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ISBN : 2264062541
Éditeur : 10-18 (20/03/2014)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 36 notes)
Résumé :
L’histoire commence en 1844 quand, après un premier mariage désastreux qui s’est terminé par la folie et la mort de son mari, Isabella, jeune femme de bonne famille, mère d’un enfant en bas âge, épouse sans joie l’ingénieur et industriel Henry Robinson, personnage qui se révèle vite acrimonieux et cupide. Le couple, qui aura deux enfants, s’installe à Edimbourg. Isabella y fait la connaissance d’Edward Lane, "fascinant" jeune homme de dix ans son cadet. Juriste puis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
  24 septembre 2016
C'est après ce genre de livre qu'on se rend vraiment compte de l'évolution des droits de la femme et de la bénédiction de l'époque dans laquelle nous vivons.
Ce livre est basé sur des faits réel et se présente sous la forme non pas d'un roman ou d'un enquête mais d'un docu-fiction vraiment pas mal (notamment la seconde partie ayant trait au procès en lui-même ). Des extraits de lettres, d'articles de journaux, du journal intime de Mrs Robinson sont insérés dans le récit, permettant une vraie plongée dans l'Angleterre de cette époque. Cela apporte également une humanité aux protagonistes de ce procès.
La première partie est un peu "bourrative" de part de nombreuses disgressions sur des sujets souvent secondaires (l'hydrothérapie, la phénologie) apportant une lourdeur au récit... Par contre, la seconde partie concernant le procès lui-même est passionnante à lire !
J'ai appris de nombreuses choses sur le divorce comme :
- un homme peut obtenir le divorce si sa femme est adultérine
- une femme, elle doit prouver l'adultère de son époux, la violence à son encontre, la maltraitance et l'abandon du foyer...
Nota Bene : le livre est moins volumineux qu'il n'y parait... en effet, environ 30% du livre sont des notes de bas de pages.
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Grifferouge
  26 septembre 2016
Après l'Affaire de Roadhill House, voici le deuxième opus de Kate Summerscale qui fait de nouveau une plongée dans un fait divers victorien. Dans La déchéance de Mrs. Robinson, nous sommes en présence d'une femme de la bonne société britannique qui s'ennuie à mourir. Inexistante aux yeux de son mari si ce n'est qu'en tant que porte-monnaie, elle met sur papier ses états d'âme de mère mais surtout de femme. Elle se sent tellement seule qu'elle s'imagine des relations ambigües avec d'autres hommes qu'elle rencontre au gré de sa vie. Amis de la famille, précepteurs de ses fils, tout homme qui semble un tant soi peu isolé et d'aspect « romantique » devient l'objet du désir de Mrs. Robinson.
Pour exemple, le cas du Dr Edward Lane. Ami très proche de la famille Robinson, il est un médecin reconnu et apprécié et est lui-même marié et père de famille. Pendant des années et des années Isabella Robinson va fantasmer sur ce séduisant médecin, bien sous tout rapport et épancher ses sentiments à son égard dans son journal intime jusqu'à ce qu'un jour, le fantasme devienne réalité et qu'ils tombent tous deux dans une passion éphémère.
M. Robinson tombe bientôt sur ces journaux intimes, décide de demander le divorce et bientôt la vie privée d'Isabella est jetée en pâtures aux journaux et autres avocats et médecins précurseurs en matière de psychiatrie. Pourquoi ? Car, dans les années 1850 – 1860, il ne fait pas bon être une femme laissant vagabonder son esprit dans des limbes érotiques ou au moins romantiques. C'est un signe de dégénérescence voire même de folie. Une femme de la bourgeoisie victorienne doit savoir se tenir, être d'agréable compagnie et surtout, doit se plier à toutes les volontés de son époux aussi monstrueux soit-il.
Kate Summerscale nous présente donc de nouveau, sous couvert de rapporter un fait divers « classique » de l'époque, une véritable étude anthropologique de l'Angleterre victorienne. La famille, le cercle amical, les bons usages en société, la nombreuse correspondance que ce doit d'avoir une femme de ce statut, son effacement face à la figure paternelle puis maritale, son hystérie supposée si elle choisi d'avoir une vie sexuelle épanouie : tout est épluché par K. Summerscale.
