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Pierre Jakez Hélias (Autre)
ISBN : 225900587X
Éditeur : Plon (01/04/1980)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 42 notes)
Résumé :
« En ce temps-là, la France était le plus riche pays de la terre. Elle produisait trop de vin, trop de blé. Par milliards, les banques "pompaient" un excédent de ressources qu'elles dispersaient dans toute l'Europe et par-delà les océans. »

En ce temps-là, quelque part dans le Livradois, en Auvergne, le Jean, métayer, et la Marie, nourrice à Lyon, lièrent une existence « que la nécessité d'acheter le pain et de se vêtir tant bien que mal empoisonna ju... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  14 mars 2019
Je ne sais plus vraiment comment j'ai découvert ce livre , mais je dois dire que ce fut pour moi un énorme coup de coeur , une énorme émotion , une révélation , un livre qui m'a bouleversé autant que fasciné . Naître en 1888, dans une famille pauvre , devenir une charge supplémentaire pour des parents qui ne peuvent pas joindre les deux bouts et vous considèrent donc durement , être maltraité par des maîtres qui n'aiment pas les pauvres et , malgré tout rester digne et fier ,c'est ça , Toinou ,la vie d'un paysan auvergnat , le cri d'un paysan auvergnat .Un livre qui nous parle d'une autre époque , d'un autre temps , une vie bien loin de celles qu'on peut vivre aujourd'hui , même si certaines situations contemporaines sont bien précaires encore , hélas. C'était dans les années 1900 , vous savez , celles dont on aime entendre parler à la télé , ou découvrir dans les livres , bien assis au chaud sur son canapé....au cri de " c'était mieux avant". La collection "Terres Humaines " met entre nos mains des petits bijoux ,des témoins d'une époque lointaine qui a été le ciment de notre civilisation actuelle , une époque où les " ruraux " représentaient la grande majorité d'une population sans grand avenir , dont la vie s'apparentait plus à de la survie mais qui , malgré tout , ne baissait pas les bras , faute d'autre chose il est vrai , contente même, un peu plus tard , de partir combattre , grande occasion , pensait- on , de découvrir "autre chose " que les limites d'une propriété ou d'un village....
Ce livre a dépassé aujourd'hui le stade de la fiction , de la biographie , de l'autobiographie , tous les stades en fait , sauf celui de l'authenticité d'un témoignage bouleversant , criant de vérité, sobre mais tellement vivant , un livre d'Histoire , de la vraie , celle de la vie quotidienne de bien des hommes et des femmes de France , de la France rurale des " sans rien " . Si des livres comme " Toinou " n'existaient pas , je crois que beaucoup d'entre nous ignoreraient d'où ils viennent. Attention , ce livre nous incite à la modestie . Sans ces personnages d'un autre temps , qui serions nous , nous qui , pour ,hélas , de bonnes raisons , avons déserté les campagnes pour des villes surpeuplées qui seront bientôt invivables? Si cette vie d'antan vous intéresse, alors , vraiment , vous ne pouvez pas passer à côté de cette merveille , ce serait vraiment dommage.
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Pixie-Flore
  20 juillet 2016
Le temps m'a d'abord paru long mais, au fil des pages, j'ai été happée par l'histoire d'Antoine Sylvère.
Toujours avec humilité et réalisme, il raconte la misère et ceux qui la subissent. Loin des clichés, il nous montre la multiplicité des caractères humains et des coups du sort. Il parle de ceux qui se résignent et de ceux qui se battent ; de l'espoir qui se renforce en grandissant, ou qui s'envole. C'est un témoignage captivant et très touchant.
Je suis admirative de cet homme qui, malgré les coups, la misère et l'endoctrinement a su se cramponner à la vie pour faire valoir son droit à la dignité humaine.
Avec ce témoignage, Antoine Sylvère nous prouve que la "Belle époque" n'est qu'une expression toute faite qui ne satisfait que les populations riches de cette période. Lui, il rêvait d'une justice sociale qui était encore une utopie lointaine.
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Epictete
  01 janvier 2014
Chaque fois que je vois une couverture "Terre humaine / Pocket" j'y vais sans hésiter. On est toujours face à des témoignages de grande qualité.
Et là encore je n'ai pas été déçu : Un tableau réaliste digne des écrits de Zola, vécu de l'intérieur.
C'est très bien écrit, dans un style très début de siècle, pur et classique.
J'ai aimé bien sûr.
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Sylviemesjeudis
  13 septembre 2015
Dans une écriture sans concession, Toinou rend compte de ce que furent ses jeunes années dans un environnement où règne la misère sociale. La violence envers lui, les humiliations, les punitions font partie de son quotidien. Maltraité par ses parents, maltraité à l'école, il n'a rien à attendre de la vie, il ne connaît ni joie, ni espérance. le monde se scinde en deux clans, celui des riches et celui des pauvres. La barrière est infranchissable entre les deux, une injustice révoltante règne.
Toinou est un récit à valeur documentaire sur la misère sociale dans les années 1900, à l'époque où la France est riche et insouciante. L'auteur nous livre les dessous de « la belle époque ». Les mendiants sont nombreux, les pauvres sont très pauvres, les éclopés de la vie traînent sur les routes, la violence est partout. Il tient des propos acides sur la pauvreté intellectuelle et physique de ceux qu'il côtoie, des vies sans ambition, besogneuses pour assurer le pain du lendemain.
Sa description du milieu dans lequel il vit est dure, réaliste pour lui, mais elle ne laisse pas de place aux qualités que l'on trouve en tout homme. Il est dans la description des faits, sans état d'âme, ce qui rend son récit impersonnel et peu attachant. Je n'ai pas aimé cet étalage de misère. J'aurais voulu qu'il exprime davantage ce qu'il ressentait, son cheminement et ses projets pour sortir de son milieu. Il nous met devant le fait accompli de ce qu'il devient.
Par contre j'ai lu de très beaux paragraphes. J'ai adoré sa vision de la maison morte que je mets en citation. J'ai apprécié la fin des Extraits du journal du légionnaire Flutsch où il s'est davantage livré parce qu'il a pris une distance avec son enfance et qu'il est suffisamment fort pour partir à la découverte de la vie. Il a 20 ans.
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Rubinowy
  19 janvier 2014
Antoine Silvère entreprend le récit de sa terrible jeunesse, né en 1888 dans une famille paysanne d'une très grande pauvreté, très tôt il comprend et dénonce l'injustice de la société, le pouvoir de l'église et de la bourgeoisie à l'encontre des petites gens.
Un livre éclairant, et très vrai sur les conditions de vie des paysans, sur la grande désolation des enfants sans joie, battus, exploités, enrôlés à l'usine à 13 ans à raison de plus de dix heures par jours.
Mais Antoine Sylvère refuse sa condition et à force de ténacité réussit à entreprendre des études par sa seule force de son désir, et la conviction de sa réussite .....
Un livre remarquable d'une grande puissance, une leçon de vie selon moi .
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SylviemesjeudisSylviemesjeudis   13 septembre 2015
Cette éducation nous préparait heureusement à la vie de bête de somme que menaient nos parents. Elle nous accoutumait à supporter sans plaintes, sinon sans douleur, les injustices qui seraient notre lot ; à les supporter, surtout, sans révolte, car c'est bien là, de toutes les manières de se plaindre, la plus détestable.
L'école des Frères fournissait ainsi à la bourgeoisie locale une ample provision d'adolescents préparés à leur futur rôle d'ouvriers et de métayers sans exigences, silencieux, soumis, craintifs. Les coups, administrés à tout propos et hors de propos, imposaient à l'enfant une sorte de fatalisme sombre qui, joint à tout un système d'humiliations dégradantes, en faisaient peu à peu un être veule et lâche.
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SylviemesjeudisSylviemesjeudis   13 septembre 2015
À la campagne, quand une maison meurt, elle se décompose comme un cadavre abandonné au grand air. Un beau jour, ses habitants vont ailleurs, sans espoir de retour, à la manière dont la pensée quitte un corps qu'elle est fatiguée d'habiter. Très vite alors, par grands vents, les tuiles désertent les versants du toit qui se dénude et crève ; les volets tombent ; les portes cèdent. D'une saison à l'autre, les murs de pisé se dégradent et les enfants du village brisent enfin tout ce qui peut encore être brisé... Personne ne leur en tient rigueur, car nul ne s'intéresse plus à ce bien sans maître, sinon pour en achever la perte.
Les débris subsistent et les hommes vieillissent tandis qu'apparaissent les générations nouvelles qui tourneront parfois les yeux vers la maison morte ; regards pleins de craintives pensées devant ces fenêtres creuses au travers desquelles on aperçoit un pan de ciel.
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Pixie-FlorePixie-Flore   19 juillet 2016
Ce qui me causait du souci, c'étaient les controverses avec le Pantomin sur l'existence de Dieu. J'y croyais, moi, mais je ne savais que répondre à mon héros quand il s'enflammait:
- Moi, mon garçon, je crois que s'y en avait un, y s'ferait voir, ou alors c'est qu'y s'en fout. C'que je crois, moi, c'est qu'y a des gens malins qui prennent sa place... Là où j'en vois un, moi, de miracle, c'est que le curé et les vicaires puissent s'engraisser sans rien foutre. Y mangent plus de viande en un an qu't'en mangeras en toute ta vie, toi... Alors moi, si j'y croyais, à ton Bon Dieu, je pourrais pas m'empêcher de dire que c'est un farceur de se laisser vendre par un tas de feignants.

