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EAN : 9782264062543
408 pages
Éditeur : 10-18 (20/03/2014)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 38 notes)
Résumé :
L’histoire commence en 1844 quand, après un premier mariage désastreux qui s’est terminé par la folie et la mort de son mari, Isabella, jeune femme de bonne famille, mère d’un enfant en bas âge, épouse sans joie l’ingénieur et industriel Henry Robinson, personnage qui se révèle vite acrimonieux et cupide. Le couple, qui aura deux enfants, s’installe à Edimbourg. Isabella y fait la connaissance d’Edward Lane, "fascinant" jeune homme de dix ans son cadet. Juriste puis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
iris29
  01 février 2020
Ce roman raconte l'histoire vraie d'une des premières demandes de divorce qui a eu lieu sur le sol anglais, en 1855.
Monsieur Robinson tombant sur le journal intime de sa femme, y découvre, horrifié, le récit d'un adultère ( celui de sa femme et son médecin), ainsi que l'inclination qu'a eu celle-ci, pour les deux précepteurs de ses fils. Il y découvre aussi ce qu'elle pense de lui, et son profond malheur dans ce mariage. Sa fureur sera égale à l'affront qu'il estime avoir subi...
Je savais, grâce aux romans de Jane Austen , puis plus tard, grâce à ceux d'Anne Perry, le peu de poids qu'avaient les femmes à cette époque, mais j'ai encore appris des choses...
Edifiantes, révoltantes...
Ce brave époux, horrifié par la conduite de sa femme ( qui reste à prouver...) trouvait normal de demander le divorce pour adultère , alors que lui-même menait une double-vie, ( double-vie qui lui a donné deux filles... ).
Et la société , de donner raison à ce pauvre mari, (société masculine )...
Grâce à un travail de recherches phénoménal (extraits de procès, de journaux, courrier...), l'auteure a pu reconstituer non seulement la vie de cette pauvre femme , mais aussi, redonner vie à une époque, car Isabella, érudite, était amie avec certaines personnalités.
Histoire de la médecine ( neurosciences, gynécologie, cures de repos...) , histoire de la littérature, car ce procès retentissant a donné lieu à des oeuvres littéraires ou en a influencées certaines ( W Collins)... On y croise Dickens, Darwin...
Intéressant, instructif et très souvent révoltant, je suis ressortie de cette lecture, en remerciant la vie, de m'avoir fait naître en France, au 20° siècle ...
Challenge Plumes féminines 2020
Challenge Multi défis.
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artemisia02
  12 avril 2020
Lecture en demi teinte, une première partie ennuyante mais j'ai bien fait de persévérer rien que pour la deuxième partie consacrée au procès.
La condition des femmes au milieu du 19eme siècle en Angleterre est affligeante : un monde d'hommes fait par les hommes et rien que pour les hommes. Une femme appartient à son père puis à son mari, une femme n'a aucun pouvoir de décision. Si elle exprime le moindre désir ou aspiration d'ordre sexuelle, elle est vite cataloguée malade (une liste de maladie réelles et imaginaires) expliquant ses déviances, et elle risque d'être internée.
J'en passe et des meilleures, pour vous faire une idée, grosso modo pour obtenir le divorce un homme doit prouver que sa femme l'a trompé une fois, mais pour une femme elle doit prouver que son mari l'a trompée 2 fois et une autre faute qui est listée.
Une telle hypocrisie est impressionnante dans cette société où seule la réputation compte et où les hommes peuvent se débarrasser facilement de leur femme dont il ne veulent plus en les laissant quasiment sans le sou, car l'homme dispose des biens de sa femme, et sans ses enfants.
Je salue le travail de l'auteure pour ses recherches sur Isabella Robinson et sur le procès intenté par son mari pour obtenir le divorce pour adultère en s'appuyant sur le journal intime de sa femme. Et comble de l'hypocrisie, son mari avait une maîtresse avec qui il a eu deux enfants illégitimes.
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Souri7
  24 septembre 2016
C'est après ce genre de livre qu'on se rend vraiment compte de l'évolution des droits de la femme et de la bénédiction de l'époque dans laquelle nous vivons.