Et toutes ces informations, nous les devons aux journaux intimes de cette femme et j'avoue, la lecture de cet ouvrage ne m'a pas permis de savoir si il y a une part de vrai dans ce que raconte Mrs. Robinson. Est-elle tellement frustrée dans sa vie de femme qu'elle s'imagine des relations charnelles ou romantiques avec des hommes (plus jeunes qu'elle) ou est-elle sincère dans ses écrits privés et donc a-t-elle eu une relation avec le Dr Lane ? le lecteur ne le sait pas car lors du procès en divorce institué par son mari, elle niera avoir jamais eu de relations avec le Dr Lane mais est-ce pour le protéger lui et sa famille ? Protéger sa réputation de médecin ? Ou bien, elle nie car rien ne s'est véritablement passé entre eux si ce n'est dans l'esprit d'Isabella.
A la lecture de cette histoire, le lecteur est assez ambivalent face au comportement de Mrs. Robinson. On n'arrive pas à savoir si elle est foncièrement stupide à écrire à tout bout de champs ses envies, ses rencontres, ses états d'âme et ses fantasmes (au risque d'être pincée) ou si c'est une affabulatrice de première qui s'est créer un monde de chimères tant sa vie quotidienne est assommante.
Finalement, Mrs Robinson et son supposé adultère ne sont que prétexte pour nous plonger dans l'étude des moeurs de la bourgeoisie sous le règne de Victoria et c'est assez saisissant de constater qu'en ce milieu de XIXe siècle, les Britanniques, tout empreints de sciences en tout genre (médecine en particulier) et champions en matière de révolution industrielle, tentent de faire bouger les choses au sein de la famille en faisant voter des lois plus « justes » pour les femmes notamment, sans pour autant réussir véritablement à ne serait-ce qu'essayer de se débarrasser de ce joug masculaniste écrasant.
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Demoiselle-Coquelicote
  23 juin 2014
Ce livre est le fruit des recherches de l'auteure sur un procès un peu singulier qui eut lieu en 1858 (ce n'est pas un roman). Alors que la procédure de divorce s'ouvrait plus largement, un homme a demandé le divorce en se fondant sur le journal intime de son épouse. Kate Summerscale nous raconte une époque, une femme, une grande affaire oubliée.

Le livre commence par un poème poignant de William Allingham puis pose le décor avec des arbres généalogiques et les hommes de loi intervenus au procès. Après un rapide prologue qui annonce clairement le procès (mais sans en donner l'issue), Kate Summerscale commence à nous parler d'Isabella Walker. Son premier mariage avec un Mr Dansey, son premier fils, le décès de son époux, et le remariage avec Henry Robinson, de nouveau des enfants, mais une vie insatisfaisante aux côtés d'un mari pétri de défauts, et une société qui ne lui convient pas. Femme intelligente et qui aime se cultiver, elle va coucher sur papier chacun de ses sentiments, même les plus honteux, ceux qu'elle devrait cacher, qu'elle devrait taire, en particulier sa passion naissante pour un certain Edward Lane.

Il faut se l'admettre, Isabella n'est pas vraiment une femme attachante. Je ne pense pas, contrairement à d'autres lectrices, que c'est dû au style de l'auteure. Elle nous livre de nombreux extraits de son journal, et celui-ci nous permet de connaître la femme telle qu'elle se représentait elle-même. Malgré un certain talent littéraire et des circonstances « atténuantes » (son deuxième mari était vraiment un gros c**), Isabella Robinson m'a fait l'effet de ne pas bien se rendre compte. Je ne l'ai pas appréciée, mais j'ai su la plaindre. La société victorienne est viciée par des convenances trop éloignées de la nature humaine et favorise le développement des défauts chez les uns et les autres. Entre l'hypocondrie et le traitement artisanal de véritables pathologies (j'ai frissonné d'horreur lors du passage consacré à la gynécologie de l'époque), la façon dont les individus, et bien sûr en particulier les femmes, étaient considérés, et les règles de bonne conduite, il y a de quoi se sentir piégée, comme Isabella, et faire des grosses bêtises.