[p197]
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EpicteteEpictete   01 janvier 2014
Mon père, victime résignée de ma croissance intellectuelle, perdit son poste de lecteur exclusif, grâce auquel il avait pu exercer quelques menus chantages. Auparavant, quand il y avait malaise dans la maison, ma mère devenait conciliante le dimanche matin et accordait ce qu'on voulait pourvu que la lecture dominicale n'en fût pas trop longtemps différée. Dès que je sus lire, ces avantages disparurent et l'épouse ne vit plus la nécessité d'être coulante le jour du feuilleton.
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Pixie-FlorePixie-Flore   20 juillet 2016
"Je n'ai pas l'intention d'écrire une oeuvre littéraire, mais simplement de rendre compte. Ceci doit avoir une valeur... expérimentale, dépourvue de toute "littérature". L'élément capital de mon récit est constitué par des hommes. Parlons des hommes."
Ainsi s'exprime, quelques jours avant sa mort, Antoine Sylvère. L'épuisement physique ne lui permettant plus d'écrire, il s'enregistre sur bande magnétique, une dernière fois. Cette voix qui ne veut pas se taire est celle d'un témoin lucide et révolté de cet âge de fer que d'aucuns osent encore nommer "la belle époque".

[p337]
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Video de Antoine Sylvère (1) Voir plusAjouter une vidéo

Gabrielle Hamelin
- Gabrielle HAMELIN, petite-fille d'Antoine SYLVERE dit "Toinou" : biographie de "Toinou", son grand-père, l'histoire tragique de ses parents et de sa soeur ; les événements de la période 1890-1910 ; sa profession de chimiste ; son éducation ; sa découverte d'Ambert en 1963, ses impressions ; les réactions des habitants d'Ambert à la lecture du livre "Toinou" ; son enfance malheureuse dans...
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