Ce livre est basé sur des faits réel et se présente sous la forme non pas d'un roman ou d'un enquête mais d'un docu-fiction vraiment pas mal (notamment la seconde partie ayant trait au procès en lui-même ). Des extraits de lettres, d'articles de journaux, du journal intime de Mrs Robinson sont insérés dans le récit, permettant une vraie plongée dans l'Angleterre de cette époque. Cela apporte également une humanité aux protagonistes de ce procès.
La première partie est un peu "bourrative" de part de nombreuses disgressions sur des sujets souvent secondaires (l'hydrothérapie, la phénologie) apportant une lourdeur au récit... Par contre, la seconde partie concernant le procès lui-même est passionnante à lire !
J'ai appris de nombreuses choses sur le divorce comme :
- un homme peut obtenir le divorce si sa femme est adultérine
- une femme, elle doit prouver l'adultère de son époux, la violence à son encontre, la maltraitance et l'abandon du foyer...
Nota Bene : le livre est moins volumineux qu'il n'y parait... en effet, environ 30% du livre sont des notes de bas de pages.
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Grifferouge
  26 septembre 2016
Après l'Affaire de Roadhill House, voici le deuxième opus de Kate Summerscale qui fait de nouveau une plongée dans un fait divers victorien. Dans La déchéance de Mrs. Robinson, nous sommes en présence d'une femme de la bonne société britannique qui s'ennuie à mourir. Inexistante aux yeux de son mari si ce n'est qu'en tant que porte-monnaie, elle met sur papier ses états d'âme de mère mais surtout de femme. Elle se sent tellement seule qu'elle s'imagine des relations ambigües avec d'autres hommes qu'elle rencontre au gré de sa vie. Amis de la famille, précepteurs de ses fils, tout homme qui semble un tant soi peu isolé et d'aspect « romantique » devient l'objet du désir de Mrs. Robinson.
Pour exemple, le cas du Dr Edward Lane. Ami très proche de la famille Robinson, il est un médecin reconnu et apprécié et est lui-même marié et père de famille. Pendant des années et des années Isabella Robinson va fantasmer sur ce séduisant médecin, bien sous tout rapport et épancher ses sentiments à son égard dans son journal intime jusqu'à ce qu'un jour, le fantasme devienne réalité et qu'ils tombent tous deux dans une passion éphémère.
M. Robinson tombe bientôt sur ces journaux intimes, décide de demander le divorce et bientôt la vie privée d'Isabella est jetée en pâtures aux journaux et autres avocats et médecins précurseurs en matière de psychiatrie. Pourquoi ? Car, dans les années 1850 – 1860, il ne fait pas bon être une femme laissant vagabonder son esprit dans des limbes érotiques ou au moins romantiques. C'est un signe de dégénérescence voire même de folie. Une femme de la bourgeoisie victorienne doit savoir se tenir, être d'agréable compagnie et surtout, doit se plier à toutes les volontés de son époux aussi monstrueux soit-il.
Kate Summerscale nous présente donc de nouveau, sous couvert de rapporter un fait divers « classique » de l'époque, une véritable étude anthropologique de l'Angleterre victorienne. La famille, le cercle amical, les bons usages en société, la nombreuse correspondance que ce doit d'avoir une femme de ce statut, son effacement face à la figure paternelle puis maritale, son hystérie supposée si elle choisi d'avoir une vie sexuelle épanouie : tout est épluché par K. Summerscale.
Et toutes ces informations, nous les devons aux journaux intimes de cette femme et j'avoue, la lecture de cet ouvrage ne m'a pas permis de savoir si il y a une part de vrai dans ce que raconte Mrs. Robinson. Est-elle tellement frustrée dans sa vie de femme qu'elle s'imagine des relations charnelles ou romantiques avec des hommes (plus jeunes qu'elle) ou est-elle sincère dans ses écrits privés et donc a-t-elle eu une relation avec le Dr Lane ? le lecteur ne le sait pas car lors du procès en divorce institué par son mari, elle niera avoir jamais eu de relations avec le Dr Lane mais est-ce pour le protéger lui et sa famille ? Protéger sa réputation de médecin ? Ou bien, elle nie car rien ne s'est véritablement passé entre eux si ce n'est dans l'esprit d'Isabella.
A la lecture de cette histoire, le lecteur est assez ambivalent face au comportement de Mrs. Robinson. On n'arrive pas à savoir si elle est foncièrement stupide à écrire à tout bout de champs ses envies, ses rencontres, ses états d'âme et ses fantasmes (au risque d'être pincée) ou si c'est une affabulatrice de première qui s'est créer un monde de chimères tant sa vie quotidienne est assommante.
Finalement, Mrs Robinson et son supposé adultère ne sont que prétexte pour nous plonger dans l'étude des moeurs de la bourgeoisie sous le règne de Victoria et c'est assez saisissant de constater qu'en ce milieu de XIXe siècle, les Britanniques, tout empreints de sciences en tout genre (médecine en particulier) et champions en matière de révolution industrielle, tentent de faire bouger les choses au sein de la famille en faisant voter des lois plus « justes » pour les femmes notamment, sans pour autant réussir véritablement à ne serait-ce qu'essayer de se débarrasser de ce joug masculaniste écrasant.
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CoquelicoteAzimutee
  23 juin 2014
Ce livre est le fruit des recherches de l'auteure sur un procès un peu singulier qui eut lieu en 1858 (ce n'est pas un roman). Alors que la procédure de divorce s'ouvrait plus largement, un homme a demandé le divorce en se fondant sur le journal intime de son épouse. Kate Summerscale nous raconte une époque, une femme, une grande affaire oubliée.

Le livre commence par un poème poignant de William Allingham puis pose le décor avec des arbres généalogiques et les hommes de loi intervenus au procès. Après un rapide prologue qui annonce clairement le procès (mais sans en donner l'issue), Kate Summerscale commence à nous parler d'Isabella Walker. Son premier mariage avec un Mr Dansey, son premier fils, le décès de son époux, et le remariage avec Henry Robinson, de nouveau des enfants, mais une vie insatisfaisante aux côtés d'un mari pétri de défauts, et une société qui ne lui convient pas. Femme intelligente et qui aime se cultiver, elle va coucher sur papier chacun de ses sentiments, même les plus honteux, ceux qu'elle devrait cacher, qu'elle devrait taire, en particulier sa passion naissante pour un certain Edward Lane.

Il faut se l'admettre, Isabella n'est pas vraiment une femme attachante. Je ne pense pas, contrairement à d'autres lectrices, que c'est dû au style de l'auteure. Elle nous livre de nombreux extraits de son journal, et celui-ci nous permet de connaître la femme telle qu'elle se représentait elle-même. Malgré un certain talent littéraire et des circonstances « atténuantes » (son deuxième mari était vraiment un gros c**), Isabella Robinson m'a fait l'effet de ne pas bien se rendre compte. Je ne l'ai pas appréciée, mais j'ai su la plaindre. La société victorienne est viciée par des convenances trop éloignées de la nature humaine et favorise le développement des défauts chez les uns et les autres. Entre l'hypocondrie et le traitement artisanal de véritables pathologies (j'ai frissonné d'horreur lors du passage consacré à la gynécologie de l'époque), la façon dont les individus, et bien sûr en particulier les femmes, étaient considérés, et les règles de bonne conduite, il y a de quoi se sentir piégée, comme Isabella, et faire des grosses bêtises.

Il est difficile de dire si oui ou non elle est « coupable » de ce dont son mari l'accuse. Je pense qu'elle l'était, et Edward Lane avec elle, ce qui fait de lui un sacré *bip* aussi. Trop facile de dire que l'autre affabule, a des crises de délire ou que sais-je encore ! Quel beau monde que celui où on accuse les autres pour se laver de tout soupçon ! Pas besoin d'aller dans les rues de Whitechapel pour constater que cette époque n'était pas si reluisante qu'elle veut bien le faire croire.

J'ai donc trouvé ce livre extrêmement intéressante. Les développements sur d'autres personnes, qui peuvent paraître trop s'éloigner du sujet principal (comme l'histoire de George Drysdale), m'ont beaucoup plu parce qu'il permettait de vraiment avoir une photographie réaliste de la vie de ces gens bourgeois. Cela permet aussi de croiser des personnages « historiques », qui ont fortement compté, et là je pense surtout à Darwin, qu'on voit régulièrement à partir d'un certain moment. J'ai appris beaucoup de choses (enfin, si tant est que je les ai retenues !) sans avoir l'impression d'avaler un manuel. J'ai trouvé l'écriture de Kate Summerscale très fluide. Sa démarche est tout à fait passionnante.

