AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2702133495
Éditeur : Calmann-Lévy (22/01/2003)
Résumé :
Qu'a donc fait Sigurd Jorsalfer entre 1108, quand, à peine âgé de dix-huit ans, il part de Bergen avec une flotte de soixante navires et un millier d'hommes, et son retour de la Croisade, quatre ans plus tard, avec un seul vaisseau ? Il est allé en Angleterre, au Mont-Saint-Michel, à Saint-Jacques-de-Compostelle, a conquis Lisbonne, les Baléares, s'est rendu à la cour de Sicile, à Alexandrie, en Terre Sainte, où le patriarche de Jérusalem lui a remis un morceau de l... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
mesrives
  05 décembre 2017
Constantinople de Thorvald Steen nous propose un voyage en Terre Sainte en l'an 1108 à bord d'une superbe flotte de soixante bateaux menée par le jeune roi Sigurd 1er (1090-1130) alors âgé de 18 ans.
Une expédition qui durera trois ans de 1108 à 1111.
Totale découverte pour ma part que ces croisés venus de la Baltique et de Scandinavie : j'avoue que mes connaissances sur les croisades jusqu'à aujourd'hui se limitaient aux croisades des royaumes méridionaux plus célèbres que celles menées par les royaumes septentrionaux, motivées entre autres par la conversion au christianisme d'Harald Ier du Danemark en 965, le baptême du roi Olaf le Saint de Norvège à Rouen en 1013, et la volonté de s'ériger comme des acteurs à par entière de la Chrétienté en répondant à l'appel du pape Urbain II en 1095, persuadé par Alexis de Comnène de lancer la croisade contre les Seljoukides et les Infidèles de plus en plus menaçant.
En 1103, Sigurd voit mourir son père le roi Magnus sur un champ de bataille. Lui et ses frères deviennent alors rois de Norvège : il a treize ans, Eystein quatorze et, Olaf trois.
En 1108, Sigurd 1er , fervent croyant, sur les conseils des évêques et de son frère Eystein, entreprend une croisade dont l'un des objectifs est de ramener un morceau de la Vraie Croix conservée au Saint Sépulcre de Jérusalem pour le déposer par la suite sur le tombeau du Roi Saint Olaf dans la cathédrale de Trondheim.
Ainsi, de Bergen, Sigurd met le cap vers la Terre Sainte un jour d'automne via les royaumes chrétiens qui à leur arrivée sont un peu dubitatifs et craintifs: ce jeune roi norvégien est bien le descendant des terribles Vikings, leurs incursions et sacs sont encore vifs dans les mémoires. Mais sa foi inaltérable, sa piété, repoussent les dernières réticences. Ainsi après un hivernage d'un an à Londres, où il est reçu par Henry I, la flotte se dirige vers le Mont Saint Michel, puis Saint Jacques de Compostelle, les îles Baléares, la Sicile, et enfin la Terre Sainte .
Evidemment lors de ce périple, le jeune roi norvégien quant il le peut reprend des terres aux infidèles (Lisbonne, les Baléares) mais les étapes ne sont pas que belliqueuses, elles lui apportent de savoureuses surprises et découvertes locales ( les fleurs et fruits de l'oranger, les dromadaires …) quand il fait étape chez les rois normands, ses alliés présents en Méditerranée.
Mais le sujet du roman est l'énigme qui plane autour de cette croisade relatée par le chroniqueur médiéviste Snorri Sturluson  cent vingt ans après dans l'Heimskringla : la Saga des fils de Magnus III de Norvège, la saga des rois de Norvège.
Pourquoi Sigurd 1er devenu Sigurd Jorsalfar, soit Sigurd le Croisé, n'a pas restitué la relique obtenue à Jérusalem comme il l'avait promis (oui le morceau de la Vraie Croix) ?
En effet pourquoi Sigurd 1er a-t-il rompu le serment fait lors de son passage à Jérusalem ??
Il s'était aussi engagé dès son retour à créer un archevêché et d'introduire la dîme.
Apparemment, de retour au pays en juillet 1111, le jeune roi n'est plus le même, il est âgé à présent de vingt et un ans, semble métamorphosé et si troublé, que certains finiront par penser qu'il est devenu fou.
C'est ce vide historique que Thorwald Steen essaie de combler dans ce roman car le scalde embarqué à sa suite lors de la croisade ne mentionne rien à ce sujet ! Pourtant il s'agit de Halldor Skvaldir, scalde islandais connu sous le nom de Halldor le Bavard et de cet épisode il reste muet !
Steen imagine alors une relation amoureuse entre le jeune roi Sigurd 1er et une jeune musulmane Amina Alsran, réfugiée et en exil ( fuyant Jérusalem après son sac et les massacres perpétrés par les croisés de Godefroy de Bouillon en 1099 ) qu'il met en scène dans une Constantinople en effervescence, en plein essor où Sigurd 1er est accueilli par l'empereur Alexis 1er Comnène et son épouse Irène.
J'ai été très intéressée par ce roman car il a su piquer ma curiosité.