Il est difficile de dire si oui ou non elle est « coupable » de ce dont son mari l'accuse. Je pense qu'elle l'était, et Edward Lane avec elle, ce qui fait de lui un sacré *bip* aussi. Trop facile de dire que l'autre affabule, a des crises de délire ou que sais-je encore ! Quel beau monde que celui où on accuse les autres pour se laver de tout soupçon ! Pas besoin d'aller dans les rues de Whitechapel pour constater que cette époque n'était pas si reluisante qu'elle veut bien le faire croire.

J'ai donc trouvé ce livre extrêmement intéressante. Les développements sur d'autres personnes, qui peuvent paraître trop s'éloigner du sujet principal (comme l'histoire de George Drysdale), m'ont beaucoup plu parce qu'il permettait de vraiment avoir une photographie réaliste de la vie de ces gens bourgeois. Cela permet aussi de croiser des personnages « historiques », qui ont fortement compté, et là je pense surtout à Darwin, qu'on voit régulièrement à partir d'un certain moment. J'ai appris beaucoup de choses (enfin, si tant est que je les ai retenues !) sans avoir l'impression d'avaler un manuel. J'ai trouvé l'écriture de Kate Summerscale très fluide. Sa démarche est tout à fait passionnante.

Là où je m'interroge, c'est sur les notes… Il y en a sur des dizaines de pages, mais elles ne sont pas indiquées dans le corps du texte, et j'ai eu du mal à comprendre l'intérêt de les lire après coup ! le format n'est pas très bien pensé. de même, le livre porte en sous-titre "Journal intime d'une dame de l'époque victorienne", ce qui a induit en erreur beaucoup de lecteurs, qui pensaient lire un journal. Je m'étais renseignée avant de l'acheter et n'ai donc pas été surprise, mais c'est vrai que la nature de ce livre n'est pas clairement indiquée. Mais à part ça, rien à redire.

En bref, ce fut une très bonne lecture, vraiment intéressante à tous points de vue, et je suis curieuse de lire d'autres livres de l'auteure, qui a écrit sur d'autres affaires.
Lien : http://sans-grand-interet.co..
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athena1
  28 avril 2014
La déchéance de Mrs Robinson est un pur bonheur de lecture, mêlant connaissances historiques, sociologiques et anthropologiques.
Il m'est difficile de parler de cet ouvrage tant ses apports sont multiples. Bon allez je me lance.
En premier lieu, l'auteur en choisissant de nous relater cette tranche de vie, nous montre combien il est difficile d'être une femme au 19ième siècle et ce même au sein de la bourgeoisie. Les femmes sensibles aux lettres, et à la politique ont alors ce côté indépendant quelque part déplaisant. Après tout quel meilleur rôle peut jouer une femme que celui d'épouse aimante, soumise et surtout dévouée à ses enfants.
Ensuite l'auteur aborde le thème de la sexualité et nous fait constater combien au cours du 19ième siècle la phrénologie avait voie au chapitre en la matière. Ainsi une femme aux pulsions quelques peu comment dire affirmées avait un crâne répondant à des formes spécifiques. Pour m'être intéressée de près à la naissance de la police judiciaire, et pour avoir de manière modeste obtenue quelques informations en matière de phrénologie, je savais qu'il existait des formes de crane spécifiques pour le violeur, le meurtrier ou le voleur mais je ne pensais pas que l'on avait trouvé une forme de crane spécifique pour les nymphomanes. Bon en matière de nymphomanie il faut relativiser, surtout pour ce qui est de notre héroïne qui ne vit que dans le fantasme d'un homme certes viril et sensuel mais surtout aimant et attentionné. Peut on reprocher aux femmes de cette époque d'avoir voulu s'affranchir de la froideur de leurs maris qui ne leur conféraient que le maigre statut de reproductrices et meneuses de foyer.
Un dernier point pour cet ouvrage, j'avoue avoir été surprise de voir à quel point les écrits romantiques d'une femme pouvaient être perçues comme déviants à cette époque. A croire que la seule évocation de sentiments même avec pudeur était de la part d'une femme la caractérisation d'un besoin sexuel refoulé.
En posant cet ouvrage je me dis que nous avons tout de même bien fait avancer la condition féminine, du moins sur le point littéraire.
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LNF
  15 juillet 2014
Livre reçu lors d'une masse critique babelio, que je remercie. J'ai découvert l'auteur et je pense que sans avoir à publier une critique je ne serai pas allée au bout de ma lecture.
Le titre et le thème m'ont attiré lors de la masse critique, mais je pensais avoir à lire un roman. Mais il ne s'agit pas d'une fiction, mais d'un compte rendu très documenté sur une affaire qui défraya l'actualité britannique en 1858. Isabella, veuve, se marie en secondes noces avec Henry Robinson en 1844. Son mariage est malheureux, Isabella lit beaucoup, aime la philosophie, les idées nouvelles, tandis que son mari est uniquement intéressé par l'argent et les affaires. Isabella s'ennuie...En 1850 elle fait la connaissance d'Edward Lane, brillant étudiant en médecine, de 10 ans son cadet, tombe amoureuse de lui et consigne la relation qu'elle entame avec lui dans son journal intime. Robinson trouve alors ce journal et demande le divorce pour adultère...Alors nous suivons avec force détails l'évolution du procès avec comme intrigue principale : ce journal est il une réalité ou une fiction? Les scènes d'amour qui y sont suggérées ont elles été vécues ou inventées? Un journal intime est il une preuve d'adultère?
Nous nous trouvons également plongés de façon documentaire dans une société dans laquelle la condition féminine est déplorable. "Une femme doit obéir à son mari, comme les hommes obéissent à Dieu"...Le procès, qui décortique jour après jour le journal d'Isabella, le fait recopier, en livre certains extraits à la presse, ne fait jamais la moindre illusion aux infidélités de Robinson, qui, lui, a des enfants illégitimes...
Le récit est très documenté (extraits de presse, témoignages, lettres...) disgressif (beaucoup de personnages secondaires, de parcours de vies similaires à celle du personnage principal), c'est un témoignage d'époque de l'époque Victorienne très intéressant.
Même si j'ai apprécié être plongée de façon aussi réaliste dans cette période et si j'ai appris beaucoup de choses, je n'ai pas été passionnée par cette lecture, un peu trop indigeste, disgressive. J'ai vraiment peinée à poursuivre ma lecture au delà de la moitié du livre (même si l'intrigue démarre vraiment à ce moment là). Cependant je me suis attachée à cette héroïne, une héroïne qui a existé et dont le destin fait froid dans le dos!!!
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   19 mars 2013
Malgré l’élévation de sentiment, on ne peut se méprendre sur le désir physique qu’éprouve cette femme pour cet homme : « Combien délicieusement, sur ces lèvres closes et viriles / Fermeté et amour exercent ensemble leur empire ! / Je vois ta forme, faite de force et de courage. / Ton regard avec toute son énergie innée !
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rkhettaouirkhettaoui   19 mars 2013
L’appétit charnel a pour siège le cervelet, situé à la base du cerveau ; quand il est excité et non assouvi, cet organe peut, en certaines circonstances, croître en volume au point de perturber différentes fonctions et, de ce fait, induire de l’hypocondrie, des convulsions, de l’hystérie, voire la folie.
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NikozNikoz   06 octobre 2013
Au début de l'été, Isabella raconte dans son journal...
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ChroniqueslitterairesChroniqueslitteraires   18 juillet 2014
Son univers s’est détérioré. Plus de sorties avec Edward ni de dîners avec des romanciers et des philosophes ; rien que des tâches domestiques et la compagnie des enfants et du revêche Henry.
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rkhettaouirkhettaoui   19 mars 2013
Mon esprit est un chaos où s’enchevêtrent le bien et le mal. Je suis lasse de moi-même et ne puis cependant mourir.
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Videos de Kate Summerscale (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kate Summerscale
Kate Summerscale discusses her new book, Mrs Robinson's Disgrac
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