Là où je m'interroge, c'est sur les notes… Il y en a sur des dizaines de pages, mais elles ne sont pas indiquées dans le corps du texte, et j'ai eu du mal à comprendre l'intérêt de les lire après coup ! le format n'est pas très bien pensé. de même, le livre porte en sous-titre "Journal intime d'une dame de l'époque victorienne", ce qui a induit en erreur beaucoup de lecteurs, qui pensaient lire un journal. Je m'étais renseignée avant de l'acheter et n'ai donc pas été surprise, mais c'est vrai que la nature de ce livre n'est pas clairement indiquée. Mais à part ça, rien à redire.

En bref, ce fut une très bonne lecture, vraiment intéressante à tous points de vue, et je suis curieuse de lire d'autres livres de l'auteure, qui a écrit sur d'autres affaires.
Lien : http://sans-grand-interet.co..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   02 février 2020
Les traitements contre la monomanie sexuelle étaient divers. (...)
L'aliéniste écossais Sir Alexander Morison prétendait avoir guéri une gouvernante de vingt-deux ans en lui posant des sangsues sur le crâne, préalablement rasé, puis en lui douchant l'arrière de la tête à l'eau froide. Bennet recommandait injections vaginales, bains de siège, immersion de tout le corps et douches. Storet préconisait toilettes à l'éponge, lavements à l'eau froide, douches au borax, continence sexuelle, abstinence de toute activité littéraire, usage de matelas et oreillers garnis de crin, privation de viande et d'alcool fort. Locock prônait l'application d'électricité sur le pelvis de la patiente ou de sangsues à l'aine, sur la vulve, l'utérus ou les pieds. Un chirurgien londonien soulagea au moins une femme de ses élans sexuels par l'ablation de son clitoris " hypertrophié", (...).
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iris29iris29   01 février 2020
La nouvelle législation en la matière stipulait que, pour obtenir le divorce, un mari devait se borner à établir l'infidélité de son épouse, alors qu'une femme devait prouver que son conjoint était non seulement infidèle mais également coupable d'abandon du domicile conjugal, de cruauté, de bigamie, d'inceste, de viol, de sodomie, ou de bestialité. Ces deux poids, deux mesures se fondaient sur le danger social que représentait la femme adultère. parce qu'elle prenait le risque de porter l'enfant d'un autre, l'épouse infidèle menaçait les certitudes en matière de paternité, de lien de parenté, de succession, fondements de la société bourgeoise.
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iris29iris29   30 janvier 2020
Au coeur de l'été 1858, un tribunal londonien commença à accorder le divorce aux classes moyennes anglaises. (...)
Gagner son divorce restait difficile - un homme devait prouver que son épouse avait commis l'adultère, une femme que son époux s'était rendu coupable de deux entorses conjugales - , mais les demandeurs se présentaient par centaines avec leurs histoires de trahisons et de dissensions, d'hommes brutaux et surtout de femmes dévergondées.
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artemisia02artemisia02   12 avril 2020
La nouvelle législation en la matière stipulait que, pour obtenir le divorce, un mari devait se borner à établir l'infidélité de son épouse, alors qu'une femme devait prouver que son conjoint était non seulement infidèle mais également coupable d'abandon du domicile conjugal, de cruauté, de bigamie, d'inceste, de viol, de sodomie ou de bestialité. Ces deux poids, deux mesures se fondaient sur le danger social que représentait la femme adultère. Parce qu'elle prenait le risque de porter l'enfant d'un autre, l'épouse infidèle menaçait les certitudes en matière de paternité, de lien de parenté, de succession, de fondements de la société bourgeoise.
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artemisia02artemisia02   12 avril 2020
Ne pas ébruiter l'adultère - pour le bien des enfants, du conjoint, des parents et du reste de la parentèle - était la norme au sein de la gentry. Dans ces milieux, où la réputation avait tant d'importance, la famille d'une femme trompée et celle de son mari s'employaient avec acharnement à étouffer tout écart de conduite. Les critères variaient quand la transgression était le fait de l'épouse, mais le principe restait le même : tant que cela ne sortait pas de la famille, il était possible de s'en remettre. Seul un signe manifeste du péché - une trace écrite, engagement ou confession - pouvait se révéler impossible à dissimuler.
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Vidéo de Kate Summerscale
Kate Summerscale discusses her new book, Mrs Robinson's Disgrac
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