Le tableau brossé de Constantinople est épatant, le lecteur comprend de suite le rayonnement culturel, économique de l'empire Byzantin et ses excès , et ne peut que ressentir le trouble et l'agitation spirituelle que ressent Sigurd face à cette ville plurielle.
Ses convictions religieuses semblent s'ébranler notamment en se frottant aux choix politiques et aux moeurs de l'empereur, Alexis 1er de Comnène , à l'amour qu'il ressent pour Amina, et à la pluralité culturelle.
La confrontation des cultures sert le propos de Thorwald Steen pour s'ouvrir à des réflexions universelles et actuelles sur la foi, la tolérance, l'intégrisme, l'existence de Dieu, la différence...en nous restituant la vie foisonnante, culturelle et cosmopolite de Constantinople où Sigurd séjourne, prenant ses quartiers avant de repartir vers les royaumes du Nord délesté de sa flotte.
Une Constantinople multiculturelle où l'on entendait parler outre le grec, l'anglais, le turc, le latin, l'arabe, le perse mais aussi le norvégien dans la garde varègue. Une ville où l'élite étudiait Platon, Socrate et Aristote, discutait de l'art indien et de la poésie persane et où la médecine et l'astronomie arabe étaient acceptées.
Les considérations émises sur les différentes sources (sources byzantines d'Anne de Comnène, la fille de l'empereur ne mentionne nulle part Sigurd ) soulèvent la question de la véracité et l'authenticité des faits rapportés par les chroniqueurs, passeurs de mémoire, notamment Snorri Sturluson s'interrogeant lui-même sur son travail, permettent de réfléchir sur leur pertinence.
Enfin ce récit n'est pas un roman historique classique car l'auteur s'amuse à introduire des soupçons d'éléments fantastiques et anachroniques : on y trouve des anges et des ombres qui passent.
L'occasion de faire un clin d'oeil entre autres au poète suédois Gunner Ekelöf (1907-1968) qui séjourna à Istambul et y trouva l'inspiration ( Diwan sur le prince d'Emgion ) mais surtout à Jorge Luis Borges (1899 -1986) qui lui aussi avait essayer d'élucider cette énigme en fouillant dans les différentes sources de la Bibliothèque nationale de Buenos Aires.
Si Thorwald Steen n'a pas rencontré Borges directement, il s'est entretenu avec une de ses biographes et compagnes Maria Esther Vasquez et co-auteur de Essai sur les littératures médiévales germaniques qui lui a confirmé l'intérêt que portait José Luis Borges à la question : « Qu'est-il arrivé à Sigurd à Constantinople pour rompre son serment de retour à Oslo? »
Je ne peux que vous inciter à lire Constantinople car il s'agit surtout d'une odyssée dont les anecdotes aussi bien terrifiantes que croustillantes ne peuvent que susciter l'intérêt.
Peut-être que les spécialistes seront sceptiques mais de mon côté j'ai savouré cette Saga de Sigurd Jorsalfar' revisitée, avec ses dix mille hommes qui suivirent leur roi non seulement pour le servir mais aussi dans l'espoir qu'un jour ils rejoindraient la célèbre garde varègue (surtout constituée de mercenaires, guerriers scandinaves) car elle était promesse d'un bon solde et de gloire : Harald Hardrada ou Harald le Féroce (1015- 1066) avant d'être roi de Norvège s'était illustré dans la garde varégue en tant qu'officier supérieur… et mentionné quant à lui dans le Strategikon, traité de stratégie et de l'histoire des guerres byzantines.
Une lecture agréable et instructive au coeur de l'empire byzantin avec Sigurd, premier scandinave à être revenu vivant de Terre Sainte. Ses prédécesseurs n'en firent pas autant lors de leur pélerinage, en l'an 1100 Skopte Ogmundsson y était parti sans en revenir, le roi danois Erik 1er Eigod quant à lui mourut à Chypre en 1103.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          595
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
mesrivesmesrives   03 décembre 2017
Sigurd regarda autour de lui. Mais que racontait donc l'impératrice? Qu'est-ce qui lui prenait? Sigurd recommença à manger et la laissa parler.
Théodora avait des esclaves d'Afrique qui se chargeaient de tous les orifices de son corps. Certains lui enduisaient lentement les lèvres de la vulve et les mamelons avec des baumes, des onguents et du miel avant de les saupoudrer de grains d'orge. Elle tremblait de plaisir quand des oies spécialement dressées venaient doucement picorer les grains.
« Avez-vous des oies au palais? » demanda Sigurd.
Irène ne comprit pas la question. Sigurd savait-il que Théodora était devenue une personne fort chrétienne? Justinien, l'empereur très pieux qui avait édifier Sainte-Sophie, l'avait épousée. Il avait dit qu'il le faisait parce qu'elle était intègre et franche. Il y a donc de l'espoir pour tout le monde.
Irène s'assoupit. Sigurd ôta doucement sa main.
Deux officiers de la garde varègue se placèrent de chaque côté de l'impératrice. Ils la soulevèrent et la portèrent vers la sortie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
autres livres classés : croisadesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox

Autres livres de Thorvald Steen (2) Voir plus

Lecteurs (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1381 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre