le triomphe des Affreux Héritiers à la mort de lord Lovehall, tout cela est très bien mené et dans la droite ligne de ces histoires dont raffolaient les victoriens - et que nous continuons de célébrer, mais modernisées, sous la forme des soap-operas américains.
Là où ça commence à pécher un peu, c'est dans les deux dernières parties, lorsque Rose (le héros-héroïne) s'enfuit de Lovehall, puis finit par être accepté par la moitié de sa famille "adoptive" qui désapprouve les agissements des Affreux Héritiers. Rapatrié à Londres chez ces braves gens, il y retrouve sa mère adoptive (afin que sa "fille" eût une véritable enfance, lord Lovehall avait épousé sa bibliothécaire) et la famille de l'intendant du domaine. Signalons d'ailleurs qu'il est amoureux de la fille de l'intendant, qui fut, avec son frère, Robert, sa compagne de jeux : Sarah. La romance s'affirme et personne n'y trouve rien à redire bien que Rose préfère s'habiller en femme. Sarah se retrouve même très vite enceinte.
De rebondissement en rebondissement, il appert, à la fin du livre, que Rose est bel et bien un descendant direct des seigneurs de Lovehall. du coup, les Affreux Héritiers doivent lui restituer ses biens. Et tout est bien qui finit bien. Dans l'épilogue, Rose Old Lovehall meurt, quasi centenaire et n'ayant jamais renoncé à sa double nature, induite plus par l'éducation que par sa nature physique.
Ca se dévore plus que ça ne se lit, l'auteur tient son héros en haleine de bout en bout mais certains détails font tiquer. Par exemple le fait que, à Londres, Rose puisse déambuler habillée en femme. Elle le fait voilée, certes mais il lui arrive de retirer ce voile. Selon moi, à l'époque victorienne, un sergent de ville aurait été tout de suite appelé par une bonne âme : le livre escamote ce problème.
De plus, si la réflexion sur l'identité sexuelle (naturelle et/ou conditionnée) est très, très intéressante, on reste tout de même sceptique sur l'absence de tendances homosexuelles chez Rose. Adolescente, elle manifeste une attirance envers Sarah mais pour le lecteur, qui sait bien que Rose est en vérité de sexe masculin, il n'y a là aucune trace de lesbianisme.
Il existe cependant une scène très ambiguë - la seule qui évoque une homosexualité possible - lorsque Rose révèle à son cousin qu'elle appartient en fait au même sexe que lui.
Bref, un bon roman populaire, qu'on prend un réel plaisir à lire mais qui, à mes yeux en tous cas, ne tient pas toutes ses promesses.
PS : le style est assez dense et respecte, lui aussi, l'ambiance générale. ;o)
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charlottelit
  30 août 2012
la palme de l'ennui : roman de gare à l'eau de rose (enfin, je suis bienveillante)
impossible d'aller au delà de la page 50
déçue que les critiques m'aient fourvoyée
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annec44
  23 octobre 2015
J'ai suivi avec grand intérêt la vie mouvementée et peu ordinaire de Rose Loveall, son enfance heureuse malgré une situation peu orthodoxe, la découverte de la vérité la concernant, ses relations avec une famille particulièrement acharnée, et surtout, la rencontre avec sa conscience.
Rose a été élevée comme une fille, alors qu'elle est un garçon, et ce en réponse à la volonté de son père adoptif.
Celle-ci n'a découvert la vérité qu'à son adolescence. Comment faire face et s'accepter quand on sait que cela remet en cause les liens de l'amitié créés durant l'enfance, la perennité de sa famille dans le château : Rose s'est trouvée désemparée et a préféré fuir.
Le style mêle les codes classiques de la littérature victorienne à une syntaxe beaucoup plus libre propre à la littérature contemporaine. Ce mélange crée un petit cocktail que j'ai trouvé fort agréable, drôle et émouvant, et qui m'a donné envie de connaître l'histoire de Rose.
J'ai un peu moins apprécié la partie relatant la fuite de Rose, sa retraite loin de son pays natal, vécue comme un piège.
Cependant, le tout reste cohérent et permet d'aboutir à une fin heureuse bien qu'inattendue.
Une lecture drôle, rythmée, émouvante et hors du commun.
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luocine
  04 juillet 2011
L'été, j'aime bien lire des bons romans, un peu longs qui m'entraînent dans des univers différents du mien. Je n'aime pas trop les romans historiques, je traînais donc dans ma bibliothèque préférée (à Dinard) et la bibliothécaire, m'a proposé celui-ci, en me disant « ce n'est pas ton genre mais ça peut te plaire ».
Elle a gagné, je m'y suis plongée et je n'en suis sortie que quatre jours plus tard.
C'est un roman pastiche des romans Victoriens.
Tout y est : les bas fonds de Londres, la richesse et la décadence de la noblesse anglaise, les histoires compliquées d'héritage et l'enfant que l'immonde oncle croyait avoir assassiné et qui réapparaît. Et même le Happy End final. On a tous lu des histoires similaires dans son enfance ou adolescence.
Cela permet de soutenir l'intérêt du lecteur , car l'histoire est touffue et souvent sordide , mais le côté novateur et passionnant de ce roman, c'est la construction de la personnalité de Rose Des circonstances exeptionnelles ont obligé cet enfant puis adolescent à garder l'apparence d'une fille alors qu'il était un garçon. Et cela pendant 17 ans !!

C'est très bien raconté, on s'attend toujours à une catastrophe qui arrivera finalement.


Les différents cadres où se passe l'action sont très importants pour ce roman, j'ai vraiment cru que ce château était réel, il correspond à des images tellement classiques vues au cinéma ou dans des illustrations que, finalement, il existe bien dans l'imaginaire de chaque lecteur.
Il y a un passage où j'ai lâché prise, c'est lorsque le personnage arrive en Turquie pour retrouver la source d'Hermaphrodite, j'ai alors lu en diagonale.


Si cet été vous avez envie d'un roman ,celui-là n'a d'autres ambitions que de vous embarquer dans la fiction et dans vos souvenirs de Dickens, en même temps il vous fera réfléchir sur la construction de la personnalité d 'un être humain.



Lien : http://luocine.over-blog.com/
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LiliGalipette
  03 juillet 2009
Roman de Wesley Stace.
Le jeune Lord Loveall ne s'est jamais remis de la mort de sa soeur Dolorès. Vivant avec son souvenir, il ne songe pas à fonder une famille, ce que lui reproche sa mère. le jour où il trouve un bébé abandonné, il croit que tout est réglé. le bébé est un garçon, mais dans sa folie, Lord Loveall l'élève comme une fille. Rose Loveall grandit dans un monde d'amour et de secrets. Jusqu'au jour où les premières révélations retentissent.
Je me suis interrogée un moment sur ce livre. L'auteur est-il un fou ou un génie? Ou les deux... Sans cesse, la narration semble tirer le lecteur vers le secret, puis se dérobe. Ce texte est excellent, l'histoire originale, et l'atmosphère de mystère qui plane est délicieuse. le malaise du personnage principal est palpable. Je relirai ce texte, c'est certain.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
line70line70   27 mars 2011
«En cette vie, nous pouvons, dans une certaine mesure, jouer n'importe quel personnage de notre choix.» Ainsi parlait Boswell. C'est le dictionnaire de Johnson qui m'a rappelé cette phrase. J'ajouterai qu'on peut recommencer sa vie à tout instant que l'on a choisi. Aujourd'hui, par exemple, mais jamais demain. On ne peut pas attendre jusqu'à la fin de sa vie pour la changer. Il faut le faire dès maintenant.
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luocineluocine   04 juillet 2011
Sa mère ne s’intéressait pas aux enfants, et encore moins aux siens qu’à ceux des autres. Elle détestait les toucher….. À ses yeux, l’enfance n’était que l’état ennuyeux après lequel la conversation devenait possible. Encore faut-il avouer que Lady Loveall avait plus besoin d’un muet admirateur que d’un interlocuteur.

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MissAlfieMissAlfie   10 juillet 2016
Les membres de ce club n'ont rien en commun avec moi et je ne rechercherai pas leur compagnie. Ils se livrent à un simple passe-temps. J'imagine qu’ils se plaisent à se déguiser en femme. Mais moi, je ne me déguise pas. On ne peut imiter ce qu'on est vraiment, Victoria, et c'est vraiment moi que vous avez en face de vous.
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luocineluocine   04 juillet 2011
Après avoir porté le deuil de son époux - une année en noir, deux en gris puis encore deux en gris clair-, lady Loveall était passé directement à celui de sa fille, puis à celui de sa sœur, avec qui elle était brouillée. Quand elle eut épuisé les ressources des autres, elle porta son propre deuil.

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MissAlfieMissAlfie   10 juillet 2016
Je lisais le plus que je pouvais avant de me laisser glisser dans le sommeil, comme si je sombrais entre les couvertures du livre lui-même, avec une lenteur délicate. Je lisais et relisais la même phrase jusqu'au moment où les mots se mêlaient, se confondaient sous mes yeux, dans ma pensée, tandis que mes paupières se fermaient irrésistiblement.
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